Vers des modèles de collaboration intermédiaires

Nous sommes en 2012, et la vision utopique de l’Entreprise 2.0 telle que décrite il y a déjà cinq ans a du plomb dans l’aile. Force est de constater que l’adoption d’outils et de pratiques « 2.0 » est plus long que prévu (Despite The Hype, Few Enterprise Workers Embrace Social Software). Et pour cause : les habitudes ont la vie dure. Repenser l’organisation interne, les processus et stimuler la collaboration est un chantier très laborieux, où tout le monde dit y trouver son compte (cf. Maslow’s Hierarchy of Enterprise 2.0 ROI). Stephen Covey’s  7 Habits of Highly Effective People Summary

Maslows-E20

De ce fait, si le déploiement à grande échelle des pratiques collaboratives et sociales est bien plus longue que prévue, les collaborateurs les plus motivés compensent ce délai par l’adoption d’outils intermédiaires. L’idée est de pouvoir faire de la collaboration « douce » sans trop changer les habitudes et/ou outils. Dans ce contexte, une catégorie d’acteurs est en pleine croissance : Dropbox, Box, Evernote, Instapaper… sont autant de nouveaux entrants qui se positionnent sur ce créneau intermédiaire de collaboration.

Evernote

Pourquoi ces services connaissent-ils un tel succès ? Principalement car ils sont beaucoup moins intimidants que des outils plus comme les interfaces de co-rédaction ou les wikis. Ces services sont à mi-chemin entre l’Entreprise 1.0 (celle des fichiers et des emails) et l’Entreprise 2.0, ils s’ancrent dans un modèle de collaboration beaucoup moins perturbant, où les utilisateurs gardent un bien plus grand contrôle qu’avec des plateformes de collaboration intégrées.

Quand on y réfléchit bien, le succès de ces services repose sur deux ingrédients essentiels :

  • Le cloud, qui facilite grandement le partage des fichiers ainsi que leur pérennisation. Pour faire simple, disons qu’un stockage dans les nuages permet de libérer les utilisateurs de nombreuses contraintes.
  • La proximité, car ces services permettent de générer des interactions sociales et de la collaboration au plus près des documents (fichiers, notes ou articles).

Je ne me risquerais pas à faire une comparaison de la performance de telle ou telle solution vis-à-vis de suites collaboratives plus complète. Ce que je peux par contre vous dire, est que ces services sont des solutions intermédiaires tout à fait convaincantes pour compenser les faiblesses des S.I. sans toutefois forcer les salariés à adopter une posture collaborative trop disruptive / impliquante pour eux (ne pas trop changer leurs habitudes et méthodes de travail).

Est-ce qu’au final l’entreprise y gagne ? Oui et non. Oui, car cela facilité grandement la collaboration « douce » au quotidien et assure une transition en douceur vers des pratiques collaboratives plus intensives. Non, car cela participe à l’éparpillement des données et connaissances sur de multiples comptes individuels.

J’ai un avis assez tranché sur ces services (j’aime bien Dropbox, mais pour solutionner le problème du partage de fichier, le plus simple est de supprimer le fichier), il n’empêche que ces services sont une réalité pour bon nombre de collaborateurs qui ne sont pas près à franchir le pas. Il convient donc de les étudier de près et de voir dans quelle mesure ils peuvent être exploités dans de bonnes conditions (notamment de sécurité et d’intégration avec le S.I.).

Ceci étant dit, plus les salariés vont utiliser ces services, et plus ils se rendront compte de leurs limites et voudront passer à des modèles de collaboration plus sophistiqués et plus performants. Mais d’un autre côté, le périmètre fonctionnel s’élargit à vitesse grand V, comme en témoignent les dernières nouveautés chez Evernote (Peek, Clearly, Hello…). Moralité : il va falloir faire avec…

À quoi ressemble l’internet en 2012

Voilà 20 ans que le web existe. Conçu par Tim Berners-Lee à la fin des années 80, les premiers sites web sont apparus en 1992. Vingt ans plus tard, Internet est devenu l’un des canaux de communication les plus utilisé, et très certainement le média de référence du XXIème siècle. Je pars du principe que vous avez tous une bonne connaissance du web et de ce que l’on peut en faire, par contre avez-vous à votre disposition des données chiffrées récentes ? C’est justement ce que je me propose de faire avec cette compilation de nombreuses études statistiques et sociologiques publiées en fin d’année.

La France compte près de 49 millions d’internautes, soit 75% de sa population. Une étude Insee publiée en novembre 2011 nous en apprend un peu plus sur les temps de connexion : Les Français passent en moyenne 2h30 par jour devant un écran, majoritairement la télévision pour les tranches d’âge supérieures, mais majoritairement devant un ordinateur pour les 15-24 ans.

Répartition du temp passé devant un écran par les Français

Concernant les sites web en eux-mêmes, la société Email-Brokers dans son baromètre de l’Internet comptabilisait plus de 2,6 millions de sites dont la majorité sont à caractère professionnel (ils ne comptent donc pas dedans les blogs). Seulement 9% de ces sites ont été actualisés durant les 3 derniers mois, 73% au cours de l’année passée.

Selon une étude Médiamétrie de l’Observatoire des Usages Internet datant de novembre 2011, hommes et femmes sont quasiment à égalité sur la toile (respectivement 51% et 49%). D’autres chiffres utiles :

  • 2/3 des hommes ont comparé les prix au cours du dernier mois contre 57% des femmes ;
  • Les femmes concrétisent davantage leurs achats sur Internet (45% au cours du dernier mois contre 40% pour les hommes) ;
  • La moitié des femmes utilisent les messageries instantanées contre 40% des hommes ;
  • Les hommes préfèrent consulter les blogs (33%) et lire les messages sur les forums (47% contre 36% pour les femmes).

L’INRIA a également publié une très belle étude sur Les Français et le Nouveau Monde Numérique. Six profils sociologiques ont été identifiés : Les randonneurs vigilants, les baroudeurs pragmatiques, les grands explorateurs, les révoltés numériques, les bienheureux sédentaires et les apprentis voyageurs.

Les profils sociologiques des internautes français

L’étude nous fournit d’autres chiffres :

  • 7 français sur 10 sont curieux vis-à-vis du numérique ;
  • 53% se déclarent dépassés, alors que 56% ne pourraient plus se passer de l’internet ;
  • 50% pensent que jamais les objets ne pourront communiquer entre eux ;
  • Ils veulent plus de pédagogie et d’encadrement (89%) ainsi que d’avantage de protection de la vie privée (92%).

Si mes calculs sont exacts, ça nous fait donc 9 Français sur 10 préoccupés par la confidentialité, mais 77% qui sont inscrits sur au moins un réseau social (ils ne sont donc pas très méfiants, ou globalement naïfs).

Puisque l’on en parle, la sixième vague de l’observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP nous apprend que :

  • Facebook est la plateforme sociale la plus connue (95%) suivit de YouTube (92%) et Twitter (85%) ;
  • Un internaute français est aujourd’hui membre de 2,8 réseaux sociaux en moyenne (contre 2,9 l’an passé) 11% fréquentant six réseaux sociaux ou plus ;
  • L’appartenance à un réseau social révèle des choses surprenantes (49% pour Facebook, 40% pour Windows Live et 37% pour Copainsdavant) ;
  • 84% des internautes ne suivent aucune marque, 25% se disent prêts à appeler au boycott.
Répartition de l'appartenance aux réseaux sociaux par catégorie de population (source : IFOP)

L’étude Digital Life de TNS Sofres vient compléter ces chiffres avec des données sur le marché français :

  • 53% des consommateurs français présents sur les réseaux sociaux ont des interactions sociales avec les marques pour bénéficier de promotions ;
  • Seuls 1/3 des Français trouvent que les réseaux sociaux sont un bon endroit pour trouver des informations sur les produits (contre 54% pour le reste du monde).

Concernant le commerce en ligne, la Fevad nous a fourni en fin d’année dernière des chiffres intéressants :

  • Il y aurait plus de 132.000 boutiques en ligne en France, en augmentation de 100% par rapport à l’année dernière (mais la Fevad n’en comptabilise que 90.000) ;
  • La France compte désormais 30,4 millions d’acheteurs en ligne, 100 millions de transactions pour un montant moyen de commandes de 91€ ;
  • 7 milliards d’€ ont été dépensés pour les fêtes de fin d’année, soit un total avoisinant les 37 milliards pour 2011.

TGI / Kantar Média vient compléter ces chiffres avec une étude sur le commerce en ligne chez les 15-24 ans :

  • Les achats en ligne représentent 11% des achats ;
  • 46% des garçons de 11-24 ans achètent sur internet contre 41% des filles ;
  • Les produits les plus populaires sont les vêtements (38%), les livres (28%), les chaussures (24%) et les jeux vidéos (23%) ;
  • 9% des possesseurs de smartphones font des achats avec.

Une belle infographie réalisée par Olimeo nous renseigne sur les avis publiés sur internet :

  • 90% des internautes lisent les avis, 67% donnent leur avis ;
  • Un acheteur mécontent le dit à 11 personnes contre 3 pour un acheteur satisfait ;
  • 93% les jugent utiles et 86% leur font confiance ;
  • 45% des consommateurs pensent qu’internet leur fait consommer mieux.
Fréquence des consultations des avis des consommateurs

Ces chiffres datent de 2010, mais la vague 4 du Baromètre ECHO de Scanblog / Openminded nous fournit des données plus récentes :

  • 96% des cyber-consommateurs préparent leur achat en ligne ;
  • 80% utilisent Google comme moyen d’accès aux sources d’information sur les produits ;
  • 12% des consommateurs se renseignent via un smartphone ;
  • Seuls 7% des internautes ont déjà entendu parler de social shopping, 58% pensent qu’il est inutile d’acheter sur Facebook et 29% que c’est risqué ;
  • 36% ont remarqué sur au moins une boutique en ligne un emplacement  qui montre si leurs amis sont fans du produit ou de la marque.

La société ContactLab fournit également des chiffres sur l’utilisation de l’email en France et en Europe :

  • Il y a 68 millions de boîtes aux lettres électroniques en France, 1,4 million d’emails sont reçus chaque jour ;
  • 24% des internautes utilisent une adresse email ne portant pas leur nom pour protéger leur anonymat ;
  • 47% déclarent avoir effectué des achats en ligne directement depuis un lien contenu dans une newsletter ;
  • 23% se sont inscrits à une newsletter via la page Facebook d’une marque.

Pour relativiser, je vous propose ces statistiques fournies par Eurostat :

  • 25% des Européens ne sont jamais allés sur Internet (54% pour les Roumains, 45% pour les grecques) ;
  • 18% des Français âgés de 16 à 74 ans n’ont jamais utilisé le web (46% en 2006).

Et pour finir sur une bonne note, voici encore quelques statistiques européennes de eTarget :

  • Il y a 279 millions d’internautes en Europe (59%) ;
  • 33% disent ne plus pouvoir se passer du web, 29% se connectent dès leur réveil (sûrement avec leur smartphone) ;
  • 83% des internautes utilisent une connexion haut-débit.

Ouf, ça fait beaucoup de chiffres et de pourcentages. Maintenant que nous avons des données quantitatives fraiches, nous pouvons nous intéresser aux usages. La semaine prochaine je vous ferai un petit topo sur l’état de l’art de l’internet : du SoLoMo (Social-Local-Mobile) au ToDaClo  (Touch-Data-Cloud).

La bataille du commerce en ligne se gagnera sur l’expérience utilisateur

L’année dernière je constatais un regain d’intérêt des éditeurs de site pour proposer de nouvelles expériences d’achat et de consultation. Pourquoi chercher à réinventer la roue alors que le commerce en ligne tourne à plein régime ? Justement parce qu’il tourne à plein d-régime et que la compétition n’a jamais été aussi forte (marges ridiculement basse, livraison gratuite, satisfait ou remboursé pendant un an…). Pour se démarquer, il ne reste plus beaucoup de leviers à activer : les prix sont déjà au plus bas, les performances au plus haut et les interfaces simplifiées à l’extrême. La seule solution pour sortir du lot consiste alors à proposer une expérience différenciante.

Prenez par exemple le secteur du tourisme :

Face à une telle débauche de créativité, plusieurs chaines hôtelières (Hilton, Hyatt, InterContinental, Marriott et Wyndham) se sont fédérées pour proposer leur propre moteur de recherche : Big Chains Launch “Hulu For Hotels”. Pourquoi cette comparaison avec Hulu ? Car Hulu est LA référence en matière d’expérience utilisateur, surtout face à des concurrents très puissants (Vidéo en ligne, Hulu vainqueur par K.O.).

Bref, ces chaines hôtelières ne pouvant pas se battre sur l’argument du prix ou de la simplicité d’usage ont tout misé sur la qualité de l’expérience utilisateur avec Roomkey. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est à la hauteur de la concurrence avec une interface de recherche tout simplement splendide.

La magie commence dès la page d’accueil avec des couleurs et visuels très chaleureux :

La page d'accueil de Roomkey

Une fois les critères saisis, le bandeau de recherche remonte en douceur et la liste de résultat s’affiche dans une parfaite transition :

La liste de résultats de Roomkey

Tout a été soigné dans le moindre détail sur cette liste : le choix des typos, l’arrondi des cartouches, les pictos et éléments d’interface… Le résultat est un mélange de simplicité, de sobriété et de raffinement, un modèle du genre !

Le basculement d’un mode d’affichage à un autre se fait avec une très belle transition. Cerise sur le gâteau : lorsque vous descendez vers le base de la page,  la carte reste verrouillée en haut de l’écran pour que vous puissiez localiser les hôtels du bas de la liste.

L'interface cartographique de Roomkey

De mémoire, j’ai rarement vu une aussi belle interface. Autant vous dire que je suis plus qu’enthousiaste à l’idée d’une lutte entre les concurrents sur le terrain de l’expérience utilisateur. J’ai vraiment hâte que ce type de compétition se déporte sur d’autres secteurs comme la distribution ou la banque. Quoi que… ça a déjà commencé avec des nouveaux entrants comme SimpleBank et Yoyo.

De l’immanquable convergence des univers virtuels casual et de jeux sociaux

Dans mes prédictions 2012, j’anticipe le retour sur le devant de la scène des univers virtuels. Ce qui a motivé cette prédiction est le phénomène de convergence que je constate entre les univers virtuels et les jeux sociaux. Vous noterez que cette convergence n’est pas nouvelle, car je l’avais déjà constaté il y a quatre an (Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $), puis avec la vague des casual MMO et social MMO.

Certes, nous sommes en 2012 et les univers virtuels sont passés de mode (Que reste-t-il des mondes virtuels ?), mais leur héritage est néanmoins bien présent dans les plateformes sociales actuelles (Quel est l’héritage de Second Life ?). Dans tous les cas de figure, ceux qui annoncent la fin des univers virtuels sont bien ignorants, car le segment des univers pour enfants ne s’est jamais aussi bien porté avec des utilisateurs qui se comptent en centaines de millions : Top 15 Virtual Worlds.

Classement des univers virtuels pour enfants

Des univers comme Habbo, Poptropica, Club PenguinStardoll ou MoshiMonsters affichent une fréquentation et des profits records. Les éditeurs de ces univers ont donc tout intérêt à faire évoluer leur plateforme pour accompagner le vieillissement de leurs utilisateurs, notamment en y intégrant une dimension sociale plus marquée (How Disney’s Club Penguin Became the Biggest Social Network for Kids) et en proposant des versions mobiles (Club Penguin’s First Mobile App Arrives on iOS).

Donc non, les univers virtuels ne sont pas morts, et dans la mesure où ils fédéraient déjà des dizaines de millions de membres avant la naissance des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, il est normal qu’ils entament une migration vers un modèle plus social. Vous pouvez d’ailleurs observer cette mue auprès d’acteurs historiques comme Cyworld qui repart à la conquête du monde : Korea’s Cyworld takes second shot at going global.

Les MiniHome de Cyworld

Ce phénomène de convergence s’observe également en France avec Prizee (initialement une plateforme de casual games qui a plus tard introduit un univers virtuel casual) qui vient de lancer deux nouveaux jeux / univers « hybrides » qui sont accessibles sur le site dédié et sur Facebook :

  • Inkazee qui a ouvert en novembre dernier et exploite le monde Inca et propose 300 niveaux répartis sur 20 mondes originaux (à ce jour près de 250.000 joueurs inscrits, dont 9% seulement via Facbeook) ;

    L'interface du jeu Inkazee sur Facebook
  • Enovaa, sur le thème de l’espace qui a été ouvert le mois dernier.

    L'interface du jeu eNovaa sur son site

Je ne saurais pas vous dire si cette approche hybride est le modèle d’avenir pour les jeux casual / social, mais je fais confiance au fondateur de Prizee (Tristan Colombet avec qui j’avais eu le plaisir de collaborer il y a quatre ans et dont je vous recommande l’interview) pour mener à bien cette transformation. Visiblement toute la difficulté consiste à ne pas altérer la mécanique propre à Prizee (qui repose sur la limitation du nombre de parties et les dotations) tout en respectant les règles imposées par Facebook.

2012 sera-t-elle l’année du retour en force des social MMO ? Difficile à dire, car le marché est encore très instable. De même, tous les acteurs du social gaming n’ont pas encore dévoilé leur stratégie, notamment Zynga qui se diversifie lentement (Here’s Why Zynga Is Attacking A Brand New Audience With Its Latest Game) et le français Kobojo qui privilégie pour le moment l’internationalisation et la mobilité (Kobojo Opens Berlin Office, Preps New Game Lineup for Facebook and Mobile).

Quels supports exploiter pour les médias sociaux BtoB

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder le cas particulier du B2B (Comment exploiter les médias sociaux dans un contexte BtoB). Du fait de ce contexte professionnel, les objectifs que vous serez amené à poursuivre sont différents. Les tactiques à mettre en oeuvre seront également différentes (obligation de fournir ou de relayer du contenu de qualité, cycles de vente beaucoup plus longs…). Malgré toute la littérature qu’il existe sur le sujet, il persiste encore un fort scepticismeOnly 8% of B2B Companies Heavily Engaged in Social Media.

Tout comme dans le contexte BtoC, il y également une croyance populaire assez tenace autour de ce que l’on peut faire ou pas : B2B Social Media Myths5 Ridiculous B2B Social Media Marketing Myths. Pour résumer les deux articles précédents : Oui, les médias sociaux sont de très bons supports à exploiter dans un contexte BtoB, quel que soit votre secteur. Oui, vous avez impérativement besoin de fixer des objectifs et de définir des indicateurs qualitatifs. Non, ça ne sera pas facile, mais vos efforts seront récompensés.

Pour aller plus loin, je vous propose d’étudier de près les quatre supports les plus populaires. Dans l’ordre inverse, nous avons donc :

  • YouTube, une solution gratuite et particulièrement simple pour héberger vos vidéos de démonstration ou tutoriels (idéal par exemple pour les éditeurs de logiciels comme Tibco). Outre les offres de bannières (video ads, reach ads, display ads), ils proposent également un principe de Brand Channel avec différents niveaux de personnalisation. Dassault Systems propose ainsi un large bandeau pour présenter son offre.DassaultSystemesYouTube

    Ils proposent également un offre spéciale (The Zoo) pour les opérations nécessitant des développements spécifiques.

  • Twitter, un support qui fonctionne aussi bien en BtoC qu’en BtoB, avec des identité réelles comme des comptes institutionnels. Sur Twitter, il existe différentes tactiques de présence (relais de vos publications, revue sectorielle, discussions actives, support clients…). Il existe de nombreux cas d’école, je peux vous recommander deux exemples : Orange Business et FiercePharma.OrangeBusinessTwitter
  • SlideShare. Idéal pour diffuser vos documents, présentations… SlideShare propose également une offre très complète pour les entreprises avec la possibilité de faire du partage privatif, des web meetings, de bloquer les bannières de pub et les contenus de concurrents, l’intégration à LinkedIn, des statistiques détaillées et même l’intégration de formulaires de contact vos ci-dessous :

    Il existe de nombreux exemples comme IBM Network ou Cisco (cf. 7 Ways Businesses Can Get More Social With SlideShare).

    IBM-SlideShare

  • LinkedIn. C’est sans aucun doute LinkedIN qui propose à ce jour l’offre la plus sophistiquée avec des profils officiels intégrant actualités, blog et offres d’emploi, la possibilité de pousser des infos à vos followers, des onglets pour décrire vos offres et même la possibilité de personnaliser le contenu des onglets en fonction du profil du membre. Allez donc jeter un oeil sur le profil de Chevron pour vous rendre compte de l’intérêt d’une présence structurée.Chevron-LinkedIn

Vous remarquerez qu’il y a deux grands absents de cette liste : Viadeo qui propose une offre extrêmement limitée pour le moment et Facebook qui n’est réellement pas compatible avec le monde BtoB. Ceci étant dit, je ne me risquerais pas à vous faire une quelconque recommandation de priorisation sur tel ou tel support. Autant dans les pays anglo-saxon le débat est tranché (Why LinkedIn is better than Twitter), autant si votre business est centré sur le marché français la situation se complique, car le niveau de maturité n’est pas le même qu’en Amérique du Nord. De même, si vous ciblez l’Asie, il faudra surveiller de très près ce que pourrait faire un acteur comme Alibaba.

Dans tous les cas de figure, ma préconisation sera de planifier une présence d’envergure avec un minimum d’engagement. Je ne parle pas ici d’un gros budget, mais plutôt d’une mobilisation des différents services (marketing, communication, ventes, produits…) pour exploiter au mieux ces supports.

Certes, mobiliser plusieurs personnes de différents services et leur faire appréhender ces nouveaux supports est un travail de longue haleine, mais de toute façon il n’existe pas de tactique éclair sur les médias sociaux pour doubler votre C.A. en un trimestre. Je pense qu’une période d’installation de deux ans me semble raisonnable. Deux ans pour convaincre les différents services de l’intérêt d’utiliser les médias sociaux, pour collecter et exploiter les différents contenus en interne (livrets blancs, supports commerciaux, documents AVV…), pour mobiliser les troupes et inscrire les médias sociaux dans leurs habitudes de travail.

Chose importante : avant de vous lancer, assurez-vous d’avoir le soutien de votre Direction Générale (qui pourrait être très utile) et l’aval de vos services RH et juridique, car avec les médias sociaux, nous sommes dans un vide juridique (cf. À qui appartiennent vos contacts LinkedIn ?). Si ce flottement juridique est un point délicat à anticiper, il ne doit néanmoins pas vous ralentir dans votre installation sur les médias sociaux. Rappelez-vous que chaque semaine compte et que le marché évolue très vite (12 B2B Social Media Predictions for 2012).