Les plus grands noms du numérique et des médias ont RDV à Paris le 30 juin pour VivaTechnology

J’avais l’habitude d’aller tous les ans à Le Web, non pas car j’adore patauger dans la neige au fin fond de la banlieue nord de Paris, mais par ce que c’était l’occasion unique d’écouter et même de rencontrer les grands acteurs du numérique, et plus particulièrement les patrons de la Silicon Valley. Le Web n’est plus, mais VivaTechnology en est le digne successeur, et en plus ça se passera en été !

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Experience is the new black

J’étais à Londres la semaine dernière pour l’édition 2016 de l’Adobe Summit, la plus grosse conférence européenne dédiée au marketing digital. L’occasion pour moi de croiser mes comparses français et étrangers, et surtout de prendre le pouls du marché. Si la part belle a été faite à la donnée les éditions précédentes, cette année, on célébrait l’expérience client : Adobe Summit Positions 2016 as the Year of the Digital Experience Wave.

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Facebook consolide sa position dominante pour les prochaines années

Cela ne vous a sans doute pas échappé : les derniers résultats trimestriels de Facebook sont à nouveau excellents (Facebook Has Mixed Q1 Earnings With Miss On $3.54B Revenue, Beat On $0.42 EPS, User Growth Up To Hit 1.44B). Ne vous laissez pas tromper par le titre de l’article, quasiment tous les indicateurs sont au vert : 1.44 MM d’utilisateurs actifs (dont 936 M se connectent tous les jours), 3.54 MM$ de C.A. (plus de 500M$ de bénéfices). L’élément le plus frappant dans ces résultats est la progression fulgurante des terminaux mobiles et leur contribution aux revenus publicitaires : More Than 70 Percent of Facebook Ad Revenue Now Comes From Mobile.

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C’est donc une éclatante victoire pour Facebook qui peut se féliciter d’avoir dans son giron trois applications mobiles parmi les plus populaires : Facebook Messenger, WhatsApp et Instagram. Entre l’application officielle et ces trois-là, Facebook dispose de la plus large audience mobile du monde occidental (Facebook Messenger Accounts For 10% of Global Mobile VoIP et This chart of teen sentiment shows why Facebook should be glad it bought Instagram). Dans certaines zones isolées, une application mobile comme WhatsApp est même l’unique source d’information : In the Siberian province of Yakutia, WhatsApp is basically the internet.

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Même si les statistiques de WhatsApp sont très impressionnantes (800 M d’utilisateurs actifs), les 19MM$ payés pour acquérir cette application mobile sont encore très loin d’être amortis. Souvenez-vous que le fondateur, et actuel patron, de WhatsApp est notoirement opposé à la publicité, et que la monétisation par d’autres sources de revenus n’est pas si évidente (Facebook has a big problem. It can’t get Asians to pay for stuff. Yet).

Donc… Facebook est le roi des médias sociaux et règne également en maitre sur les terminaux mobiles. Une position dominante que l’on peut difficilement leur contester au vu des efforts considérables réalisés pour faire évoluer la plateforme plus vite que la concurrence. L’agilité est très certainement la qualité première de Facebook en tant que fournisseur de services. Une agilité et une rapidité d’exécution qui sont encore à l’oeuvre dans différents domaines :

De nombreux chantiers qui permettent à Facebook de s’installer toujours plus profondément dans le quotidien des internautes, et cela va s’accélérer avec la pression qu’ils sont en train de mettre sur les éditeurs de contenus : Facebook changes its News Feed algorithm (and its control over publishers). Une fois qu’ils auront réussi à faire de Facebook la première source d’information des internautes (du moins du grand public, car Twitter conserve sa place de leaders auprès des journalistes et professionnels des médias), nous nous retrouverons avec un duopole Google / Facebook dont il sera extrêmement complexe de s’extraire. Si les années 80-90 ont été marquées par la domination du couple Wintel (Windows + Intel), les années 2000-2010 seront résolument marquées par celle du quatuor GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Re-donc… Facebook est aujourd’hui un acteur incontournable de l’internet, et il va le rester pour au moins les 5 prochaines années. Cela signifie que les annonceurs et éditeurs de contenus vont devoir composer avec le problème récurrent de la portée naturelle qui visiblement ne risque pas de se résoudre : Facebook Page Posts Net 2.6% Organic Reach in March.

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Facebook est plus que jamais une source indispensable de trafic pour les annonceurs et éditeurs, mais ces derniers sont piégés dans une spirale infernale où le coût d’acquisition est toujours plus élevéHow The Facebook Bubble Is Driving Online Startups Into The Arms Of Offline Advertising. Le problème est qu’avec ce mécanisme d’enchère, les annonceurs et éditeurs rentrent en compétition et doivent consacrer une part toujours plus importante de leur budget à de la visibilité payante. Du coup, il y a moins de budget disponible pour rédiger des contenus (éditeurs) et pour assurer un bon service (annonceurs). Je me demande bien où tout ça va nous mener, car à force de banaliser le contenu et de capter une part toujours plus importante de la valeur, Facebook n’est-il pas en train d’assécher le web ?

La situation est donc compliquée pour les annonceurs, elle va l’être encore plus pour les éditeurs de contenus qui doivent nécessairement revoir leur façon de travailler et leur modèle économique pour pouvoir survivre. Plusieurs signaux nous prouvent d’ailleurs que cette remise en cause est en cours : Google Signs a Friendship Pact with Euro PublishersPourquoi les sites d’actu se servent mal de leurs statistiques, et comment ça peut changerIf news sites let Facebook host their content, could it put an end to plagiarism?Peter Hamby leaving CNN for Snapchat

Conclusion : Pour continuer d’exister dans de bonnes conditions (volume de trafic entrant, fréquence des visites, coût d’acquisition…), les annonceurs et les éditeurs doivent impérativement assimiler les nouvelles règles imposées par Facebook tout en limitant leur dépendance en explorant d’autres sources de trafic. Un exercice de haute voltige qui dépend dans tous les cas de figure de la qualité de la matière première : le contenu.

Montre connectée : pourquoi Apple fait fausse route

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des montres connectées, notamment en 2011 puis en 2013. Un segment de marché encore jeune, mais qui vient néanmoins de connaitre sa première révolution avec l’arrivée sur le marché de l’Apple Watch. Conscient de l’aura dont elle bénéficie auprès du public, la firme de Cupertino ambitionne de reproduire les succès de l’iPhone et l’iPad avec une stratégie de domination immédiate et (quasi) totale, donc en gros de reformater le marché.

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La montre connectée d’Apple n’est pas encore tout à fait disponible, uniquement en pré-commande, mais certains journalistes privilégiés ont pu la passer à leur poignet pour la tester. Il existe de nombreux avis, mais je peux vous recommander ces deux-là qui sont particulièrement complets : A Week on the Wrist: The Apple Watch Review et Apple Watch Review, a day in the life.

Comme on pouvait s’y attendre avec tout nouveau produit de la firme à la pomme, le lancement de l’Apple Watch est un succès, avec plus d’1 M de montres réservées, soit l’équivalent de ce qui a été vendu par la concurrence en plus d’un an (Apple just kneecapped Google’s smartwatch efforts). Il existe déjà de nombreuses applis dédiées (The 6 apps that show where Apple Watch is going), avec des services très utiles (1Password for iOS: The “Go Go Gadget Watch!” Edition) et même des jeux (One of the first Apple Watch games is an RPG for your wrist).

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Ceci étant dit, en lisant entre les lignes, on comprend très vite que si l’objet plait aux inconditionnels de la marque, l’utilité réelle de cette montre est encore à démontrer : Apple Watch Review Roundup: The ‘World’s Best Smartwatch’, But ‘Not For Everyone’. Le gros problème de cette montre connectée, c’est son positionnement. Tout comme l’iPhone à son lancement n’était pas vraiment un téléphone (plutôt un mini-ordinateur avec d’excellentes facultés de communication), l’Apple Watch n’est pas vraiment une montre, plutôt un nano-ordinateur servant d’assistant personnel, et accessoirement pouvant donner l’heure (une application parmi les autres).

Certes, la montre en elle-même est de très belle facture, bien meilleure que les autres montres connectées proposées sur le marché, le compromis qu’elle propose entre richesse fonctionnelle et autonomie laisse perplexe. La vidéo publiée par le NY Times est à ce sujet tout à fait intéressante : Apple Watch: What Living With It Is Really Like. Dans cette vidéo, nous suivons la journée type d’une journaliste et la façon dont la montre connectée s’insère dans son quotidien. Le détail qui m’a tout de suite sauté aux yeux est qu’à la fin de la journée, il faut impérativement recharger l’Apple Watch, tout comme l’iPhone. Du coup, la table de nuit commence à être bien encombrée et il n’y a plus de prise disponible pour recharger la liseuse électronique dont la batterie est à plat. J’espère pour elle qu’elle ne voulait pas lire en s’endormant…

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Personne ne peut remettre en question les efforts considérables d’Apple pour proposer une expérience d’achat très qualitative (What it’s like to try on the Apple Watch at the Apple store), mais le produit est au final plutôt décevant (Inconvenient Truths About The Apple Watch). Ne cherchez pas à comparer l’Apple Watch avec les montres Android, car ces produits ne répondent pas aux mêmes objectifs et possèdent des qualités / défauts complémentaires (9 ways Android Wear is better than the Apple Watch). La vraie question est plutôt de savoir si nous avons réellement besoin d’une montre connectée. Autant je ne pourrais plus vivre sans smartphone, autant j’interroge sur l’utilité de cette montre : quelle est sa vraie valeur d’usage ?

Nous pouvons partir du postulat que les usages vont se développer petit à petit, et que pour le moment le principal argument de vente de l’Apple Watch est sa finition sans faille, chose que l’on peut aisément reconnaitre. Ceci étant dit, en allant sur ce terrain, Apple va se frotter à une concurrence extrêmement rude, car le luxe est un bastion autrement plus complexe à conquérir que l’informatique.

Les grands horlogers sont en effet en train de combler leur retard avec des produits moins ambitieux d’un point de vue fonctionnel, mais reposant sur un savoir-faire inégalé. De ce fait, les montres connectées proposées par Brietling (la B55 Connected), Montblanc (Montblanc’s new e-Strap adds smart functionality to luxury watches), Bulgari, Alpina… proposent toutes une très belle mécanique associée à des fonctionnalités numériques limitées pour ne pas nuire à l’expérience (notamment les désagréments liés à de trop nombreuses notifications).

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Comme évoqué plus haut, le gros problème de l’Apple Watch, est qu’elle veut en faire de trop. Sachant que, et c’est là le terrible paradoxe de cette montre, ça reste un produit Apple, donc qui devient obsolète au bout d’un an ou deux (à la sortie du nouveau modèle) et que l’on ne peut pas faire évoluer. L’évolutivité est un levier de différenciation que Pebble met logiquement en avant avec sa dernière production (Beyond The Smartwatch: Pebble Unleashes The Smartstrap). J’ai fait l’acquisition d’une Pebble en 2013, et malgré de nombreuses tentatives, je n’ai jamais réussi à m’habituer à cette montre qui veut faire tellement de chose (transmettre les emails et SMS, gérer sa musique, compter les pas, donner des informations…) sans réellement parvenir à le faire mieux qu’un smartphone que l’on a toujours à portée de main. Avec ce principe de bracelet auquel il serait possible d’ajouter des modules dédiés, la startup propose un produit beaucoup plus intéressant. Mentionnons également Blocks, un projet de montre connectée modulaire très ambitieux : London-based Blocks is Project Ara for smartwatches.

Outre le manque d’évolutivité, l’Apple Watch souffre également d’autres défauts, dont la relative fragilité comparée à une montre traditionnelle qui vous accompagne au quotidien (There’s one part of the watch market that Apple won’t be able to disrupt). J’imagine déjà tous les accessoiristes qui vont s’engouffrer dans cette brèche et proposer des boitiers de protection pour Apple Watch…

Il y a ensuite un problème de prise en main avec une interface complexe à appréhender pour un petit écran et deux malheureux boutons (Why won’t Apple talk about the usability of Apple Watch?). D’autres fabricants sont déjà sur les starting-blocks pour proposer des montres connectées plus simples, mais offrant les fonctionnalités les plus intéressantes (Swatch announces new touchscreen watch with fitness features et Swatch declares war on Apple with low cost smartwatch that doubles as a credit card).

Pour toutes ces raisons (très faible autonomie, gros risque d’obsolescence à court terme, trop large spectre fonctionnel, manque d’évolutivité, fragilité…), je doute fortement de la capacité de l’Apple Watch de devenir un produit de masse (comme l’iPhone) ou de redéfinir le segment (comme l’iPad). Pour le moment, les équipes doivent célébrer le succès du lancement, mais les ventes risquent fort de retomber si cette montre connectée n’est pas en capacité à démontrer une réelle valeur d’usage (au-delà d’être un produit statutaire).

Du coup, j’ai également quelques craintes pour la prochaine Apple TV…

Facebook est un portail, Twitter est un média

Je suis en ce moment en train d’accompagner une grande entreprise dans sa transformation digitale, notamment à travers des sessions d’acculturation au numérique. Ces 3 dernières semaines, j’ai ainsi animé de nombreux ateliers avec les collaborateurs pour leur transmettre une vision claire et exhaustive des médias sociaux. Ceci m’a permis de prendre du recul sur les derniers buzz (ex : Riff est le nouveau Periscope, qui est le nouveau Meerkat, qui était censé être le nouveau Snapchat… vous suivez ?) et de faire le point sur la situation à date. J’en suis arrivé à la conclusion que Facebook est maintenant un portail, alors que Twitter est un média. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Facebook est le nouveau Yahoo!

L’idée de comparer Facebook à un portail n’est pas neuve, je l’avais d’ailleurs expliqué l’année dernière en insistant sur le fait que c’est un portail « moderne » (Facebook est le premier portail du XXIe siècle). Un an plus tard, cette assertion se révèle encore plus juste, car Facebook est incontestablement LA destination universelle pour les internautes : des centaines de millions d’utilisateurs s’y connectent plusieurs fois par jour, sans raison particulière, parce qu’ils sont certains d’y trouver quelque chose à faire ou à lire. Les internautes vont sur Google quand ils doivent faire une recherche, ils vont machinalement sur Facebook dès qu’ils ont 5 minutes à perdre, parce qu’ils sont certains de trouver de quoi occuper ces 5 minutes (voire 10 ou 15). L’analogie avec un portail se justifie par le fait que Facebook ne produit aucun des contenus qu’il diffuse, ce sont les autres qui produisent et qui se servent de Facebook pour diffuser ou pour augmenter la visibilité de leurs publications, comme Yahoo! ou MSN le font.

La comparaison avec un portail va plus loin dans la mesure où Facebook propose également des chaines : Jeux (dans l’onglet « Jeux »), photos (avec Instagram ou Scrapbook), vidéos (avec Slingshot ou le tout nouveau Riff), messages (avec WhatsApp ou Messenger), forums de discussion (avec Groups et Rooms)… Bref, Facebook fournit une liste complète de services pour couvrir l’ensemble des besoins des internautes : on peut même s’en servir comme outils de travail (FB @ Work) ou s’envoyer de l’argent (Send Money to Friends in Messenger). Là où Facebook a une approche moderne, par rapport à Yahoo, c’est qu’ils ont morcelé ces différents services en une série d’applications mobiles. Le but de la manoeuvre étant de dominer à la fois sur les ordinateurs ET les smartphones. Ceci se traduit par une tentative de se substituer au système d’exploitation, notamment sur des fonctions élémentaires comme l’écran d’accueil (avec Home qui n’a pas très bien fonctionné) ou la nouvelle plateforme exploitant Messenger en un système de notifications universel (cf. Messaging and mobile platforms).

Je ne peux que reconnaitre l’efficacité de Facebook à prendre une place toujours importante dans le quotidien des internautes, et plus généralement des consommateurs. Et cette importance va grandir encore plus avec la possibilité prochaine de lire les contenus directement sur Facebook, sans avoir à passer par le site du producteur (cf. Facebook hosting doesn’t change things, the world already changed).

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Cette omniprésence dans le quotidien des utilisateurs permet à Facebook de se constituer une gigantesque base de données de profils très détaillés sur chacun des membres. Ces profils sont ensuite exploités dans le cadre d’offres publicitaires reposant sur des critères socio-démographiques et comportementaux.

Facebook occupe aujourd’hui une place unique dans l’histoire du web, une position centrale, un quasi-monopole qui lui permet de forcer la main à des producteurs de contenus aussi respectables que le NY Times (Facebook’s Plan to Take Over the News Business). Une position dominante qui lui donne des ailes au point de vouloir concurrencer des géants comme Apple et Google sur leur propre terrain (les smartphones). Dans les faits, Facebook est autant craint que détesté par les acteurs les plus puissants du web. La question est : combien de temps vont-ils pouvoir tenir le bras de fer et assumer ces multiples rapports de force ?

Twitter est le nouvel email

Dans un autre style, nous avons Twitter, qui n’est pas un portail dans la mesure où cette société ne propose pas un ensemble varié de contenus et services, c’est une plateforme qui se rapproche beaucoup plus d’un outil de communication que d’un réseau social : on s’en sert pour diffuser des messages (les tweets) et des contenus (les photos et vidéos natives ainsi que celles de Vine), pour relayer de l’information en quasi-temps réel (les RT et médias encapsulés dans les cards) ou en direct (comme c’est le cas avec Periscope). Contrairement à Facebook, on trouve sur Twitter des contenus originaux, les tweets, qui sont produits spécifiquement pour cette plateforme. Sa simplicité d’usage et son efficacité en ont fait un canal privilégié pour les journalistes, figures politiques, people et professionnels des médias. L’objectif de Twitter n’est pas de couvrir l’ensemble des besoins des internautes, mais de se concentrer sur un seul : leur fournir des informations pertinentes. Celà se traduit notamment avec la fonctionnalité While you where away. Ce crédo va bientôt devenir une offre à part entière avec Curator, l’offre de curation « maison » : Twitter Publicly Launches Curator, Its Real-Time Search And Filtering Tool For Media Outlets.

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En résumé : Twitter est un média à lui tout seul. Un outil de communication tellement puissant qu’on s’en inspire dans le milieu professionnel pour essayer de résoudre le problème de saturation de l’email : Yammer et Slack sont des solutions de collaboration très populaires qui ont bâti leur succès en répliquant le mode de fonctionnement de Twitter.

Si les membres ne remplissent pas des profils aussi détaillés que sur Facebook, Twitter propose néanmoins une offre publicitaire très performante qui repose sur un ciblage contextuel et affinitaire : des tweets sponsorisés qui ne sont affichés que si vous avez démontré un intérêt particulier avec un sujet donné dans un contexte bien défini (cf. TV targeting on Twitter).

Twitter a beau être 10 fois plus petit que Facebook, c’est un média indispensable pour les producteurs de contenu, car c’est un canal de diffusion en (quasi) temps réel qui ne les concurrence pas, contrairement à vous-savez-qui. Au final, la force Twitter est d’être une source de trafic très importante, mais qui ne cherche pas à rentrer en concurrence avec les producteurs de contenu, les autres médias, Google, Apple… Une position beaucoup plus sereine, et surtout moins compliquée à tenir, car Twitter n’est impliqué dans aucun rapport de force.

Deux acteurs incontournables du XXIe siècle

Conclusion : Facebook et Twitter sont devenus en quelques années des acteurs incontournables du paysage médiatique, chacun à leur façon. L’avenir nous dira si la montée en puissance d’applications mobiles comme Viber, WeChat, Kik ou Snapchat vont leur faire de l’ombre. Toujours est-il que ces deux-là occupent une position centrale dans l’écosystème des médias sociaux et de la publicité en ligne et que ce n’est pas près de changer, au moins pour les 2 ou 3 prochaines années.

Tout ça me fait dire qu’il est grand temps que je mette à jour mon panorama des médias sociaux…

La mode des vidéos live relancée par Meerkat (et Periscope)

Depuis le début du mois, j’ai l’impression qu’il ne se passe pas une journée sans que l’on ne parle de Meerkat, une application mobile de diffusion de vidéos en directWhy is live video app Meerkat suddenly popular, and can it last?.

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Un buzz qui a atteint son apogée à Austin : How Meerkat conquered all at SXSW. Le phénomène a pris une tel ampleur, que sous la pression de la blogosphère (Meerkat Is The Livestreaming App Twitter Should Have Built) Twitter a racheté en catastrophe Periscope, une application concurrente : Twitter Buys Live Streaming App Periscope. Si les conditions de ce rachat restent obscures, personne ne se fait d’illusion sur l’objectif : occuper le terrain et surtout neutraliser la concurrence : Twitter Chokes Off Meerkat’s Access To Its Social Network. Du coup, le soufflet retombe déjà, le tout en à peine 3 semaines ! Pour avoir un aperçu de ce que cette application propose, c’est ici : What is Periscope and why Twitter bought it.

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Si vous ne l’avez pas encore testé, je vous incite à tester ces deux applications, car dans les faits, il ne s’y passe pas grand-chose d’intéressant. Les observateurs avertis y ont vu un immense potentiel en matière de journalisme citoyen, notamment pour dénoncer les abus et renverser des dictatures policières. Loin de moi l’idée de lancer un troll, mais je vous invite à faire preuve de bon sens et à vous souvenir que le journalisme est un domaine sérieux qui ne doit pas être pris à la légère : que vaut une information / photo / vidéo si elle n’est pas replacée dans son contexte ? Bon de toute façon, ce n’est pas comme s’il y avait des millions de citoyens zélés sur Meerkat, surtout des curieux et des égocentriques, accompagnés de quelques opportunistes (Top 3 Ways Brands Can Utilize the Meerkat App).

Moralité : Je vous engage à rester vigilant vis-à-vis de ces « modes » et nouveaux services qui font le buzz (qui se souvient de Ello ?). D’autant plus que nous sommes déjà passés à autre chose, notamment avec YouNow, un service de live streaming dont on parle également beaucoup : The live-streaming app where amateurs get paid to chat, eat, and sleep on camera.

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Meerkat, Periscope, YouNow… serions-nous en train d’assister à une réelle tendance de fond autour de la diffusion de vidéo en direct ? Peut-être, dans la mesure où les usages se démocratisent, notamment avec le succès de Twitch, le site de streaming des gamers (racheté par Amazon l’année dernière : Amazon s’empare de Twitch pour un milliard de dollars). Mais encore une fois, je vous invite à vous intéresser au passé pour bien comprendre le présent. Souvenez-vous qu’en 2007, nous parlions déjà de live streaming avec Justin.tv (Webcam + Sousveillance = Lifecast). Souvenez-vous également qu’en 2010 tout le monde s’était emballé pour Chatroulette. Au final, ces deux services nous ont surtout appris qu’il est extrêmement difficile de modérer de la diffusion de vidéos en direct, donc qu’il est encore plus difficile de convaincre des annonceurs.

Ceci étant dit, cette mode du direct est très certainement à rapprocher de l’engouement pour les interactions sociales éphémères comme peut le proposer Snapchat. Tout ceci me fait dire que ces services ont surtout tendance à nous enfermer dans le présent. Je ne suis pas certain de vouloir faire l’apologie de cette vision à très court terme du monde et de notre société…

Laissons donc ces considérations personnelles de côté et adoptons plutôt une attitude pragmatique : la nuit de noces de Meerkat s’achève, et il y a fort à parier que YouNow suive la même voie que Chatroulette. Je vous recommande donc de ne pas vous disperser et de concentrer vos efforts sur la production de contenus à valeur ajoutée plutôt que de chercher à profiter d’un énième buzz. Attendons plutôt de voir ce que va faire YouTube avec leur futur service de diffusion en direct (YouTube set to take on Twitch with live game streaming service), et surtout de voir s’ils parviennent à le monétiser et s’ils décident de l’étendre à d’autres domaines que le jeu (on me souffle dans l’oreillette qu’ils le font déjà avec les Hangouts).

Les distributeurs multimarques dominent le commerce multicanal

Comme chaque année, le cabinet iVentures publie son étude sur la performance des acteurs du commerce en ligne (cf. les éditions 2013 et 2014). Bon en fait pas tout à fiat « en ligne », puisque L’eShopper Index est un outil de comparaison des acteurs du commerce en ligne, mais en analysant le parcours d’achat de bout en bout (avant, pendant et après l’achat) et dans la globalité de leur écosystème marchand (boutique en ligne, médias sociaux, application mobile, services client, options de livraison…).

L’édition 2015 de cette étude vient juste de sortir, elle a pris en compte 111 commerçants « bricks & clicks » et « pure players », internationaux et locaux, issus de huit secteurs (mode, luxe, parfums et cosmétiques, multi-secteur, électronique, livres, jouet, design et meubles)  et le classement est plutôt surprenant :

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Comme vous pouvez le constater, Amazon et Zalando, deux habitués du podium ont été déclassés et ne se trouvent même plus dans le Top 10 ! Vous constaterez ainsi la domination des distributeurs multimarques avec une mention spéciale pour les 3 Suisses qui parvient à se maintenir dans les 10 premiers. En visitant les boutiques en ligne des acteurs de ce classement, vous constaterez que le minimalisme est de rigueur et que les plus performants sont ceux qui adoptent une mise en page sobre et pragmatique (Saks Fifth Avenue, John Lewis, Net à Porter, Neiman Marcus, Kate SpadeNordstrom ou encore Harrods).

Les grandes tendances identifiées sont les suivantes :

  • plus de transparence avec des page produit de plus en plus complète ;
  • une utilisation plus intense des smartphones avec des applications ET des services mobiles, notamment des fonctionnalités utiles directement en magasin ;
  • des contenus toujours plus riches, avec beaucoup d’images pour le secteur de la mode ou du luxe, des conseils beauté pour la cosmétique, et des tests pour l’électronique ;
  • de nouveaux moyens de livraison plus rapides apparaissent, comme la livraison en une heure ou le clic & collect ;
  • la personnalisation reste rare, surtout dans les newsletters ou les applications mobiles ;
  • les innovations liées au multicanal concernent des services comme la prise de rendez-vous en magasin ou le Reserve & Collect.

Un certain nombre de spécificités sectorielles ont été observées :

 

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Cette étude regorge de chiffres et observations précises, je vous invite donc fortement à la parcourir en détail ici :

//www.slideshare.net/fullscreen/aureliaa/eshopper-index-1015-report-free

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’affreux sentiment que le flat design et la recherche d’une image haut de gamme poussent à l’uniformisation des sites qui finissent par tous se ressembler, non ?