La vidéo est un support très intéressant pour valoriser les produits, surtout quand elle est exploitée de façon maline (La vidéo au service de la comparaison de produits). Jusqu’à présent cantonnées aux fiches produits ou à la présentation des collections (comme le célèbre Knicker Picker), les vidéos mériteraient néanmoins une présence plus large, d’autant plus que les éléments vidéo peuvent maintenant être exploités avec beaucoup plus de facilité (avec Flash ou HTML5).
Pour illustrer cette utilisation plus intensive de la vidéo, je vous propose de découvrir la boutique en ligne de Patrik Ervell qui propose dès la page d’accueil une série de mannequins animés en vidéo :
Le style de la page est très minimaliste et contraste bien avec les mannequins qui s’agitent et tournent sur place pour attirer votre attention et vous faire choisir une catégorie. Le procédé est utilisé dans les pages de catégorie avec une série de mannequins animés :
Les pages sont certes un peu longues à charger, mais le fait de présenter la gamme avec le même mannequin permet de se rendre compte de la façon dont tombent les vêtements et de leur ajustement (plus ou moins près du corp).
De façon surprenante, les pages produit ne présente que des photos (un comble !) :
L’ambiance graphique est toujours extrêmement sobre, tellement sobre que l’on ne remarque même pas le bouton d’ajout au panier (pourtant il est bien là).
Au final, la vidéo utilisée sur la page d’accueil et les pages de catégorie est un bon moyen pour attirer l’attention et inciter l’internaute à cliquer. Ce procédé est par contre réservé aux commerçants les plus fortunés, ou à ceux qui ont une gamme réduite, car le coût de production de vidéos à fond blanc doit être assez couteux. Dans tous les cas de figure, ce site est un bel exemple d’utilisation intensive, mais toute fois raisonnée de la vidéo.
Connaissez-vous le parallax scrolling ? Si vous n’avez pas eu la chance de posséder une console 8-bits alors il y a peu de chances pour que vous connaissiez cette technique graphique permettant de donner une illusion de profondeur de champ (mais il n’est pas trop tard, car il vous reste encore quelques jours pour aller à l’expo Game Story).
Pourquoi parler du parallax scrolling ? Par ce que j’ai comme l’impression que cette technique est remise au gout du jour sur un certain nombre de mini-sites : Parallax Scrolling Inspiration. Comme précisé plus haut, tout l’intérêt est de donner une signature graphique particulière à un site pour que les visiteurs s’en souviennent. De plus, utilisée de façon intelligente, le parallax scrolling permet de scénariser l’apparition d’éléments sur la page, lui conférant ainsi une cinématique sans pour autant avoir recours à Flash. Le site Ben the Bodyguard a ainsi été le premier à l’exploiter en le combinant à un défilement vertical, le tout dans univers de BD.
De nombreux designers s’en servent maintenant pour leur portfolio, de même que des grandes marques qui en ont vu l’intérêt :
Nike sur le mini-site de son organisation Better World ;
Je ne saurais vous dire pourquoi trois constructeurs automobiles ont utilisé cette technique de défilement vertical en quelque mois, toujours est-il que la communauté apprécie. Il n’y a pas de raison particulière pour mettre en oeuvre le parallax scrolling si ce n’est vouloir différencier son site et proposer une expérience graphique originale.
Puisque l’on parle d’originalité, je vous propose de découvrir deux derniers sites qui poussent encore plus loin cette technique :
Nintendo avec un mini site pour Mario Kart qui utilise du scrolling vertical et horizontal ;
L’office du tourisme de Nouvelle-Zélande qui incorpore toute une série de modules interactifs.
Est-ce que le parallax scrolling va devenir la norme ? Non, aucune chance. D’une part car il c’est une technique complexe à coder qu n’est pas forcément compatible avec les systèmes de gestion de contenu (pas pratique pour les sites multilingues), d’autre part car cela rallonge les temps d’affichage de la page (il faut charger tous les éléments graphiques et contenus). Mais le plus important est qu’en adoptant un défilement horizontal, vous cassez le principe de navigation page à page. Dans l’absolu, ce n’est pas très grave (Vive les sites web à page unique !), mais un défilement horizontal combiné avec un bandeau de navigation horizontal qui vous suit tout au long de la page peut en dérouter plus d’un. Bref, à utiliser avec précaution.
Le sujet de la TV connectée n’est pas neuf, j’en parlais déjà il y a quelques années (Internet = l’avenir de la télévision et inversement et La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie) et le débat continue, car il est complexe (TV connectée : de l’euphorie au pragmatisme). Lancée il y a un an et demi, Google TV s’installe lentement mais sûrement dans le paysage audiovisuel. Pour le moment, le taux de pénétration de Google TV est anecdotique, car d’autres systèmes lui font barrage (notamment TiVo aux États-Unis et Free en France), mais l’argument massue du système plus que gratuit (OS gratuit et partage des revenus publicitaires) va immanquablement finir par séduire les constructeurs.
En fin d’année dernière, les équipes de Google nous ont ainsi présenté une nouvelle version de Google TV propulsée par la version 3.1 d’Android : An Update on Google TV.
La nouvelle interface de Google TV
Au programme des nouveautés :
Une nouvelle interface simplifie la découverte de films et séries TV
Une fonction de recherche simplifiée
Une intégration transparente de YouTube
La possibilité de consulter vos photos stockées dans les nuages
Les applications Android disponibles sur la Google TV
Concrètement, il existe moins d’une centaine d’applications spécifiquement conçues pour la TV, mais nous commençons à voir des choses très intéressantes, comme des portages de jeux (Zynga Poker Debuts On Google TV) ou des applications de social TV comme BuddyTV qui se pilotent à partir de votre smartphone ou de votre tablette. Tout l’intérêt de ses applications réside en effet dans un usage multi-écran : Vous créez un compte sur votre ordinateur, vous êtes prévenu d’un programme sur votre smartphone, vous le regardez sur votre télé tout en le commentant avec vos amis sur votre tablette (De l’intérêt des touchbooks comme écrans secondaires). Ces applications multi-écrans offrent d’innombrables possibilités qui vont bien au-delà des programmes TV (Four Stopgap Apps That Almost Fix Google TV 2.0).
Malgré les qualités de cette nouvelle version, Google va devoir faire face à une concurrence féroce :
Des fournisseurs d’accès comme Free qui proposent des boitiers intelligents (la Freebox Revolution permet ainsi de jouer à une petite sélection de jeux ainsi que d’applications comme Facebook et Twitter). Free a clairement pris l’avantage sur ce terrain, mais Google TV permettra justement aux opérateurs à la traîne de gagner un temps précieux et surtout de limiter les dépenses de R&D.
Des constructeurs de TV comme Samsung qui proposent leur propre système (Samsung et ses 10 millions d’applications téléchargées). Là encore, Samsung a pris de l’avance, mais son système va avoir beaucoup de mal à tenir la comparaison, d’autant plus que Google et Samsung sont étroitement liés sur le segment des smartphones. Nous pouvons donc nous attendre à un repli stratégique du géant coréen qui préfèrera couper son budget R&D pour faire face à ses rivaux Sony et LG.
Des fabricants de consoles comme Microsoft avec sa Xbox. Même si l’offre de Microsoft est cohérente, les OS de la Xbox et des Windows Phone sont encore dissociés, contrairement à Android qui propulse les smartphones, les tablettes et dont les applications sont compatibles avec Chrome OS.
Des autres plateformes sociales qui essayent de faire valoir leur position privilégiée entre les clients (téléspectateurs) et les fournisseurs de contenus (les chaines). Si l’on commence à voir des initiatives très intéressantes autour de la social TV avec Facebook et Twitter (Twitter Embraces Its Social Role in TV et Is There A Future For Social TV?), les plateformes sociales seront toujours dans une position très fragiles.
De la part d’Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête (Apple Plots Its TV Assault). Pour le moment ce ne sont que des spéculations, mais de toute façon, Si l’offre de Apple avec iOS est le modèle dominant, Google ne joue pas dans la même gamme de prix.
Comme si la bataille n’était pas assez rude sur le web ou sur le mobile, Google c’est donc lancé sur un autre créneau ultra-concurrentiel. Encore une fois, si les parts de marché de Google TV sont aujourd’hui très faibles (euphémisme), et si la concurrence s’organise (PayPal a créé une solution dédiée aux paiements en ligne depuis son téléviseur connecté), Google finira bien par gagner car son offre propose une intégration plus large de services (régie publicitaire, applications, recherche…) : Why Google TV will win. Ceci étant dit, la conquête du territoire national nécessitera une concertation avec les pouvoirs publics (Pour une stratégie européenne de la TV connectée), ça tombe bien, car notre président s’entend bien avec Eric Schmidt (ils ont récemment inauguré tous les deux le nouveau centre de recherche de Google à Paris).
MàJ (06/01/2012) : Nous en savons un peu plus sur les plans de Google : Google TV on track to launch around the world in 2012. Plusieurs annonces devraient être confirmées lors du prochain salon CES en fin de mois, mais nous savons déjà que des partenariats ont été conclus avec Samsung et LG pour la commercialisation de TV intégrant la technologie Google.
La nouvelle télé de LG propulsée par Google TV
De même, des accords ont été passés avec deux concepteurs de puces (Marvell et MediaTek) pour faire évoluer le système Google TV vers une architecture ARM (donc un prix de vente plus bas).
Oui je sais, publier un article sur les meilleurs articles de l’année passée n’est pas très original, mais je n’ai pas la prétention d’être plus malin que les autres. De plus, je rencontre encore beaucoup trop de personnes qui ne connaissent pas mes autres blogs. Je vous propose donc de (re)découvrir une sélection des meilleurs articles de l’année 2011 :
Je précise que cette sélection est purement arbitraire, parmi les 250 articles publiés en 2011, ce sont ceux dont je suis le plus fier. J’espère être autant inspiré pour l’année 2012…
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