Sobriété et coins carrés sont de rigueur en 2010

Après plusieurs années de surenchère graphique (coins arrondis, dégradés, reflets, typographies en image…) il semblerait que nous soyons rentré dans une phase de « retour aux fondamentaux » pour les sites web à forte audience. Illustration avec trois sites récemment rénovés qui ont opté pour une mise en page anguleuse (pour une isolation plus rigoureuse des unités d’information) et des couleurs bien tranchées (pour un meilleur contraste) : Castorama, Voyages SNCF et Crédit Agricole.

Castorama

 

Voyages-sncf

 

CA

Dans les trois cas, nous retrouvons les mêmes codes graphiques : boîtes carrés et recours massif aux aplats de couleur. Je ne peux que me réjouir de cette tendance à la simplification visuelle car le repérage et la lisibilité n’en sont que bien meilleurs.

Ce qui m’étonne par contre c’est pourquoi maintenant ? Pourquoi maintenant alors que la bande passante est de plus en plus large (grâce à l’ADSL et aux tarifs très compétitifs des fournisseurs d’accès), alors que nous sommes passés par le pire (« Skip intro« )… Ces choix graphiques auraient dû être adoptés il y a bien longtemps.

Le pite dans cette histoire est que nous commençons seulement à voir le bout du tunnel avec l’arrivée de navigateur qui supportent HTML5 et CSS3, donc peuvent nativement afficher les raffinements graphiques qui nous ont donné tant de mal par le passé (coins arrondis, dégradés, ombres portées, transitions, effets typographiques…). Serions-nous rentré dans une époque du design raisonné ? Peut-être. En tout cas je croise les doigts pour que cette tendance perdure et que nous ne nous perdions plus dans la surenchère visuelle.

16 réflexions sur “Sobriété et coins carrés sont de rigueur en 2010

  1. Peut-être est-ce du à l’arrivée du HTML5 + CSS3 justement.

    Je m’explique :
    – Avant, nous (les graphistes) faisions des tonnes d’images avec des coins arrondis, des dégradés, etc… c’était lourd, difficile à maintenir, mais l’avantage était que ça s’affichait (presque) partout de la même manière.
    – Aujourd’hui, l’écart technologique entre les navigateurs dits modernes et les autres fait que même pour réaliser un site avec bords arrondis et dégradés en CSS3 (et donc léger et facile à maintenir), il faudra avoir en tête la version du site affichée par les navigateurs ne comprenant pas ces techniques : et bien souvent, le rendu d’un site CSS3 dans IE6 par exemple donne une version à base de carrés et d’aplats.

    J’en déduis que cette nouvelle tendance au carré et à l’aplat vient d’une volonté d’aller au plus simple et de niveler par le bas d’une certaine façon (même si ce n’est pas toujours une mauvaise chose) pour n’avoir qu’une seule version de site, et donc un seul type d’affichage.

    J’y vois plus un argument de rentabilité qu’une vraie tendance graphique (tendances graphiques qui ont plutôt tendance à utiliser les techniques émargeantes).

    Espérons cependant qu’une certaine « responsabilisation du design » dont tu parles nous épargne le retour des gifs animés en CSS3 :)

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  2. Surement le résultat de la prise de conscience quant aux impacts business de la performance web… Quand Google répète que la performance des sites est un facteur de plus en plus important, cela devient un critère important dans la refonte d’un site…

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  3. Le modèle Ikea ? : http://www.ikea.com/fr/fr/

    Sinon je pense aussi que l’industrie se professionnalise de plus en plus et que les spécialistes et autres gourous en expérience utilisateur et ergonomie arrive très (voir trop) tôt dans les projets. J’ai vu à plusieurs reprises des wireframe qui ressemblent a s’y méprendre au résultat final (c’est tout juste si on ajoute des traits de couleur). Ce ne sont plus les designer qui font le design d’un site… Les wireframes laissent peu de marge de manoeuvre au designer (puisqu’ils ont déjà été approuvé dans le projet), d’autant qu’il est peu impliqué car souvent considéré à tort comme un peintre en bâtiment. Bref le designer arrive en bout de chaine quand tout a déjà été discuté, approuvé et validé.

    Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, je vous laisse juge… mais quand je vois des auto-proclamés spécialistes qui découvrent ce qui m’apparait comme des évidences depuis des lustres, je tombe de haut parfois. Mais bon on apprend tous les jours hein…

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  4. Il est à noté que ce type de design est adopté depuis bien longtemps par les pure players les plus importants (Google, Yahoo, Amazon, … et non, Microsoft et Apple ne sont pas des pure players).

    Il y a une tendance bien humaine à se battre contre ce qui semble difficile, voire impossible. Une fois que ça devient possible, voir facile, il y a moins d’enjeu.

    Un bon exemple en musique : le grunge et la lo-fi sont des courants musicaux qui sont apparus une fois que les possibilités d’enregistrement numérique sont devenues matures et abordables. Le gros son devenant la portée de (presque) tout le monde, il devenait moins excitant d’en produire.

    Peut-être est-on entrain d’observer la même chose pour le design web …

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  5. Héhé, quand les coins du web français seront tous redevenus carrés, bien malin celui qui pourra dire si c’était une tendance de fond ou si Fred Cavazza avait inventé une tendance…

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  6. Bonjour,

    Après avoir travaillé dans plusieurs agences web depuis environ 5 ans en tant que graphiste. Je constate qu’il y a effectivement des tendances qui se dégage chaque année. Mais il ne faut pas confondre des tendances « design » avec les soucis d’ergonomie que pose le web.

    Et je dirais que l’ergo est un des gros point faible des Graphistes, Designers ou webdesigners. En effet les écoles de design française on souvent du mal à comprendre l’importance, l’impact de l’ergonomie et l’interactivité sur le design. Les formations son encore trop basé sur l’image, et non l’interaction que l’on a avec cette dernière.

    Mais je constate aussi, en regardant les stagiaires qui passent régulièrement en agence, que les mœurs évoluent dans le bon sens. Que les lacunes commence « tout juste » à se combler dans les formations. Il y a une prise de conscience de la part des enseignants sur la différence Web/print/mobile. Et à mon avis cette tendance d’épuration est un juste retour des choses. Le contenu en web est souvent plus important que le contenant, en ce qui concerne les « gros » site en tout cas. Les exemples montrés reflète cette nouvelle ère de Designer qui deviennent « Web » designer.

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  7. Haaaaa le retour au contenu. La prise de conscience que la construction biologique de l’homme impose de la respecter pour faire passer un message : du plus gros au plus petit, de droite à gauche (ou de haut en bas ou de gauche à droite suivant les cultures…) et de haut en bas, le noir sur le blanc, les textes courts, les phrases courtes, les mots clairs, les images signifiantes, le rapport texte image, etc.
    Reprenons à la base : les peintures rupestres, les écritures berberes ou sumeriennes, les hiéroglyphes, les idéogrammes, les symboles, les lettres, les icones, les pictos, tous ces nouveaux outils inventés par l’homme pour répondre à la multiplication de l’information et à la nécessité d’organiser les messages. Les technologies progressent, les modes d’expression aussi. Mais ces modes ne peuvent se définir par la seule technologie. Ils doivent d’abord être au service d’un contenu et être évalués en fonction de la valeur d’usage qu’ils offrent aux destinataires… C’est la première chose que j’ai entendu aux Beaux-Arts, dans une mouvance post 68, où l’on enseignait la sémiologie, les briques en terre, la scénographie, la composition musicale et l’histoire… Car pour être concepteur, architecte, designer, producteur (cochez la case qui vous convient le mieux) d’un système d’information, il faut pouvoir faire référence à tous les domaines de la connaissance, de la culture, de la perception, des langages, se poser en priorité le sens du contenu, évaluer le signifiant et le signifié, jouer pleinement son rôle d’initié avec toute l’humilité nécessaire pour garder en tête qu’on est avant tout au service d’un émetteur (l’éditeur du site) et d’un récepteur (le lecteur, le client, l’usager, le citoyen…).
    Voilà pourquoi on en revient à des sites mettant en valeur le contenu, le sens, la facilité de repérage, de lecture et de navigation. Maintenant, attention, on n’est pas obligé de retourner à un mode préhistorique à la craiglist ou se contenter de la pauvreté typographique de la galaxie Google!

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  8. Dans l’air du temps.. j’ai été surpris de lire cet article à quelques jours du lancement de la nouvelle version de musicovery.com qui reprend exactement cet ligne directrice au niveau du design et de l’ergonomie…

    des coins carrés, pas de 3D et de dégradés… j’avoue pour ma part avoir été très impressionné/inspiré par les démonstrations de l’interface de Windows phone 7 series.

    je crois que la réduction de la taille des écrans pour le passage du web au mobile est une chance pour repenser ce qui doit etre essentiel dans l’ergonomie, le design et comment cela doit servir au mieux le coeur du service à savoir l’information et l’expérience.

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  9. Je viens de découvrir ce site cette après midi. Enfin un blog qui met les sources pour confirmer ces dires. Bravo pour la qualité et la fréquence des articles postés. Pour revenir sur le sujet des design épurés, je suis d’accord avec Anthony Thibault. Du fait des différents navigateurs, il est vrai qu’une structure carré est plus facile à déployer. De même comme les sites utilisent de plus en plus de javascript qui interagi avec le design (contenu caché…) il est plus simple d’utiliser un design simple et épuré. Maintenant je pense que cette tendance est venu avec L’ascension d’Apple et ses applications épurés. Souvenez des sites avec des boutons style aqua, avec une ombre affreuse. Aujourd’hui nous somme plus sur un bouton carré délimité par de fine bordure.

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  10. Plus qu’un choix délibérément graphique, c’est la manière de faire du web qui a évolué.
    Nous sommes aujourd’hui dans une ère d’optimisation des interfaces, visant l’efficacité (avec tous les principes de l’utilisabilité).

    Sur ce genre de sites à forte audience (et je travaille pour un site à très forte audience), l’économie d’images (coins arrondies et autres) au chargement de chaque page présente 3 intérêts majeurs.

    1 – Cela permet de faire des économies d’hébergement et de chargement substentielles. Ca peut paraitre étonnant au temps de la fibre, mais le calcul est simple : vous économisez 10 images de 5ko par page. Multiplié par les millions de pages vues par jour sur votre site (pour ces sites de forte audience), et vous économisez quelques centaines de Gigas téléchargés chaque jour. Donc pas mal de pépettes.

    2 – Depuis peu, on sait que le temps de réponse d’un site est pris en compte dans la qualité de son référencement Google, vous imaginez donc que gagner quelques dixièmes de secondes sur chaque page permet de remonter gratuitement dans les pages de résultats. Si vous connaissez le coût d’une campagne adwords… 2ème source d’économies.

    3 – Dans cette même recherche d’efficacité, la réduction de la complexité des pages (par des froufrous graphiques) et l’amélioration de la lisibilité/intelligibilité vont dans le sens des critères d’ergonomie (comme cela a été abordé dans les commentaires précédents). Donc votre interface est plus efficace et vos clients plus satisfaits.

    Effectivement, la place des subtilités graphiques est aujourd’hui plus difficile à imposer, mais c’est aussi là tout le talent d’un bon designer ! ;o)

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