Snapchat s’impose comme l’application mobile la plus populaire auprès des jeunes

Dans la continuité de mon précédent article sur les habitudes des ados, je vous propose de faire le point sur Snapchat, une application mobile qui remporte un incroyable succès auprès des ados et pré-ados. Il n’existe pas de statistiques officielles, mais on parle de 200 M d’utilisateurs actifs. Pourquoi auprès de cette cible en particulier ? Parce que c’est une application complexe à appréhender et plutôt déstabilisante au premier abord. Pour vous la faire simple : les ados l’adorent, car les adultes n’y comprennent rien.

Exemples de contenu publiés sur Snapchat
Exemples de contenu publiés sur Snapchat

Snapchat s’était illustré en début d’année dernière en refusant l’offre de rachat de Facebook (3 MM $), une décision courageuse, et lumineuse, puisque cette application mobile est maintenant valorisée six fois plus : Snapchat is reportedly raising $500M at a jaw-dropping $16B to $19B valuation. Les rumeurs les plus folles circulent sur un hypothétique rachat à un montant encore supérieur : Snapchat is in talks with Saudi Arabia’s Prince Alwaleed about a potential collaboration.

Je sais ce que vous vous dites : « 20 milliards de $ est une somme énorme pour une application impossible à comprendre« . Et je vous répondrais que l’important n’est pas que vous compreniez son fonctionnement, mais qu’il y ait une audience large et homogène. Ça tombe bien, car les annonceurs sont justement en demande d’une plateforme sociale où ils puissent toucher les jeunes, un public particulièrement volatile. Si vous ne savez pas pour où commencer : What’s the point of Snapchat, and how does it work? ou A 22-year-old made the ultimate guide on how to use Snapchat. En résumé : au lancement de l’application, vous tombez directement sur l’interface de publication (l’appareil photo frontal de votre smartphone). Le chiffre en bas à droite vous indique le nombre de personnes ayant publié des choses dans les dernières 24h (au-delà, ces contenus ne sont plus disponibles). La liste des contacts vous permet de voir les contenus dans « Activité récente » ainsi que les personnes connectées disponibles pour un chat vidéo (« Live« ). En appuyant sur le nom de l’auteur, vous accédez à ses derniers contenus : photos avec annotations (dont la durée d’affichage est définie par l’auteur) et micro-vidéos (généralement, entre 4 et 6 secondes). Si vous retirez votre doigt, la diffusion s’arrête. Une fois ces contenus consultés, ils disparaissent et ne peuvent plus être visionnés.

L'interface de Snapchat
L’interface de Snapchat

Je vous confirme que les premières minutes sont très déstabilisantes. Je vous invite néanmoins  à télécharger l’application pour vous faire votre propre opinion. Si vous ne savez pas qui suivre, voici une liste : The 13 Snapchat stars everyone should be watching.

Jusqu’à présent, les marques n’étaient pas les bienvenues sur cette application (comme sur Instagram), mais une offre publicitaire a été lancée récemment avec un ticket d’entrée prohibitif : Snapchat Is Asking Brands for $750,000 to Advertise and Won’t Budge. Malgré le tarif exorbitant, certains annonceurs ont franchi le pas comme McDonald’s. D’autres ont essayé des moyens détournés comme la fondation Alzheimer : Snapzheimer, la campagne de sensibilisation éphémère sur Snapchat.

La campagne de la fondation Alzheimer sur Snapchat

L’idée était très bonne, et la cause légitime, mais c’est justement pour éviter que d’autres marques s’incrustent que cette offre publicitaire a été définie. Le problème est qu’il existe très peu de marques acceptant de débourser près d’1 M de $ pour de la publicité éphémère. Qu’à cela ne tienne, l’éditeur de l’application a récemment déployé une nouvelle fonctionnalité pour leur prouver le contraire. Discover est une nouvelle rubrique de l’application qui permet de consulter les contenus de grands médias (MTV, CNN, ESPN, People, National Geographic…) mais à travers des micro-vidéos de quelques secondes et des articles courtsIntroducing Discover.

Les micro-contenus disponibles dans Snapchat
Les micro-contenus disponibles dans Snapchat

Est-il bien sérieux d’amputer les contenus de ces médias et de ne proposer que des micro-vidéos ou des articles raccourcis ? La question fait débat, mais le consensus s’oriente vers « Mieux vaut 5 secondes de CNN sur Snapchat que pas de CNN du tout sur la TV« . La principale raison invoquée est le désintérêt des ados pour la TV linéaire (pas forcément pour les programmes qu’ils regardent en relay ou en téléchargement). Les observateurs avertis y voient un authentique tour de force (Why Snapchat Discover will Change Publishing) ainsi que le début d’une nouvelle forme de consommation de l’information (The $19-billion question: Is Snapchat the new television?). L’air de rien, nous sommes bien en train de parler de l’émergence d’un nouveau média, ou plutôt d’un canal de diffusion tellement particulier qu’on peut le considérer comme « nouveau ».

Là où ça devient très intéressant, c’est que la contrepartie proposée à ces médias, qui doivent supporter le coût de l’adaptation de leurs contenus (micro-montage), est de pouvoir diffuser de la publicité. Les marques ont ainsi accès à des mini-coupures publicitaires entre deux séquences vidéoVictoria’s Secret Ads Warm Up People Magazine’s Snapchat Stories et Victoria’s Secret sharpens social targeting, chats up Cosmopolitan fans on Snapchat. Nous ne connaissons pas les tarifs pratiqués par ces médias, mais il y a fort à parier que le ticket d’entrée est élevé, de même que la commission de Snapchat. Là encore, l’argument avancé est que les ados sont devenus hermétiques aux grands médias et qu’il est extrêmement compliqué d’entretenir une relation quotidienne avec cette cible (sauf éventuellement DC Shoes ou Red Bull, mais ce sont des exceptions).

Ces deux offres publicitaires sont un authentique coup de maitre de la part de Snapchat, cela leur permet de monétiser leur audience en évitant de polluer l’expérience d’utilisation. Pour le moment tout ceci est encore très neuf, mais ce genre de pratiques publicitaires va être amené à se développer à mesure que cette application va gagner en popularité.

Toute l’industrie se mobilise pour viabiliser la réalité virtuelle

La semaine dernière se tenait à Barcelone le Mobile World Congress, un salon dédié à la mobilité, mais qui est largement sorti de son cadre pour prendre des aires de E3 avec toutes ces annonces autour de la réalité virtuelle : Virtual reality overshadows smartphones at the biggest mobile show of the year. Toute cette frénésie me fait dire que 2015 va être une année décisive pour (re)lancer la réalité virtuelle, enfin ! Tous les ingrédients sont en effet réunis pour viabiliser un créneau qui vivote depuis plusieurs décennies : Welcome to the new VR.

Il y a tout d’abord Oculus qui semble décidé à prendre son temps pour peaufiner son masque, mais a trouvé en Samsung le partenaire idéal pour lancer un produit cette année : Oculus ready to go “full consumer” on Gear VR later this year. Ce Gear VR a des airs d’amuse-bouche, mais les premiers tests semblent plutôt bons, d’autant plus si le masque est associé au dernier fleuron de la gamme : A close look at the Gear VR for the Galaxy S6.

Le masque Gear VR de Samsung
Le masque Gear VR de Samsung

C’est Valve et HTC qui ont volé la vedette avec la présentation d’un nouveau masqueHTC And Valve Have Cracked The VR Code. Valve étant une société spécialisée dans les jeux vidéo, il leur fallait un produit qui se démarque de la concurrence. L’accent a donc été mis sur la liberté de mouvement ainsi que sur les contrôleurs : Valve’s virtual reality headset is great, but its controllers are the real story.

Le masque et les contrôleurs de Valve
Le masque et les contrôleurs de Valve

La principale innovation proposée par ce masque est l’utilisation de deux balises externes, à installer dans la pièce, permettant d’améliorer la détection des mouvements de l’utilisateur et de ses bras : 6 Ways The HTC Vive Will Freak Out Virtual-Reality Geeks.

Les nombreux capteurs du masque de Valve
Les nombreux capteurs du masque de Valve

Les premiers tests sont très concluants, avec des journalistes dithyrambiques : Valve/HTC Vive opens up the virtual reality experience et I just had the most mind-blowing virtual reality experience ever.

Sony est également en phase de finalisation son masque : Sony’s Project Morpheus VR headset will launch in 2016. Les premiers retours sont positifs, même si l’on sent visiblement bien une limitation au domaine du jeu : Project Morpheus, on a testé le nouveau casque de Sony et ses nouveaux jeux. Du coup Microsoft a également fait son annonce : Microsoft is bringing Xbox games to its futuristic HoloLens headset.

Et pendant ce temps-là, Google tente de faire vibrer notre corde sensible (Mattel and Google turn the View-Master into a virtual reality toy), un moyen pour eux de gagner du temps, le temps qu’ils finalisent l’intégration des équipes de Magic Leap et qu’ils stabilisent une technologie visiblement révolutionnaire de projection directement sur la rétine : A startup is betting more than half a billion dollars that it will dazzle you with its approach to creating 3-D imagery.

La réalité augmentée selon Google
La réalité augmentée selon Google

Certes, c’est de la réalité augmentée, mais qui sait ce qu’ils nous réservent… d’autant plus que des rumeurs circulent déjà sur une version d’Android spécifiquement dédiée aux masques de réalité virtuelle : Google’s Android to Take On Facebook in Virtual Reality. Si avec tout ça, ils n’arrivent pas à nous sortir des produits performants d’ici aux fêtes de fin d’année…

2015 sera l’année du paiement mobile

Exploiter son smartphone en tant que support de paiement n’est pas un sujet très neuf (cf. Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ? publié en 2011). Voilà près de 15 ans que l’on entend parler de porte-monnaie électronique, notamment avec Moneo, sans réellement voir ce principe se généraliser. Je ne rentrerai pas dans un débat d’expert sur les raisons de cette non-adoption pour me concentrer sur l’actualité très chaude du Mobile World Congress de Barcelone où le paiement mobile semble être LE sujet principal.

Pour mémoire, rappelons que le principe du porte-monnaie électronique n’est pas de complètement remplacer tous vos moyens de paiement, mais de proposer une solution alternative dans certains cas de figure (5 situations where you’ll wish you could pay with your phone). Après de nombreuses tentatives et expérimentation, il semblerait que les mentalités soient en train de changer : MasterCard Reveals Consumer Sentiment on Payments Evolves from “Why Mobile?” to “What’s Next?” in 24 Months. Les principales raisons évoquées par ce changement sont les progrès réalisés en matière de sécurisation, avec notamment les jetons de transaction unique et les systèmes biométriques. Apple a été précurseur avec son système Touch ID qui équipe l’iPhone 6 (Apple se lance dans les domaines de la santé et du paiement). Nous commençons d’ailleurs à avoir un minimum de recul sur ce système, et les conclusions sont… inquiétantes (Apple Pay: a new frontier for scammers).

Ceci étant dit, les systèmes de paiement alternatif sur smartphones représentent un marché tellement gigantesque que tous les grands acteurs se sont lancés dans la course pour rattraper Apple. À commencer par son grand rival, Samsung, qui a déboursé plus d’1 demi-milliard de $ pour racheter LoopPay le mois dernier : Samsung Acquires LoopPay, Maker Of An Apple Pay Competitor.

Les différents produits proposés par LoopPay
Les différents produits proposés par LoopPay

Pour vous la faire simple, LoopPay est fournisseur de solutions matérielles et logiciels pour pouvoir effectuer des transactions reposant sur les technologies NFC (sans-contact) et la bande magnétique des cartes bancaires.

Ils ont sans surprise présenté une offre rebaptisée Samsung Pay qui exploite notamment le tout nouveau capteur biométrique du Galaxy S6, le fer de lance de la gamme (MWC 2015 : Samsung Pay, l’offre de paiement universelle qui veut ruiner Apple Pay). Cette offre ne sera pas disponible avant la fin de l’année en Europe, mais les spécialistes s’accordent à dire que ce système sera bien plus répandu que le très restrictif Apple Pay (Samsung Pay has all the tools it needs to surpass Apple Pay). Cette annonce a été l’occasion pour Qualcomm de présenter son tout nouveau lecteur d’empreintes digitales reposant sur les ultrasons : Qualcomm unveils its answer to Touch ID: Ultrasonic fingerprint scanning.

La technologie de lecture d'empreintes digitales de Qualcomm
La technologie de lecture d’empreintes digitales de Qualcomm

Cette technologie se veut plus robuste que celle utilisée par Apple, par les ultrasons est capable de générer une image 3D des empreintes digitales, donc plus difficile à contrefaire (Qualcomm’s new fingerprint sensor should be better than Touch ID).

Et comme si ça ne suffisait pas, d’autres acteurs majeurs ont également fait des annonces, notamment PayPal avec le rachat de Paydiant, une startup spécialisée dans la dématérialisation : PayPal Buys Paydiant, The Mobile Wallet Behind CurrentC, To Raise Its Game versus Google and Apple. Le but de la manoeuvre est d’intégrer le service proposé par Paydiant dans l’offre Here dont on ne connait toujours pas la date de lancement officiel en Europe.

Le terminal de paiement Here de PayPal
Le terminal de paiement Here de PayPal

Dans le même registre, le français Ingenico a également présenté son terminal de paiement sans contact : Ingenico Has A Square-Style Dongle That Can Be Used For NFC Tech Like Apple Pay. Dans les faits, ça ressemble à ce que propose Square depuis des années, mais le mini-terminal d’Ingenico utilise la technologie NFC pour faire du paiement sans contact.

Le terminal de paiement d'Ingenico
Le terminal de paiement d’Ingenico

Et pour clore cette série d’annonces, Google a levé le voile sur Android Pay, un nouveau système de paiement alternatif dont on ne sait pas grand-chose : Android Pay Is Real, And Will Give Developers The Reins As An API. Visiblement en retard sur la concurrence, Google aurait été plus ou moins obligé d’annoncer quelque chose qui n’est pas encore tout à fait finalisé. Une annonce en demi-teinte qui génère beaucoup de frustration, surtout après le rachât de Softcard le mois dernier : Google buys Softcard technology to improve Wallet, will pre-install it on new US Android devices.

Apple, Samsung, Google, PayPal, Ingenico, Visa, Mastercard… tous les acteurs de la chaîne de valeur du paiement sont donc lancés dans une course de vitesse pour imposer un nouveau standard de paiement mobile. S’il est encore trop tôt pour prédire qui sertira vainqueur de cette course, il semble évident que le lobby bancaire français va avoir bien du mal à résister à autant d’enthousiasme. Espérons qu’ils ne ralentiront pas trop le déploiement de ces nouvelles technologies et qu’ils chercheront plutôt à favoriser l’adoption par le grand public.

Google suit la tendance en morcelant Google+

Lancé il y a plus de 4 ans avec un certain retard sur la concurrence, Google+ n’a jamais vraiment réussi à s’imposer face aux autres grandes plateformes sociales. Force est de constater que même Google et ses ressources quasi illimitées n’ont pas été en mesure d’assumer plusieurs fronts en même temps (cf. Google+ est mort, vive Universal Analytics). Suite aux départs successifs de plusieurs responsables, la direction de Google s’est enfin décidée à reconnaitre l’échec de sa plateforme sociale et à morceler les fonctionnalités les plus populaires : Google+ officially splits into Photos and Streams. La marque « Google+ » disparait, mais cette annonce ne sonne pas nécessairement comme une défaite.

Certes, Google+ en tant que destination, au même titre que Facebook ou autres « portails », n’a jamais vraiment passionné les internautes, quelques millions d »utilisateurs actifs selon les dernières estimations (How many people are publicly using Google Plus?). Google a bien réussi à forcer la création de milliards de comptes, mais les internautes se sont rebellés contre cette tactique, notamment avec l’affaire des commentaires de YouTube. Depuis, Google a été obligé de faire marche arrière (Google is no longer forcing new users into making Google+ accounts). Au final, que reste-t-il de Google+ ? Un peu plus que vous ne pourriez le penser…

L’annonce faite ce matin parle de scinder Google+ en deux services : Stream pour le flux de messages et Photos pour les… photos. Certes, le flux de message peut difficilement être comparé à des services beaucoup plus visibles comme Twitter ou Reddit, mais il permet à de très nombreuses communautés d’exister en leur fournissant une plateforme technique robuste et simple à utiliser. J’ai d’ailleurs du mal à expliquer pourquoi Google a opté pour « Stream » et non « Communities« .

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Au sujet de Photos, là encore, si ce service n’a pas la même visibilité qu’Instagram ou Pinterest, il reste un moyen redoutablement efficace pour conserver et retoucher ses photos, toutes ces photos. L’idée n’étant pas de partager des selphies ave le reste de la planète, mais plutôt de se constituer une base de souvenirs, en capitalisant sur le succès de Picasa. Et de ce point de vue là, ça fonctionne parfaitement, d’autant plus que les ambitions de Google ne s’arrêtent pas là, notamment avec le rachat récent de l’application mobile OdysseGoogle Acquires Odysee, An App For Private Photo/Video Backup And Sharing, Team Joins Google+.

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Il y a ensuite Hangouts, la plateforme de messagerie unifiée qui absorbe petit à petit les autres services de Google (Google Talk for Windows will close down tomorrow to make room for Hangouts). Initialement dédié aux conversations vidéo, Hangouts a rapidement pris de l’ampleur, sans toutefois égaler des applications comme WhatsApp ou WeChat (How journalists are using Slack and Hangouts, instead of email, to stay connected). Là où ça devient très intéressant, c’est que Google l’utilise maintenant dans son offre dédiée aux entreprises (Hangouts Now Works Without Google+ Account, Becomes Part Of Google Apps For Business), et qu’ils l’exploitent même comme un outil de support pour les produits « maison » (Google introduces a virtual ‘Genius Bar’ to answer device questions). Plus récemment, des tests ont été effectués auprès de commerçant et prestataires de proximité : Experimental Hangouts Feature In Google Search Allows You To Chat With Businesses.

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Au final, si Google n’a pas réussi à faire de Google+ une grande plateforme sociale, certains services ont réussi à trouver leurs publics. Mais nous vous y trompez pas, ces services ne sont que des « danseuses » pour Google qui voulait initialement associer chaque contenu et interaction à un profil. De ce point de vue là, l’opération est une réussite, car de milliards de comptes ont été créés, et, car le système d’authentification de Google remporte un vif succès (Q4 social login report: Facebook losing ground to Google).

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Conclusion : la marque « Google+ » s’efface au profit de services isolés (Communities, Photos, Hangouts). En ce sens, Google suit la tendance du « unbunlding » (cf. Why large tech companies are hopping on the app ‘unbundling’ trend et App Unbundling: Simplifying Apps by Breaking Out Their Experiences), tout en déployant de gros efforts sous le capot pour imposer ses profils. Une tactique qui fonctionne bien jusqu’à présent, même si certains tentent une manoeuvre de contournement (Twitter launches its phone-number based login system, Digits for the web).

Le prototypage rapide enfin viabilisé grâce aux frameworks CSS

J’ai eu une discussion très intéressante ce matin avec Joël Berne, qui enseigne le web design, au sujet de la tendance générale à l’uniformisation graphique des interfaces web. Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’avec l’avènement du responsive design, et la mode du flat / material design, les sites web finissaient tous par se ressembler. Force est de constater que les contraintes des terminaux mobiles forcent les designeurs à alléger les chartes graphiques (cf. La revanche des interfaces textuelles).

Je serais bien incapable de prédire la longévité de cette « mode » du minimalisme, mais le fait est que nous devons nous y conformer à minima pour les 2 ou 3 prochaines années. Pour vous en convaincre, il vous suffit de parcourir les différents sites d’information qui ont tous adopté une mise en page minimaliste (avec le menu hamburger de rigueur) pour favoriser la lecture sur les smartphones. Je précise au passage que ce mouvement de simplification / uniformisation est fortement facilité par l’adoption croissante des frameworks CSS comme Bootstrap ou Foundation qui permettent d’accélérer de façon spectaculaire les développements front office (cf. The 5 Most Popular Frontend Frameworks of 2014 Compared).

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À partir du moment où les mises en page et les traitements graphiques sont simplifiés à l’extrême et que le code HTML / CSS est standardisé, nous pouvons relancer légitimement le débat sur les techniques de prototypage rapide (cf. À la recherche de l’outil de conception idéal). Cette réflexion m’a été inspirée par un article publié sur UIE qui revient sur l’utopie du « Designing in the Browser« . Popularisée il y a quelques années par Andy Clarke, cette approche consiste à faire du prototypage rapide directement dans un éditeur HTML / CSS (Walls Come Tumbling Down). Certes, cette idée n’est pas neuve, mais différents signaux faibles me font dire que cette utopie devient petit à petit une réalité viable.

En s’appuyant sur les fameux frameworks front office et sur une nouvelle génération d’outils de prototypage, nous disposons maintenant d’interfaces graphiques très simples à utiliser permettant de concevoir des prototypes HTML en quelques clics et de générer du code de grande qualité. J’ai ainsi découvert récemment Pingendo, un éditeur visuel gratuit qui permet de créer des interfaces web en s’appuyant sur le framework Boostrap.TALENT MANAGEMENT

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Comme vous pouvez le constater, cet outil est très simple à prendre en main et permet de concevoir ou d’adapter des gabarits HTML à l’aide de composants d’interface que l’on glisse et que l’on repositionne. Cerise sur le gâteau : dans la mesure ou l’outil s’appuie sur Bootstrap, il suffit de récupérer des templates pour gagner encore plus de temps. Certes, cet outil n’est pas très sophistiqué, il ne gère pas encore les arborescences et l’héritage des templates, mais permet de réaliser ou d’adapter des maquettes en un temps record. Il existe d’autres éditeurs comme Jetstrap ou Bootply (cf. Top 15+ Bootstrap Visual Editors For Web Designers), mais ils sont payants.

Est-il bien raisonnable de faire de la conception dans un éditeur HTML ? Si vous devez concevoir une application en ligne ou un portail d’envergure, très clairement, non. En revanche, si vous disposez d’un temps limité pour concevoir un « petit » site ou boutique en ligne, alors cet outil se révèle redoutablement efficace.

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Ne vous méprenez par sur mon propos : je ne suis pas en train de vous dire que les méthodologies de conception sont intégralement à revoir, mais de vous expliquer que le contexte actuel nous pousse vers ce type de raccourcis. Ça tombe bien, l’outil et les templates sont gratuits !

Si vous avez un retour d’expérience à partager sur le prototypage rapide à partir de Bootstrap ou foundation, je suis preneur…TALENT MANAGEMENT