Une autre étude sur la mise en page des formulaires

Les formulaires ont toujours été  au coeur de nombreux débats dans le petit monde de l’ergonomie web. J’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet sur ce blog. L’auteur de référence sur ce thème est pour moi Luke Wroblewski avec son livre Web Form Design: Filling in the Blanks.

Malgré quelques différents, les avis convergent tous grosso-modo vers un ensemble de bonnes pratiques bien résumées ici : Web Form Design Patterns: Sign-Up Forms. Une récente étude vient relancer le débat avec des conclusions tout à fait intéressantes et surtout des données statistiques issues d’un test d’oculométrie pour cautionner le tout : Web form design guidelines: an eyetracking study.

Les enseignements de cette étude sont les suivants :

  • La mise en page doit être verticale (pas de formulaires avec des champs sur deux colonnes) ;
  • Les intitulés des champs sont lus plus facilement s’ils sont placés au dessus ;
  • Certains champs peuvent être groupés sur une même ligne  (exemple : date de naissance en 3 menus déroulants) ;
  • La chapitrage des formulaires est mieux distingué si les intitulés de groupe ont un traitement graphique distinct (avec la balise fieldset) ;
  • Mieux vaut indiquer les champs optionnels plutôt que les champs obligatoire (cela réduit le « bruit » des caractères parasites) ;
  • Un seul champ suffit pour les numéros de téléphone ou les champs numériques complexes (mieux vaut passer par du reformatage : Vive les assistants de saisie pour les champs de formulaire) ;
  • L’aide contextuelle doit être la plus proche possible (généralement à droite du champ) ;
  • Le nombre d’étapes doit être clairement affiché.

Des enseignements très instructifs qui pourtant ne vont pas forcément dans mon sens (j’ai toujours été un fervent defenseur des intitulés de champs alignés à droite).

Jusqu’à très récemment mon formulaire favori était celui de Remember The Milk (cf. Le formulaire parfait) :

RememberTheMilk

Mais j’ai récemment découvert celui de Ballpark qui est plus sophistiqué :

Ballpark

Bien évidement c’est une affaire de goût puisque ces formulaires sont tous les deux très bons mais j’apprécie énormément le jeux des couleurs ainsi que les têtières des groupes. Et vous ?

Le plein de nouveautés pour l’édition 2009 de la conférence E2

Comme chaque année, le petit monde de l’entreprise 2.0 se réunit à Boston pour la grande messe annuelle : la conférence Enterprise 2.0. Le programme de l’édition 2009 a l’air très chargé, heureusement que nous pouvons compter sur nos correspondant francophones (Claude, Xavier et Richard…). Cette conférence est l’occasion pour les éditeurs d’annoncer ainsi de nouvelles versions.

Mindtouch a donc présenté hier sa solution de Collaborative Intranet, la première d’une série de 3 briques technologiques essentielles qui sont censée révolutionner notre façon de collaborer (lire à ce sujet : The New MindTouch Collaborative Intranet: Way More Than Just Wiki et The Future of Collaborative Networks).

Mindtouch_Intranet_Solution.jpg
Le collaborative Intranet de MindTouch

SocialText a également profité de l’occasion pour dévoiler sa nouvelle grille de tarifs (gratuit en dessous de 50 utilisateurs) ainsi qu’un tableur en ligne : Distributed Spreadsheets. Plus d’infos ici : Let’s Talk about Numbers et Socialtext Unveils SocialCalc & Freemium Pricing.

SocialCalc.jpg
Le tableur en ligne de SocialText

Mais ce n’est pas tout puisque les absents de cette conférence brillent également par leurs nouveautés :

Adobe_Acrobat.jpg
La solution de collaboration en ligne d'Adobe

Voilà ce que l’on sait pour le moment. La conférence n’est pas terminée alors restez à l’écoute pour un débrief plus complet.

Enfin des données statistiques sur Twitter

Après plusieurs mois de surchauffe médiatique, la société Sysomos nous offre enfin des données statistiques complètes sur Twitter : An In-Depth Look Inside the Twitter World. Une étude qui tombe à pic pour prendre du recul sur LE phénomène de cette année 2009 et surtout pour définir un plan d’action. L’étude complète est disponible au téléchargement ici : Inside Twitter 2009 (fichier PDF).

Pour résumer l’étude, voici les chiffres-clés significatifs à retenir (sur une base de 11,5 millions d’utilisateurs) :

  • 72% des utilisateurs ont créés leur compte dans les 5 derniers mois ;
  • 85% des utilisateurs publient moins d’un tweet par jour ;sysomos_twitter_activity
  • 21% des utilisateurs n’ont jamais rien publié ;
  • 50% des utilisateurs n’ont rien publié dans les 7 derniers jours ;
  • 94% des utilisateurs ont moins de 100 followers ;sysomos_twitter_followers
  • 5% des utilisateurs génèrent 75% de l’activité (10% en genère 86%) ;sysomos_twitter_percen_to_all_tweets
  • Plus les utilisateurs ont de followers et plus ils publient ;sysomos_twitter_follower_tweet
  • Les pays anglophones sont largement les plus représentés (USA, UK, Canada, Australie) ;
  • Aucun schéma fiable n’a pû être identifié quand au mode de fonctionnement des communautés au sein de Twitter.

De cette étude il est également possible d’extrapoler le nombre d’utilisateurs français : 0,9 % de 11,5 millions = 103.500. Selon les dernières statistiques il y aurait près de 14 millions d(utilisateurs en juin 2009, soit 125.000 utilisateurs en France.

sysomos_twitter_users_by_country

 

Voici donc des chiffres très intéressants que l’on pourrait compléter avec ceux-ci :

Pour synthétiser ce qui a pu être dit sur différents billets : Twitter est (jusqu’à preuve du contraire) un épiphénomène qui ne concerne qu’une minorité de personnes en France. Même si les pratiques de microblog sont fortement disruptives et présentent un gros potentiel, cela reste tout de même anecdotique par rapport à l’audience des blogs ou de Facebook (et je ne parle même pas des médias traditionnels).

Mes recommandations seraient donc les suivantes :

  • Surveillez de près ce qui se passe sur Twitter (le buzz ambiant, les us et coutumes, ce qui se dit sur votre marque / vos produits) tout en gardant à l’esprit que les utilisateurs français de Twitter ne sont pas du tout représentatifs de la population (ni même de la blogosphère) ;
  • Intéressez-vous également aux alternatives comme Tumblr, identi.ca ou aux services connexes comme Facebook (avec son status update) ou FriendFeed ;
  • Commencez à réfléchir comme une marque en temps réel (par analogie avec le web en temps réel) pour pouvoir rapidement identifier les opportunités qu’apporteraient un canal de communication quasi-instantané (ventes flash, déstockage par enchères inversées…).

Encore une fois, même si les chiffres d’audience sont pour le moment bien trop faibles pour être pris en compte (n’abandonnez pas votre site web au profit d’un tweet de marque), il y a une rupture très nette et un énorme potentiel derrière cette CB du web (lire à ce sujet un article que j’avais rédigé en mars 2008 : Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?).

Des nouvelles de Blue Mars

Annoncé l’année dernière (ou peut-être bien en 2007), Blue Mars serait sur le point de rentrer en phase beta : Blue Mars 2150 Moves Closer to Launch. Rappelons que Blue Mars se positionne comme un univers virtuel « next gen » proposant un moteur graphique très puissant (propulsé par le même Cry Engine 2 que la future nouvelle version d’Entropia Universe) permettant d’évoluer dans différents mondes « ouverts ».

BlueMars

Plusieurs partenaires ont ainsi été recrutés pour développer le contenu de Blue Mars (Smithsonian Institution, The National Geographic Society, NOVA, Big Stage Entertainment…). Ils sont même publiés un trailer :

Vous remarquerez que dans ce trailer, tout comme dans la galerie d’images, il y est surtout question de liberté et de personnalisation de votre avatar. Autant dire que le commerce d’objets virtuels va être un des gros volets du modèle économique de cet univers free-to-play.

De nombreuses questions restent encore en suspend (cf. Blue Mars Questions and Answers) et ne facilite pas la tâche de ceux qui doivent évaluer le potentiel de cet univers d’un point de vue annonceur. Espérons qu’ils proposeront un modèle un peu plus abouti que celui de Home (cf. Sony Home, un lancement en demi-teinte). Inscrivez-vous à la beta pour en savoir plus…

Un second souffle pour les marketplaces avec les pro-ams

Voilà un petit bout de temps que je n’avais pas parlé de web 2.0. Entendons-nous bien : quand je parle de web 2.0, je parle de services en ligne qui favorisent l’émergence d’écosystèmes ouverts et extensibles, pas de sites avec « juste » un peu d’Ajax dans l’interface pour faire joli. Je ne sais pas s’il faut y voir un signe des temps (les gens s’adpatent et font face à la crise) en tout cas les marketplaces (« place de marché » en français) sont à l’honneur en ce moment, boostées par la vague des pro-ams (les professional-amateurs).

Il y a tout d’abord Book of Cook, une place de marché qui met en relation les passionnés de cuisine qui veulent arrondir leurs fins de mois et ceux qui n’ont pas envie de payer trop cher pour un restaurateur professionnel : Online marketpace for home-cooked meal.

BookOfCooks_Home

Le principe est simple : si vous êtes doué en cuisine, vous créez votre fiche en décrivant vos spécialités, ingrédients préférés et tarifs, les utilisateurs vous passent en suite commande de repas que vous préparez chez vous (pour livraison ultérieure) ou directement chez votre hôte (ils ne parlent pas de clients). L’astuce est de jouer avec la proximité (géographique, culinaire…) et les recommandations de la communauté. La plateforme est bien conçue puisqu’elle prend en charge la mise en relation ainsi que la gestion des disponibilités.

BookOfCooks_cook

Voici donc une excellente initiative pour favoriser le commerce ultra-local et valoriser le talent d’amateurs passionnés.

Autre exemple avec FitOrbit, une place de marché qui relie des coachs personnels avec ceux qui ont besoin de soutien pour faire de l’exercice : FitOrbit Connects You To Real Personal Fitness Trainers Online.

FitOrbit

Là encore le principe est simple : vous remplissez un questionnaire pour déterminer votre profil et vos objectifs, la plateforme vous recommande alors des personnal coachs (mais vous pouvez aussi choisir librement) qui vont établir votre programme de la semaine. La grande différence c’est que tout se passe à distance (par email, téléphone) et en public : vous saisissez les emails de proches qui vont pouvoir suivre vos progrès au travers de récapitulatifs hebdomadaires. Là où le service est intelligent, c’est qu’il vous offre des soupapes de sécurité : vous pouvez déclarer des « irrégularités exceptionnelles » à votre coach (qui essayera de vous responsabiliser sans vous culpabiliser) mais aussi lancer des S.O.S. à vos proches (« j’ai envie d’un kebad !« ) qui seront là pour vous empêcher de commettre trop d’entorses à votre régime.

Cette solution est donc diabolique : elle coûte bien moins cher aux clients et permet aux coachs de suivre beaucoup plus de monde en s’appuyant sur la communauté (les proches) pour assurer le soutien de proximité. En prime il existe même une version iPhone : FitOrbit Brings a Personal Trainer to Your iPhone.

Les marketplaces de pro-ams comme solution anti-crise ?

Vous remarquerez que dans les deux cas, le concept sous-jacent est d’assurer une prestation quasi-professionnelle à des tarifs moindres en ayant recours à du personnel non-diplomé mais compétent (cautionné par la communauté). Nous avons donc à faire à des plateformes d’intermédiation pratiquant le crowdsourcing au niveau pro-am. Une solution qui doit intéresser plus d’un américain souhaitant avoir un complément de revenu (ou un revenu principal) dans une économie en reconstruction.

Traduction : c’est de la débrouille 2.0. En France il existe des concepts proches à l’image de Zilok ou de… de quoi déjà ? (vos suggestions sont les bienvenus dans les commentaires)