Quelle charte pour les médias sociaux ?

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous rappeler que les médias sociaux sont encore très jeunes et que les pratiques ne sont pas encore suffisamment stabilisées pur pouvoir établir des « grandes règles » applicables par tous.

Il n’empêche… si je devais vous donner une conseil ou mettre en évidence une bonne pratique, ça serait de fixer dès le départ les règles de votre présence sur les médias sociaux, en d’autres termes de définir et publier une charte éditoriale « sociale ». Tout comme il existe des chartes graphiques ou ergonomiques, l’idée de cette charte est de poser les règles qui vont régir les interactions entre la communauté et la marque. Cette charte s’appliquant bien sur à tous les types de médias sociaux (blogs, réseaux sociaux, microblogs, forums, sites de partage…).

Dans cette idée, le site Social Media Governance propose ainsi une liste des chartes d’annonceurs US : Social Media Policies. On retrouve dans cette liste de grandes marques (et des moins connues) mais surtout de très bons exemples de charte avec des approches parfois très différentes.

On retrouve ainsi des chartes ultra-simples comme celle de General Motors :

Blogger Policy

1. We will tell the truth. We will acknowledge and correct any mistakes promptly.

2. We will not delete comments unless they are spam, off-topic, or defamatory.

3. We will reply to comments when appropriate as promptly as possible.

4. We will link to online references and original source materials directly

5. We will disagree with other opinions respectfully.

Ou des chartes beaucoup plus formelles visiblement rédigées par le service juridique comme celle d’IBM.

Mais il y a aussi des chartes intermédiaires tout à fait intéressantes qui sont un bon mélange de formalisme juridique et de clarté pour les internautes lambda :

  • Dell (« Transparency of Origin, Accurate Information, Ethical Conduct, Protection of Confidential and Proprietary Information« ) ;
  • HP (« We will strive to have open and honest dialogues with our readers. We will correct inaccurate or misleading postings in a timely manner. We will not delete posts unless they violate our policies. We will disclose conflicts of interest…« ) ;
  • Webtrends (« We will tell the truth. We only delete comments that are spam, profanity, hate or infringe on copyrights. We will speak with our own voices, not glossy corporate speech. We will correct any errors or omissions promptly, noting when we do. If we disagree with other opinions, we will do so respectfully. We will reply to comments, where appropriate, as promptly as possible. We will link to references and source materials directly…« ) ;
  • Wells Fargo (« This Community is moderated and all comments are reviewed by us before being posted. To ensure exchanges that are productive, informative, respectful of diverse viewpoints and lawful, we will review all comments and we will NOT post comments that are or include: Off Topic, Spam, Personal Attacks, Illegal, Offensive Language, Private or Confidential Information.« ).

Il y a également des chartes qui sont plus destinées à l’interne avec des conseils pour les collaborateurs :

  • Intel (« If you participate in social media, please follow these guiding principles: Stick to your area of expertise […] Post meaningful, respectful comments […] Always pause and think before posting […] Respect proprietary information and content, and confidentiality […] When disagreeing with others’ opinions, keep it appropriate and polite.« ) ;
  • Wal-Mart (« All official Wal-Mart Stores Twitter users will be identified on this landing page and will have a link back to this page from their Twitter profile[…] approved Twitter users will follow the following naming conventions of “business unit + name/category.” […] We won’t reply to off topic @replies. […] @replies should contribute to the dialogue…« ).

L’U.S. Air Force a même publié son processus de modération des billets :

Bref, cette liste est une source d’inspiration unique si vous souhaitez (et je vous le conseil fortement) devez rédiger une charte éditoriale des médias sociaux.

(via Mashable)

Quels sont les facteurs-clés de succès et d’échec d’une initiative d’Entreprise 2.0 ?

Voilà maintenant plus de 2 ans que l’on parle d’Entreprise 2.0. C’est donc l’occasion idéale pour se pencher sur les retours d’expérience et surtout sur les bonnes recettes pour bien réussir vos projets Entreprise 2.0. Oui je sais, le sujet de cet article ressemble aux marronniers de la presse grand public, il n’empêche que je profite du très bon article de Don Hinchcliffe pour l’aborder : 14 Reasons Why Enterprise 2.0 Projects Fail.

L’auteur liste ainsi les principales raisons de l’échec de projets 2.0 en entreprise que je vous propose de résumer en quatre facteurs critiques :

  • Le choix des outils. Il n’existe pas d’outils parfaits, juste une infinité de solutions que vous devez adapter à votre budget, vos objectifs, vos contraintes… L’outil est un élément de l’équation mais pas le plus important car vous pouvez toujours changer d’outils au fil du temps. L’important est de ne pas trop perdre de temps ou d’énergie dans le processus de choix et de partir avec la solution la plus légère possible (pour pouvoir la faire évoluer… ou la changer). Souvenez-vous que les outils les plus simples sont ceux que l’on s’approprie le plus facilement et pour lesquelles nous trouvons le plus d’usages possibles.
  • L’évangélisation. Il est plus qu’essentiel de trouver les bons relais pour promouvoir les initiatives E2.0 et surtout pour expliquer les bénéfices aux plus sceptiques. Les « champions » de l’E2.0 sont ainsi ceux qui vont permettre aux projets de franchir la distance entre les services / business unit / silos d’informations… Sans eux, le projet risque de rester cantonné à un département et ne pas être déployé dans le reste de l’organisation.
  • Les acteurs. De nombreux métiers sont impactés par une initiative d’E2.0 (DSI, RH, documentation…). Il faut trouver le bon timing pour récupérer l’input de ces métiers au bon moment sans toutefois lever une armée mexicaine qui paralyse les réunions et les décisions.
  • Objectifs et pilotage. Les bénéfices de l’E2.0 se font ressentir à moyen voir long terme. Inutile donc de fixer des objectifs de ROI dès les premiers mois ou d’abandonner au bout de 2 ans sans résultats probants. Implanter une dynamique 2.0 en entreprise est un travail de longue haleine, surtout en ce qui concerne le changement des habitudes de travail et des mentalités. N’espérez donc pas de miracles en un trimestre, tout est une question de gestion des couts et ressources sur le moyen terme.

Deux autres points m’ont particulièrement séduis dans cet article : l’approche empirique « fail fast and often » (« échouez vite et souvent ») de même que cette représentation de la courbe d’adoption :

E2_success_pattern

Sur le même sujet il y a également cet autre article qui compile plusieurs avis d’experts : The secret sauce to successful Enterprise 2.0 adoption. Il est plus difficile de faire une synthèse de ces avis, mais les points critiques semblent être toujours les même : Mobiliser les bons interlocuteurs au bon moment, ne pas sous-estimer le travail d’évangélisation / formation, ne pas se reposer sur l’outil, fixer des objectifs et des outils de pilotage cohérents…

À méditer.

Toujours plus d’expérimentations pour la presse et les RIA

Après avoir explorer les représentations en mosaïques et sur des cartes du monde, je continue mon tour d’horizon des dernières expérimentation des sites de presse en matière d’interfaces riches.

Il y a tout d’abord l’interface façon « feuilletage rapide » de Google Fast Flip dont vous avez certainement déjà (trop) entendu parler :

L'interface de Google Fast Flip
L'interface de Google Fast Flip

En mode de visualisation sans grand intérêt si ce n’est de valoriser un mode de consommation boulimique de l’information : toujours plus de news en un minimum de temps. C’est très certainement pour répondre à ce besoin que certains acteurs repensent leur interface dans une logique d’agrégateur.

USA Today expérimente ainsi une interface baptisée NewsDeck qui fait furieusement penser à Netvibes :

USA Today + Netvibes = News Deck
USA Today + Netvibes = News Deck

Vous apprécierez au passage le défilement automatique des catégories en fonction de la position de la souris au dessus de chacune des catégories.

Toujours dans une logique d’agrégation, Microsoft est en train de travailler sur une application qu’ils définissent comme un « Next-Generation Newspaper » (cf. Microsoft’s vision for a “next-gen newspaper” looks like TweetDeck) :

Microsoft + News  +Sobees = Microsoft Newspaper
Microsoft + News +Sobees = Microsoft Newspaper

Les observateurs avertis y voient une forte ressemble à des outils comme TweetDeck, et pour cause puisque ce prototype a été développé en partenariat avec Sobees.

Dans leur vision des choses, cette interface serait comme un « hub » où se côtoieraient de la news et des alertes « sociales » (venant de Facebook, Twitter…) et qui serait disponible sur différents terminaux (ordinateur, notebook, smartphone…).

À suivre…

Une nouvelle phase de croissance pour les univers virtuels et le v-business

Alors que la Fevad vient de publier de très beaux chiffres sur la croissance du e-commerce et que des nouveaux entrants comme Zynga dégagent des bénéfices record, le débat sur la viabilité des univers virtuels est de nouveau dans l’air. Il faut dire que l’ascension fulgurante de Second Life et l’éclatement de la bulle virtuelle a marqué les esprits. Oui mais voilà, il ne fat pas jeter le bébé avec l’eau du bain car les investissements et opportunités pour les marques autour du v-business n’ont jamais été aussi élevés. Et ceci pour deux raisons toutes simples : un contexte favorable et une faible concurrence. Contexte favorable car il existe une très vaste diversité d’univers (de supports) qui ciblent une population très large. Faible concurrence car les annonceurs de la première heure se sont retirés pour aller tenter leur chance du côté des médias sociaux.

Je rejoins donc l’avis de Kzero qui prédit une nouvelle vague de croissance, ou du moins une croissance continu pour les univers virtuels : Growth forecasts for the Virtual Worlds sector.

kzero-number-of-virtual-worlds

Ce sont ainsi près de 300 univers qui seront en production l’année prochaine et presque 900 d’ici 3 ans. Utopie ? Non pas réellement car nous parlons ici de la grande famille des univers virtuels, celle qui inclut également les mondes miroirs, les univers en 2D centré sur le jeu ainsi que les très nombreux MMO qui vont voir le jour.

Pourquoi mettre dans le même panier univers virtuels et MMO ? Tout simplement parce que ce sont deux supports pareillement viables pour une marque et parce que les possibilités de micro-transactions et de v-business sont tout aussi réel dans les deux cas.

Et puisque l’on parle de v-business, Kzero prévoit également une croissance soutenue des revenus :

kzero-virtual-world-revenues

Encore une fois ces projections ne sont pas délirantes dans la mesure où elle est corrélée avec le nombre d’univers et la maturation des modèles économiques.

Certains voient même dans les univers virtuels HD comme Blue Mars une opportunité pour ressusciter des expérimentations menées sur Second Life : Blue Mars: An Opportunity to Grow Your Second Life Business.

En tout cas, je reste persuadé qu’outre les mondes miroirs et univers virtuels ultra-réalistes, de nombreuses opportunités sont à saisir dans les univers plus « créatifs ». Surtout si ces derniers sont associés à des franchises prestigieuses. Dernier exemple en date, cet univers en construction sur le thème d’Alice au pays des merveilles (Wonderland MMO) : Alice in Wonderland Virtual World Upcoming.

Le futur univers virtuel sur Alice au pays des merveilles
Le futur univers virtuel sur Alice au pays des merveilles

Toute la difficulté pour une direction marketing / communication est d’accepter l’idée de créer un avatar de marque qui soit dans l’esprit de l’univers ciblé.

Mes 3 sites coup de coeur en noir et blanc du moment (septembre 2009)

Je ne sais pas si c’est la saison mais en ce moment je croise de nombreux sites qui me font craquer, à tel point que je suis obligé de faire des catégories pour pouvoir tous vous les présenter. J’ouvre donc une série « coups de cœur minimalistes » ou « coups de cœur en noir et blanc ».

Commençons avec le site d’Alastaire Allday, un rédacteur pas peu fier de sa cigarette :

Allday

J’apprécie particulièrement le large visuel de même que le choix de la typographie. Beaucoup d’espaces blanc, un très bon contraste sur le bouton « Next Page » et un bandeau de navigation très sobre qui remonte en pages intérieures. Aucune faute de gout sur ce site, par contre le gilet et la coupe de cheveux sont à revoir !

Continuons avec le site de l’agence Rikcat Industries :

Rikcat-1

Une grille de lecture beaucoup plus formelle pour cette page d’accueil qui présente tout de même des très belles proportions. Comme toujours sur les sites minimalistes il y a un très beau travail sur la typographie. Vous apprécierez au passage des détails très élégants comme le contour des illustrations, les pictos retravaillés en bas de page (carrés et en N&B) ainsi que le rouge au survol des liens et du logo. Assurément un sans faute.

Terminons avec un autre site d’agence, celui de Chama Inc :

Chama

Un site très épuré et très simple (une seule page qui s’étire en hauteur). Une typographie très stylisée pour la baseline et de larges gouttières pour centrer l’attention sur le texte. Quel dommage que la bas de page soit si coloré !