Résumé des comptes-rendus de la conférence E2.0 de Boston

Voilà, la grande messe annuelle de l’Entreprise 2.0 à Boston s’est achevée en fin de semaine dernière (comme Michael J.) et il est largement temps de faire un premier résumé des comptes-rendus et impressions de personnes ayant eu la chance d’y participer :

Voici les points clés et mes commentaires :

  • L’Entreprise 2.0 est encore vu par certains comme un phénomène de mode (étrange, le nom va peut-être passer mais les pratiques resteront, du moins j’en suis persuadé) ;
  • Microsoft possèdent encore (et toujours) une force de frappe terrifiante avec la suite SharePoint vis à vis d’éditeurs beaucoup plus petits (effectivement, je rencontre régulièrement des clients avec une licence SharePoint qu’ils sont obligés d’utiliser – « The reality is no one got fired for buying Microsoft« ) ;
  • IBM reste dans l’ombre (quel dommage car il y a un potentiel gigantesque derrière Lotus Live mais ils ne savent pas bien le mettre en valeur, du moins en France – cf. IBM lance une plateforme sociale de collaboration en ligne) ;
  • Les tableaux de bord sont à la mode (tous les éditeurs propose leur solution de personalized dashboard car ils sont à la fois utiles, sexy et très vendeurs – cf. Vive les tableaux de bord en ligne !) ;
  • Le microblog est partout, visiblement tout le monde y est allez de sa petite démonstration et de son éloge sur Twitter (je suis plus que sceptique car les pratiques de micro-blogging sont plus qu’anecdotiques en France et parce qu’elles requiert une masse critique avant d’être vraiment intéressantes) ;
  • Les outils ne sont pas un objectif mais un moyen, implémanter des blogs ou wikis internes ne suffira pas à faire naître une dynamique de collaboration active, il faut faire évoluer les mentalités et les habitudes de travail en meêm temps :
  • Il y a de très fortes opportunités à saisir dans les applications mobile, ceci est d’autant plus vrai avec le déploiment massif de smartphones.

L’emballement généralisé autour de Twitter ne me surprend qu’à moitié mais me laisse perplexe. J’y vois plus pour les éditeurs un moyen de ne pas paraître largués (surtout vis à vis du rapport très particulier des blogueurs / leaders d’opinion avec Twitter) que d’une réelle réflexion à long terme. Je pratique Twitter depuis plus de 2 ans et je suis intimement persuadé que déployer une solution de microblog en entreprise sans un minimum de pédagogie est un projet voué à l’échec. D’autant plus qu’il y a des chantiers bien plus intéressants à mener (se libérer de l’emprise des fichiers, déployer un réseau social interne…) plutôt que s’embarquer dans cette utopie de Real-Time Enterprise. Utopie ? Oui tout à fait : je rencontre au quotidien bon nombre d’entreprise confrontées à d’énormes réticences vis à vis du partage entre collaborateurs, alors de là à faire du partage en temps réel… De plus, avant de faire de la veille en temps réelle, il faut d’abord savoir faire une veille traditionnelle efficace (et notamment mettre ne place l’organisation qui va agréger / digérer / traduire et transformer cette masse d’informations en alignements de la stratégie de l’entreprise).

Pour en revenir à cette conférence, je suis enfin très étonné de na pas avoir lu de mentions de Google Wave, peut-être le marché est-il encore en attente de tester la bête avant de se prononcer… Il faut dire que les accès à la version pré-alpha sont plus que dures à trouver.

7 commentaires sur “Résumé des comptes-rendus de la conférence E2.0 de Boston

  1. Bonjour,

    je suis d’accord à 100% avec ton analyse sur Twitter et l’entreprise.

    Je pense que Twitter est un outil de communication fantastique pour les faiseurs d’opinion et les influenceurs.

    La problématique de l’entreprise est différente: Il y a un petit nombre d’influenceurs internes (le CEO, le directeur de la comm, qqes experts dans leurs domaines respectifs…)et leur appétence pour ce type d’outils varie selon leur génération. Selon moi, l’enjeu principal de l’entreprise 2.0 est de faire travailler les gens dans la même direction. Et le nécessaire changement de culture pour que l’entreprise travaille en réseau et la maitrise les Outils collaboratifs, Wiki, Intranet, Espace de travail, Blogs, Bureau Virtuels, Forums , Wave ou autres Réseaux Sociaux d’Entreprise… me semblent être plus « prioritaires » que la maitrise du micro blogging.

    Alain

  2. @ Alain > Oui tout à fait. au risque de me répéter, ce n’est pas au augmentant la masse d’infos et de données qui circulent dans l’entreprise que les collaborateurs seront plus performants (bien au contraire). Si l’on augmente le volume d’infos et données entrantes, il faut impérativement adpater l’organisation pour que cet afflux supplémentaire soit traité (digéré) de façon plus efficace afin de na pas perturber les collaborateurs (c’est la fameuse infobésité).

    /Fred

  3. Bonjour Frédéric,
    J’ai également assisté à la conférence à Boston en tant que directeur du Business Developpement de YoolinkPro, une solution de micro-partage pour les PME.

    Juste deux petites remarques :
    – « Je suis enfin très étonné de na pas avoir lu de mentions de Google Wave » : Pour citer Peter Kim (je crois, il faudrait vérifier), « on ne peut pas citer ce qu’on n’a pas testé ». Apparement Wave c’est surtout du slideware pour le moment et donc plutôt absent des discussions. Cette année E2.0 c’était surtout du retour d’expérience, donc effectivement Wave était relativement absent des débats

    – Par ailleurs je souhaite proposer le blog suivant qui fait de très bonnes analyses sur la conférence http://www.gilyehuda.com/ (Gil était présent sur place également)

    J’ai également essayé de présenter les conférences et BarCamp auxquels j’ai assisté sur le blog http://www.yoolink.fr/blog/

    A bientôt,
    Sébastien

  4. Merci pour ce résumé!

    Et je vous rejoins tous les deux pour ce qui est du microblogging en entreprise …

    Je ne suis meme pas persuadé que le microblogging puisse etre la cerise sur le gateau, c’est plutot un outil qui peut éventuellement etre utile dans certains cas, mais pas en general …

  5. @barthox je suis tout à fait d’accord. De toute façon il y a très peu d’outils qui soient utile pour toutes les entreprises, dans tous les cas.

    On trouve par contre quelques cas où le micro-blogging apporte des choses intéressantes :
    – Lorsque des équipes travaillent dans des lieux différents. Cela évite les mailing lists, les reply-to-all en chaine, etc. C’est une façon simple de tenir tt le monde au courant de son travail individuel.
    – Lorsqu’il sert de vecteur à un certain type d’informations: la veille ou les ressources techniques par exemple. Sans vouloir faire de fausse pub, dans notre société nous utilisons le micro-blogging pour véhiculer les informations, documents, articles qui comptent. C’est donc une sorte de mélange de social bookmarking et de micro blogging qui sert de fil d’activité et de ressources.
    – Lorsqu’il fonctionne comme un Yahoo answers interne. Ok ça réclame une certaine taille d’entreprise mais il y avait certains use cases à Entreprise 2.0 à Boston qui étaient fondés la dessus

    Comme disait Andrew McAfee – qui a en quelque sorte introduit le terme entreprise 2.0 – Twitter ne se substitue pas à une chose que l’on avait l’habitude de faire, c’est une combinaison de 17 choses que l’on fait tout le temps. Du coup c’est difficile à cataloguer. Mais je pense que l’intérêt est là à condition de se poser les bonnes questions. La seule mauvaise raison d’installer du micro-blogging c’est « parce que mes concurrents en ont un » :D

  6. Marrant qu’on parle peu de l’utilisation de la Web tv et vidéo en général qui change la capacité à passer rapidement des messages, à alimenter la mémoire d’entreprise, appuyer la gestion de projets, se mixer aux réseaux sociaux…

    Sur notre capacité à lancer un nouvel outil dans le cadre d’un changement plus global j’ai…un doute!
    Ce qui marche pour l’instant dans la réalité ce sont des projets sous radars qui une fois qu’ils ont grossi et sont devenus des nices stories se dévoilent

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