Les petits e-commerçants ont le blues, mais ils ne devraient pas

J’ai comme l’impression qu’avec la maturation du commerce en ligne en France (dominé par de très gros acteurs), les « petits » e-commerçants ont la vie dure. Illustration avec le message envoyé par Olivier à la FEVAD : Favor’i FEVAD 2010, merci à tous de m’avoir élu « Meilleur Blog-Ecommerce 2010 ». À l’origine de ce message, un sentiment de frustration d’un artisan du commerce en ligne face aux mastodontes français qui squattent les pages de résultats de Google, raflent les prix et d’auto-congratulent. Il faut dire que le combat est inégal dans la mesure où il y a certainement plus de référenceurs travaillant chez RueDuCommerce que d’habitants dans l’immeuble d’Olivier.

Autre témoignage très intéressant chez Patrice, celui de Delphine qui s’est battu pour faire exister sa boutique de chemises (Torpille.fr) sans rien y connaitre : Torpille.fr (Retour d’expérience). Elle partage ainsi ses déboires dans une page Facebook où sont détaillées ses mésaventures (pas très glorieux pour les gens de la « profession » qui l’ont si mal accompagné).

TorpilleBlog

Le commerce en ligne est un métier complexe, alors déléguez !

Loin de moi l’idée d’enfoncer des portes ouvertes, mais vendre en ligne est une entreprise très complexe qui nécessite de réelles compétences et beaucoup d’énergie. N’espérez pas y arriver seul, vous n’avez aucune chance.

Pour résumer je m’appuierais sur une très bonne série d’articles rédigés par Michel de Guilhermier : Le Combat pour la Domination e-Commerce : Retailers vs Pure Players. Part I : Avantage Sourcing, Handicap Culturel et Organisationnel. La réussite d’une boutique en ligne est conditionnée par la maitrise de trois facteurs : La marge brute sur les produits, les coûts de visibilité et les couts opérationnels. Opérer une boutique en ligne impose donc de maitriser ces trois facteurs donc d’intégrer des compétences dans ces trois domaines (achat pour la marge brute, référencement / trafic pour la visibilité, gestion pour les couts opérationnels).

Impossible de maitriser tout cela à la fois si vous êtes seul, à moins d’avoir un authentique talent ou un « truc » secret. Il convient donc de se concentrer sur un ou deux aspects et de se décharger du reste. Il existe aujourd’hui des offres tout à fait compétitive pour créer / gérer / héberger sa boutique en ligne (Wizishop, 42Stores, PowerBoutique, Oxatis, PrestaBox…) et s’affranchir ainsi des soucis que cela amène. Ce conseil est également valable pour des marques déjà installées qui ont la possibilité de se concentrer sur leur métier d’origine et leur réseau de distribution physique en faisant de la délégation de e-commerce (auprès d’acteurs comme Inspirationel Stores, MixCommerce ou BrandOnlineCommerce).

Déléguer son e-commerce, une idée folle ? Pas du tout, car opérer une boutique en ligne avec un minimum de volume et d’ambitions exige (encore une fois) de réelles compétences qui sont dures à acquérir et surtout un travail de fourmis. De très grandes marques se sont ainsi laissées tenter comme Toys’ R Us qui est propulsé par GSI Commerce (et devrait lancer sa boutique en France, souhaitons bonne chance à Franck).

Cette délégation est une solution idéale pour ceux qui veulent développer leur business sur le web (et reconquérir des parts de marché sur des ventes que d’autres font à leur place) sans trop prendre de risques. Et pour ceux qui ne se sentent pas l’ambition de mettre en ligne une boutique, ils peuvent toujours se faire héberger un « corner » sur des portails marchands comme Madeleine Market. Le coup du grand magasin qui marie distribution sélective et volume n’est pas tout neuf ( la taille critique restera toujours un facteur-clé de succès), mais pour avoir rencontré le fondateur, je peux vous assurer que son offre est tout à fait intéressante avec un gros travail sur l’éditorialisation des fiches produit et sur le contenu comme levier de trafic durable (je préfère ce terme à « référencement naturel« ).

Travailler sa marque et sa communauté avec les médias sociaux

Tout ceci fonctionne bien à partir du moment où vous avez déjà une activité et un début de clientèle, mais qui des création de marque ? C’est là où les médias sociaux rentrent en scène et peuvent redonner de l’espoir aux petits e-commerçant : Partant du principe que vous maitrisez à minima le sourcing, que vous pouvez déléguer la technique, le marchandising et la logistique à des prestataires spécialisé, il vous reste encore à perfectionner votre offre et trouver une clientèle.

Je rejoins tout à fait le point de vue de Michel (encore lui) sur la nécessité d’avoir une offre solide : Le Combat pour la Domination e-Commerce : Retailers vs Pure Players. Part II : l’Offre !. Deux leviers peuvent être actionnés afin de se démarquer : soit faire du gros volume pour abaisser le prix d’achat et déclencher des économies d’échelle (idéal pour les biens de commodité), soit proposer une offre pertinente, différente et surtout parfaitement adaptée à une réalité de marché.

Et c’est là où les médias sociaux sont une aubaine pour les petits e-commerçant qui peuvent s’en servir comme média de proximité pour mieux comprendre les besoins / contraintes / motivations / freins des clients et prospects. Cette étape d’écoute active est essentielle pour être en adéquation avec le marché et adapter son offre en conséquence (facile quand on est une toute petite structure, très compliqué quand on est une grosse structure avec une marque déjà établie).

Les médias sociaux et cette forme de marketing de terrain sont donc un avantage anti-concurrentiel (les gros ne peuvent pas lutter) pour se différencier et développer une communauté de clients autour d’une marque et de produits façonnés selon leurs besoins / humeurs… C’est qu’ont parfaitement su faire Patrice avec LaFraise.com ou Dave avec SaddleBack Leather, c’est ce que fait Olivier avec Platine-Center, c’est qu’essaye de faire Delphine avec Torpille.

SaddlebackBlog1

Bien évidement tout n’est pas si simple et il faut toujours beaucoup d’énergie et de très grandes qualités pour pouvoir survivre dans cet univers ultra-concurrentiel, mais je reste persuadé qu’il reste une infinité de poches de business à capter pour des petits e-commerçants face à des géants du commerce en ligne dont la marge de manœuvre est réduite (baisse du pouvoir d’achat => promos pour maintenir les ventes => diminution des marges).

Et pour identifier ces poches, rien de tel que les médias sociaux, voilà pourquoi les petits e-commerçants ne devrait pas avoir le blues (d’où le titre de l’article).

Mes 3 sites coup de cœur (décembre 2009)

Je reprends ma série de sites coup de cœur avec 3 réalisations très différentes.

Tout d’abord Common Good Radio, un projet de web radio pour les enfants :

CommonGoodRadio

Cette page d’accueil propose à la fois une belle harmonie dans les couleurs et une grille de lecture bien proportionnée. Vous apprécierez également l’illustration et les formes tout en rondeurs, ainsi que le travail réalisé sur la couleur des textes et des fonds de cartouches. Le tout donne une ambiance chaleureuse et peacefull.

Il y a ensuite le site de Studio 7 Designs :

Studio7Designs

Des textes épurés, une typo bien ronde et surtout de larges visuels donne de la hauteur à cette page d’accueil. On retrouve également beaucoup de références à l’univers graphique d’Apple : la typo, la barre de navigation métallisée, le fond d’écran « espace », les quatre cartouches de bas de page… J’apprécie également le contraste modéré des liens vers les services, le logo et les aurores boréales.

Après cette débauche de couleurs et d’espace, terminons avec le site de Brian Hoff qui est designer (enfin je pense, je ne suis pas trop sûr…) :

BrianHoff

Ambiance minimaliste et austérité de rigueur pour cette page carrefour (elle sert à aiguiller les visiteurs sur d’autres destinations). J’aime beaucoup la typo du titre, la navigation à doubles items (« Home » + « is where I work« …), les blocs éditoriaux qui font ressortir les liens (et seconde ainsi la navigation), le bouton « Hire me » décentré par rapport à la grille de lecture pour le faire ressortir sans avoir à utiliser un couleur qui tranche.

Bon par contre je ne sais pas si j’aurais mis un point à la fin du titre « I’m a graphic designer« … il s’agit plus d’un effet de style que d’une règle typographique, non ?

Compte-rendu de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009 dédiée au e-commerce

Voilà deux semaines que l’édition 2009 de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité est passée, il est donc largement temps d’en publier un compte-rendu. Nous avons donc eu la grande joie d’accueillir une soixante de personnes pour cette conférence dédiée aux techniques et outils d’utilisabilité appliqués aux commerce en ligne.

Les intervenants de la Journée Mondiale de l'Utilisabilité 2009

Les diaporamas et vidéos sont donc accessibles sur le site SimpleWeb.fr : Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009. (je ne sais plus qui en est l’auteur mais merci pour la photo)

Encore un grand merci aux intervenants (Olivier, Raphaël, Jérémie, Vincent et Romain) et aux partenaires de cet évènement (Bertrand et Lucas).

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine (la date sera quasiment la même), il me reste à choisir le thème (vos suggestions sont les bienvenues dans les commentaires).

Un carrousel en simili 3D pour Princesse tam tam

Aviez-vous remarqué le carrousel du site Princess tam tam ? Il propose un défilement horizontal en simili 3D plutôt sympa car original sans trop perturber la lecture :

Princessetamtam1

L’astuce est de courber le bas des visuels mais d’aligner le haut. La manipulation se fait de plus en douceur par ce qu’il est possible de faire défiler les visuels de trois façon différentes : avec les flèches sur les côtés de l’écran, avec les touches du clavier ou avec le minuscule curseur en bas de l’écran.

Notez qu’avec une grande sélection ce n’est pas très évident mais heureusement il y a une fonction de prévisualisation au survol de la souris :

Princessetamtam2

Même si je pense que la mise en page n’aurait pas été bouleversée avec une barre de défilement plus haute, cet aperçu de la gamme fonctionne plutôt bien et s’intègre parfaitement à la mise en page épurée du site.

Quand le social shopping devient synchrone

Vous connaissez le social shopping ? Mais si enfin, ce terme désigne les dispositifs marchands agrémentés à la sauce sociale (partage de « trouvailles » auprès des amis, profils publics…). Jusqu’à présent ces fonctions de social shopping se faisait en asynchrone : vous commenciez par repérer un produit ou composer un look, vous le partagiez sur vote blog / profil Facebook et vos amis réagissaient dessus. Mais les choses sont en train de changer avec de nouveaux services permettant de faire du social shopping en mode synchrone.

Il y a tout d’abord DecisionStep qui propose sa suite ShopTogether qui se présente comme une barre d’outils à intégrer à votre boutique en ligne (l’équivalent de Google Friend Connect) :

L’offre de ShopTogether propose différent modules qui sont visibles sur le site Charlotte Russe avec la possibilité de partager des produits que vous aimez bien avec votre réseau (« Share« ) mais également d’inviter vos amis à discuter avec vous des produits que vous êtes en train de visualiser (« Shop Together« ) :

CR_product

En fait il s’agit d’une sorte de tchat, un système que l’on retrouve également chez Plurchase qui propose un principe similaire mais avec une sidebar (cf. Plurchase: E-commerce Goes Social) :

Plurchase

Notez que la solution de Plurchase est nettement moins riche que ShopTogether qui, en plus de ces fonctions de partage synchrones et asynchrones, propose aussi de nombreuses fonctions communautaires et notamment le très rigolo Watch Others qui liste les produits vus par la communauté dans les 15 dernières secondes :

CR_watch

Bref, de très bonnes idées qui sont en plus relativement simples à implémenter et qui fonctionnent plutôt bien (cf. Expérience d’achat et Social Shopping : Shop Together sur CharlotteRusse.com). Notez que ceci est à la fois une force mais également une faiblesse pour la solution car elle serait peut-être plus efficace si pleinement intégrée à la boutique.

Je tiens néanmoins à préciser quelque chose : même si ces fonctionnalités apportent un plus évident à l’expérience d’achat, il convient avant tout de soigner les fondamentaux du commerce en ligne avant d’envisager ce type de dispositif. Comprenez par là que le social shopping ne va pas compenser une offre bancale, un tunnel de conversion non-optimisé ou un service client défaillant.

Mais si vous souhaitez prolonger votre lecture sur le sujet, je vous recommande également cet article : 5 Hot Social Shopping Trends to Watch For.