Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les forums : véritables institutions du web, ils sont jusqu’à preuve du contraire l’outil de discussion le plus populaire et démocratique de l’internet (cf. Les forums, piliers des médias sociaux ?).

Il n’empêche que les forums souffrent de grosses lacunes :

  • Le contenu est dur à lire car la syntaxe n’est pas toujours bonne (beaucoup d’abréviations, de jargons, de smileys…) ;
  • Les réponses y sont dures à lire car il faut parcourir tout le fil de discussion et en interpréter le contenu (cela génère souvent des discussions sans fin) ;
  • Le contenu est rangé en vrac dans des catégories / sous-catégories pas toujours évidentes à comprendre pour les néophytes (il faut alors se battre avec le moteur de recherche interne) ;
  • Il est souvent très intimidant d’y poser une question et les nouveaux sont bien (trop) souvent aiguillés vers la rubrique « nouveaux ».

Bref, même s’ils ont rendu et continuent de rendre de fiers services, ils commencent à montrer leurs limites et se sont largement fait « voler la vedette » par les blogs. Pourquoi ? Tout simplement parce que les blogs sont bien mieux référencés (URL lisibles) et plus simples d’accès (navigation par catégories et mots-clés, système de commentaires ultrasimples…). Je ne suis pas en train de comparer les forums et les blogs, mais juste de pointer du doigt les carences de plateformes sociales qui n’ont quasiment pas évoluées en 10 ans.

Si je devais faire une analogie, je dirais que les forums sont comme des trous noirs : Ils ont une terrible force d’attraction mais ne recrache jamais le contenu qu’ils absorbent. Comprenez par là que le contenu d’un forum ne vit pas, il s’accumule et n’est quasiment plus visible de l’extérieur (il faut être dedans pour bien en apprécier la teneur).

trou_noir

Bref, j’ai l’intime conviction que les forums ont fait leur temps et doivent maintenant soit évoluer soit être remplacés. Remplacés par quoi ? Par les FAQ collaboratives. Pourquoi ce choix ? Car les FAQ collaboratives répondent aux mêmes besoins que les forums tout en présentant un format plus facile d’accès et surtout plus simple à exploiter dans une dimension sociale ou collaborative.

Par FAQ collaboratives, j’entends des plateformes comme Yahoo! Answers (généraliste) ou StackOverflow (réservée aux développeurs). Elles remplissent les mêmes rôles que les forums : accumuler du savoir auprès d’une communauté et faciliter les discussions sur des sujets pointus. Là où les FAQ collaboratives peuvent faire la différence c’est qu’elle apportent une structure plus robuste pour les contenus et mettent en oeuvre des dynamiques sociales plus valorisantes (stimulantes ?).

Illustration avec StackOverflow, une gigantesque FAQ collaborative pour les développeurs. Les contributions se font sous la forme de questions auxquelles la communauté répond. Un système de mots-clés permet de naviguer entre les questions traitant des mêmes sujets :

stackoverflow

Les réponses sont commentées / notées et celui qui a posé la question peut choisir une réponse pour clore la discussion. Donc du point de vue du lecteur, le format est plus pratique qu’un forum car les visiteurs peuvent se contenter de lire la question et la réponse choisit (en évitant la discussion) :

stackoverflow_question

Du point de vue des contributeurs, le format est également plus intéressant que les forums car il introduit les profils publics où sont listés les questions / réponses mais également le social score et les récompenses (badges) :

stackoverflow_user

Ce système de FAQ collaborative est donc bien plus valorisant pour un contributeur qu’un forum où il ne sera qu’un pseudo parmi d’autres. C’est également un système moins intimidant pour les nouveaux qui peuvent dans un premier temps se contenter de voter ou de laisser des commentaires avant de se lancer à rédiger une réponse ou poser une question. Ils peuvent ainsi accumuler un petit peu de karma avant de participer de façon plus active, c’est une forme d’encouragement plus subtile que les grades des forumistes (modérateurs…).

C’est d’ailleurs ce principe de rétribution d’estime qui a fait le succès de cette plateforme (lire à ce sujet : Anthropologie, The Art of Building a Successful Social Site. Succès qu’ils sont d’ailleurs en train de répliquer avec cette seconde plateforme quasi identique : Server Fault.

Bref, pour résumer, je vois dans les FAQ collaborative le digne successeurs des forums car c’est un format plus simple à lire / référencer, car le contenu est mieux structuré et car les contributeurs sont mieux stimulés et récompensés. J’y vois surtout un format moins « fermé » que les forums qui ont tendance à faire tourner en rond les communautés qu’ils fédèrent.

Je sais par avance que cette prise de position ne va pas plaire aux forumistes confirmés, mais après tourné et retourné le problème dans ma tête, je ne vois toujours pas comment faire évoluer les forums pour combler les lacunes citées plus haut.

Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?

Alors que nous pensions que le marché de la recherche était définitivement acquis à Google (qui capte plus de 90% des parts de marché en France) voici que deux lancements en deux semaines m’amènent à remettre en question la suprématie de Google : Bing et WolframAlpha. Entendons-nous bien : Google n’est pour le moment pas menacé mais les innovations et le positionnement de ces deux nouveaux services de recherche souffle un vent de fraîcheur dans ce secteur.

Nous sommes ainsi tous à peu près d’accord pour dire que Google a remporté la bataille de la recherche algorithmique pour laquelle les équipes de R&D posséderont toujours une longueur d’avance (du moins c’est ce que je pense). Reste alors aux concurrents à trouver d’autres terrains de bataille pour pouvoir se démarquer. Et c’est là où les deux nouveaux services présentés plus bas rentrent en scène avec la proposition de valeur suivante : ne pas rechercher mieux que Google mais différemment. L’objectif étant de ne pas chercher à se battre sur la pertinence des résultats mais plus sur la modalité de recherche.

Il y a tout d’abord WolframAlpha qui se veut être non pas un moteur de recherche mais un moteur réponses : Là où Google se charge de remonter une liste de résultats correspondants à un ou plusieurs mots-clés, Wolgram préfère afficher une réponse unique à une question.

wolfram_weather

 

Le levier de différenciation de Wolgram est donc de proposer un moteur d’analyse syntaxique très sophistiqué lui permettant d’apporter une réponse unique et fiable à des questions du type « quel est l’âge du capitaine » :

wolfram_obama

Vous pourriez me dire (à raison) que Google propose déjà ce type d’approche  mais vous tomberez toujours systématiquement sur une liste de résultats. Bref, Wolgram se veut donc être un moteur de recherche « intelligent » qui comprend vos questions et vous mâche le travail d’interprétation des résultats. Reste encore à régler le problème de la largeur du champ de recherche (à combien de questions peut-il répondre) et la barrière de la langue (ça fonctionne bien en anglais mais quid du français ?). Plus d’infos ici : WolframAlpha, une nouvelle sorte de science pour une nouvelle sorte de moteur de recherche.

Dans un style proche mais différent nous trouvons ensuite Bing de Microsoft qui se positionne comme un outil d’aide à la décision. L’idée est à peu près la même : ne pas confronter les utilisateurs à une liste de résultats qui risque de les dérouter mais leur faciliter la tâche en présentant des résultats structurés. Et c’est dans la recherche de produits que Bing dévoile sa plus forte valeur ajoutée, il se transforme en un assistant d’achat qui se charge de collecter / agréger les avis et de comparer les prix :

bing_shopping

Une approche tout à fait intéressante car c’est sur de la recherche « marchande » que Google réalise 90% de son C.A. avec les adwords. Microsoft a donc choisi de se concentrer sur ce créneau et d’anticiper le clic suivant la liste de résultats en intégrant et en retraitant les données. Peut-on dire que c’est de l’affiliation forcée ? Oui pourquoi pas. Cela nécessite de nouer de nombreux partenariats avec des services externes, mais quand on s’appelle Microsoft ce n’est pas un problème insurmontable, bien au contraire. Autre illustration avec cette recherche d’hotels dans la chaîne Travel (intégration du moteur de Farecast racheté l’année dernière par Microsoft) :

bing_hotels

Signalons au passage que Microsoft a également prévu un programme de cashback associé à son moteur. Pour le moment Bing est très limité en France donc il vaut mieux tester la version US. Plus d’infos ici : Discover Bing et Bing Opens Up. Is It Good? It’s Too Early To Tell (et sur la version mobile : Microsoft’s Bing is Now Mobile, Too).

Donc au final, j’anticipe un marché de la recherche plus ouvert où les utilisateurs choisiront le moteur en fonction de la nature de leur recherche : Google pour une recherche générique à base de mots-clés, WolframAlpha pour de la recherche en langage naturel (comme Ask le propose dans une certaine mesure) et Bing pour de la recherche pré-achat.

Bien évidement ce ne sont pas les seules initiatives d’alternatives à Google, mais ce sont tout de même deux très bon candidats qui risquent de stimuler les autres :

  • Amazon avec son moteur A9 qui en plus d’avoir un accès direct aux produits et à la marketplace du géant du e-commerce peut également exploiter les précieuses données de sites comme Amapedia, Alexa, IMDB ou encore SoundUnwound ;
  • Yahoo! qui n’en finit pas d’agoniser (une nouvelle version ?) et qui ferait bien de nous sortir un moteur performant car reposant sur le pléthorique Yahoo! Answers mais également sur toutes les chaînes de contenu (News, Sports, Food…), les chaînes marchandes (Shopping, Tech, Travel…) ou encore les services 2.0 « maison » (FlickR, Delicious, MyBlogLog…) ;
  • Wikipédia qui est de très loin la plus grosse base d’informations de la planète et qui pourrait proposer une expérience de recherche tout à fait convaincante en mixant les contenus de l’encyclopédie collaborative, les contenus des autres sources (WikiNews, Wikia Answers…) et pourquoi pas y rajouter une pincée du très attendu Wikia People Search.

Bref, les possibilités sont nombreuses. Cela veut-il dire que les 3 acteurs précédemment cités doivent déréférencer leurs contenus de Google ? Non pas du tout, mais comme ils ont accès aux données sources ils pourraient présenter des résultats bien plus structurés.

Les lecteurs les plus attentifs pourraient me dire que tout ceci est vain dans la mesure où Google propose déjà des outils de recherche verticaux (Products, Knol, Squared…) mais ça vaut quand même le coup d’essayer, non ?

Une visite guidée intégrée à votre page d’accueil

Voilà un petit bout de temps que je cherche à aborder le sujet des visites guidées (« demo tour » ou « product tour » en anglais). Très utiles pour valoriser votre offre voir indispensable quand vous devez faire preuve de pédagogie pour présenter un service complexe. Les visite guidée existent depuis de nombreuses années sous différentes formes : statiques (un seule page), séquentielle (plusieurs pages), animée (format flash), vidéo… Un exercice délicat qui demande de respecter certaines règles qui sont bien résumées ici : 16 manières de designer une page de tour.

Même si j’apprécie l’article précédemment cité, je trouve qu’il y manque un petit quelque chose… une visite guidée ultime qui serve de référence. J’ai longtemps cherché et je pense avoir finalement trouvé un très bon exemple : Get Glue.

La page d'accueil de Glue
La page d'accueil de Glue

Pour faire simple, Glue est une social bar qui vous accompagne dans votre navigation quotidienne. La page d’accueil du site est un bel exemple de minimalisme et de concision : une capture d’écran, une courte explication, des témoignages et trois boutons d’action (installation, visite guidée et démonstration vidéo).

La particularité de cette visite guidée est qu’elle est directement intégrée à la page d’accueil, vous ne changer pas d’écran et l’on vous présente les différentes caractéristiques du service en les illustrant sur la capture d’écran :

Première étape de la visite guidée
Première étape de la visite guidée

Les textes sont courts et le guidage est renforcé par des flèches qui pointent les zones d’intérêt et un ombrage sur le reste de la capture :

Le guidage renforcé de la visite guidée
Le guidage renforcé de la visite guidée

La visite guidée se termine par la proposition d’installation de l’application :

La dernière étape de la visite guidée
La dernière étape de la visite guidée

Donc au final nous avons une visite guidée d’une redoutable efficacité : peu de texte, des bénéfices et non une liste de fonctionnalités, une cinématique limpide et rapide à dérouler. Cette visite guidée est de plus secondée par une démonstration vidéo pour ceux qui souhaitent s’attarder plus de temps.

Bref, c’est du très bon travail même si je trouve qu’il manque dans ce site une page où seraient résumées les fonctionnalités et les bénéfices. Ce que j’apprécie particulièrement est le choix de la simplicité par rapport à des solutions plus sophistiquées ayant recours à une animation Flas plus longue à charger et lourde à manipuler.

Comme toujours, si vous avez de bons exemples, n’hésitez pas à publier l’URL dans les commentaires.

Roland-Garros en HD Smooth Streaming avec Silverlight (et dans votre intranet aussi)

En ce moment l’actualité sportive est dominée par le tournoi de Roland-Garros. Un évènement sportif comme Microsoft les aime. Microsoft ? Mais oui enfin, Microsoft qui est petit à petit en train de s’imposer sur la retransmission « live » de contenus sportifs (comme les J.O. l’été dernier). Bref, tout ça pour dire que France2 propose de suivre la compétition en streaming sur son site : Roland Garros 2009.

rg_silverlight

Là où ça devient intéressant, c’est que cette retransmission est en HD, plus précisément du 720p soit une résolution de 1280 x 720 pixels. Ceci est rendu possible grâce à la technologie Smooth Streaming de Silverlight. Une technologie très intéressante pour les événements sportifs car elle permet de moduler la résolution en fonction de la bande passante disponible (« adpative streaming« ) et de faire des pauses, ralentis… Plus d’infos ici : Microsoft lance IIS Smooth Streaming qui permet de streamer en vraie HD en 1080p.

Pour ce qui est de la régie, je vous propose cet article de Clubic qui résume très bien les moyens déployés : Roland Garros en HD grâce à Silverlight.

rg-streaming

Et si les compétitions sportives vous laissent de marbre mais que vous vous intéressez à Silverlight, je peux également vous recommander cet article où il est question d’un intranet médical exploitant des interfaces riches : Microsoft Health Patient Journey Demonstrator.

ms-health_silverlight

(via JF Gomez)

Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

C’est donc la veille du WE de Pentecôte que Google a décidé de lancer sa nouvelle « bombe » : Google Wave. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau service est tellement novateur qu’en donner une définition fiable est un excercice de haute voltige : Went Walkabout. Brought back Google Wave.

Pour faire simple :

  • Google Wave est ou outil de collaboration qui se situe à mi-chemin entre l’email, la messagerie instantanée et le wiki ;
  • Une wave est à la fois une discussion et un document, elle peut être exportée et peut encapsuler un certain nombre de social widget (au format Open Social) ;
  • C’est une application en ligne, de même qu’une plateforme ouverte et extensible (chacun peut proposer son extension) mais également un protocole (que vous pouvez utiliser librement dans vos services / applications) dont le code source est publié (afin de bénéficier de  l’apport de la communauté).

Voilà pour une première description. Au niveau de l’interface, ça ressemble à un produit Google avec 3 colonnes (la navigation et les contacts, la boîte de réception et la fenêtre de visualisation) :

google_wave_ui

D’un point de vue « technique », il s’agit d’une application en ligne puisque Wave est accessible au travers du navigateur mais qui nécessite tout de même le recours à l’extension Gears pour supporter la fonction de drag & drop (qui n’est pas encore standardisée dans les spécifications de HTML 5).

Google Wave = Email 2.0 ou Wiki 2.0 ?

La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on découvre l’interface est de se dire que Wave est un système de messagerie amélioré. Par messagerie, j’entends les systèmes modernes comme Gmail qui agrègent les emails en discussions et permettent d’encapsuler divers éléments (photos, vidéos, cartes…). Et effectivement, la boîte de réception présente de forte similitude :

wave_inbox

Mais la comparaison s’arrête là car une Wave est une discussion active que l’on peut faire évoluer librement (il existe un historique avec la fonction Playback). Sur la capture d’écran suivante vous pouvez d’ailleurs voir les réponses qui sont directement insérées dans le texte ainsi que étiquettes de couleur pour indiquer l’auteur et la nature des modifications :

wave_edit

Mais Wave peut faire plus avec notamment la communication en temps réelle façon messagerie instantanée : vous voyez ainsi les contributions s’afficher au fur et à mesure, les fichiers joints apparaîtrent les uns après les autres… c’est très pratique pour accélérer les discussions et préparer les réponses lorsqu’une phrase est en cours de rédaction. Nous avons donc un bon candidat pour venir remplacer l’email (Google Wave: What Might Email Look Like If It Were Invented Today?).

Outre les discussions, Wave permet aussi de travailler sur des documents plus longs et structurés où chacun peut apporter ses corrections, compléments et commentaires. Ces derniers sont insérés au plein coeur du texte mais vous avez la possibilité de ne pas les afficher pour imprimer le document ou de n’afficher que les commentaires pour archiver une discussion. Là encore la communication en temps réel est très utile car elle autorise l’édition simultanée. De ce point de vue, Wave est donc à la fois plus simple et plus puissant qu’un wiki, une prouesse !

Et pour rajouter à la confusion, une Wave peut également être publiée dans un billet de blog (ou n’importe quelle page HTML) où les visiteurs pourront la consulter mais également la modifier. Ils poussent même le vice en intégrant Wave au réseau social « maison » : Orkut.

Gadgets et robots pour améliorer la flexibilité

Le coeur de Wave est donc ce système de communication. Mais pour assurer une capacité d’évolution maximale à ce produit, les équipes ont opté pour un système d’extensions qui repose sur les robots (pour automatiser des tâches comme la découverte automatique de liens ou pour synchroniser Wave et Twitter – ex. Twave) et sur les gadgets (pour encapsuler des éléments « riches » comme une carte ou un sondage) :

wave_map_yes_no_maybe

La communauté des développeurs va donc être au centre de ce projet car c’est sur elle que va reposer à la fois l’écosystème des extensions mais également des logiciels compatibles et des versions mobiles (il existe pour l’instant des prototypes de Wave sur Android et iPhone). Dans la ligne de mire de Google, le formidable écosystème développé autour de Twitter, le service de référence quand il est question de système ouvert.

Pour un aperçu complet des fonctionnalités, je vous recommande cette vidéo, un peu longue mais ça vaut le coup de regarder jusqu’au bout des 1 H 20 :

Google Wave = Lotus Notes 2.0 ?

Tout comme Lotus Notes avait révolutionné la collaboration en entreprise il y a 15 ans, l’ambition de Wave est énorme : faire évoluer durablement les habitudes de travail à l’aide d’un outil issu de la génération « social media« . Hé oui, car c’est bien de cela dont il est question : ne pas reproduire mais proposer un mode de collaboration en net rupture avec les outils traditionnels (Google Wave To Bring Web 2.0 Lifestyle to Work).

De ce point de vue là, Wave propose une alternative très puissante aux logiciels de messagerie qui n’en finissent pas de se ringardiser ou aux mastodontes comme Oracle ou SAP qui engendrent des coûts exorbitants d’intégration. C’est donc la grande souplesse d’utilisation et l’évolutivité de Wave qui peut faire peur, de même que son intégration à des suites applicatives à la sauce SaaS (The enterprise implications of Google Wave).

enterprise_waves

C’est à mon sens là toute la force de Google Wave : il ne remplace pas les systèmes de communication / collaboration existants, il les complète (dans un premier temps). La nature ouverte et extensible de Wave en fait donc un atout redoutable pour assurer une transition en douceur depuis les outils d’ancienne génération (email, bureautique…) vers les outils de l’entreprise 2.0.

Wave peut-il réussir là où bien d’autres ont échoué ? Peut-être car la vision de Google est bien plus novatrice que celle d’autres éditeurs et parce qu’ils comptent bien sur la communauté pour multiplier les domaines d’application possibles de Wave. Mais ceci ne se fera pas en quelques mois, attendez-vous à une longue phase de maturation pour ce produit qui vient à peine de naître.

Dans tous les cas de figure, la prochaine étape logique est l’intégration de Wave dans la suite Google Apps. La grande question est de savoir quelle sera l’étape suivante…