Mes réflexions sur l’édition 2008 de MAX

Troisième et dernier jour à « Milan la grise » et c’est déjà l’heure du départ… et dans la foule celui de faire un bilan sur ce séjour.

milangris

Premier constat : Une dangereuse tendance à la complexification de l’offre avec toujours plus de logiciels pour la création graphique (Photoshop, Illustrator, Fireworks), l’animation (Catalyst, Flash) et le code (Flex Builder, ColdFusion). Il y a donc un écart important entre le discours (simplifier la vie des designeurs / développeurs) et la réalité (une offre toujours plus dense et de nombreuses licences à acquérir). Même si visiblement l’argument massue avancé par Adobe semble être la parfaite transparence du langage FXG qui permet d’échanger des fichiers projets en toute simplicité, il n’empêche que la lisibilité de l’offre et de quels outils ont besoin les équipes va rapidement être problématique.

Deuxième constat, toute cette débauche de bonne volonté (plus de productivité, de confort…) ne semble concerner que trois métiers : designeur, intégrateurs et développeur. Les concepteurs et chefs de projet sont toujours ignorés. Étrange dans la mesure où se sont deux fonctions-clés dans la chaîne de production et où le chef de projet joue justement un rôle central dans l’animation de l’équipe projet et surtout dans la circulation de l’information. Mais où sont donc les outils de supervisation ? Où alors peut-être que les équipes d’Adobe évoluent dans un univers parallèle où un projet de site web débute avec une maquette de site sous Photoshop qui est déjà toute prête et où les équipes de production n’ont qu’un seul projet à gérer à la fois… Comment fait-on SVP pour rejoindre cet univers ?

Idem pour les concepteurs, même si Flash Catalyst apporte un début de réponse, nous sommes encore très loin d’un produit réellement exploitable pour pouvoir concevoir des arboresences, des cas d’utilisation, des scénarios de navigation et surtout des maquettes fonctionnelles qui soient rigoureuses. De plus, la vision d’Adobe est encore bien trop tournée vers les RIA alors que jusqu’à preuve du contraire… le HTML n’est pas mort (enfin il me semble).

Je pense qu’une des clés serait de compléter l’offre avec un service d’espaces projet collaboratifs. Ce type de solution existe déjà mais rien n’est spécifiquement étudié pour les projets web. Adobe aurait ainsi toute légitimité à proposer ceci en l’intégrant aux environnements de création (Creative Suite) et en l’adossant à une plateforme SaaS comme Acrobat.com.

Troisième constat : La course à l’armement avec Silverlight pour les capacités vidéo et 3D. Visiblement les contenus vidéo HD, le dynamique streaming et les casual games en 3D sont en centre de nombreuses attentions et les prochaines versions de ces deux players (Silverlight 3 et flash 11) devraient élever la barre encore plus haut (pour la plus grande joie utilisateurs).

Voilà, il est maintenant tant pour moi de faire mes valises et de rentrer.

Si vous croisez d’autres bilans de ce type sur la conférence, merci de mettre l’URL en commentaire.

Adobe MAX08 : Jour 2

Nette amélioration de la situation à Milan avec un beau soleil et des transports à nouveau fonctionnels. Deuxième journée de conférence avec de très intéressantes sessions.

General Session

benforta

Ambiance Men in Black pour une démonstration de Flash et Photoshop CS4 :

  • Prise en charge avancée de MXML ;
  • Insertion d’une « structure osseuse » à un objet pour pouvoir l’animer et le déformer (avec des os et des articulations) ;
  • Déformation intelligente des images en exploitant les zones creuses sans compresser les sujets principaux ;
  • Application de textures et motifs aux objets 3D.

Nouvelle démonstration de Flash Catalyst avec une description encore plus fine des composants d’une interface (barres de défilement, différents états…) et plus de richesse dans les comportements (déformations, rotations 3D…).

Inévitable revue de code avec les nouveautés du futur Flex Builder :

  • Possibilité d’interpréter du code C ou C++ dans Flash avec AS3 ;
  • Prise en charge de nouveaux formats comme RAW et PDF dans Flash ;
  • Démonstration d’un émulateur en C d’un console Nintendo avec AIR (ça sert à rien mais c’est toujours sympa).

Amélioration des capacités de référencement des contenus Flash et Flex avec l’élaboration conjointe par Google et Adobe d’un virtual user qui sait bien mieux discerner les textes, boutons, liens…

Démonstration des nouvelles fonctions de dynamic streaming de Flash Video (pour s’aligner sur ce que propose Microsoft avec Silverlight) et du live streaming (avec possibilité de jouer avec la timeline pour passer du flux live à l’enregistrement).

Nouvelle stratégie communautaire sur groups.adobe.com (un réseau social dédié aux utilisateurs de produits Adobe) avec les classiques profils, groupes, événements… prise en charge de nombreuses langues (internationalisation de l’interface prévue pour 2009).

Interviews avec Andrew Shorten et Ryan Stewart

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer deux évangélistes de renom chez Adobe (Andrew Shorten et Ryan Stewart).

Concernant la multiplication des logiciels, scinder l’offre leur permet de mieux répondre aux attentes des différentes populations, voilà pourquoi nous sommes passer de Flash à Flash Pro + Flex Builder + Flash Catalyst.

Il existe chez Adobe un groupe de travail sur les workflows pour pouvoir mieux comprendre les contraintes « métier » des agences.

Concernant Flash 10 et la 3D, la dernière version du Flash Player utilise déjà l’accélération matériel pour les fonctions vidéos et pour le pixel bender (ce n’est le processeur mais la carte graphique qui est sollicitée). Il va donc falloir s’attendre à des effets graphiques encore plus spectaculaires dans le futur Flash 11.

Le casual gaming est un secteur particulièrement porteur où Flash est en position ultra-dominante, les équipes d’Adobe y porte une attention toute particulière pour ne pas perdre l’héritage de Shockwave (un des plus anciens portails).

Architecture 4.0

architecture4

Hervé Crespel, directeur de l’innovation chez Orange, sur les architectures de quatrième génération :

  • Les générations accompagnent des changements technologiques majeurs (interfaces textuelles, Client/Serveur, Web) ;
  • Les piliers des architectures de quatrième génération = Interfaces riches, comportements et interactions déportés sur le poste client, gestion de la collaboration et de la synchronisation, API & mashup, data-on-the-cloud…) ;
  • Les interfaces riches ne sont pas nouvelles (un service comme le one screen reservation de iHotelier existe depuis 2001) ;
  • Cette architecture n’est pas sans problème (gestion du cache, du mode déconnecté, des conflits lors de l’édition simultanée) ;
  • Évolution du modèle IHM (interface homme-machine) vers un modèle IHS (interface homme-service) ;
  • Le challenge du futur sera de construire des applications en ligne viables avec des composants partagés et remplaçables.

Wireframing experience et applications

wireframing

Enfin une session entièrement dédiée aux aspects prototypage et documentation :

  • Le gros problème avec les outils de prototypage actuellement utilisés (Visio, PPT) est qu’ils produisent des livrables sur lesquels il n’est pas possible de capitaliser ;
  • Flash Catalyst introduit la notion de Freeform UI sketching en piochant dans le catalogue de composants graphiques de Flex ;
  • Possibilité de partager des composants entre les différents écrans du prototype ;
  • Les custom components fonctionnent comme des modules indépendants qui peuvent être utilisés dans différentes pages / états ;
  • Les action sequences sont idéales pour les animations et autres comportements exotiques ;
  • Possibilité de rajouter des conditions dans le code source pour enrichir encore plus le comportement des modules ;
  • Le processus de substitution d’un élément d’interface brut par un élément designé (sous Photoshop ou Illustrator) a été facilité.

MAX Awards

Michelle Turner et Ted Patrick pour révéler la liste des gagnants :

Sneaks Peek

Très intéressante session où ont été présentés une dizaine de projet expérimentaux (dont seul une petite partie risque de se concrétiser) :

sneakspeek

Dans la catégorie Client :

  • RTMFP Application-level Multicast in Flash Player, qui permet de faire dialoguer deux Flash player en mode P2P ;
  • Nitro, un environnement de conception / création / distribution de widgets multi-supports ;
  • Durango, un outil de création de mashup qui repose sur AIR.

Dans la catégorie Services :

  • Connecting Live Cycle and Creative Suite, un espace de collaboration entre les équipes de production vidéo et le commanditaire ;
  • Meer Meer, un service de test multi browser / OS très impressionnant qui permet de faire de l’affichage comparatif de plusieurs versions côte à côte et même superposées (le rêve des intégrateurs HTML) ;
  • Server-Side Action Script Server, la possibilité de faite tourner du code AS sur le serveur (visiblement ça a beaucoup plu aux développeurs présents dans la salle…).

Dans la catégorie Tools :

  • Content Intelligence Toolkit, un outil de création de meta-données sur des contenus vidéos avec reconnaissance de formes, de visages et même transcription de la bande son (très impressionnant) ;
  • Image Compositing, un outils de composition d’images avec une intégration très puissante d’éléments graphiques dans une scène déjà existante (détourage automatisé, gestion de la luminosité et des ombres…), idéal pour faire du scrapbooking sans que ça y ressemble ;
  • Dreamweaver’s Support for Web Widgets, une extension pour… gérer les widgets web dans Dreamweaver ;
  • Infinite Images, un outils de création de scènes 3D en compilant un certain nombre d’image et offrant la possibilité de naviguer au sein de cette scène (assez proche de Photosynth) avec un gros potentiel artistique car il est possible de définir des évènements pour substituer une image par une autre et ne jamais passer deux fois au même endroit.

Plein de belles démos et une salle enthousiasmée par ces prototypes.

A demain pour la suite.

Adobe MAX08 : Jour 1

Gros bazar ce matin pour l’ouveture de la session 2008 de MAX Europe. Il faut dire que la pluie battante et la grève générale des transports à Milan ne facilitent pas l’organisation ! C’est donc sous un froid de canard que nous rejoignons le centre de conférence. Passé cet épisode douloureux, l’ambiance est tout de suite plus agréable avec une très belle installation et un enthousiasme généralisé (peut-être de nouvelles annonces lors de la keynote ?).

Keynote

Mark Anders pour les dernières tendances :

  • 3 micro-révolutions en cours : cloud computing, social computing, device and desktop ubiquity ;
  • Différents exemples des possibilités audio et vidéo, de 3D, de pixel  bender, de rendu avancé de texte ;
  • Disponibilité de Flash Player 10 pour Linux ;
  • 80% des vidéos visionnées sur le web le sont avec Flash.

adobeflashplatform

Anthony Rose de la BBC :

  • Démonstration du iPlayer qui représente 10% de la bande passante aux UK ;
  • Disponibilité sur iPhonr, Nokia N96, Wii, PS3, déclinaison en Kid Player et en version déconnectée avec AIR ;
  • Broadcast 2.0 = your friend will decide what you watch (social broadcast ?).

Ted Patrick sur AIR :

  • 100 millions d’installations pour AIR (disponible sur Windows, Mac, Linux) ;
  • Visite guidée du desktop reader du NYTimes (une attention particulière a été portée à la modularité de la mise en page) ;
  • Démonstration de la version mobile sur MI PC Pocket (distribué par SFR en France).

adobeair

Deux représentants de AKQA pour parler de l’application eco:Drive de Fiat :

  • Une application partagée entre votre PC et votre Fiat 500 qui calcule votre empreinte carbone à l’aide d’une clé USB qui stocke les données ;
  • L’application fournit des conseils personnalisés pour améliorer votre conduite et adopter des réflexes éco-citoyen ;
  • Calcul de l’économie d’argent annualisée avec l’amélioration de votre conduite.

Mark Anders à nouveau sur le social computing :

  • Démonstration d’Adobe Wave, un service universel de notification (concurrent de Twhirl), partenariat avec LastMinute pour pousser des offres de dernière minute ;
  • Démonstration de collaboration en temps réel avec Cocomo (un ensemble de briques techniques).

Mark Anders toujours sur les terminaux alternatifs (mobile, TV) :

  • Objectif = 1MM de terminaux mobiles équipés avec Flash d’ici à la fin de l’année 2009 ;
  • Open Screen Project = accélération du déploiement de RIA sur tout type de terminaux ;
  • Démonstration de Flash 10 sur un terminal Nokia / Symbian et sur un HTC / Windows Mobile (Last.fm, YouTube) et même une preview sur Android ;
  • Nouvelle fonctionnalité proposée par Flash Lite 3 pour faire de l’installation d’application over the air.

openscreenproject

Ted Patrick sur un prototype de téléphone nouvelle génération :

  • Envoie de photos sur différents écrans (comme il est possible le de le faire avec Surface) ;
  • Interaction simultanée à deux = démonstration d’un casual game.

adobemobilefuture

Rien de neuf si ce n’est l’application Wave, mais ça fait toujours plaisir de voir tourner les démos en live. Tous les liens ici : Adobe.com/go/keynote.

Flash Catalyst et le nouveau Flex

Beaucoup de monde à cette session de présentation de la toute dernière version de Flash Catalyst orchestrée par Ryan Stewart :

  • Objectif = Améliorer la productivité globale des équipes et limiter la parte d’informations ;
  • Nouveau format (FXG) qui permet de séparer la présentation du comportement avec un système de skins et de skins partielles ;
  • FXG repose sur XML ;
  • Introduction de la notion d’état (states) car la timeline de Flash n’était plus appropriée ;
  • Petite démonstration assez convaincante mais qui ne règle pas le problème du concepteur (quelle est la place qui lui est laissée ?).

Des previews de Flash Catalyst ont été distribuées en fin de session mais elle ne tourne que sur Mac. Á suivre…

Advanced Papervision 3D

carlosuolla

Beaucoup de monde à cette session pour voir le fameux Carlos Ulloa :

  • Déjà deux ans d’existance pour la librairie Papervision3D ;
  • Il est en train de créer un nouveau studio (HelloEnjoy.com) avec un nouveau site web très impresionnant (et un showcase pour Papervision3D) ;
  • Les formes arrondies sont vraiment problématiques en 3D car elles nécessitent beaucoup de polygones ;
  • Explications très techniques sur les cpontraintes de rendu des reflets, de l’ombrage, de la lumière ;
  • Nouvelle fonctionnalité = Advanced Mapping pour un rendu encore pus réaliste (peut- être dans la V.3) ;
  • Des améliorations ont été apportées au moteur physique (avec des caractéristiques de rigidité, d’élasticité, de densité…) cf. Box2D ou Phun ;
  • Autre exemple de moteur physique très impressionant : SideRoller.com/wck ;
  • Très belle démonstration du moteur physique 3D avec un gros 4*4.

 

bigfoot

La suite demain…

En route pour Milan

Comme chaque année en décembre, Adobe organise l’édition européenne de MAX (la grande messe des interfaces riches). Cette année ça se passe à Milan et votre serviteur est déjà sur-place afin de couvrir ces 3 jours de conférences.

milan

 

Normalement il ne devrait pas y avoir de nouvelles annonces depuis l’édition US (cf. Flash devient une marque ombrelle et autres annonces d’Adobe) mais j’ai quand même hâte de voir tourner les toutes dernières versions de Catalyst et d’en prendre plein la vue lors du keynote (généralement riche en études de cas).

Ce soir c’est sortie en ville avec l’équipe d’Adobe et quelques journalistes mais dès demain matin je serai sur le point à la première heure.

Y aura-t-il un avant et un après Google Chrome ?

Google a lancé hier son navigateur web (Google Chrome), cette information a déjà été largement commentée sur quasiment l’ensemble des blogs de la planète. Une vague sans précédent d’analyses et d’affabulations qu’il serait grand temps de rectifier : Google Chrome n’est ni un Web OS ni un Windows Killer. A la limite ce n’est qu’une étape (logique) de plus dans un processus de transformation initié il y a quelques années.

Dans tous les cas de figure, il faut plus que jamais savoir lire entre les lignes et anticiper les bonnes transformations.

Avions-nous besoin d’un nouveau navigateur ?

Avant toute chose je tiens à préciser que j’ai été grandement impressionné par ce tout nouveau Chrome (qui n’est qu’une version beta d’un produit qui sera officiellement lancé dans quelques mois) : rapide et très simple d’usage, c’est une authentique réussite.

chrome_new

 

Mais en creusant la question, je me rends compte que Firefox ou Opera sont des navigateurs ayant eux aussi fortement impressionné la communauté à leurs débuts. La toute dernière version de Firefox est ainsi tout à fait stable, rapide et sécurisée. Il est en plus possible de le coupler avec Google Gears (ou Prism) pour qu’il puisse prendre en charge le mode offline des applications en ligne.

Certes il y a cette gestion de la mémoire qui peut poser des soucis pour les navigateurs actuels, mais à qui ? Soyons honnête : qui avait réellement ressenti une gène parce que Firefox monopolise parfois plus de 200 Mo de mémoire vive ? Qu’est-ce que 200 Mo pour des ordinateurs qui en embarquent au moins 1 Go ? Bien évidement si cette gestion de la mémoire peut être améliorée c’est une très bonne chose, mais à part une poignée de développeurs chevronnés, qui s’en était réellement plaint avant ?

Idem pour l’interface : j’adore ces onglets qui sont positionnés au-dessus de la barre d’adresse, de même que la page de démarrage avec la mosaïque de sites web mais Opera propose ça depuis longtemps. Avez-vous pour autant abandonner votre navigateur habituel ?

Donc au final, tout s’améliore, mais le marché n’était pas réellement en attente d’un nouveau navigateur. Peut-être d’une nouvelle version de Firefox, mais pas d’un nouvel entrant.

Qui sont les gagnants, les perdants et les autres ?

Contrairement à ce que vous avez pu lire sur de nombreux blogs qui étaient visiblement pressés de tirer des conclusions hâtives, le lancement de Chrome ne va pas beaucoup menacé Firefox et IE. Du moins pas dans cette configuration de marché.

D’une part parce que Firefox est un navigateur issu de la communauté, c’est le bébé des internautes avertis. A une époque où les power users commencent à être de plus en plus inquiets de l’omniprésence de Google, pourquoi iraient-ils se jeter dans la gueule du loup en adoptant ce nouveau navigateur ? De plus, Google Chrome est jusqu’à preuve du contraire encore très largement limité en termes d’évolutivité et de fonctionnalités du fait de l’absence de prise en charge de plugins. Quand je vois ce qu’est capable de faire Firefox avec des extensions comme Greasemonkey ou Ubiquity, je me dis que Chrome est encore largement à la traine (mais où est la gestion des flux RSS ? Ou est l’équivalent de AdBlock ?). Bref, pas d’inquiétude pour le moment du côté de Mozila (cf. le billet du CEO : Thoughts on Chrome & More). Google a peut-être embauché les meilleurs ingénieurs de la planète, mais Mozilla de son côté a sû mobiliser une communauté conséquente qui sait faire preuve de réactivité. La preuve : une V3.1 est déjà programmée pour la fin de l’année et elle intègrera une machine virtuelle Javascript encore plus rapide que celle de Chrome : Firefox, Chrome already fighting over who’s faster.

D’autre part, parce que Internet Explorer est encore et toujours le navigateur web par défaut de l’ensemble des PC qui sortent sur le marché (et Safari pour les Mac). Firefox a réussi le tour de force de capter près de 25% de parts de marché, mais cela représentait les 25% des parts les plus faciles à capter. Á partir du moment où les utilisateurs lambda peuvent se connecter dans de bonnes conditions (et ils peuvent le faire avec IE 7), pourquoi changeraient-ils ? Je suis persuadé que s’ils n’ont pas installés Firefox ils ne seront pas forcément plus motivés pour installer Chrome. En fait, seul une réelle offre différenciante de la part de Google pourrait provoquer un report massif des utilisateurs. En attendant, ce n’est pas une version beta qui montre déjà des faiblesses (cf. A bug in Google Chrome et Bad News: Google Chrome Crashes Completely) qui va convaincre les utilisateurs les plus frileux. Et la situation en entreprise est encore pire : on y voit encore des version 6 d’IE.

Maintenant que ces deux acteurs là sont traités, intéressons-nous aux perdants :

  • Opera qui se retrouve maintenant encore plus isolé. De qui Opera est-il réellement l’alternative ? Quelle proposition de valeur est susceptible de faire la différence ? Difficile à dire. Même s’il reste encore à Opera des spécificités (gestion des widgets…), je suis très sceptique quant à leur capacité à séduire les utilisateurs. Par contre ils disposent de versions mobiles tout à fait convaincantes qui peuvent leur permettre de financer la R&D du desktop.
  • Adobe qui aimerait bien imposer Flash et AIR comme standards de création d’applications en ligne. La nouvelle machine virtuelle Javascript de Google Chrome couplée au framework GWT et à Gears représente ainsi une alternative tout à fait crédible avec des applications en ligne (voir plus loin). Mais il reste tout de même un marché des RIA largement assez grand pour que les comptes d’Adobe reste dans le vert.

Donc au final rien de très déstabilisant pour l’écosystème du web. De même, ce lancement va bénéficier à d’autres acteurs :

  • Apple et son Safari qui va indirectement revenir sur le devant de la scène et être enfin pris en compte par la communauté des développeurs (vu qu’il exploite le même coeur – Webkit – que Chrome).
  • Les partenaires de Google (comme Sales Force) et autres applications en mode Software as a Service qui ont optés pour une approche sans plugin voir pour les technologies Google comme GWT (à l’image de Contact Office). Ces acteurs vont forcément être ravi de l’arrivé de Google comme promoteur d’un navigateur léger, stable et rapide.
  • Amazon qui était le grand invité de la fête de lancement (longue démonstration du Smart search engine detection largement reprise par les médias). De toute façon Amazon est compatible avec tous les navigateurs…

Voilà, au final les perdants ne seront pas forcément ceux auxquels on pense en premier lieu. À moins que Google ne change de stratégie et ne sorte un Chrome V.1 sur-vitaminé avec une tonne de nouvelles fonctionnalités (et surtout des droits pour accéder aux couches basses de l’OS).

Chrome est une aubaine pour les applications en ligne

Au vue des premières secondes d’utilisation avec les applications en ligne made in Google (Gmail, Reader…) force est de constater que Chrome est taillé pour les applications en ligne : elles se comportent comme des applications traditionnelles (fenêtre autonome, lancement depuis le menu « Démarrer », gestion isolé des ressources et de la mémoire…). Lire à ce sujet le billet suivant : Google Chrome: A browser for RIAs and a Firefox Killer.

chrome_app

 

Bon par contre cela ne règle pas le problème d’accès au hardware ou au disque dur (cf. Thinking about Google Chrome from a Flash/AIR Perspective) qui restent un des argument fort de AIR ou d’autres technologies de Rich Desktop Applications.

Chrome n’est pas un Web OS

Autant le dire tout de suite, la comparaison avec un éventuel Google OS relève plus du phantasme que d’autre chose. La preuve : Chrome se comporte comme une application (représentation fenêtrée et redimensionnement).

Des services comme Jooce ou Cloudo proposent une expérience bien plus proche de ce que doit proposer un Web OS et pourtant ce ne sont « que » des sites web ! Pour prétendre au titre de Web OS (ou de Google OS), il faut être en mesure de fournir les fonctions adéquats comme par exemple de la synchronisation de préférences (comme Mozilla Weave) ou de données personnelles (comme MobileMe).

La stratégie de Google est plus de rapatrier progressivement dans les navigateur des fonctionnalités qui sont historiquement prises en charge par le desktop (applications = mail, bureautique, calendrier… OS = stockage…). Mais c’est une stratégie de longue haleine qui a été initiée il y a de nombreuses années. Donc de ce point de vue là il n’y aura pas d’avant et d’après Chrome, il y plutôt un avant et un après Google.

Quels sont les scénarios d’évolution probables ?

Une fois que toutes ces précisions ont été apportées, passons maintenant aux scénarios d’évolution :

  • Couplage natif de Chrome avec les applications (Picasa, Earth, Lively, Desktop…) et services (Gmail, Reader, Notebook, Calendar, Maps…) pour en améliorer les performances et « forcer » l’adoption ;
  • Inclusion de Chrome dans les offres aux entreprises (toujours en prenant le prétexte des performances ou de la sécurité) ;
  • Développement ou rachat d’un OS basé sur Linux… et sur Chrome (notamment pour équiper le segment à très forte croissance des netbooks comme le Eee-pc).

Si vous voyez d’autres scénarios, n’hésitez pas à les développer dans les commentaires.