Un dossier complet sur les modes de lecture des listes de résultat de recherche

Le JDNet vient de publier un dossier très complet sur les résultats d’une analyse de eye-tracking portant sur les modes de lecture des listes de résultats de recherche : Comment les internautes lisent les résultats de recherche.

Exemple de Eye-tracking

Je vous recommande vivement la lecture complète de ce dossier, mais si vraiment vous n’avez pas le temps (et ça serait bien dommage), voici un petit résumé :

  • Les internautes lisent les résultats de recherche de manière linéaire ;
  • La majorité d’entre eux survolent au moins trois à quatre résultats ;
  • Plus un résultat sera bas dans la page, moins il a de chance d’être vu et cliqué ;
  • Un résumé plus long (6 à 8 ligne) aide les internautes à choisir le bon résultat.

Mais encore une fois, la lecture du dossier vous apporte des informations précieuses.

De l’intérêt de soigner les tableaux de bord

Ceux qui ont mis en oeuvre ou pilotent une activité d’analyse d’audience savent à quelle point cette démarche est consommatrice de temps et d’énergie (voir à ce sujet mon précédent billet : Connaissez-vous la règle des 10/90 ?). Voilà pourquoi les éditeurs de solutions proposent des tableaux de bord synthétiques à destination des décideurs pour que ces derniers puissent évaluer la situation en un coup d’oeil.

Oui mais voilà, tous les tableaux de bord ne sont pas égaux. Rares sont ceux qui ont compris que less is more, comprenez par là qu’un bon tableau de bord sert avant tout à afficher moins d’informations (uniquement les plus pertinentes) et éviter ainsi un phénomène de saturation.

Avinash Kaushik vient de publier un billet très intéressant sur le sujet : Web Analytics Tools: Does User Interface (UI) Matter?. Il compare ainsi deux tableaux de bord dont celui de Measure Map, un outil d’analyse d’audience des blogs racheté par Google l’année dernière (et toujours pas intégré à Google Analytics) :

Le tableau de bord de Measure Map

Ce tableau de bord est à la fois un modèle de simplicité, d’efficacité et d’élégance. Pour la petite histoire, c’est Jeffrey Veen qui a supervisé la réalisation de l’outil.

La bible des formulaires en ligne

Si vous êtes encore en train de chercher de l’inspiration pour refondre et améliorer vos formulaires en ligne alors arrêtez de chercher. Luke Wroblewski (mon mentor) vient de publier un document de synthèse sur les meilleurs pratiques pour les formulaires en ligne : Best Practices for Web Form Design (ficher PDF, 3.9 MB).

C’est bien simple : tout y est, tout. Je suis stupéfait par la richesse de ce document et surtout par le fait qu’il soit téléchargeable gratuitement. Si vous ne devez télécharger qu’un seul document cette année alors ça sera celui-là.

Une étude sur l’ergonomie des blogs

Le JDNet vient de publier une étude sur l’ergonomie des blogs : L’ergonomie des blogs à la loupe. Une démarche intéressante puisque 8 blogs sont passés à la loupe (dont celui de votre serviteur).

Les commentaires faits sur les différents blogs sont sans surprise : problème de lisibilité, pas assez d’explications sur les flux RSS, les trackbacks… Par contre, certaines remarques sont parfois surprenantes :

  • les titres de ce blog sont jugés trop gros, ce qui peut provoquer une déstabilisation du lecteur (Ha bon ? Mais il fallait me le dire enfin !) ;
  • tronquer les billets permet d’alléger la mise en page et de parcourir rapidement l’ensemble des derniers billets publiés (heu… plutôt l’ensemble des premières lignes des derniers billets publiés, non ?).

Bref, je reste sur ma faim. L’auteur de l’étude ne se prononce pas réellement sur les publicités (comment les intégrer de façon élégante ?), ni sur les abominables widgets et autres stickers qui polluent les colonnes de droite. Quid également du format de rédaction ? Car c’est à mon sens un élément primordial : les blogs sont essentiellement textuels, une belle mise en page ne compense pas un style éditorial défaillant (longueur des phrases et des paragraphes, utilisation du gras et des intertitres, labellisation des liens…).

En fait, l’auteur de cette étude ne se concentre que sur l’aspect graphique des blogs et oublie qu’une grande partie des lecteurs ne lisent « que » le texte brut à l’aide d’un lecteur de flux.

Mon point de vue tranché (qui peut faire débat mais je m’en fout parce que je suis chez moi) : peu importe la mise en page du blog, le plus important est de soigner le style de l’écriture car c’est ce qui compte réellement. Que ce soit dans une configuration lecture sur le site (puisque la partie inconsciente de votre cerveau masque à votre insu le cadre et la mise en page pour vous permettre de vous concentrer sur le texte) ou en mode lecture via un lecteur de flux (où le traitement graphique est réduit à sa plus simple expression).

Bref, c’est avant tout le style d’écriture qui conditionne l’expérience des utilisateurs de blogs (les lecteurs ou consommateurs des billets) et non la mise en page.

Pour avoir un autre avis, je vous recommande également ce très bon article : Weblog Usability: The Top Ten Design Mistakes.

Vous êtes plutôt recherches ou expertise (ou les deux) ?

Je suis passé complètement à côté d’un très bon article publié par Dan Saffer d‘Adaptive Path : Research Is a Method, Not a Methodology.

L’auteur y expose son point de vue en matière de méthodologie de projet, et plus précisément sur l’utilisation de recherches et d’expertises. Selon ce dernier :

  • la qualité du résultat final n’est pas directement liée à la durée de la phase de recherche ;
  • 80% des enseignements d’une longue phase de recherche peuvent être anticipé par un expert.

Et ce dernier de citer les faits suivants : les équipes de Microsoft ont effectué une recherche de près de 2 ans avant d’accoucher de Vista alors que celles d’Apple n’en ont pas réalisé pour Mac OS X. Alors attention, je ne suis pas en train de critiquer le travail des équipes de Microsoft ou de comparer Vista à Mac OS X (pas de troll SVP), mais plutôt de vous expliquer pourquoi j’adhère à ce point de vue.

Dans mon quotidien professionnel, je suis persuadé que les méthodes de recherche (tri par carte, interviews qualitatifs…) peuvent apprendre beaucoup de chose (et notamment les lacunes d’un site web), mais qu’il est possible d’en déduire plus de 80 % en faisant appel à son expérience / expertise et à son bon sens.

Le message que je souhaite faire passer est que la phase de recherche ne doit pas nécessairement se faire en amont du projet. Le gros avantage des sites web et services en ligne c’est leur flexibilité. Il est ainsi plus productif (et plus rentable) de faire une refonte en se fondant sur le travail d’un expert puis d’affiner cette refonte avec des travaux de recherche après le lancement (eye-tracking, tests utilisateurs…) plutôt que l’inverse.

En règle générale je préconise l’approche suivante à mes clients :

  1. Compiler et exploiter les données-utilisateurs déjà recueillies (analyse des statistiques, épluchage des messages de réclamation, interview avec les équipes du centre d’appel…) ;
  2. Pratiquer une revue experte du site pour identifier les défauts et points bloquants ;
  3. Réaliser une étude concurrentielle pour nourrir une réflexion sur les choix de conception (le cahier d’exemples est mon instrument de travail favoris) ;
  4. Concevoir et réaliser la nouvelle version du site au sein d’une équipe réduite ;
  5. Lancer le site en le couplant avec un système de feed-back (et d’analyse de la performance) ;
  6. Conduire des études et recherches visant à affiner le travail de conception (tests auprès d’utilisateurs, eye-tracking…).

Cette démarche est de loin celle qui génère les meilleurs résultats en minimisant le temps et le budget. Pour avoir un point de vue similaire mais mieux argumenté, je vous recommande celui de Michael Carpentier : Recherche utilisateur vs expertise.

J’adorerais confronter mon point de vue avec vous, mais j’espère que cela ne va pas dégénérer dans les commentaires…