Une définition des médias sociaux

Voilà plus d’un an que ce blog est ouvert et je viens de me rendre compte que je n’ai jamais réellement pris le temps de fournir une définition des médias sociaux (contrairement à Cédric).

Il existe déjà de nombreuses définitions mais je ne m’y retrouve pas tout à fait. Commençons par les définitions en anglais :

  • Wikipedia – « Social media is online content created by people using highly accessible and scalable publishing technologies. At its most basic sense, social media is a shift in how people discover, read and share news, information and content » ;
  • Technology in translation – « Social media describes a new set of internet tools that enable shared community experiences, both online and in person » ;
  • Duct Tape Marketing – « Social media is the use of technology combined with social interaction to create or co-create value » ;
  • Social Computing Magazine – « Social media tools make it easier to create and distribute content and discuss the things we care about » ;
  • ? – « Social media describes the online tools that facilitates conversations and interaction online between groups of people » (impossible de retrouver la source) ;
  • Common Craft – Social Media in Plain English (définition vidéo).

Ces définitions sont intéressantes mais soit trop longues et déstructurées, soit trop courtes et vagues.

Intéressons nous maintenant aux définitions en français :

  • Wikipédia – « L’expression « médias sociaux » recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu. Les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne. Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent créent ensemble du contenu Web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. » ;
  • Cédric Deniaud – « Le Social Media, c’est le fait de communiquer en utilisant tous les moyens proposés par Internet pour initier un dialogue, échanger, partager, écouter, entrer en relation… » ;
  • Digital Mix Marketing « Un média social est un média qui est social ou un site social qui devient média« .

Idem pour ces définitions, je n’y trouve pas l’essentiel en un minimum de mots.

C’est donc à mon tour de me lancer avec cette définition graphique :

MediasSociaux

 

Vous avez à gauche les médias traditionnels (un émetteur qui diffuse un message unique à destination de cibles) et les médias sociaux à droite (tout le monde est à la fois diffuseur et cible). Il y a plusieurs subtilités à bien prendre en compte dans ce schéma :

  • Le fait d’être une cible ne veut pas forcément dire que le message passe (ex. avec les innombrables billets et tweets qui sont diffusés chaque jour sans être lus) ;
  • Les médias traditionnels tout comme les marques peuvent tout à fait intégrer les médias sociaux et participer aux conversations, la loi du nombre fait qu’ils sont néanmoins largement dilués dans la masse d’internautes (bloggeurs, forumistes, tweeteurs…) ;
  • Tout le monde s’exprime avec la même puissance (contrairement à un CBiste qui ne peut pas lutter face à un broadcaster national).

Et voici la version longue : « Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité« .

Plusieurs points à retenir dans cette définition :

  • Il y est question à la fois de conversations et d’interactions sociales (sur Facebook ou Twitter vous pouvez tout à fait vous contentez de jouer à des social games ou partager des liens) ;
  • Je fais référence à la mobilité qui concerne à la fois les terminaux mais également les situations de mobilité (parce qu’il n’y a pas que l’iPhone, quid des Netbooks ?) ;
  • Je parle de services et non de technologies (est-ce que Facebook est une technologie ? faut-il discosier moteurs de blog et RSS ?)

Bon ce n’est qu’un début et il reste encore beaucoup de termes à définir, comme le social media marketing, le social media monitoring, le social analytics… mais chaque chose en son temps

Voilà c’est fait, je me suis jeté à l’eau. Et vous, quelle serait votre définition ?

L’ascenseur numérique comme plateforme sociale ultra-locale

Vous connaissez déjà les réseaux sociaux généralistes (Facebook, Netlog), les réseaux sociaux locaux (Brightkite, Loopt) mais connaissez-vous les réseaux sociaux ultra-locaux ? Le principe est de limiter les interactions sociales à une zone géographique très restreinte (votre quartier ou votre rue). C’est notamment ce que proposent des réseaux sociaux comme Peuplade ou Voisineo. Ma-residence va plus loin en proposant une plateforme sociale entre voisins d’un même immeuble mais également un outil de collaboration entre les propriétaires, le conseil syndical et le syndic (plus d’infos ici ou sur le blog).

Ma-residence est un service intéressant car il permet également aux mairies, associations et commerçants de toucher différemment leurs cibles. Ils ont même tout une réflexion autour des modèles sociaux de proximité rendus possible grâce au web (entre-aide entre voisins, dialogue participatif entre les habitants et la mairie…) : Le Nouveau Vivre ensemble.

Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement (nous les geeks), c’est cette expérimentation d’ascenseur numérique présentée la semaine dernière : L’ascenseur numérique : une innovation mondiale.

MAR_acenseur

Lancée à Alfortville  dans la résidence des Bourdarias, cette initiative vise à équiper les ascenseurs d’écrans afin de donner accès au service aux résidents des 163 logements. L’objectif est d’accélérer ainsi l’utilisation du service auprès de voisins qui ne sont pas forcément équipés ou qui ne sont pas utilisateurs d’ordinaire. Les partenaires de ce projet (le bailleur Logial-OPH et le fournisseur Schindler) y voient un formidable terrain d’expérimentation pour transformer les ascenseurs en d’authentiques espaces de sociabilisation (qui se souvient de ce film des années 80 ?).

Le terminal embarqué dans les ascenseurs propose ainsi 4 écrans :

  • Les échanges de services proposés par les voisins ;MAR_ecran
  • Les informations en provenance du bailleur sur le quotidien de leur immeuble (rénovations, nouveau contrat d’entretien…) ;
  • Les informations en provenance de Schindler (date de la prochaine visite d’entretien, bons usages de l’ascenseur, offres d’emploi…) ;
  • Un espace dédié aux commerçants situés à moins de 500 mètres de l’immeuble qui proposent des promotions exclusives.

MAR_Promo

De cette première phase d’analyse, un projet d’industrialisation est prévu afin d’équiper d’autres résidences. Bien évidemment ce terminal (ni même le service) ne va pas ralentir l’usure des immeubles ou réconcilier les voisins fâchés mais c’est tout de même une très belle expérience sociale pour réduire la fracture numérique. La prochaine étape de cette expérimentation sera j’imagine de déployer non plus des écrans « passifs » mais des écrans tactiles qui permettront d’interagir avec le service (« OMW to the 5th floor » ;-)).

Et là vous me dites « OK mais s’il n’y a pas d’ascenseur dans ma résidence » et je vous réponds « rien n’empêche de mettre ce type de terminaux dans le hall » (ou dans la loge du gardien). Vous pourriez également me dire « Puisque ce terminal est dans l’ascenseur, les habitants du Rez-de-Chaussée sont lésés » et je vous répondrais « Mais merde mais arrêtez de chercher la petite bête, c’est tout de même une belle expérimentation, non ?« . Bref, je trouve cette initiative très intéressante, d’autant plus que le bailleur s’engage à ne pas répercuter ça sur les charges mensuelles.

Est-ce la fin des panneaux d’affichage ? Non pas tout à fait car le déploiement d’un tel dispositif nécessite des fonds conséquents et surtout une approche industrialisée que pour le moment seuls les gros bailleurs sociaux possèdent. Je suis impatient de voir les premiers retours de cette expérimentation.

Social Business Design = Web 2.0 + Médias sociaux + Entreprise 2.0

En ce moment c’est la saison des conférences et l’actualité est particulièrement riche cette semaine avec la 140 Characters Conference à New York et l’Enterprise 2.0 Conference à Boston. Médias sociaux et entreprise 2.0… deux domaines qui suscitent beaucoup de bruit et de créativité mais qui ne se mélangent pas. Une des raisons principale qui fait que ces deux domaines sont jusqu’à présent restés hermétiques est parce qu’ils répondent à des objectifs différents et surtout fonctionnent différemment (notamment dans la motivation et les dynamiques sociales sui régissent les interactions).

C’est dans ce contexte que le Social Business Design fait son apparition avec l’ambition d’unifier ces deux pratiques en une sorte de Théorie du Tout : From Social Media To Social Business Design.

SocialBusinessDesign

Le Social Business Design est présenté comme une philosophie qui vise à repenser le marketing d’une marque et la collaboration au sein de ses équipes en s’appuyant sur les médias sociaux. Dans ce modèle, tous les acteurs externes et internes sont connectés et capables de contribuer : Taking the leap: Social Business Design.

Pour arriver à ce mode de fonctionnement, les auteurs ont identifiés 4 composantes essentielles :

  • Ecosystem – Un écosystème au sein duquel l’entreprise évolue, sa cartographie permet d’identifier les acteurs-clés (clients, fournisseurs, partenaires, coopétiteurs…) et les interactions qui les relient ;
  • Hivemind – Une intelligence collective au service de la créativité, à la fois du côté des clients (qui pourraient être mobilisés au travers de plateformes de suggestions collaboratives) et du côté des collaborateurs (en mettant en commun leurs connaissances et savoir-faire pour les enrichir / compléter) ;
  • Metafilter – Des mécanismes de filtrage collaboratifs qui permettent de lutter contre l’infobésité (infos froides) et la sur-stimulation (infos chaudes) pour exploiter de façon plus efficace les données internes (des collaborateurs) et externes (des clients) ;
  • Dynamic Signal – Une écoute en temps réel du marché et de l’organisation (l’entreprise, ses filiales, partenaires…).

C’est en mettant en œuvre ces 4 composantes qu’une entreprise est à même de collecter les bonnes données et de détecter les bons signaux pour évoluer rapidement et s’adapter à un marché toujours plus volatile : Social Business Design and the Real Time Enterprise. L’auteur cite ainsi l’industrie musicale qui n’a pas su évoluer suffisamment vite et se retrouve maintenant dans une impasse.

Voici donc un modèle très intéressant car il fait le pont entre les dynamiques liées au web 2.0, aux médias sociaux et à l’entreprise 2.0 :

  • Le web 2.0 dans le sens « the web as a platform »  qui se décline en un écosystème interne (les collaborateurs, filiales…) et externe (les fournisseurs, partenaires…) ;
  • Les médias sociaux comme interface entre les clients / prospects et la marque ;
  • L’entreprise 2.0 comme moteur de la collaboration (fertilisation croisée, circulation dynamique de l’information…).

Bien évidement, tout ceci n’a de sens que si la direction de l’entreprise / marque adhère complètement à ces pratiques et développe les capacités de réaction nécessaires pour bien exploiter ces social insights en adaptant son marketing mix voir son modèle économique (« from conversation to transformation« ).

Ce principe de transformation active (un pendant de la « beta perpétuelle« ) est également abordée dans cet article qui parle de la maturation des bénéfices à l’appropriation des outils collaboratifs : The Social Software Value Matrix.

SocialSoftwareValueMatrix

Pour prolonger cette réflexion, je vous propose également cet article : Companies Should Organize For Social Media in a “Hub and Spoke” model. L’auteur y liste 3 modèles d’organisation interne pour prendre en compte et exploiter les médias sociaux :

  • Distribué, chaque service ou département possède sa cellule de veille et sa propre « stratégie » ;
  • Centralisé, un service est entièrement dédié aux médias sociaux et défini la posture de la marque (généralement cette tâche revient au département marketing) ;
  • Collégial, une équipe est constituée de représentants des différents départements / filiales pour mutualiser les ressources, bien faire circuler l’information et collecter les besoins.

SocialMediaOrganizations

Tout ceci est encore un peu conceptuel mais je suis très sensible à ce modèle de Social Business qui parvient à réunir deux mondes qui ne se cotoyaient pas (les marketeux d’un côté, les pro de l’organisation de l’autre). À suivre…

Dexu très belles réalisations pour Got Milk

Got Milk? est une vaste campagne lancée par la filière laitière US afin d’inciter les jeunes à consommer plus de lait. Qui dit « jeunes » dit « sites de jeunes ». Je souhaiterais donc vous présenter ce matin deux très belles réalisations de cette campagne.

Il y a tout d’abord le site principal Got Milk? qui propose une interface exploratoire très originale :

GotMilk_home

Cette scène est animée et sonorisée de façon à bien concentrer l’attention des internautes. En cliquant sur les différents animaux vous accédez à des mini-jeux :

GotMilk_Game

L’idée est de mettre en scène les qualités nutritive du lait. Autre exemple ici :

GotMilk_Game2

À chaque fois la réalisation est très soignée et le look & feel particulièrement original.

Autre réalisation avec Brittlelactica (pas tout à fait lancée il me semble). Cette campagne met en scène un système solaire où les habitants souffrent de graves carences alimentaires (normal, ils ne boivent pas de lait) :

Brittlelactica_System

En cliquant sur la planète principale (Brittlelactica), vous pouvez accéder à son histoire set surtout aux quatres factions qui règnent sur la planète (ici, l’impératrice des Papau Hairthinny) :

Brittlelactica_Planet

Chacune des ces factions est en lutte pour dominer cette planète et envoient ainsi une expédition sur Terre pour connaître le secret de la bonne santé de ses habitants (nous). Les aventures de ce corps expéditionnaire sont à suivre dans une série de vidéos :

Brittlelactica_Video

L’expédition en question a même réussi à capturer et ramener un spécimen de vache terrienne avec laquelle ils essayent de communiquer au travers de cette interface :

Brittlelactica_Dairy

Il y a donc de très claires références aux séries SF comme Battlestar Galactica mais je ne peux qu’applaudir la qualité de la réalisation et l’originalité de l’histoire.

Pour résumer : des interfaces riches au service d’ambiances très réussies pour un branding performant. Du grand art de la part de l’agence North Kingdom dont j’ai déjà parlé de nombreuses réalisations (et notament le fameux Vodafone Future Vision).

Est-ce la mode du Point&Click ?

Les advergames sont des supports très puissants pour attirer et concentrer l’attention d’un internaute. Il existe quantité d’exemples que vous pouvez trouver sur le blog Advergame.fr, mais deux campagnes récentes ont retenues mon attention.

Il y a tout d’abord le site de promotion du dernier album d’Eminem : The Relapse. Le principe de ce mini-site est de vous faire participer à une sorte de jeu d’aventure en parcourant différentes pièces :

RELAPSE_Central.jpg
La pièce d'entrée de The Relapse

Le site propose une interface très imerssive en 3D temps réel (la caméra bouge en fonction des mouvements de la souris). Il n’y a pas grand chose à faire dans cette aventure si ce n’est toucher à tout et parcourir les différentes pièces où l’on peut même croiser des PNJ (ici je pense que c’est censé être Slim Shady en plein délire) :

RELAPSE_Cell.jpg
Mais qui est ce type sur le lit ?

Vous apprécierez l’ambiance très glauque (façon Silent Hill) qui colle bien avec les paroles de la chanson (qui tourne en boucle) :

RELAPSE_pharmacy.jpg
C'est quoi ces traces de sang au sol ?

Outre la 3D, nous sommes bien en présence d’un jeu de style Point & Click, qui ont eu leur heure de gloire dans les années 80. Un dispositif très intéressant pour bien capter l’attention des internautes / joueurs. Plus d’exemples ici : Interactions, jeux, vidéo et 3D chez Coraline.

Et puisque l’on parle des Point & Clicks des années 80, comment ne pas évoquer la série Monkey Island qui a marqué nombre de joueurs… joueurs qui ont maintenant grandi, occupent des postes à responsabilité, pour certain dans l’informatique (en bon fans des jeux vidéo), et sont donc la cible idéale pour la campagne ServerQuest Games de Microsoft et sa dernière réalisation : ServerQuest II.

ServerQuestII_Home.jpg
La page d'accueil de ServerQuest II

Tout est fait pour faire vibrer la corde de la nostalgie dans cette réalisation : les graphismes pixélisés, la musique, le gameplay… Au début de l’aventure, vous choisissez votre personnage (Matt ou Alicia), sa spécialité (hardware, base de données…) et vous débute votre journée :

ServerQuestII_Office.jpg
Le premier chapitre du jeu

L’aventure est divisée en chapitres du quotidien où votre personnage doit accomplir différentes tâches en rapport ave sa spécialité (ici il faut récupérer des paquets de  données éparpillés) :

ServerQuestII_Game.jpg
Exemple de mini-jeu dans ServerQuest II

Les jeux sont prétextes à mettre en valeur les produits de Microsoft, de même que les séquences entre les chapitres où les fonctionnalités des derniers produits de la marque sont présentées de façon ludique.

Bref, c’est subtil, très bien réalisé et surtout extrêmement bien ciblé. Un carton ! Vivement le troisième épisode…