YouTube et MySpace sur votre mobile

Si l’année 2006 a été l’année de la vidéo en ligne, l’année 2007 sera l’année du mobile. Du moins l’année du renouveau des services mobiles, car avouons-le : on ne peut pas dire que les services mobiles mobilisent les foules (du moins pas autant que les services liés au web 2.0).

Alors attention pas de polémiques, je ne suis pas en train de vous dire que le marché des services mobiles stagne, mais plutôt de prédire une accélération dans la croissance. Et ceci pour plusieurs raisons :

  1. Malgré le succès mitigé de la 3G (sur laquelle je me suis déjà exprimé ici : Visiophonie et 3G, ça marche et après ?), l’amélioration de la bande passante (nous en sommes maintenant à la 3,5 G) et des terminaux nomades (Smartphone, PSP, DS…) va progressivement faire migrer une partie de notre utilisation des services en ligne vers une utilisation en situation de mobilité (à ce sujet je vous recommande ce précédent billet : Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité) ;
  2. De grosses évolutions sont à prévoir au niveau de la couche software des terminaux mobiles avec l’apparition d’interfaces riches mobiles ainsi que de widgets mobiles (voir à ce sujet ce précédent billet : Les leçons à retenir de Mobile 2.0) ;
  3. Les grands acteurs s’apprêtent à envahir les terminaux mobiles comme YouTube et MySpace ;
  4. Les poids lourds de l’internet semblent également prêt à rentrer dans la danse avec notamment un smartphone Google / Orange ainsi que l’iPhone.

Bref, l’année 2007 va être très intéressante pour ce qui touche à la mobilité. On peut dire que cette révolution mobile probable s’est faite attendre. Je me souviens avoir rédigé en Août 2000 un livret blanc sur l’internet mobile dont les prévisions étaient… très optimistes (certains d’entre vous l’ont peut-être lu ;-)).

Toujours est-il que j’attends avec impatience de voir comment les usages mobiles vont évoluer et surtout s’intensifier : Quels types d’applications ? Auprès de quelle audience ? Quelles stratégies pour les opérateurs et constructeurs ? Quelle place pour les contenus générés par les utilisateurs ? Quid de la VoIP (VoWi-Fi) ? Quelles complémentarités avec les services en ligne traditionnels ? Quels impacts sur les campagnes de communication ? Comment vont réagir les autres acteurs (Yahoo!, Ebay, Amazon…) ?

Compte-rendu de LE WEB 3

Non rassurez-vous, je n’ai pas de problème particulier avec la grammaire (enfin si mais pas à ce point), mais c’est un peu compliqué de former des phrases avec un nom de conférence comme LE WEB 3. Bref, tout ça pour dire que c’était une journée sacrément intense hier.

Intense parce que ça fait toujours plaisir de croiser tout plein de beau monde (maintenant on appelle ça la blogeoisie) et parce que je retiens trois bonnes choses de cette conférence.

1/ Une intervention stupéfiante de Hans Rosling. J’avoue avoir été extrêmement surpris et profondément marqué par ce professeur suédois qui était venu parler non pas de web 2.0 mais plutôt du reste du monde (The real world and why it matters). Par reste du monde, comprenez les autres (pays non-développés). Il s’est ainsi livré à un exercice de style remarquable pour nous faire prendre conscience de l’évolution socio-démographique des pays émergents. Une démonstration brillante et très instructive conclue par l’annonce du lancement de GapMinder (un service de partage et de comparaison de statistiques ) ainsi que par ses propositions : libéraliser l’accès à l’information et à la connaissance au travers d’outils collaboratifs comme Wikipedia ou Youtube. Cette intervention a été récompensée d’une standing ovation largement méritée.

2/ Plein de goodies récupérés sur place : une carte de crédit valable dans Taatu (un univers virtuel à mi-chemin entre Habbo Hotel et CityPixel) ainsi qu’un magnifique badge Firefox. Rendez-vous compte… un badge… c’est encore plus vintage qu’un pin’s ! Bon ceci étant dit, il y a de fortes chances pour que les badges reviennent à la mode, notamment avec des ambassadeurs comme Nitendo et ses DSButtons.

Web3Goodies

 

3/ Un certain nombre de services innovants que j’ai découvert :

  • ArmchairGM, un wiki collaboratif sur le monde sportif ;
  • OpenServing, une plateforme de publication et d’hébergement entièrement gratuite (mais comment font-ils ?) ;
  • WAYN, un réseau social dans le monde du voyage lancé par le patron de Last Minute ;
  • SocialText Unplugged, la version hors-ligne et asynchrone de ce wiki d’entreprise (très intéressant comme principe).

Voilà, une journée qui finalement se révèle positive, malgré quelques déceptions :

  • une approche relativement dilettante de la part de nombreux orateurs qui n’avaient pas réellement préparé leur intervention ;
  • tous ces américains qui ne font aucun effort pour articuler dans le micro (se sont-ils seulement rendu compte qu’ils étaient dans un autre pays ?) ;
  • des changements de programme de dernière minute avec les interventions ce matin de Shimon Peres, François Bayrou et Nicolas Sarkozy (quel rapport avec le web 2.0 ?).

Et vous, vous y étiez ?

Vers un web 3.0 ?

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l’on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd’hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d’en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d’une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d’être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.

Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l’internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

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Si nous prenons comme exemple le choix et l’achat d’un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L’achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.

Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l’on se place maintenant dans la peau d’un internaute averti (les fameux power user), il dispose d’une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

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L’expérience de l’utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d’un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d’achat comme ShopWiki ;
  • La validation d’un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pou les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L’achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d’encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.

Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d’identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

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L’expérience d’achat de l’internaute sera d’une part plus immersive mais surtout plus étendue à d’autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d’Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l’aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d’Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s’appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L’achat pourrait se faire à l’aide d’un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l’aide d’applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser) ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d’exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d’autres terminaux (comme les mobiles à l’aide de PayPal Mobile) ou à l’aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).

Et le web sémantique ?

A la base de ces réflexions sur le web 3.0, il y a un article publié sur le NY Times : Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense. Cet article nous décrit le web 3.0 comme un web sémantisé. Vision intéressante mais faussé : il est important de rappeler que les principes (et technologies) du web sémantique n’ont pas attendu le web 3.0 pour se développer et se perfectionner. Voilà de nombreuses années que le RDF est exploité comme meta-langage et que de nombreuses autres initiatives permettent de structurer l’information : pour la syndication, les formulaires, le reporting financier, l’identité numérique ou encore les microformats.

Sémantiser le web est une entreprise titanesque et il faudra de nombreuses années (décennies ?) pour y arriver, d’autant plus qu’avec les progrès réalisés par les moteurs de recherche ou les bases de données, il est tout à fait possible d’apporter les mêmes bénéfices que ceux cités dans l’article.

Pour finir, rappelons que la couche sémantique de l’information présente surtout un gros potentiel pour les systèmes informatiques, comprenez par là que les utilisateurs (ceux qui sont à l’origine de la révolution du web 2.0) n’y trouvent pas forcément d’intérêt.

C’est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l’instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d’autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse). Vous trouverez une version plus grande de ce schéma ici : Web 3.0.

Ce qui est certain par contre, c’est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l’aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l’information ou des services en ligne va donc s’éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l’internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d’internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Premiers tests utilisateurs filmés de la Wii

Alors que la date de commercialisation de la Playstation 3 est sans cesse repoussée, Nintendo poursuit tranquillement sa campagne d’évangélisation de sa Wii. Pourquoi avoir besoin d’évangéliser une console ? Tout simplement parce que Nintendo a décidé de frapper un grand coup et de proposer une expérience de jeux révolutionnaire à l’aide d’une manette qui fonctionne un peu comme un nunchaku. Un nuchaku ? Oui je sais, c’est un peu dur à comprendre…

La future manette de la Wii

Voilà pourquoi sont maintenant disponibles sur le site de la Wii une série de vidéos qui mettent en scène des utilisateurs qui testent le système pour la première fois :

Un joueur de Wii

C’est à la fois instructif et très amusant à regarder.