2012 sera l’année des tablettes

Après un tour de chauffe en 2010, de belles expérimentations en 2011, les tablettes sont définitivement prêtes à inonder le marché en 2012. Pourquoi 2012 sera-t-elle l’année de la consécration ? Parce que de nombreux facteurs-clés sont réunis pour doper la croissance et les usages.

Les ventes de tablettes vont dépasser celles des ordinateurs

Première chose importante à propos des tablettes : le volume des ventes. En tant que leader incontesté de la catégorie, Apple reste très évasif sur le nombre d’iPad écoulés, mais les analystes estiment que près de 50 millions de tablettes ont déjà été vendues, avec une prévision supérieure à 45 millions d’unités pour 2012 : Analyst boldly predicted sales of 48 million units next year iPad. En France, les ventes ont également été très bonnes puisque l’on estime qu’1,5 million de tablettes ont été vendues dans l’hexagone en 2011.

En terme de répartition, il se vend maintenant plus de terminaux mobiles que d’ordinateurs individuels : Half of computing device sales are mobile. Pire, les consommateurs peuvent qu’elles vont à terme remplacer les ordinateurs : Tablets Will Replace Laptops, Say 46% of Americans.

Encore pire : les utilisateurs sont tellement accrocs à leur touchbook qu’ils envisagent déjà d’en acheter une seconde (Five million ‘second tablets’ to be bought in 2012). Il ne fait donc aucun doute que la forte croissance prévisible du segment des tablettes va générer de nombreuses opportunités.

Des alternatives low-cost à l’iPad

Autre facteur de croissance pour l’année à venir : l’arrivée sur le marché d’innombrables concurrents de l’iPad. Je pense bien évidément au Kindle Fire d’Amazon (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle), mais il ne sera pas le seul car quasiment tous les constructeurs vont lancer leur(s) modèle(s) : Asus, Toshiba, Dell, Lenovo, NEC… on trouve même des fabricants de tablettes étanches : This Waterproof Tablet Goes For A Swim !

Même si toutes ces machines ne se valent pas en termes de performances ou de caractéristiques techniques, cette profusion va nécessairement tirer les prix vers le bas et attirer une nouvelle tranche d’utilisateurs : Quel sera l’impact des touchbooks low-cost ?.

Les pays du BRIC vont modifier la donne

Puisque l’on parle de nouvelles tranches d’utilisateurs, les relais de croissance sont également à chercher du côté des pays à fort développement comme l’Inde qui semble miser massivement sur les tablettes pour son programme éducatif (India’s tablet space heats up as $140 educational device set for launch) et pour informatiser sa population (Indian computer tablet could herald an internet revolution).

Autre zone géographique à surveiller de près : l’Afrique avec notamment la troisième itération du programme OLPC qui va proposer des tablettes à moins de 100$Crank, bicycle, and waterwheel: hands-on with the OLPC XO 3.0 tablet.

Des usages BtoB qui se développent

Le monde de l’entreprise n’est pas en reste, car il existe déjà de très nombreux domaines d’application : Quels usages pour les touchbooks en entreprise ?. Même si aujourd’hui seuls 1/3 des entreprises commencent à distribuer des tablettes (au compte-goutte), les salariés n’hésitent pas à financer eux-même l’achat d’un touchbook : Tablettes et entreprises, le duo gagnant ?.

Nous commençons également à voir des choses très intéressantes dans le domaine médical : 5 Useful iPad Apps for Doctors, Patients and Med Students.

Le marché de l’éducation en ligne de mire

Puisque l’on parle des applications médicales à destination des étudiants, cela me fait une transition vers un autre marché très juteux : l’éducation. Longtemps fantasmée par les analystes (6 Reasons Tablets Are Ready for the Classroom et Tablets Will Transform the Classroom), l’hypothèse d’un déploiement à grande échelle de tablettes dans les écoles vient de prendre une tout autre tournure avec ce que vient d’annoncer Apple : Apple’s education event, Everything you need to know.

Selon Apple, il y a déjà 1,5 million d’iPad déjà utilisé dans le monde de l’éducation et plus de 20.000 applications dédiées. Un très gros potentiel qui a convaincu la firme de Cupertino de proposer une offre dédiée à l’éducation et de :

  • Faire évoluer son format iBooks pour rendre les livres éducatifs plus attractifs (avec iBooks 2, Apple veut réinventer le manuel scolaire) ;
  • Nouer des partenariats avec les plus grands éditeurs de manuels et livres scolaires (Pearson, McGraw Hill et Houghton Mifflin Harcourt) pour proposer des prix plus attractifs (une moyenne de 15$ par ouvrage contre 70$ pour la version papier) ;
  • Lancer un environnement d’édition de livres gratuits (iBooks Author) afin d’en faciliter la rédaction et la diffusion par les enseignants eux-mêmes.

Même si l’annonce est belle, il convient de ne pas trop s’emballer, car l’iPad reste une machine très couteuse avec un environnement très fermé. Je suis ainsi persuadé que la véritable révolution dans le monde de l’éducation ne viendra qu’avec des équivalents open source. N’oublions pas non plus que des concurrents d’iBooks étaient déjà présents comme Inkling.

D’innombrables innovations encore à trouver avec les jeux, les magazines et le dual screen

J’espère vous avoir convaincu que 2012 sera définitivement l’année des tablettes. D’une part, car tous les indicateurs sont au vert ; d’autre part, car les interfaces tactiles nous réservent encore d’innombrables innovations, notamment dans trois domaines :

Si vous n’avez pas encore réfléchi à une exploitation des tablettes pour votre marque ou vos produits, il n’est pas trop tard, mais dépêchez-vous, car le train de l’innovation est lancé à pleine vitesse…

Pourquoi les Timeline Applications vont vous forcer à repenser votre présence sur Facebook

Comme annoncé en septembre dernier, Facebook vient enfin de sortir ses Timeline Applications : Introducing New Apps for Timeline. Ces applications sont le résultat de l’évolution de l’Open Graph, à savoir le mécanisme de notification de l’activité des membres auprès de leurs amis.

Le principe est donc de vous proposer une sélection d’applications qui reposent sur ce nouvel Open Graph afin de générer automatiquement des entrées dans la timeline des membres. La différence par rapport à ce qui existait (les boutons « J’aime« , donc les messages du type « Fred aime Vamos a la playa« ) est que les éditeurs des applications vont pouvoir définir leurs propres objets et actions :

  • Un journal comme le Wall Street Journal ou la Washington Post utilisera une grammaire du type « Fred a lu l’article xx » ;
  • Un service d’écoute musical comme Spotify ou Soundcloud utilisera des actions du type « Fred a écouté xx » ou « Fred a créé une playlist xx » ;
  • Un service de fitness comme RunKeeper publiera des messages du type « Fred a couru 5 km » ;
  • Une communauté de passionnés de cuisine publiera des entrées du type « Fred aime le saumon » ou « Fred va cuisiner un tournedos au poivre« …

Timeline_App1

Pour le moment il n’y a qu’une soixantaine d’applications réparties dans différentes catégories (musique, actualités, cadeaux, voyage, cuisine, mode, fitness et divertissement), de nouvelles applications devraient être rajoutées au fur et à mesure. Seulement deux applications françaises sont présentes au lancement (Cinemur et Wipolo), mais d’autres devraient suivre, dont des médias français comme L’Express ou L’Equipe comme le précise Julien Codorniou sur Frenchweb : « Avec ce lancement, nous devrions voir émerger une nouvelle génération de startups et d’applications ‘sociales’ à la fois sur le web, sur le mobile et bien évidemment sur Facebook. C’est pour nos partenaires, une opportunité extraordinaire de distribuer et de monétiser leurs applications auprès de nos 800 millions d’utilisateurs. »

Timeline_Apps

Ne vous y trompez pas, il n’est ici pas question d’enrichir la vie sociale des internautes, mais d’affiner les profils et d’améliorer le ciblage publicitaire (L’impact des changements de Facebook pour les utilisateurs, les annonceurs et les fournisseurs de contenu). Bien évidemment, ce ciblage sera fonction de la capacité des éditeurs (donc des marques) à proposer des interactions à valeur ajoutée. Le tutoriel disponible nous en apprend ainsi un peu plus sur le processus de conception :

  1. Vous définissez un type d’action (manger, courir, regarder, acheter…) ainsi que ses propriétés ;
  2. Vous définissez des types d’objets (article, film, recette de cuisine, produit, chanson, album…) ;
  3. Vous précisez le format de publication (dans une liste, une galerie, sur une carte…).

Les explications fournies sont assez claires et il y a même une checklist pour ne rien oublier. Le nouveau Open Graph peut potentiellement être un formidable outil de ciblage, à l’image de l’application TicketMaster qui vous fait des recommandations de concerts en fonction des chansons que vous écoutez sur Spotify : Ticketmaster’s New Facebook App Recommends Concerts From Your Listening Activity.

ticketmaster-recommendations

Comme précisé il y a plusieurs mois, ce nouvel Open Graph représente un très fort potentiel pour les marques et médias, mais il souffre toujours de graves défauts de jeunesse :

  • Il repose sur les déclarations des membres. Un internaute peut ainsi tout à fait s’inventer une vie géniale en cliquant sur tous les boutons qui sont à sa disposition, ce qui va sacrément polluer son profil. De plus, le fait de publier automatiquement les interactions va pousser les membres à une forme d’inhibition vis-à-vis des marques « bas de gamme » au profit des marques ou actions socialement valorisantes (Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs).
  • Des notifications qui vont encombrer le ticker sur la droite de l’écran et abaisser mécaniquement leur visibilité, surtout pour des applications comme Spotify qui génère une nouvelle notification à chaque chanson (donc toutes les 5 minutes).
  • Un mélange des genres improbable, car sur votre Timeline vont cohabiter les événements majeures de votre vie (naissance, mariage…) avec les notifications automatique (« Fred a lu un article« ). Idéalement il faudrait pouvoir filtrer sa Timeline en fonction des types de notification (les événements saisis par le membre et ceux générés automatique).
  • Une approche sémantique très naïve. Premier exemple : si j’apprécie l’article d’un opposant à la corrida, mon profil sera agrémenté de l’attribut « corrida » vais-je me faire proposer du chorizo de torro ? Deuxième exemple : Si j’apprécie un article critique sur la stratégie de communication de Marinne Lepen, je vais être considéré comme sympathisant FN ?
  • Cette liste d’applications cashers signe nécessairement la mise à mort des autres applications. Les éditeurs vont donc se ruer pour demander une approbation. Les équipes de Facebook auront-elles la réactivité nécessaire pour approuver rapidement les demandes ? Quelles vont être les conditions pour être affiché en tête d’une catégorie ? Est-ce qu’une modification de l’application demandera une nouvelle approbation ? Il reste encore beaucoup d’inconnues…

Bref, tout ceci me conforte dans l’idée que le Facebook de 2012 ne ressemble plus du tout au Facebook de 2011. Il va donc impérativement que vous repensiez votre présence sur Facebook et la façon dont vous souhaitez interagir avec les membres. La question à se poser est donc la suivante : comment faire exister votre marque et/ou vos produits au travers des notifications générées par les applications ?

Je ne doute pas que vous allez rapidement trouver des actions / objets évidentes, mais l’écosystème de Facebook est très réactif et les meilleures places sont déjà prises (ou vont l’être rapidement). Toute la difficulté va donc être de trouver le bon niveau de sophistication dans les interactions que vous allez proposer :

  • Les actions / objets trop simples ne vont pas stimuler les membres et ne permettront pas de les cibler correctement (pourquoi ne pas envisager d’exploiter un bouton « Je n’aime pas » ou des boutons « J’aime un peu« , « J’aime beaucoup« , « J’adore« …) ;
  • Les actions / objets trop complexes risquent de laisser les membres perplexes (trop de boutons à cliquer).

Les prochaines semaines vont très certainement être passionnantes, car nous allons assister à un déluge de créativité (si tout se passe correctement) autour de nouvelles interactions sociales. J’attends également avec impatience la réponse de Google qui pourrait bien apporter également plus de sophistication à son bouton « +1 ».

À suivre…

Autoreduc lance le showroom (presque) virtuel en 3D

La nouvelle est tombée la semaine dernière sans prévenir : Autoreduc, le site d’achat groupé de véhicules, va proposer un showroom virtuel  (Une concession automobile multi-marques en 3D interactif, enfin !). Intrigué par cette annonce, je décide faire un tour sur ce site, mais la promesse est loin d’être tenue. À défaut de showroom virtuel, la page d’accueil propose un lien très discret sous certains modèles pour « découvrir la voiture sous tous les angles« .

AutoReduc_Home

Effectivement, le site propose alors une interface de visualisation permettant d’accéder à une vue extérieure à 360°, un teintier et la possibilité de zoomer sur certains détails du véhicule :

Autoreduc_ext

Vous avez également accès à une vue intérieure, toujours en 360° :

Autoreduc_int

Les prises de vue sont de qualité, le temps de chargement est plus qu’acceptable, l’interface réagit bien. Donc de ce côté-là il n’y a pas de problème, car le véhicule est très bien mis en valeur. Par contre, la promesse d’un showroom virtuel en 3D n’est pas du tout tenue, car il est surtout question d’une vue à 360° à l’aide d’une vingtaine de clichés. L’interface est donc tout à fait agréable, mais l’annonce est plus que décevante. D’autant plus que les showrooms virtuels ont déjà été exploités par d’autres marques depuis bien longtemps, avec des univers réellement immersifs comme ceux de Fiat ou Renault (respectivement en 2007 et 2008).

Dans l’absolu, je ne suis pas certain que la métaphore du showroom virtuel soit une bonne idée, d’une part car ce sont des expériences souvent décevantes (comme la fausse boutique 3D de Zegna) et souvent complexes à appréhender (comme le très déroutant site de Citroën). En théorie il n’y a maintenant plus de contraintes techniques pour proposer de la vraie 3D en temps réel dans le navigateur, la DS3 du moteur Minko affiche ainsi près de 300.000 polygones haut la main), de même que la configurateur 3D de la Nissan Juk, mais le coût de production du modèle 3D doit être prohibitif.

Au final Autoreduc aurait plutôt dû jouer la carte du réalisme et annoncer de très belles vues à 360° plutôt que de nous promettre un showroom en 3D (virtuel). Encore une fois, ce n’est pas la 3D que je condamne, mais plutôt la surpromesse. Il est ainsi tout à fait possible de parfaitement valoriser des véhicules avec des belles photos, comme les sites de Chevrolet ou VW, et de proposer en prime une vue  à360° et éventuellement une vue 3D. Pourquoi critiquer l’expérience des autres sites ?

Nouvelle version pour Aviary, les applications seront multi-interfaces ou ne seront pas

Connaissez-vous Aviary ? Mais si enfin, cette fameuse suite d’applications en ligne dont j’avais déjà parlé il y a quatre ans (Connaissez-vous Aviary, la suite d’outils en ligne de création média ?). Au commencement, Aviary était une application en ligne de retouche de photos, puis ils se sont diversifiés pour proposer tout un tas d’autres outils de création : dessins vectoriels, 3D, son, musique, vidéo, typographie… et même dans l’éducation (Aviary Education : quand le web se développe via l’enseignement). Après cette diversification à outrance, et une bonne grosse crise économique, ils ont opéré un recentrage l’année dernière sur l’édition de photo en proposant une interface web et mobile en marque grise (After Prescient Pivot, Aviary Tools Now Seeing 10 Million Photos A Month).

Très remarquée lors de sa sortie, l’interface en HTML5 est exploitée par de nombreuses applications pour faire de la retouche de photos. Ils viennent d’annoncer hier une nouvelle version de leur éditeur : Introducing Version 2 of the Aviary Editor.

Aviary_mobile_web

 

Au programme des nouveautés :

  • Plus de rapidité et de stabilité ;
  • De nombreux filtres et effets, dont des outils de correction automatique (auto enhance) ;
  • Une interface simplifiée et surtout unifiée entre les différents supports.

L’intérêt d’abandonner Flash au profit de HTML5 était donc un bon choix pour faciliter le portage de  l’application du web vers les terminaux mobiles (HTML5 s’impose petit à petit comme LA référence pour les applications mobiles). Est-ce pour autant LA solution ultime qui va révolutionner le secteur et décupler les revenus des éditeurs ? Non, car les choses ne sont pas si simples :

  • HTML5 est une technologie très versatile, mais ne proposant un niveau de sophistication et de robustesse suffisant pour convenir à n’importe quelle application (nous verrons ce que Microsoft va faire avec l’interface HTML5 de Windows 8, mais les équipes de Google semblent faire du sur-place avec Chrome OS, pourtant ils sont loin d’être incompétents) ;
  • Plus le marché se développe et plus les disparités entre les terminaux augmentent (affichage, capacités…), donc les difficultés d’adaptation ;
  • La concurrence est aujourd’hui extrêmement forte avec de très nombreux éditeurs indépendants (voir plus bas).

Au final, peut importe la technologie utilisée, l’important est avant tout de proposer une interface cohérente au plus grand nombre. Il existe aujourd’hui de nombreuses applications en ligne de très bonne facture (ZohoCentralDesktop, ou même Picnik) mais qui ne proposent que des interfaces web, elles se privent donc de l’explosion d’usages de terminaux mobiles.

En poussant le raisonnement plus loin, la distribution multiple va même au-delà du web et des terminaux mobiles. Des éditeurs provenant du monde mobile commencent ainsi à commercialiser leur application sur le Mac App Store, à l’image de SnapSeed (un très beau cas d’étude). Nous nous dirigeons donc vers une configuration de marché où des éditeurs indépendants peuvent lancer une application en toute modestie et petit à petit élargir leur clientèle cible en la déclinant sur différents supports (smartphones, tablettes, desktop, tv connectées, voitures…). Selon cette optique, la technologie utilisée pour créer les interfaces est accessoire, l’important est de proposer une offre cohérente (répondu à un besoin réel) et une expérience enrichissante (à la fois ludique et permettant de résoudre un problème identifié). Vous noterez que j’avais déjà abordé ce sujet de la conception multi-écran.

Quel sera l’impact de l’intégration de Google+ dans les résultats de recherche

Lancé il y a à peine 6 mois, Google+ n’en finit plus de faire parler de lui : Search Plus Your World. Les nouveautés sont fréquentes sur Google+ ces dernières semaines, mais celle-ci est de taille, car elle concerne une intégration directe des contenus de Google+ dans les pages de résultats de Google.

Cette nouveauté est donc la suite logique du travail d’intégration entre Google+ et les autres services de Google (cf. Google+ ouvre les pages pour les annonceurs et Nouveau design pour Youtube, avec une intégration plus forte de Google+). Cette annonce illustre bien l’ambition de Google vis-à-vis de la dynamique sociale que les équipes s’efforcent de mettre en oeuvre : Pourquoi le succès de Google+ est assuré.

Mais revenons à l’annonce et à ce qui a été annoncé :

  • Avant tout chose, les résultats personnalisés. L’idée est de faire remonter en priorité les contenus publiés ou relayés par les personnes de vos cercles. Vous noterez que cette version personnalisée de la page de résultats peut être désactivée à tout moment (ou activer, car on ne sait pas encore si elle va être activée par défaut). Les contenus issus de vos cercles sont dissociés du reste par une petite icône :

    La page de résultats personnalisés de Google
  • Nous avons ensuite les profils dans les résultats de recherche instantanée:

    Les profils Google+ s'affichant dans les résultats de Google
  • Nous avons enfin les profils des célébrités et les pages de marquequi remontent sur la droite de la page :

    Les profils de célébrités dans les résultats de Google

Cette nouvelle version de la page de résultats dopée par Google+ n’est pour le moment pas disponible en Europe, car elle est en cours de déploiement aux États-Unis. Autant vous dire que cette annonce a fait l’effet d’une bombe, mais elle a été malgré tout plutôt bien accueillie (They Did It: Google Personalizes Search And It Is Not Evil) car elle correspond à ce que le marché attendait. Précision : les utilisateurs du moteur n’ont jamais explicitement demandé à ce que Google+ soit intégré aux pages de résultats, mais cette intégration était pressentie (et attendu) par les professionnels et les annonceurs. Donc tout est en règle.

Maintenant que nous y voyons plus clair sur les intentions de Google, l’heure est à la réflexion et à l’analyse de l’impact de cette évolution. Pour faire simple, la personnalisation des résultats et l’intégration de contenus de Google+ va avoir des répercussions sur :

  • Le trafic, car cela va générer une redirection de la colossale audience de Google en tant que moteur vers Google+ (nous parlons de milliards d’utilisateurs). Vu la place qu’occupe Google dans le quotidien des internautes, attendez-vous à une explosion du trafic de Google+ et indirectement des contenus relayés dans Google+ (Google+ Is Way Bigger Than We Thought: It’s Totally Going To Change How The Web Works).
  • Le référencement, car les résultats personnalisés bouleversent complètement l’ordre établi et les moyens considérables engagés pour optimiser le référencement des marques et produits. Il est difficile pour le moment de mesurer la portée de ces modifications, mais les référenceurs ont de quoi être inquiets (Social media replacing SEO as Google makes search results personal).
  • La gestion des identités et de l’authentification des internautes, car si Google+ n’a réussi à transformer « que » 60 à 70 millions d’utilisateurs, l’argument de la personnalisation va donner beaucoup plus de poids aux Google Accounts sur lesquels reposent Google+. Sous cet angle, Google+ par l’intermédiaire des Google Accounts est donc un concurrent direct de Facebook Connect, et sur ce créneau ils ont des arguments très solides pour s’imposer (Suddenly, Google Is Winning the Online Identity Race).

Face à la concurrence déloyale de l’intégration dans les résultats de recherche, les autres plateformes sociales grognent. À commencer par Twitter qui exprime ouvertement son inquiétude : Twitter Really, Really Hates Google’s New Google+ Integration. D’autant plus que les marques ont déjà commencé à massivement rejoindre Google+ : Google+ brands growing faster than brands on Twitter?.

Avec cette intégration, Google+ est résolument en train de s’imposer (aux forceps) comme une plateforme sociale de référence, au même titre que Facebook ou Twitter. Plus j’y réfléchis, plus je me dis que Google+ n’est pas un réseau social, c’est une nouvelle itération de Google. D’où l’urgence d’anticiper votre présence sur Google+. Et le pire, c’est que nous n’en sommes qu’au début, car il reste beaucoup de données et services à intégrer (emails, photos, musique, documents…).