Web 2.0 et utilisabilité

Keith D. Robinson du site 7 Nights se lance dans le débat autour du web 2.0 : Web 2.0 and Usability. et son discours est plutôt intéressant : j’aime beaucoup AJAX mais tant que l’on ne m’aura pas démontrer que cela améliore l’expérience des utilisateurs, à mon sens c’est toujours du web 1.0.

Toujours selon lui, le web 2.0 à plus avoir avec les utilisateurs finaux qu’avec la technologie. Et il fait référence aux utilisateurs finaux finaux, c’est à dire ceux qui découvrent les blogs sur MySpace et non les power-techies qui usent et abusent d’AJAX et de RubyOnRails.

Et pour finir, l’auteur identifie trois défis à relever :

  1. Comment faire gagner du temps et améliorer l’expérience des utilisateurs avec AJAX ?
  2. Comment améliorer la fonction de support en entreprise à l’aides blogs ?
  3. Comment faire du RSS une application plus populaire ?

Alors, c’est quoi vos propositions ?

Un commentaire sur “Web 2.0 et utilisabilité

  1. Comment faire du RSS une application plus populaire ?
    Une piste : peut-être en proposant par exemple à ceux qui ne connaissent pas le RSS de commencer par exemple avec Alert Info, agrégateur clés en main très simple d’installation et d’utilisation et entièrement paramétrable, incluant d’origine les principaux flux francophones.

    Voir ici et ici aussi.

  2. En fait, le problème des fils RSS c’est que ça coince aussi bien au niveau de la vulgarisation du concept, que du mécanisme d’inscription que de la manipulation. En gros c’est encore très perturbant. A moins que… les Live Bookmarks de Firefox… /Fred

  3. Vu qu’Ajax tend à rendre le Web aussi souple qu’une application écrite pour un environnement multifenêtré (qu’il soit Windows, MacOSX ou Gnome), je pense que la réponse à la première question de l’auteur n’est pas loin : les critères d’ergonomie et d’utilisabilité des applications fenêtrées sont déja connus et appliqués. Il peuvent être alors appliqués (et même remis au goût du jour) aux applications basées sur « Ajax ». A titre d’exemple, Outlook Web Access 2003 est une application Web livrée avec le serveur mail MS Exchange 2003. Elle utilise une technologie Ajax très sophistiquée : le look and feel de Outlook Web Access est à ce point analogue à Microsoft Outlook 2003 qu’il nous arrive de les confondre. Dans cet exemple, l’utilisation d’Ajax pour une application Web n’apporte rien de plus que de fournir une ergonomie absolument identique à l’application « mère ».

  4. Un des « problèmes » que le RSS pose à l’internaute « modèle courant » est qu’il sépare la forme du fond. Le mode de lecture change considérablement (ce qui nous échappe si nous sommes utilisateurs avertis, parce que nos attentes de consultation nous font focuser sur le seul contenu). Or l’internaute qui surfe de façon non purement utilitaire attend de l’habillage, qui enrichit langage et compréhension. C’est un peu la différence entre lire un roman d’Actes Sud dans la mise en page et sur le papier Actes Sud (je choisis cet éditeur pour faire l’exemple parce qu’il offre une « interface » d’édition pointue et très signifiante)et accéder aux départs de chapitres tapuscrits au kilomètre sur du papier machine en 80g. il manquera quelque chose. Deuxième « problème » de perception, connexe : le RSS est pure fonctionnalité. Il suppose motivation thématique, fidélité à un site notamment. Ces motivations sont déjà des motivations professionnelles. Pas celles du grand public. Troisième frein : les fonctions concurrentes, notamment les favoris. Pourquoi sont-ils préférés au RSS ? Parce qu’intégrés dans le navigateur bien sûr, mais pas seulement : ils donnent accès à la totalité du site via le lien cliqué, sans effet de tronquage. On en revient à cette importance du tout, qui est bien davantage que la somme des parties. Je ne sais pas si ce que je dis là est très clair, j’essaie de comprendre ce qui fait la perception acceptée ou la perception pas acceptée. Car ce n’est pas seulement une question de compréhension de la fonction ou d’une technologie : des trucs plus compliqués que le RSS sont rentrés dans les moeurs. Avec le RSS, il y a pénétration freinée. Pour moi, c’est une question de perception, de lecture ressentie comme troublée ou pas « naturelle » ; ce qui est livré par le seul lecteur ou aggrégateur apparaît comme désincarné en quelque sorte. Un RSS enrichi peut-être ? Un truc qui offre à la fois les avantages des favoris et ceux du flux xml ? Il y a une chose qui me frappe : parmi mes relations professionnelles, fort peu de gens utilisent même à titre professionnel un lecteur/aggrégateur RSS. Ils vont dans le site ou le blog. Pourtant ils sont motivés par la recherche thématique, fidèles au « lieu » de l’info données, ils ont le sens de ce qui est rapide et fonctionnel. Le RSS n’est pas immersif : sensation qu’il manque quelque chose. C’est curieux, parce que ce truc qui par certains aspects est si confortable, présente pourtant un inconfort majeur, celui de laisser une sensation de manque, même toute petite. Pas d’immersion, et la relation forte avec un item web passe par l’immersion. C’est peut-être ça. Ou pas.

  5. Waw. Au secours, flo, j’ai relu trois fois, mais rien à faire : je nage… Si c’est pour simplifier l’internet, ben c’est raté.

  6. bin zut j’ai dû mal m’exprimer, voire très très mal. J’essaierai de réparer ça. Un jour. 10 milliards d’excuses en attendant cher Chip.

  7. Non, non, Flo, ne t’excuses pas, c’est moi qui suis hors-sujet : je viens d’aller voir ton blog : Le sujet de celui-ci est très pointu, le vocabulaire très initié, et le but celui-ci n’est pas d’être didactique comme ici. Ca doit être très interressant, mais il faut un minimum de bases et ma curiosité intellectuelle est dépassée de toute façon.

  8. Vous êtes tous deux adorables, il n’y a pas d’autre mot. Sincèrement : je me suis bien relue et je pense que je n’ai pas été très explicite ni très claire. La vérité est que je ne me suis pas encore bien expliquée très exactement cette histoire de perception par rapport à ce mode de lecture particulier qu’entraîne le RSS. Je pense que je tiens le (un?) bon bout, mais il faut vraiment que j’y réféchisse. Chip, si tu penses qu’il y a des trucs que je pourrais expliquer plus sur mon blug, dis-le surtout en commentaires, dac ? et pose des questions, j’y répondrai, voire je ferai une note complémentaire. Ce qui est « mal compris » est le plus souvent du mal expliqué. C’est à moi de faire les efforts. Fred, j’aime immensément les p’tits mots clé, mais pas du tout les tags si je puis me permettre. le mot clé si j’ai bien compris me permet de trouver compléments d’info chez toi, là je suis contente. le tag me renvoie à l’extérieur. à savoir vers la collection non intelligente de technorati. Question : est-il possible de créer un système de tags au sein d’une communauté limitée de blogs, choisis pour leur pertinence et leurs affinités par exemple ?

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