Un exemple réussi de monétisation avec Virtuafoot Manager

Connaissez-vous le jeu de foot Virtuafoot Manager ? Il s’agit d’un jeu de gestion d’équipe de foot qui existe depuis maintenant 5 ans. Trois particularités me poussent à en parler sur ce blog : C’est un jeu franco-français (cocorico !), qui connait un très beau succès et qui a mis en place une stratégie de monétisation diversifiée tout à fait intéressante.

virtuafoot_tactique

Ce jeu existe donc depuis 5 ans, soit avant l’apparition de Facebook en France. Il a su conquérir près de 350.000 joueurs avec un noyau dur de 30.000 joueurs actifs. Conçu à la base comme un casual game indépendant, Virtuafoot Manager est maintenant parfaitement intégré à Facebook. Selon l’auteur (Aymeric Le Corre) , l’intégration avec Facebook a permis de convertir quelques milliers de joueurs supplémentaires, mais l’impact reste négligeable. Par contre, s’il devait créer un nouveau jeu en ligne, il n’hésiterais pas une seconde à l’héberger sur Facebook car les leviers de viralisation / fidélisation y sont très puissants (le jeu ayant été conçu il y a plus de 5 ans, son gameplay n’intègre pas les mêmes astuces « sociales » comme le proposent les productions de Zynga par exemple).

Le modèle économique reposait sur des bannières publicitaires jusqu’en 2009, date à laquelle l’auteur a décidé d’en confier la monétisation à un acteur spécialisé (Sublime Média) qui l’a aidé à entièrement revoir le modèle économique, la décision majeure étant de basculer en freemium. Le résultat est très convaincant et mélange toutes les techniques de monétisation existante. Malgré quelques protestations venant du noyau dur des joueurs qui craignaient une altération du gameplay, ce changement de modèle c’est effectué sans accrocs et permet maintenant de diversifier les sources de revenus :

virtuafoot_sources

Le modèle économique de Virtuafoot Manager intègre donc les sources de revenus suivantes :

  • Vente d’emplacements publicitaires (bannières et autres encarts)Virtuafoot_Bannieres
  • Possibilité d’habiller le site aux couleurs d’un annonceur (ici le jeu FIFA10) ;Virtuafoot_Fifa
  • L’abonnement à l’une des trois formules (Classique, Premium, Gold) ;
  • La vente d’items virtuels à l’aide d’une monnaie virtuelle ;
  • Le placement de produits (chaussures, ballons…) ou de contrat de sponsoring virtuel pour les annonceurs ;Virtuafoot_sponsor
  • La possibilité pour les clubs d’être présents de façon officielle dans le jeu (à ce jour les équipes de l’OM, du LOSC et de Lens sont représentées) ;
  • L’organisation d’évènements à l’accès payant (comme par exemple la Coupe de France Virtuelle qui vent de s’achever et qui a été réalisée avec le soutien de la FFF).

Comme vous pouvez le constater, les leviers de monétisation sont nombreux et permettent de diversifier les sources de revenus (sans pour autant dénaturer le gameplay). L’éditeur du jeu précise qu’il y a 9% de joueurs payants (pour un taux d’abonnement de 1,6%). Des statistiques tout à fait dans la moyenne de la profession, mais qui montrent l’intérêt de ne pas tout reposer sur l’abonnement ou le display. Lors d’une discussion téléphonique avec l’éditeur, ce dernier m’a précisé que les négociations en direct avec les marques ou les annonceurs sont assez complexes et prennent beaucoup de temps. Il a préféré s’adresser à des intermédiaires comme See U In.

Voici donc une belle réussite pour ce jeu sans prétention qui démontre tout de même la viabilité d’une stratégie de revenus diversifiée. L’éditeur continuera de faire évoluer le jeu pour apporter plus de sophistication dans le gameplay (afin de contenter les joueurs réguliers) sans toutefois complexifier la prise en main (pour ne pas rebuter les nouveaux).

Merci à Aymeric, Romain et Jérémie pour leur disponibilité, ainsi que les infos et chiffres qu’ils ont accepté de partager.