[Adobe Digital Marketing Summit] Compte-rendu jour 1

Me voici donc à Londres pour assister à la première édition européenne du Adobe Digital Marketing Summit, le RDV des marketeurs digitaux. Le trajet en Eurostar depuis Paris me permet de retrouver de vielles connaissances comme Cédric Drouot de Scene7 (qui m’a fournit bon nombre d’exemples pour RichCommerce.fr), mais c’est en arrivant à la gare de St Pancras que je retrouve la délégation nordique des experts du commerce en ligne et des web analytics avec des têtes connues comme Nicolas Malo ou Laurent Evain ou des blogueurs que je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer comme Édouard Austin,  Florian Guidicelli ou Carole Da Silva.

La conférence va avoir lieu au centre d’exposition de Battersea Park, dans le quartier de la fameuse usine de Battersea Power Station. D’ailleurs la vue depuis ma chambre d’hôtel est très impressionnante :

Battlesea

Dès le premier jour, la météo anglaise ne nous déçoit pas avec un froid glacial et une pluie polaire (ou peut-être l’inverse). Une fois nos saucisses avalées, nous sautons dans un des cabs décorés aux couleurs de l’évènement pour rejoindre le community pavillon.

Cab

Comme pour chaque évènement Adobe, la déco est particulièrement soignée avec une ambiance très feutrée et de beaux stands colorés.

Pavillon1

À peine le temps de s’installer que les portes de la salle principale s’ouvrent pour nous faire découvrir l’impressionnante installation permettant d’accueillir les presque 1.700 participants de l’évènement pour la première session plénière.

Keynote-Room

Keynote : The Power of the Digital Self

Brad Rencher (Senior VP Digital Marketing) ouvre cette session plénière avec un discours centré sur l’évolution des pratiques de marketing à l’ère du digital :

  • Les disciplines du marketing ont connu de nombreux bouleversements ces dernières années avec l’avènement des médias sociaux et de la mobilité ;
  • Les marketeurs ont maintenant accès à une masse considérable de données, loin des promesses des big data, l’enjeu pour les marques et organisations est de collecter et traiter les données générées par les 1,5 milliard d’internautes et les interpréter en autant de signaux ;
  • Là où il y a seulement quelques années, le comportement des internautes se limitait à des clics, les signaux envoyés sont maintenant beaucoup plus complexes (status update, like, tweet, checkins, photos…) ;
  • Les nombreuses plateformes sociales utilisées par des dizaines / centaines de millions de personnes nous fournissent des informations très précieuses sur notre vie et nos humeurs (Facebook, Twitter, LinkedIn, Spotify, Instagram…) ;Keynote-data
  • La confidentialité n’est pas seulement une préoccupation des Européens, les internautes du monde entier sont concernés par ce que les marques et organisations peuvent faire avec les données personnelles ;
  • Si la masse des données personnelles disponibles a considérablement augmenté, elles demandent néanmoins un effort considérable pour les collecter et les interpréter correctement. Heureusement, les dernières avancées technologiques nous aident dans cette tâche (cloud computing, APIs…) ;
  • Les trois piliers d’une expérience réussie sont les contenus, les données et l’optimisation. Plus précisément des contenus optimisés pour chaque utilisateur grâce aux données ;Keynote-pillars
  • Les pratiques de marketing se sont déplacées d’un focus sur la marque à un focus sur les données qui sont la matière première des marketeurs modernes et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités et de nouvelles pratiques (predictive marketing, web experience management, progressive profiling…).

Pour illustrer ces nouvelles opportunités et disciplines, une première démonstration de Discover, un outil permettant de faire du path analysis et de la segmentation avancée avec de très belles représentations visuelles.

Discover

Autre démonstration avec le tout nouveau Adobe CQ, une solution de web experience management qui combine de la gestion de contenu avec de l’analytics et des outils d’optimisation :

CQ5

La solution permet aussi de contrôler plus facilement le rendu d’un site sur les terminaux mobiles. Cette solution peut s’apparenter à un CMS (coutil de gestion de contenu), mais elle propose bien plus, car elle permet de personnaliser et d’enrichir l’expérience des internautes à partir de leur « contexte client » (leur provenance, leur profil…).

Retour sur scène de Brad Rencher pour nous parler de publicité et de ROAS (Return On Ad Spends)  :

  • La solution Adobe Insight  offre de très beaux tableaux de bord et outils de visualisation pour étudier la performance des différents leviers (display, paid search, email, social…) sur les canaux en et hors ligne ;Insight1
  •  La solution de predictive marketingpermet de faire de projections précises pour anticiper la répartition de vos dépenses publicitaires en fonction de vos objectifs et des segments ciblés ;Marketing-Suite_Segments

La session se poursuit avec une présentation des solutions de publishing :

  • La solution de Path Analysis permet de tracker la diffusion de contenus vidéo sur différents supports (web, tablettes, TV connectées…) ;
  • En fonction des données fournies par Audience Manager, il est possible de définir des scénarios de personnalisation reposant sur des segments que l’on peut combiner entre eux.

Les démonstrations se poursuivent avec un focus sur le social marketing :

  • La création de bannières ou de publications se fait au travers d’une interface très intuitive ;Status-update
  • Une interface drag&drop permet également de créer des applications sociales entièrement à la souris pour les publier sur votre page Facebook (ou ailleurs).Social-app

La keynote se termine en beauté avec la visite de Kevin Lynch pour nous parler de la vision d’Adobe sur l’évolution du marché et de leur offre :

  • Les solutions ne sont pertinentes que si elles prennent en compte les terminaux mobiles et s’intègrent avec leur offre de cloud computing (Creative Cloud), il fait référence notamment à la disponibilité de tableaux de bord adaptés aux tablettes (ici une vue des conversations sur Twitter pour un iPad) ;Cloud-dashboard1
  • Le cloud est particulièrement performant pour la gestion des fichiers sources (assets) et le laborieux processus d’approbation.Creative-cloud

Nous terminons donc sur cette vision d’intégration entre les données, le contenu, les outils d’optimisation et les services dans les nuages pour augmenter la réactivité et faciliter la prise de décision.

MàJ : D’autres comptes-rendus ont été publiés : E-commerce et personnalisationDécouverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe et Jour 1 (suite et fin).

Compte-rendu et bilan LeWeb11

Déjà le troisième de la conférence LeWeb’11 à Paris (cf. mes comptes-rendus des jour 1 et jour 2). Ce dernier jour commence très TRÈS fort avec la remarquable intervention de Yossi Vardi, un personnage complètement loufoque qui a pris un malin plaisir à démystifier le monde des startups et des VCs (visiblement le public a beaucoup apprécié).

Stratups et mastodontes se succèdent dans la salle de conférence

Je n’ai pas vraiment le courage de vous faire un compte-rendu détaillé des conférences, aussi je vous propose un résumé très court et un lien vers ceux qui ont eu plus de courage :

Comme toujours, j’ai vraiment été impressionné par l’envergure des intervenants à cette conférence, même si je regrette que tous n’ont pas forcément joué le jeu de la transparence (gros carton rouge à Google, dont je parle dans la suite de l’article). La plupart des interventions sont disponibles sur la chaine YouTube de LeWeb.

Résultats du concours de startups

LeWeb est un gros rassemblement d’entrepreneurs, mais c’est également la très prisée Startup Competition dont voici les lauréats :

  • Beintoo, une plateforme de gamification qui permet de découvrir de nouvelles applications mobiles et de convertir vos points en coupons de réduction ;
  • HeyCrowd, un service de sondages à la sauce sociale ;
  • Babelverse, une plateforme de mise en relation de traducteurs et de clients (organisateurs de conférence…) ;
  • Echoer, une application mobile de partage de pensées de proximité qui a remporté le prix du public.

Pour retrouver les pitchs des startups ayant participé à cette compétition, sachez qu’il existe une chaine YouTube.

Bilan des trois jours

Voilà, c’est déjà la fin de cet évènement, et l’heure pour moi de dresser un petit bilan de ce que j’ai retenu :

  • Où est le Lo de SoLoMo ? Ce sont incontestablement les volets mobiles et sociales de SoLoMo qui ont dominé ces trois jours, beaucoup plus que le volet local qui reste encore minoritaire. Ceci étant dit, l’écosystème de l’internet et des startups est loin de se résumer à ces trous aspects. J’ai ainsi eu l’occasion de partager avec celles et ceux que j’ai rencontrés sur place mon concept de ToDaClo (Touch + Data + Cloud) qui me semble plus en phase avec les forces disruptives de l’année 2012.
  • Pourquoi ce silence de Google ? Je sais bien qu’il n’est jamais évident de synchroniser des annonces avec un gros évènement public comme LeWeb, mais la plupart se sont prêtées à cette exercice… sauf Google qui a eu droit à deux interventions de représentants prestigieux qui ont complètement occulté les annonces faites en cette fin de semaine (nouvelles fonctionnalités pour Google+ et intégration plus poussée dans Gmail, lancement de Currents). Je ne sais pas trop comment interpréter ces non-annonces, si ce n’est que Google est maintenant une grosse société où l’information et les pouvoirs sont éparpillés.
  • Il y a une vie (sociale) en dehors de Facebook. Les différentes startups qui se sont succédé sur scène sont là pour nous prouver que les médias sociaux ne se résument pas à Facebook et qu’il existe de nombreuses autres plateformes d’envergure (Twitter, Badoo, LinkedIn) ou plus sélectives (Foursquare, Instagram…).
  • La gratuité n’est pas un pré-requis. Contrairement à beaucoup de startups qui se lancent sans modèle économique (et espèrent en trouver / imposer un par la suite), les exemples de Path ou Evernote nous prouvent qu’il est tout à fait possible de proposer une offre payante dès le 1er jour et commencer à dégager des revenus (souvenez-vous de Flickr également).
  • De l’importance d’avoir une vision. De nombreux intervenants ont insisté sur la notion de vision, de vision à long terme. Tous mettent ainsi en garde les entrepreneurs souhaitant faire un coup rapide en copiant / important un modèle ou en faisant grossir une plateforme sociale la plus vite possible dans l’espoir de la revendre. Avoir une vision précise vous permet d’expliquer beaucoup plus facilement l’intérêt et le potentiel de votre projet, cela vous donne également une direction qui vous évitera de vous perdre en route.

Je précise que ces enseignements sont le reflet de mon ressenti sur ces trois jours, mais qu’il y a autant d’interprétations que de participants. Dans tous les cas de figure, je n’ai définitivement pas perdu ces trois jours passés en immersion dans le monde des startups et de la Silicon Valley. Vivement l’édition 2012 !

Compte-rendu LeWeb11 – Jour 2

Second jour de la conférence LeWeb’11 à Paris avec une nouvelle série de speakers internationaux (bon OK, surtout américains) sur la scène.

AirBnB

Brian Chesky, le fondateur de Airbnb, un service de location de propriétés en mode P2P :

  • Un service qui a pratiquement commencé avec du couch surfing et qui propose maintenant à la location des villas de luxe, des châteaux et même des îles privées ;
  • Ils ne font pas de publicité et se repose uniquement sur le bouche-à-oreille ;
  • Un service très populaire aux USA et en Europe (8.500 propriétés à louer à NY pour un revenu moyen de 5.400$ / an) ;
  • Depuis l’année dernière, le service a été étendu à d’autres types de propriétés (parkings, bateaux…) ;
  • Ils ont un retour très positif des commerçants et restaurateurs qui sont dans les zones où beaucoup d’appartements sont à louer (c’est la partie « Local » de SoLoMo) ;
  • Ils ont déployé de nouvelles règles pour sécuriser les locations et éviter qu’un incident comme celui survenu cet été se reproduise (une utilisatrice s’était fait saccager son appartement par un hôte peu scrupuleux) ;
  • Pendant la première année d’existence du service, le fondateur n’avait pas d’appartement où dormir, il a donc utilisé son service pendant un an et bouger d’un appartement à l’autre (« Quand vous achetez un iPhone, Steve Jobs ne vient pas vérifier personnellement si vous êtes satisfait« ) ;
  • Ils ont monté un réseau de 2.000 photographes pour valoriser les biens (accessoirement des clients du service) ;
  • pour 2012 ils vont travailler sur un mécanisme de recommandation, sur une intégration plus poussée avec les médias sociaux et sur l’internationalisation (67% des transactions sont fait en dehors des US).
Le fondateur de AirBnB à LeWeb11

Evernote

Phil Libin de Evernote, le service de partage de notes :

  • Nouveau partenariat avec Orange : les clients vont bénéficier d’un accès premium pendant un an (à partir de mi-2012) ;
  • Leur ambition est de pouvoir sauvegarder la mémoire des utilisateurs et d’être considérer comme l’outil ultime des modern workers, pour cela ils ont besoin de gagner la confiance des membres ;
  • Croissance très rapide avec 20 M d’utilisateurs (pour 750.000 utilisateurs clients) par croissance organique (pas de publicité) ;
  • Un service très addictif : le taux d’abonnement à la version premium augmente de façon exponentielle avec l’ancienneté des utilisateurs ;
  • Ils ont lancé des applications dédiées sur l’art culinaire (Food) ou les rencontres (Hello), les documents (Peek)…
  • L’application Evernote Hello se positionne comme un complément aux réseaux sociaux.
Le fondateur de Evernote à LeWeb11

Microsoft

Chris Capossela, du Consumer Channels & Central Marketing Group de Microsoft à propos de Windows Phone et de la XBox :

  • Beaucoup d’innovation cette année des développeurs avec le SDK Kinect (cf. Kinect Effect) ;
  • Ils ont écoulé 57 M de consoles capables de connecter autant de TV à l’internet ;
  • Très grosse communauté de 35 M de joueurs avec un compte XBox Live (ils viennent de lancer une application compagnon pour Windows Phone et iOS) ;
  • Ils ont fait de la XBox autre chose qu’une console de jeux avec de nombreuses applications de divertissement (ex : Netflix…) ;
  • Ils viennent d’annoncer le Windows Store pour Windows 8 et d’en donner de nombreux détails (cf. Win 8 app store revealed: more money for devs, beta in late February) ;
  • L’interface Metro assure une cohérence sur les différents terminaux (smartphone, tablettes, ordinateurs et XBox) ;
  • Leur stratégie sociale s’articule autour de Skype et du partenariat Facebook / Bing (ndr : MSN est le troisième média social le plus populaire en France).
Le responsable des produits grand public de Microsoft à LeWeb11

7 principes d’innovation

Carmine Gallo, l’auteur de “Innovation Secrets of Steve Jobs” :

  1. Faites ce que vous aimez. « Ça ne m’intéresse pas d’être le plus riche du cimetière« , « Vous ne pouvez pas inspirer les autres si vous n’êtes pas inspiré, passionné » ;
  2. Ayez une vision précise (qui est différent d’avoir une mission). « Les meilleures visions sont simples, mais vastes » ;
  3. Redémarrez votre cerveau. « La créativité consiste à connecter des choses entre elles » ;
  4. Apprenez à dire non (pour ne pas se perdre en route et rester concentrer sur l’essentiel). « L’intuitivité découle de la simplicité« , « Less is more » ;
  5. Créez des expériences exceptionnelles les Apple Stores ont été inspiré par les hôtels Four Seasons : on y trouve un bar et un concierge) ;
  6. Maitrisez le message. « Votre idée ou vision ne compte pas si vous n’êtes pas capable de la transmettre« , « Le cerveau ne s’intéresse pas aux sujets ennuyeux » ;
  7. Vendez du rêve, pas le produit (fonctionne aussi avec « Vendez les bénéfices, pas les fonctionnalités« ).

Le mot de la fin « Dream BIGGER« .

Mr Gallo sur la scène de LeWeb11

Google

Marissa Mayer de Google à propos de leur stratégie SoLoMo :

  • Son nouveau poste l’amène à travailler sur tous les produits locaux (Maps, Local, Latitude, Places, Deals…) ;
  • Ils vont lancer la semaine prochaine des coupons de réduction liés aux checkins dans Google+ ;
  • L’application de cartographie est réellement centrale dans les usages des produits Google (sur mobile ou ordinateurs fixes) ;
  • ils ont appris des erreurs faites avec Wave et Buzz (sur-promettre et respect de la confidentialité) ;
  • L’écoute est essentielle pour bien comprendre les attentes et contraintes des utilisateurs (et des équipes internes) ;
  • Avec leur algorithme d’optimisation d’itinéraire dans Google Maps, ils font économiser deux ans à leur utilisateurs tous les jours.
Marissa Meyer de Google à LeWeb11

Forrester

George Colony de Forrester Research à propos des trois « tempêtes sociales » :

  1. La mort du web, avec la comoditisation de la puissance, de la capacité de stockage, de la bande passante… avec la montée en puissance des terminaux connectés et du cloud computing  ;
  2. La saturation sociale, avec le plafonnement de l’attention (le temps disponible des utilisateurs) et du nombre d’utilisateurs (ils ont quasiment tous été convertis) qui va mener vers l’éclatement de la « bulle sociale » et nous conduire à une ère « post-sociale »
  3. L’appropriation par les entreprises, en tant que marques (social marketing, social crm) et/ou qu’employeurs (social software).
Le patron de Forrester à LeWeb11

Impossible d’assister au reste des conférences car j’avais des personnes à rencontrer.

L’après-midi était réservé à des conférenciers d’horizons plus diversifiés pour inspirer l’audience. Des contraintes d’agenda m’interdisent également d’y assister. Par contre je serais ce soir à la soirée officielle où j’aurais l’occasion d’écouter pour la première fois un DJ de renom…

La suite demain…

Compte-rendu LeWeb11 – 1er jour

Comme chaque année durant la première de décembre, Paris accueille la crème de la Silicon Valley et du monde de l’internet à la conférence LeWeb. Comme chaque année, l’évènement est toujours plus important avec près de 3.500 participants et plus de 60 nationalités représentées (cf. LeWeb en quelques chiffres).

Quelques chiffres sur la conférence LeWeb

La conférence se déroule sur 3 jours, et la première journée s’annonce très riche en annonces et en vision. La thème de cette année est l’internet SoLoMo (Social + Mobil + Local), je dois bien avouer avoir été taquin sur cette thématique : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.

Arrivé le premier jour à 8h, je m’installe donc tout naturellement dès l’ouverture aux tables de la salle de conférence (la délégation québécoise était déjà là).

Les québécois se lèvent tôt !

Conférence d’ouverture – Karl Lagarfeld

LeWeb11 public
Salle comble pour la conférence d'ouverture

Les plus grandes personnalités de la Silicon vont se succéder sur scène ce matin, les participants sont donc venus en masse dans la grande salle de conférence.

LeWeb11 Lagarfeld
Karl Lagarfeld interviewé par Loic Lemeur et Manuel Diaz

La journée démarre doucement avec un invité de marque (Karl Lagarfeld) venu amuser la galerie et insuffler de la créativité dans ce monde de 0 et de 1 :

  • Il est venu avec ses 4 iphones et une partie de sa collection d’iPod (il en possèderait une trentaine) ;
  • Il nous montre des photos sur son iPad et une vidéo qu’il a réalisée pour Channel ;
  • L’interview avec Loic Lemeur est un peu décousu du fait de la personnalité de Karl Lagarfeld, il nous gratifie tout de même d’un auto-portrait ;
  • Nathalie Massenet de Net-a-Porter monte sur scène pour annoncer le lancement d’une mini-boutique Karl sur le site ;
  • Il ne tolère pas la banalité et est persuadé qu’une chemise blanche avec une veste noire est à la portée de tous (merci pour le conseil).

Uber, Soundtracking, Path, Flipboard et TaskRabbit

Les conférenciers se succèdent dans le reste de la matinée avec plusieurs start-up venues présenter leur projet :

  • Travis Kalanick de Uber, une application mobile et un service de chauffeur personnel. Cette application est en concurrence avec les services de « limo » (les taxis premium) depuis l’année dernière aux USA, ils ont lancé le service à Paris cette semaine et devraient continuer leur expansion européenne (comptez 120€ pour un trajet Paris / CDG).
  • Steve Jang de SoundTracking, une application mobile sociale qui mélange partage de photos, de lieux  et de playlists. L’application est en fait une sorte de mashup d’autres services (iTunes, Twitter, Foursquare…) et rajoute régulièrement d’autres services (Spotify, Rdio, Google Music…). Il considère la musique comme un véhicule universel de sociabilisation, nous n’avons donc pas fini d’en entendre parler.
  • Dave Morin de Path qui a fait un retour fracassant la semaine dernière avec la V.2 de son application mobile de lifelog qui permet de partager son quotidien avec un nombre limité de contacts. Il définit son application comme un service personnel et non social, du fait de la limitation à 150 personnes. Il ont travaillé plus de six mois concevoir une interface réellement différenciante. Il confirme que le développement sur iOS est plus simple que sur Android (à confirmer), mais que l’iTunes Store est plus contraignante (pas la peine de confirmer). Facebook et sa plateforme ont grandement facilité le développement d’application sociales nécessitant le nom, la photo ou la localisation des utilisateurs.
  • Mike McCue de Flipboard, une application mobile de consultation d’informations. Ils ambitionnent de faire de leur produit le remplaçant du magazine en proposant une expérience de lecture plus confortable et plus sociale pour l’iPad. Ils viennent juste de lancer la version iPhone et vont maintenant s’intéresser à Android.
  • Kevin Rose, le créateur de Digg, venu présenté Milk, une sorte de mini-incubateur pour des applications mobiles innovantes.

Déambulation aléatoire et m-commerce chez Voyages-SNCF

La pause-déjeuner à été l’occasion de saluer un certain nombre de connaissances et de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai été enchanté de croiser J.M Billaut par l’intermédiaire d’un robot Jazz de chez Gostai (cf. Les robots sont-ils l’avenir de la téléprésence ?). Quel dommage par contre qu’il ne soit pas à la taille des adultes (le robot, pas JM).

JM Billaut à LeWeb par l'intermédiaire d'un robot de téléprésence

Les équipes de Voyages-SNCF avaient réservé une salle pour Yves Tyrode, le DG, venu présenter leur stratégie SoLoMo et partager un certain nombre de chiffres sur leur plateforme de m-commerce :

  • Pour mémoire, VSC réalise un C.A. annuel de 3 MM € avec 55 millions de billets de train vendus dont 1/3 de billets dématerialisés ;
  • Leur approche du m-commerce est holistique avec 6 applications mobiles (iOS, Android, Blackberry, Windows Phone, Symbian, Badda) ET une web app en HTML5 (comme ça tout le monde est servi, même les feature phones) ;
  • 73% du C.A. se fait sur iPhone, Android à la traîne avec 12% (équilibrage prévu en 2012-2013) ;
  • 51% des achats la veille du départ se font sur mobile ;
  • 15% des ventes mobiles se font sur iPad (ceci apporte de l’eau à mon moulin à propos du couch commerce).
Yves Tyrode présente la stratégie SoLoMo de Voyages-SNCF

L’infographie utilisée pour cette conférence est disponible ici : Voyages-SCNF – SoLoMo.

À peine la présentation est-elle terminée que les conférences reprennent en salle principale.

Google

Eric Schmidt de Google sur la scène de LeWeb'11

Erich Schmidt de Google est sur scène avec Loic Lemeur pour faire la démonstration de nouveaux services sur Android 4.0 :

  • Widgets et écran d’accueil personnalisable, effets spéciaux sur le chat vidéo ;
  • Prise de photo en mode panoramique (réalisée sur une tablette propulsée par la dernière version d’Android) ;
  • Partage de fichiers, de contenus et d’applications de proximité avec NFC (Android Beam), nombreuses possibilités avec les jeux.

À propos de l’innovation et des changements sociétaux :

  • Les médias sociaux ont participé de façon active à la chute de dictateurs, contribuant ainsi à un monde meilleur ;
  • Le monde réel et numérique se complètent parfaitement avec ce que les humains font bien (intuition, créativité) et ce que font les ordinateurs font mieux (calculs, automatisation, mémorisation) ;
  • Il est plus facile de démarrer une révolution que de la compléter ;
  • Il est crucial pour la Silicon Valley d’être en concurrence avec d’autres pôles de compétitivité / créativité pour progresser (d’où leur investissement dans un centre de R&D à Paris, entre autre) ;
  • L’accès à internet en haut débit (fixe et mobile) est essentiel à la créativité, ça sera la principale source de croissance en Europe.

Badoo

Andrey Andreev de Badoo sur la scène de LeWeb'11

Andrey Andreev de Badoo, un réseau social trop faiblement médiatisé par rapport à son nombre d’utilisateurs (plus de 130 millions) :

  • Un réseau social très rentable avec des revenus annuels supérieurs à 150M$ ;
  • Le réseau s’appuie sur son application mobile et la notion d’interactions de proximité (principalement orienté vers de la rencontre) ;
  • Le gros des revenus provient du placement (payant) de votre profil en haut de la liste de résultat (l’équivalent des AdWords, mais pour de la drague) ;
  • Pour le moment, ils sont concentrés sur leur stratégie de croissance, notamment en Amérique du Sud et en Europe.

Facebook

Joanna Shields de Facebook sur la scène de LeWeb'11

Joanna Shields de Facebook Europe :

  • Ils viennent d’organiser un Facebook Garage à Paris qui a été un grand succès ;
  • Elle annonce le lancement du bouton « Subscribe » à installer sur votre site pour s’abonner aux publications d’un membre ;
  • Gros succès pour les applications de social news comme celle du Guardian (4 M d’installations) ;
  • Aucune indication particulière sur les nouveautés attendues (Timeline, nouvelles pages pour les marques, project Spartan… ou l’IPO) ;
  • la dimension locale est essentielle pour eux, car de nombreuses interactions sociales sont encrées dans le voisinage (amis, relations ou commerçants).

Deezer

xx sur la scène de LeWeb'11

Axel Dauchez de Deezer à propos du partenariat avec Orange et Facebook :

  • Un service de streaming musical asse jeune (seulement 4 ans d’existence), mais qui parvient à tirer son épingle du jeu puisqu’ils sont rentables et en croissance (50 M$ de revenus en 2011) ;
  • Ils ont décidés de ne pas se lancer sur la marché US car la concurrence est trop féroce et préfèrent se concentrer sur les smartphones (lancement en Europe et en Russie d’ici la fin de l’année) ;
  • Entre les smartphones et Facebook, il pense avoir une solution au piratage – l’important n’est pas la possession (des fichiers MP3), mais l’accès ;
  • Ils n’ont pas l’ambition de changer le monde, mais d’être là où le monde va changer.

Foursquare et Instagram

Dennis Crowley de Foursquare à propos de son service de géolocalisation :

  • Bonne progression du service : 15M d’utilisateurs, 4M de checkins par jour pour 30M de lieux, 50% des usages se font en dehors des US, 600.000 services exploitent les APIs ;
  • Ils sont en train de se transformer en un guide touristique social (se rapprochant ainsi des city guides) ;
  • Lancement la semaine dernière du bouton « Save to Foursquare » pour lier le monde physique du monde digital (à ne pas confondre avec le monde virtuel) ;
  • Leur prochain défi : les recommandations personnalisées.

Kevin Systrom d’Instagram à propos de son service de partage de photos sur smartphone :

  • Une croissance impressionnante en un peu plus d’un an d’existence (14 M d’utilisateur, 60 photos partagées par seconde, 10 employés) ;
  • Deux personnes travaillent à plein temps sur la version Android de l’application ;
  • Le site web « officiel » devrait également bientôt voir le jour (il n’existe que des sites officieux comme Webstagram) ;
  • Pour le moment, ils se concentrent sur la croissance de la base d’utilisateurs, la publicité sous forme de bannières n’est pas envisagée, mais de nombreux annonceurs sont déjà présents (comme Audi ou Burberry).

Interview de Jeremiah Owyang pour finir la journée

Michelle Blanc, Jeremiah Owyang et votre serviteur

Dans la fin de l’après-midi j’ai eu la chance de pouvoir faire une courte interview vidéo de Jeremiah Owyang (le pape des médias sociaux) avec Michelle Blanc :

  • Au sujet de la légitimité des départements marketing pour prendre en charge les médias sociaux : « Quels départements sont les plus légitimes pour s’occuper de l’email au sein d’une organisation ? » C’est une responsabilité qui est majoritairement attribuée au marketing, à la communication, mais également au RH ou au service client, avec une participation récemment d’autres départements comme la distribution (ex: Renault avec son réseau de concessionnaires) ;
  • Les services de social scoring comme Klout sont intéressants, mais ils mesurent principalement l’activité (le bruit que vous générez) et pas forcément les aspects positifs ou négatifs, donc ils ne peuvent être utilisés seuls ;
  • Les entreprises s’équipent en priorité de solutions de monitoring, mais ne sont pas encore bien au fait de ce qu’il est possible de faire en matière de social CRM et du potentiel derrière l’intégration de données en provenance des médias sociaux dans la base CRM ;
  • À propos du ROI des médias sociaux : « Quel est le ROI du téléphone ou de l’email ? » ;
  • Les KPIs d’engagement sont intéressantes, mais l’important ce sont les KPIs en rapport direct avec l’activité (ayant généré une vente ou un contact), et pour cela il faut nécessairement demander aux clients quel rôle ont joué les MS dans leur expérience d’achat ou de service.

La vidéo est disponible ici : Jeremiah Owyang interviewé par Michelle Blanc et Fred Cavazza.

La suite demain…

Compte-rendu du salon Ecommerce Paris 2010 (suite)

Si vous avez manqué le début : Compte-rendu du salon Ecommerce Paris 2010.

Suite de mes pérégrinations au Salon Ecommerce Paris 2010. : La foule est de plus en plus dense, le bruit de fond s’intensifie également (discussions des visiteurs, brouhaha des orateurs dans les salles de réunions) et les serveuses de la cafétéria sont de plus en plus antipathiques. Bref, le salon bat son plein !

Impossible de rater le stand Nosibay cette année tant il est riche en couleurs. Pour mémoire, Nosibay est l’acteur leader en matière de widgets et autres systèmes d’alertes « commerciales ». Ils présentent cette année une nouvelle solution baptisée Easy Store permettant de créer en quelques clics de souris des widgets marchandes aux formats bannières IAB, smartphones, iPad, ad servers ou encore Facebook.

EasyStore

Ces widgets ou bannières sont personnalisables, embarquent un code de tracking (pour rémunérer les affiliés) et peuvent être encapsulées n’importe où, même sur votre page Facebook (comme par exemple sur ce widget de la Fnac). Tout ce dont vous avez besoin (en tant que commerçant) est d’exposer un flux XML normalisé de votre catalogue.

Beaucoup d’agitation autour des stands de solutions de vue à 360° des produits comme Packshot Creator qui faisait la démonstration de son nouveau ministudio 3D ou encore e-Commerce 360 avec un impressionnant plateau tournant :

Eco2010_eco360

J’ai également eu l’occasion de longuement discuter avec Damien de Commerce Guys au sujet du framework open source Drupal 7 qui devrait sortir d’ici à la fin de l’année. Pour celles et ceux que ça intéresse, cette version 7 est la plus grosse release depuis la création de Drupal (3 ans de développement et une ré-écriture à plus de 50% du code). Cette nouvelle version va encore étendre le périmètre fonctionnel de la plateforme et va surtout intégrer dans le coeur un certain nombre de briques qui étaient devenues indispensables comme CCK. Mais la grosse nouveauté reste l’introduction des « entités » pour offrir un niveau d’abstraction encore plus haut par rapport aux nodes. Tout ce qu’il y a dans Drupal sera ainsi considéré comme une entité (nodes, users, fichiers…) et permettra notamment de gérer le cycle de vie des données (très intéressant pour une donnée comme le prix de vente).

Autre grosse nouveauté : DrupalCommerce qui va officiellement remplacer Ubercart (qui date de l’époque de Drupal 5). Une réécriture complète du code va permettre de synchroniser cette nouvelle version avec Drupal 7 et d’exploiter complètement sa philosophie d’entités. L’approche de la communauté autour de DrupalCommerce a été de privilégier la modularité pour pouvoir offrir un coeur plus robuste et moins complexe. Une version alpha est en cours de test et la version définitive devrait sortir pour la fin de l’année. Deux personnes travaillent à plein temps sur ce module au sein des équipes de Commerce Guys dont l’objectif est de faire le pont entre les marchands et la communauté des développeurs. Ils proposeront à terme une série de distributions verticalisées de Drupal Commerce pour adapter l’outil aux spécificités du secteur (tourisme, produits high-tech ou culturels, fringues…).

Eco2010_DrupalCo

Et pour celles et ceux qui se posent la question : non, Drupal Commerce n’est pas mieux que Magento qui lui-même n’est pas mieux que Prestashop. Ce sont trois solutions très différentes qui ont toutes des avantages et des inconvénients.

J’ai également pu discuter Sheila sur le stand Scene7 (que j’avais interviewé il y a deux ans : Interview avec Sheila Dahlgren de Scene7). Parmi les dernières références : Matelsom, Eastpack, Camper ou encore le démonstrateur de parquets de Castorama. Cette année la mobilité est à l’honneur chez Scene7 avec un gros effort pour finaliser les versions mobiles des visionneuses (zoom XL, vue à 360°…). Ceci est aujourd’hui possible au sein d’applications (comme ci-dessous dans l’exemple de Tommy Hilfiger), mais devrait très prochainement pouvoir se faire directement dans les pages d’un site mobile en HTML5 (avec notamment de la vidéo en streaming pour l’année prochaine).

TommyHilfigeriPhone

Et puisque l’on parle de mobilité, j’ai également pu débattre longuement avec Jean-Philippe d’Apocope et nous sommes tombés d’accord : il n’y a pas réellement de concurrence entre applications smartphones et sites mobiles en HTML5 du moment que l’application répond à un besoin bien précis (comme le système de commande simplifié de capsule pour Nespresso, l’application bTwinMaps de Decathlon ou encore le Dodo-Sitter du Verbaudet. Pour résumer : personne ne vous demande de choisir, le mieux est encore d’exploiter les deux solutions (HTML5 + application mobile) car elles sont complémentaires.

Il est ainsi tout à fait possible d’envisager une version web mobile du catalogue et du service client en HTML5 (qui est amenée à être pérennisée) et des applications dédiées à une fonction bien précise ou temporaire. Méfiez-vous tout de même de l’apparente compatibilité de l’HTML5 qui peut poser des problèmes s’il est couplé à du javascript (car tous les navigateurs et OS mobiles ne l’interprètent pas de la même façon), il faut alors avoir recours à un moteur de dégradation du rendu.

Nous avons enfin pu discuter de l’avenir du m-commerce en 3 points :

  • Des applications de rich commerce sur touchbook pour pouvoir immerger, inspirer et donner envie à l’utilisateur qui est tranquillement installé chez lui dans son canapé et est donc plus réceptif / sensible à l’univers de marque ;
  • La réalité augmentée sur smartphone (pour trouver un point de vente ou exploiter une notice de montage / installation) ;
  • Les interactions en point de vente (infos complémentaires, comparaison de prix, carte de fidélité dématérialisée, paiement sans contact…).

Ouf, le salon ferme ses portes et je crois ne pas avoir perdu mon temps à rencontrer toutes ces personnes ainsi que celles que je n’ai pas mentionnées.