En finir avec le mythe de la limite de visibilité

Connaissez-vous la limite de visibilité ? Il s’agit de la ligne horizontale d’une page au-dessous de laquelle le contenu n’est plus affiché à cause de la résolution de l’écran. Cette notion est directement héritée de la presse ou les gros titres devaient être imprimés sur la partie haute de la page, juste avant la pliure (d’où le « page fold » en anglais).

Jusqu’ici rien de problématique, si ce n’est une fausse interprétation de cette notion qui laisse entendre que les contenus sous cette fameuse limite de visibilité ne sont pas lus. Grave erreur d’interprétation car les utilisateurs savent scroller, encore faut-il leur en donner envie.

Il y  déjà eu ainsi de nombreux articles écrits sur le sujet : Blasting the Myth of the Fold, Worried about content “below the fold”? Don’t be, Debunking the Myth of the Page Fold in Web Design… et je pense qu’il y en aura encore de nombreux autres…

Mais reprenons depuis le début : la limite de visibilité. Grâce à la très complète étude publiée par le blog ClickTale (ClickTale Scrolling Research Report – Visibility and Scroll Reach), nous savons maintenant qu’en moyenne la limite de visibilité se situe entre 560 et 600 pixels :

FoldLocation

OK très bien, mais j’attire néanmoins votre attention sur le fait que cet article a été publié en 2007 (date à laquelle la résolution 1024*768 était majoritaire) et que depuis le parc informatique a évolué et que nous comptons un peu plus d’écrans avec une résolution de 1280*800 et 1280*1024 (cf. W3counter). Mais bon ça ne change pas grand chose, pour le moment…

Intéressons-nous maintenant à une étude plus récente publiée par le cabinet CX Partners : The myth of the page fold: evidence from user testing. Ces derniers nous font ainsi partager les résultats d’une vaste étude de eye-tracking qui révèle grosso-modo la même chose : les utilisateurs savent scroller. Il suffit de regarder la longueur des pages de sites à très grosse audience pour s’en convaincre :

longpages

En fait l’astuce est de bien surveiller l’endroit où la page est coupée : si elle s’arrête dans une zone vierge, aucun repère visuel (si ce n’est la barre de défilement horizontale) ne vous indique qu’il y a du contenu en dessous. Illustration avec cette page produit :

Fold_Bad

Par contre, si la limite de visibilité tombe en plein milieu d’un paragraphe ou d’une photo, cela créé une invite visuelle pour l’utilisateur :

Fold_Good

Conclusion : La limite de visibilité ne pose problème que si vous ne fournissez pas de bonnes raisons (ou une invitation visuelle) pour inciter les utilisateur à scroller.

Dans la mesure où les avis concordent, il semblerait que ce point soit définitivement réglé… jusqu’à ce que les statistiques évoluent de façon significative ! Je vous donne donc rendez-vous dans deux ans pour en reparler.

8 réflexions sur “En finir avec le mythe de la limite de visibilité

  1. En n’oubliant pas que savoir exactement ou la fenêtre va s’arrêter est impossible, vu que cela dépends de la configuration matérielle de l’utilisateur (la taille de son écran).

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  2. Ah que de souvenirs de discussions enflammées sur le sujet, et pourtant les stats l’ont toujours montré, mais le syndrome du print n’est jamais très loin.
    Merci pour ces ressources qui donneront de bonnes cartouches

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  3. Complètement d’accord. D’ailleurs cela s’applique aussi aux sites horizontaux (et peut-être même encore plus compte-tenu de leur originalité de fonctionnement). Le récent exemple du nouveau site de la fondation Nicolas Hulot montre l’importance de ce genre de repères graphiques pour inciter les visiteurs a scroller.
    http://www.ludovicpassamonti.com/archive/2009/10/28/nouveau-site-horizontal-de-la-fondation-nicolas-hulot.html

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  4. Les paramètres sont nombreux et impossible de s’adapter à toutes les configurations. Je suis en 1600*1050 (5% dans les stats) et j’ouvre rarement mon navigateur en plein écran.

    La question de la limite du fold ne se pose même pas pour les gros sites d’info. Ils sont tellement denses que chaque espace vierge est occupé.

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  5. Attention : ce n’est pas parce que certains utilisateurs ont des résolutions d’écran démesurées que tout le monde a cela et que l’on tend vers cette voie. En effet, la résolution (en pixels de largeur et de hauteur) semble évoluer plus rapidement que la taille de l’écran (en pouces ou centimètres de diagonale). En outre, les écrans ont changé de format, passant du 4:3 au 16/9 ou 16/10. De plus, l’usage de NetBook explose. Enfin, l’ordinateur n’est plus le seul moyen de navigation web. A celui-ci se sont rajoutés, ces dernières années, les téléphones portables, les tablettes, mais aussi les consoles de jeux vidéo. Leurs résolutions peuvent même être inférieures à du 800×600 !

    Enfin, un lien qui semble manquer dans ton article : http://browsersize.googlelabs.com/

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