Depuis quelque temps j’ai plein d’amis. C’est même fou le nombre d’amis que j’ai accumulés sur les différentes plateformes sociales (LinkedIn, Viadeo, Xing, Facebook, Plaxo, Orkut, FlickR, Skype, Google Talk…). Par contre ce qui est surprenant c’est que toutes celles et ceux que je considère comme mes vrais amis (qui sont dans mon carnet d’adresses) ne sont pas dans ces listes.
Bref, cette profusion d’amis me pousse à me poser les questions suivantes : Quelle est la réelle nature de mes relations sociales avec ces personnes ? Existe-t-il réellement un lien entre elles et moi (autre qu’une ligne dans une base de données) ? Quelle est la définition que l’on pourrait donner d’un ami dans le sens « médias sociaux » du terme ?
Car il faut bien avouer que cette notion d’amitié est un peu superficielle. Bien évidement rien ne vous empêche de sympathiser voir de vous marier avec les personnes qui sont dans votre buddy list, mais force est de constater que « ami » n’est pas forcément le bon terme.
Les systèmes de messagerie en ligne sont plus sobres et parlent de « contacts« , mais ce n’est pas trop engageant. Certains réseaux sociaux essayent de moduler cette notion d’amitié avec des qualificatifs comme « Family« , « Friend« , « Work« , « Haven’t met« … C’est mieux mais la liste devrait être plus précise, et là nous entrerions dans une description bien trop précise du graph social qui pourrait en faire fuir plus d’un (façon Facebook).
Peut être la bonne approche est celle de Twitter qui parle de « Followers » (plus subtile que les « Fans » de Plurk), des personnes qui vous suivent (de près ou de loin), ce ne sont ni des contacts ni des étrangers, et surtout ils n’y a pas d’autorisation ou de confirmation à donner.
Bref, pour que les plateformes sociales évoluent dans le bon sens (un graph social plus précis mais sans trop empiété sur la confidentialité) il faudrait complètement revoir cette notion d’amis en lui injectant une couche d’intelligence. Peut-être un premier pas vers un web sémantique social ? Finalement peut-être que des grammaires sémantiques comme FOAF ou XFN avaient une longueur d’avance…. Peut-être qu’en faisant évoluer des microformats comme hCard nous arriverions à un résultat similaire ? Peut-être que des initiatives d’interopérabilité comme DataPortability ou OpenId pourraient apporter une solution (en impliquant un tiers de confiance qui serait le garant du respect de la confidentialité) ?
Ou peut-être pas. Tout simplement car les utilisateurs ne souhaiterons jamais franchir cette barrière (et conserverons deux listes d’amis : virtuels et réels). Ou tout simplement parce que ce n’est pas compatible avec les scénarios de monétisation des plateformes sociales.
Vaste question à laquelle je n’ai pas la prétention de répondre… et visiblement je ne suis pas le seul à me la poser : Understanding the Value of ‘Friends’ in Social Media Websites.