Le salon CES est une institution pour les passionnés de gadgets et professionnels du secteur high-tech. Chaque année, ce salon apporte son lot de nouveautés et de tendances. Si en 2012 la 3D était la tendance forte, les objets connectés se disputaient la place pour l’édition 2013 avec les phablets (ces dernières feront l’objet d’un prochain article).
Annoncée par une autre conférence qui leur était dédiée (LeWeb12, compte rendu de la première journée), 2013 va être l’année des objets connectés. D’une part, car de nombreux industriels investissent de grosses sommes d’argent pour sortir des offres de service (L’internet des objets est en train de se construire avec Sigfox) ; d’autre part, car les constructeurs mettent les bouchées doubles pour imposer leurs gadgets. Je vous propose un passage en revue de ce qui a été annoncé et montré.
Finalement, la palme revient à la société Hapilabs pour sa fourchette intelligente Hapiforkqui permet de capturer vos habitudes alimentaires.
La fourchette inteligente de Happilabs
Comme vous pouvez le constater, il y a donc un marché gigantesque pour les hypocondriaques qui sommeillent en nous. Cette tendance peut vous faire sourire, mais n’oubliez pas que les Français bénéficient d’une situation privilégiée avec l’Assurance Maladie. Les Américains prennent ainsi leur santé beaucoup plus au sérieux, car se faire soigner là-bas coûte un bras. Ces capteurs personnels peuvent ainsi pallier à un système de soin défaillant : With sensors, apps & data, my smartphone is (almost) my doctor.
C’est donc un véritable déluge de nouveaux produits auquel nous avons assisté (et encore, je n’ai pas mentionné les voitures connectées qui ont aussi fait l’objet de nombreuses innovations : Forget the Internet of Things: Here Comes the Internet of Cars). Toutes ces nouveautés ne font que renforcer le rôle central des smartphones, car tous ces capteurs et objets intelligents ont besoin d’une connexion internet pour remonter : Enjoying the internet of things? Thank your smartphone.
En conclusion, je me permettrais de citer le très visionnaire article de Big Thing qui résume bien l’obsession que nous semblons développer pour les données : Meet the Urban Datasexual. Au final, je me demande si 2013 ne va pas avant tout être l’année des données…
Il ne se passe pas une semaine sans que l’on entende parler de Zynga. Il faut dire que le leader du secteur paye certainement sa surexposition. Quoique… les dernières statistiques tendent à démontrer que la suprématie de Zynga est en train de vaciller, notamment au profit de son grand rival : How King.com crushed Zynga. Le titre phare de l’éditeur, Farmville 2, se serait ainsi fait détrôner par Candy Crush Saga, un jeu multi-plateforme créé par King, un éditeur de casual games reconverti dans le social.
L’interface de jeu de Candy Crush Saga
Même si je ne peux que reconnaitre l’efficacité redoutable des leviers de recrutement et de fidélisation de Zynga, ils ne pouvaient pas éternellement dominer le secteur. Ceci étant dit, ils disposent toujours d’une base active de 70 M de joueurs mensuels, ce qui est considérable. Ce qui est plus alarmant, c’est que d’autres signes nous prouvent que l’éditeur est en perte de vitesse : Zynga games ‘lost’ a total of 19.1 million daily active players in 2012, Zynga Axes Eleven Games as Part of Cost Cutting Efforts. Ces signes ne sont cependant pas nouveaux pour l’éditeur américain qui a déjà opéré deux réorientations stratégiques pour limiter les dégâts de sa crise de croissance :
Si les investissements pour conquérir les plateformes mobiles sont tout à fait logiques et légitimes, le fait de déployer en sous-marin une couche sociale pour ses jeux d’argent (Poker, Slingo, Slots for Mobile, Bingo…) n’est pas anodin : ils se concentrent sur les jeux les plus rentables pour satisfaire les actionnaires (Zynga brings multiplayer slot machines to Facebook with Zynga Elite Games). Le jeu qui vient tout juste d’être lancé est ainsi un bel exemple des nouvelles ambitions de l’éditeur avec un mode de jeu multijoueur très sophistiqué et accrocheur : Zynga Elite Slots Goes Live on Facebook.
L’interface de Zynga Elite Slots
Les premiers échos parlent ainsi d’un jeu à mi-chemin entre machines à sous et RPG. Je vous invite à regarder la présentation vidéo du jeu pour vous en rendre compte :
Je ne me permettrais pas de juger la moralité de ces jeux d’argent qui rassemblent des centaines de millions de joueurs, par contre, je rejoins tout à fait l’avis de Julien Codorniou sur la nécessité de prendre en compte les terminaux mobiles pour profiter des leviers sociaux et mobiles : What’s Next For Social Mobile Games?
Je pense ne pas me tromper en disant que l’âge d’or des jeux sociaux est derrière nous et que nous sommes en plein dans une phase de rationalisation du secteur. Certes, il y a encore d’innombrables opportunités à saisir avec les terminaux alternatifs (smartphones, tablettes, TV connectées…), mais les places sont maintenant très chères et il est peu probable de voir émerger en quelques années un nouveau Zynga. Peu importe, du moment que ceci n’empêche pas les éditeurs de plus petite taille d’innover…
C’est le début de l’année 2013, donc l’heure de faire un bilan de l’année passée. Pour cela je vais m’appuyer sur deux articles. Le premier est une compilation de statistiques très intéressantes : 100 Fascinating Social Media Statistics and Figures From 2012. L’article détaille ainsi des données très enrichissantes permettant de comprendre le comportement des utilisateurs ainsi que le volume des interactions :
Sur Facebook : une moyenne de 130 amis, 488M d’utilisateurs mobiles, 23% des membres consultent leur profil plusieurs fois par mois, 1/4 des membres n’ont jamais touché aux options de confidentialité, 250 M de photos publiées tous les jours, 43% d’hommes contre 57% de femmes…
Sur Twitter : 175 M de tweets publiés en 2012, 56% des tweets adressés à des marques sont ignorés, les plus gros pays sont les USA, le Brésil et le Japon, la moitié des usages se font au travers des terminaux mobiles…
Sur Google+ : le bouton +1 est utilisé 5 MM de fois par jour sur l’ensemble du web, près de la moitié des utilisateurs latino aux USA sont présents, 40% des marketeurs exploitent G+ alors que 70% voudraient en savoir plus, les utilisateurs actifs de G+ passent plus d’1 h/j. sur l’ensemble des services de Google, les membres passent en moyenne 12 m./j. sur la plateforme…
Il y a d’autres statistiques sur Instagram et Pinterest, mais je vous laisse les découvrir. À propos d’Instagram, signalons également qu’ils viennent juste de publier des chiffres officiels : New Instagram Stats, 90 Million Monthly Active Users.
Il y a ensuite la nouvelle version de la World Map of Social Networks, publiée depuis 3 ans par Vincenzo Cosenza, une cartographie des plateformes sociales leaders sur l’ensemble de la planète :
Vous noterez sur cette carte que la domination de Facebook est écrasante. Il y a bien des marchés encore réfractaires comme la Chine et la Russie, mais sinon c’est un authentique raz-de-marée. Ce phénomène est d’ailleurs confirmé par l’évolution de cette carte au fil des années :
Comme vous pouvez le constater par rapport à la version de 2009, de nombreuses plateformes ont disparu de la carte, non pas qu’elles n’existent plus, mais qu’un phénomène de concentration de l’audience sur Facebook les a relayées en deuxième ou troisième place (comme c’est le cas pour notre CopainDavant nationale).
Tout ceci confirme donc la suprématie incontestée de Facebook. Il ne faut pas aller chercher bien loin les raisons de cette insolente domination : le monde attire le monde. Dans la mesure où la valeur d’un réseau augmente de façon exponentielle en fonction du nombre de membres, il n’est pas étonnant que Facebook caracole en tête. D’autant plus qu’ils sont particulièrement actifs pour motiver les membres à y passer toujours plus de temps, notamment avec le lancement prochain du graph search (Facebook lance son moteur de recherche mais manque d’inspiration). Cette position dominante n’a pas échappé aux actionnaires de Facebook qui font pression sur la direction pour intensifier le déploiement de nouveaux leviers de revenus. Il en résulte une position difficilement tenable pour les annonceurs qui se retrouvent coincés entre des offres publicitaires de plus en plus coûteuses et une concurrence publiant des contenus toujours plus spectaculaires. Pour résumer : le coût d’engagement des membres est de plus en plus élevé et il va atteindre des sommets en 2013.
Outre ce phénomène de concentration des plateformes sociales (disparition de Netlog…), je constate également une concentration des usages, notamment autour de la photo. Nous entendons ainsi beaucoup moins parler de jeux sociaux ou de social commerce. Mais je préfère ne pas trop en dire ici, car je vous prépare une nouvelle version de mon panorama des médias sociaux, à sortir dans les prochaines semaines.
Cette nuit Facebook a annoncé le lancement prochain de son moteur de recherche, Facebook Graph Search, une nouvelle qui a fait le tour de la blogosphère tant l’évènement avait suscité la curiosité des journalistes. Grand rival de Google, Facebook était logiquement attendu pour le lancement de son moteur, pour lequel les équipes ont choisi une approche différente de la recherche, car elle repose sur les amis.
Le moteur de recherche de Facebook propose donc de remplacer l’index de Google par votre liste d’amis et son algorithme par leurs publications. Vous aussi vous avez l’impression qu’il y a tromperie sur la marchandise ? Effectivement cette annonce déçoit, mais elle cache surtout une vérité bien plus cruelle pour Facebook.
Rechercher le web grâce à vos amis (oups !)
Facebook Graph Search est donc un moteur de recherche interne qui permet d’explorer plus facilement votre graphe social à l’aide d’équation de recherche en langage naturel. Cette nouvelle fonction prendra la forme d’une barre de recherche dans le haut de page où vous pourrez rechercher auprès de vos amis, leurs publications, leurs centres d’intérêt, les endroits qu’ils ont visités et les choses qu’ils ont aimées.
Les éléments qui peuvent être cherchés sur Facebook
Le fonctionnement est assez intuitif et nous pouvons faire confiance aux équipes de Facebook pour livrer un produit qui fonctionne correctement. Comme toujours, Facebook nous propose une belle vidéo pour illustrer le tout avec plein de jeunes gens cools qui respirent le bonheur :
Ils ont également annoncé un partenariat avec Bing pour les recherches plus classiques, celles qui concernent des contenus hébergés en dehors de Facebook : Evolving Search on Facebook. L’argument principal de Mark Zuckerberg est de dire que les moteurs de recherche actuels (donc Google) se contentent de fournir une liste de liens où vous pourrez peut-être trouver une réponse, alors que son moteur apporte directement des réponses concrètes issues de vos proches. Mouais… je ne savais pas que Google ne fonctionnait pas bien et qu’il fallait une solution de remplacement. Cette assomption est d’autant plus déplacée que Microsoft nous avait déjà fait le coup il y a plus de 3 ans en positionnant son moteur comme un outil d’aide à la décision : Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?
Outre le fait que le Graph Search de Facebook nécessite d’avoir beaucoup d’amis très actifs pour avoir des réponses pertinentes, il y a l’éternelle question de la confidentialité. Heureusement cette question a déjà été traitée :
Je sais bien qu’au fil des années j’ai toujours été très critique sur Facebook, mais vous conviendrez que le moteur de Facebook repose sur une base plus étroite : sur les 200 millions de sites web actifs, Facebook vous propose de restreindre la recherche aux citations ou intérêts de vos amis, soit quelque centaines de personnes au mieux. C’est un peu court, non ? Certes, ce moteur va grandement améliorer la navigation au sein de Facebook et de votre liste d’amis, mais j’ai comme l’impression que l’éléphant a accouché d’une souris.
Entendons-nous bien : je ne suis nullement en train de critiquer vos amis ou leurs centres d’intérêt, simplement je trouve que le grah search tel que nous le présente Facebook est une vision très étriquée de la connaissance. Il a fallu 15 ans et des dizaines de milliards de dollars pour construire la plus grande base de connaissance de l’humanité (le web) et Mark Z. nous explique que les likes et photos de vos amis vont vous apporter des réponses plus pertinentes. De qui se moque-t-on ?
L’avis le plus pertinent sur la question est celui des spécialistes de la recherche, notamment de John Battelle qui nous explique qu’avec le social search, chacun aura une page de résultats différente, donc autant de possibilité de monétisation : Facebook Is No Longer Flat.
Outre le fait que ce moteur se réduit à filtrer les like et publications des membres avec votre liste d’amis, je m’interroge sur la valeur d’une recherche dans une base de données privée avec des contenus non qualifiés. Les robots de Google nourrissent son index avec l’intégralité de ce qui est disponible sur le web, alors que le graph search se contente de ce qui a été publié sur Facebook, soit un corpus à la taille limitée. Idem, si l’algorithme de Google a fait ses preuves en matière d’évaluation de la pertinence des contenus, qui va vérifier la véracité des publications de vos amis ? Je ne suis pas en train de qualifier vos amis de menteurs, mais ce ne sont pas non plus des professionnels de l’information et de la connaissance.
En définitive, c’est ce côté « amateur » du graph search qui me dérange, et les exemples présentés lors de la conférence sont assez révélateurs de la naïveté du dispositif :
La rencontre, où il vous suffit de chercher les hommes / femmes célibataires dans votre ville avec les mêmes coûts et centres d’intérêt que vous pour trouver l’âme soeur. OK, mais tous les membres célibataires de Facebook sont-ils en recherche ? Cette approche de la rencontre fait-elle le poids face à des plateformes sociales qui ont été conçues pour cela (Badoo, Meetic…) ?
Le recrutement, où il vous suffit de chercher dans votre liste d’amis des candidats potentiels qui n’ont pas d’employeur. OK, mais que fait-on de ceux qui en ont un ? Là encore, ce n’est pas parce que je suis inscrit sur Facebook que je suis en recherche d’un nouvel emploi, d’autant plus que les profils n’ont pas du tout été conçus pour valoriser l’expérience professionnelle, contrairement à des plateformes comme LinkedIn.
Les lieux, où il vous suffit de dire ce que vous cherchez pour que l’on vous propose une liste de restaurants, bars, hôtels… D’une part je pensais que Facebook Places avait été abandonné, d’autre part, restreindre les résultats à vos amis ne va pas vous remonter grand-chose. Vous avez ainsi bien plus de chances de trouver des résultats pertinents sur Yelp, TripAdvisor ou Google Local.
Les photos. Je sais bien qu’il y a des milliards de photos publiées par les membres, mais combien de doublons ? L’important n’est pas le nombre de photos, mais la qualité des métadonnées qui y sont associées. J’aime beaucoup Instagram, mais les contenus publiés par ses 20 millions de membres actifs ne tiennent pas la comparaison face au couple Google Maps et Street View.
Les résultats de recherche dans Facebook
Comme c’est souvent le cas chez Facebook, j’ai l’impression que Mark Zuckerberg affiche une confiance inébranlable dans la capacité des membres à fournir des contenus de qualité qui peuvent concurrencer des sociétés dont c’est le coeur de métier et qui existaient déjà au siècle dernier. Et ce n’est pas en recrutant 500 millions de nouveaux membres qu’ils vont réussir à améliorer la qualité des contenus.
Un moteur de recherche souffrant d’inacceptables limitations
Je sais bien que le service est encore en beta, mais en lisant entre les lignes il est possible d’en voir dès aujourd’hui les limites :
Un service uniquement disponible en anglais, certainement car la sémantique de cette langue est beaucoup plus simple que celle des langues latines (français, italien…), nordiques, germaniques ou cyrilliques ;
Pas de version mobile ou tablette ;
Pas d’intégration à l’open graph et pas d’APIs…
Encore une fois, j’ai conscience que nous sommes dans un monde de beta perpétuelle et que cette fonctionnalité n’est pas encore officiellement disponible, mais il faut bien reconnaitre qu’ils ont des années de retard sur la concurrence.
La vérité est que Facebook a accumulé un retard qu’ils ne pourront jamais combler. Ceci étant dit, ils ont été suffisamment malins pour éviter une concurrence frontale avec Google.
À qui profite ce moteur ?
Je ne voudrais pas jouer les rabat-joies, mais je constate qu’encore une fois, Mark Z. compte sur le volontarisme des membres pour enrichir l’expérience, mais qui s’enrichit réellement ? Je suis peut-être paranoïaque, mais j’ai comme l’impression que ce graph search est un nouveau levier pour pousser les membres à enrichir leur profil (centres d’intérêts) et à augmenter les Likes (Facebook’s Graph Search Is Really A Plan To Rescue The Like). Tout ceci m’a tout l’air d’être une manoeuvre parfaitement orchestrée pour améliorer le ciblage publicitaire.
De même, nous n’avons pour le moment aucune information sur l’impact du graph search sur le trafic vers les pages des annonceurs. Tout ce que Facebook dit est que les annonceurs doivent mettre à jour leurs pages et améliorer leurs tactiques d’engagement pour être sûrs de remonter dans les résultats de recherche : Introducing Graph Search, Help People Discover your Business.
Affichage des marques dans les résultats de recherche
Je ne doute pas qu’il y aura à terme une offre payante pour donner une place aux annonceurs dans les résultats de recherche, mais pour le moment ils ne fournissent aucune solution pour les marques non-aspirationnelles, à savoir 99,99% des marques. Le problème est que depuis le lancement des timelines pour les annonceurs, seules les marques les plus puissantes s’en sortent (Avec les nouvelles pages et formats publicitaires, Facebook privilégie les marques fortes), et ce moteur de recherche va rendre la compétition pour l’attention encore plus intense. Attendez-vous à une recrudescence de la chasse aux Likes.
Je peux me tromper, mais j’ai l’intime conviction que ce moteur de recherche ne va faire qu’intensifier les astuces permettant d’améliorer le taux d’engagement. Pour vous la faire courte, les annonceurs auront le choix entre se faire saucissonner (payer pour apparaitre dans les listes de résultats) ou tricher (utiliser des moyens détournés pour doper le taux d’engagement). Tout ceci me semble bien éloigner de la vision idéologique du fondateur.
Un énorme risque de pollution
Tout le problème de ce graph search est qu’il risque de stimuler les dérives que l’on constate déjà :
pousser les membres à s’inventer une vie trépidante afin « d’exister » dans les résultats de recherche (ils ne sont pas malveillants, mais cherchent simplement à être valorisé socialement) ;
inciter les utilisateurs à devenir amis avec les membres les plus cools, ceux qui voyagent et sortent (donc pervertir la notion d’amitié) ;
forcer les community managers des marques à se démener pour récolter des likes, donc adopter les interactions courantes des membres (blagues, photos rigolotes, commentaires sur l’actualité…).
Mais le plus gros risque selon moi est que ce moteur de recherche favorise l’émergence d’un marché noir des profils fictifs spécialement créés pour faire remonter les marques dans les résultats. L’astuce consisterait à créer des profils avec un quotidien rempli de voyages, sorties et achats dont l’unique but est de devenir l’ami du plus grand nombre de membres et de revendre sous le manteau les publications aux marques.
Nous sommes d’accord sur le fait que ça ferait courir de gros risques aux annonceurs, mais nous savons tous que les techniques de black hat SEO sont couramment utilisées, j’anticipe donc une montée en puissance du black hat SMO (social media optimization).
Facebook en mal d’inspiration
En conclusion je dirais que Facebook fait fausse route avec ce moteur de recherche, car il ne tiendra jamais la comparaison avec les services déjà existants. Les entités sémantiques du Knowledge Graph et les communautés Google+ sont ainsi beaucoup plus pertinentes que les publications de vos amis.
À moins que nous fassions tous fausse route et que l’ambition de ce moteur est simplement d’améliorer la recherche au sein de vos amis, ni plus ni moins. Cela confirmerait alors le terrible manque d’inspiration dont Facebook souffre actuellement : le rachat à prix d’or d’Instagram et la copie à l’identique qu’ils ont livré de Snapchat sont autant de preuve de l’incapacité de Facebook à innover (Facebook’s Poke app as a Snapchat clone is a bad sign). Ce moteur de recherche ne fait que confirmer la tendance à la facilité de Facebook qui se contente de livrer grosso modo ce qu’on attend de lui, pourtant il y aurait de nombreuses choses à améliorer (What Facebook Should Be Building).
Au final, le plus alarmant avec la sortie de ce graph search est qu’il apparait comme évident que Facebook n’a plus la capacité à faire émerger de nouveaux business comme Zynga à l’époque. Pour résumer : depuis l’introduction en bourse, tous les changements de Facebook ne sont motivés que par l’augmentation des bénéfices ou de la valeur de l’action. Mais ça vous vous en doutiez déjà non ?
Je ne suis pas en train de faire le procès des sociétés cotées en bourse, car la recherche de profit est un but légitime dans notre économie capitaliste (il faut appeler un chat un chat). Ce qui me dérange, c’est l’écart entre les intentions annoncées de Facebook et la réalité : les membres et les annonceurs vont encore une fois faire les frais de l’avidité des actionnaires.
Encore une fois je ne cherche pas à faire le procès du capitalisme, mais plus nous avançons dans le temps et plus je constate que le modèle économique de Facebook ne repose pas sur des bases très saines. Pour augmenter la rentabilité, ils sont ainsi obligés d’intensifier la collecte et l’exploitation des données personnelles des membres. Certes, en écrivant cela je remets en cause la gratuité du web, et de Facebook en particulier, mais j’ai un mauvais pressentiment sur l’évolution de ces pratiques.
Pour résumer cela, je me permets de citer cette célèbre phrase : « Si vous ne payez pas, vous n’êtes pas client, c’est vous le produit qui est vendu« . Si vous avez des indications sur l’auteur, je suis preneur…
Je suis intervenu la semaine dernière à une conférence ClubNet sur l’open innovation. J’ai eu l’occasion de discuter avec Marc Lopez d’un sujet très intéressant : l’abandon du terme RSE au profit de RCE (« Réseau Collaboratif d’entreprise« ). Ce changement de terme est intéressant plus d’un titre :
L’acronyme RSE est avant tout utilisé pour désigner la « Responsabilité Sociale de l’Entreprise« . Ceci pose de gros problèmes, notamment quand vous faites des recherches dans Google.
Le terme « RSE » est utilisé à toutes les sauces et de façon générique pour désigner un outil interne 2.0, alors que la fonction de réseau social d’entreprise ne couvre généralement qu’une petite partie de ce que les social softwares proposent.
Avec l’avènement de Facebook ou LinkedIn, les collaborateurs ont maintenant atteint la maturité suffisante pour passer à l’étape suivante (commencer à collaborer différemment une fois que l’on a identifié la bonne personne).
Même s’ils sont une brique essentielle de l’Entreprise 2.0, les réseaux sociaux d’entreprise servent avant tout à identifier la bonne personne, mais ils ne prennent pas en charge la collaboration à proprement parlé. C’est là où le terme « RSE » atteint ses limites. Je ne suis d’ailleurs pas le seul ni le premier à le dire : La fin des réseaux sociaux d’entreprise ? Comme précisé plus haut, le RSE n’est donc qu’une brique du système d’information, au même titre que le système de messagerie.
L’enjeu de cette nouvelle terminologie est de mieux éduquer les collaborateurs, mais également le marché. Les solutions de réseau social d’entreprise vont ainsi servir aux collaborateurs à se constituer en groupes affinitaires ou en communautés de pratiques. Dans un second temps, ils vont chercher un outil, un support, pour pouvoir faire ce qu’ils sont censés faire. La dimension « sociale » n’intervient plus vraiment dans cette seconde phase, car il s’agit vraiment d’effectuer un travail. La notion de travail collaboratif désigne ainsi un travail qui n’est plus fondé sur l’organisation hiérarchisée traditionnelle, et où collaborent de nombreuses personnes, sans division fixe des tâches, grâce aux technologies de l’information et de la communication. La nature exacte de ce support de collaboration varie en fonction du contexte (activité quotidienne et normée, projet, capitalisation des connaissances…), mais il n’est plus question de rentrer en contact.
L’autre faiblesse du terme « RSE » est la notion d’entreprise. La réalité de la collaboration telle que la vie la plus grande partie des collaborateurs est qu’elle ne se limite pas aux frontières de l’entreprise. La collaboration implique très généralement d’autres acteurs que vos collègues : sous-traitants, prestataires, partenaires… Restreindre la collaboration à l’entreprise revient à ignorer les écosystèmes collaboratifs qui se forment spontanément ou de façon plus formelle. Certains parlent de réseau collaboratif interne ou étendu.
Voilà, j’espère vous avoir convaincu d’utiliser le terme « RSE » à bon escient et de ne plus propager l’amalgame qui est fait avec la grande famille des social softwares, dont je vous propose au passage ma définition : une plateforme logicielle favorisant la communication en groupe, la fédération de communautés internes, le travail collaboratif, la création collective… à l’aide d’outils en ligne.
Si vous avez mieux, je suis preneur…
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