Après les RIA, voici les RDA

Si vous suivez ce blog régulièrement, alors les RIA (Rich Internet Application) n’ont plus de secrets pour vous. Par contre, connaissez-vous les RDA (Rich Desktop Application) ?

Les RDA sont les applications riches du poste de travail. Comprenez par là que ce sont des applications, au même titre que votre traitement de texte ou votre logiciel de messagerie, sauf que ces applications riches sont déployées à la volée et exécutées sur une machine virtuelle. Gloups ! Et oui, ça calme comme définition, non ? Pour vous aider à bien faire la différence, je vous propose de revenir sur ce que sont les RIA puis de vous donner des exemples concrets de RDA.

RIA = Writely (heu… Google Docs)

Une RIA est une application qui se lance depuis votre navigateur et qui est exécutée à l’intérieur de ce dernier. WritelyGoogle Docs est ainsi un traitement de texte en ligne qui n’est pas installé sur votre poste de travail mais que ressemble à une application traditionnelle.

Les technologies de références pour faire des RIA sont :

  • AJAX ;
  • Flash / Flex ;
  • OpenLaszlo.

RDA = AjaxWrite

Prenons maintenant un autre exemple dans le même domaine : AjaxWrite est également une application en ligne mais qui s’exécute en dehors de votre navigateur. Oui je sais, vous allez me dire : mais… il s’exécute dans la fenêtre de votre navigateur, mais je vous répondrais : pas tout à fait.

C’est là où les choses se compliquent et où j’ai besoin de votre attention. En fait, AjaxWrite n’est pas exécuté par Firefox lui même mais par XulRunner, une sorte de machine virtuelle sur laquelle on peut faire tourner des applications en XUL. C’est un peu complexe à comprendre dans la mesure où Firefox utilise ce fameux XulRunner comme moteur d’affichage.

Donc pour faire simple : il est impossible d’exécuter Google Docs sans Firefox, par contre il est tout à fait possible de faire tourner AjaxWrite sans Firefox (du moment que vous avez installé XulRunner). Vous remarquerez que ce principe de machine virtuelle n’est pas neuf : le langage Java exploite déjà cette architecture depuis son lancement.

Le meilleur des deux mondes

Le principal intérêt des RDA est de pouvoir allier la praticité des RIA (légèreté, pas besoin d’installer l’application pour s’en servir) et la robustesse des applications traditionnelles (temps de réaction, stabilité…). Car il faut bien avouer que Google Docs est une belle prouesse technologique, mais qu’à utiliser au quotidien, c’est un peu pénible (lenteur, plantages).

Il est ainsi tout à fait possible de se connecter à un site, de lancer une application riche de type RDA (qui va se télécharger et s’exécuter à la volée en quelque secondes comme AjaxWrite) et de pouvoir l’utiliser par la suite en mode déconnecté avec une grande souplesse (l’application vérifiant s’il n’y a pas de nouvelle mise à jour à chaque nouvelle utilisation).

Pour rentrer dans des considérations plus techniques, il existe différentes technologies pour faire des RDA :

  • en Java à l’aide de Java Web Start, Eclipse RCP ou encore NetBeans RCP ;
  • en XUL (le langage de description d’interfaces de Mozilla) avec XulRunner ;
  • en XAML (le langage de description d’interfaces de Microsoft) avec la machine virtuelle de Microsoft (SmartClient.Net) ;
  • il faut également parler d’Apollo, le futur player universel d’Adobe (PDF, Flash, HTML) qui va également permettre de faire des choses très itnéressantes.

D’autres exemples ?

Il existe de nombreux exemples de RDA mais celui qui me plait le plus est le Mozilla Amazon Browser (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet il y a plus de deux ans) : une application riche pour parcourir le catalogue d’Amazon que l’on peut installer sur son ordinateur ou exécuter directement en ligne.

Et là vous me direz : et iTunes dans tout ça ?, et je vous répondrais : Ha non, iTunes est une application connectée. Nous sommes donc dans une configuration différente puisqu’il faut installer iTunes et le mettre à jour manuellement. De même pour Google Earth, c’est également une application traditionnelle mais qui se connecte à internet pour récupérer les données cartographiques.

Quelques réserves…

Je suis certain que mes explications feraient hurler des puristes comme Didier, Daniel ou Guillaume, mais voilà… il faut bien que je prenne des raccourcis pour vulgariser une notion complexe à expliquer.

Pourquoi est-ce que je cherche à vulgariser les RDA ? Tout simplement parce que leur potentiel est immense et qu’elles sont peut-être LA solution qui pourrait réconcilier deux mondes qui se font la guerre : les géants des services en ligne (Google, Yahoo!, SalesForce…) et les géants du logiciels (Microsoft, Oracle, MacromediaAdobe…).

Publier vos diaporamas en ligne

Je viens de découvrir un service redoutable : SlideShare. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un service en ligne avec lequel vous pouvez publier et partager vos diaporamas. Là où ce service est particulièrement intéressant c’est qu’il accepte les diaporamas au format Powerpoint et OpenOffice pour les transformer en Flash.

En résumé, SlideShare est aux diaporamas ce que YouTube est aux vidéos : un lecteur universel en ligne. En plus, cette solution se révèle idéale pour récolter des commentaires sur chacune des diapos ou même pour archiver des présentations.

En plus, il est possible d’encapsuler vos diaporamas dans un billet comme ici avec cette présentation donnée lors du Web Desing Festival : Ergonomie incitative.

https://s3.amazonaws.com:443/slideshare/ssplayer.swf?id=3977&doc=ergonomie-incitative-mythe-ou-ralit-19877

Alors, qu’est-ce qu’il en pense monsieur Micro$oft ?

Du Flash pour épater la galerie

Il est amusant de constater qu’à chaque fois que je présente des sites innovant en Flash, la sanction est immédiate : pas accessible.

Donc maintenant je préfère prévenir d’emblée : les sites suivants ne sont pas accessibles, mais qu’est-ce qu’ils sont beaux !

  • Volvo C30 (ne ratez surtout pas le configurateur visuel) ;
  • Nike Store (la nouvelle version de la boutique en ligne de Nike, il me semble qu’il existe une version dégradée en HTML) ;
  • Audi R8 (mon préféré, avec une intro digne d’un James Bond).

Je crois bien que si j’avais touché 10 € à chaque fois que les problématiques d’accessibilité liées à flash ont été abordé sur ce site, j’aurai pû me payer cette petite Audi R8 ;-)

Un sélecteur de produit en or

Je viens de tomber sur une interface riche qui va directement rentrer dans la liste de mes meilleurs exemples : Sqoops. Il s’agit d’un site de vente en ligne de jeux vidéo qui fait une utilisation intensive mais judicieuse de Flash pour son interface de recherche :

sqoops

 

Voici pourquoi l’utilisation de Flash est judicieuse dans ce cas précis :

  • la nature du produit (les jeux vidéos) et le public visé (les jeunes et jusqu’à 35 ans) justifie l’utilisation d’une interface qui sorte de l’ordinaire (par rapport à un banal formulaire) ;
  • le secteur de la vente de jeux vidéos est ultra-concurrentiel, il faut donc se démarquer ;
  • la représentation flottante des boîtes des jeux ainsi que les curseurs en bas de l’écran n’est pas sans rappeler les interfaces des jeux vidéos eux-mêmes ;
  • l’activation du filtre par genre entraîne une modification du fond (qui devient contextuel) ;
  • le comportement des info-bulles géantes au survol de la souris est agréable et intuitif ;
  • la fiche des jeux reprend le même principe avec des copies d’écran qui flottent.

Oui je sais cette interface n’est pas du tout accessible, mais il suffit juste de prévoir une version HTML. En attendant, l’expérience est tout à fait saisissante et l’on se surprend à explorer un catalogue de jeux que l’on connaît par coeur mais dont la manipulation est hypnotisante.

Cet exemple n’est pas forcément à reproduire dans un autre contexte mais il donne de bonnes idées… (merci à Alexandre pour le lien)

Google Earth + Google Vidéo + Google Local = bannière pour Saturn

La marque américaine Saturn vient de lancer une campagne de publicité en ligne tout simplement renversante : à partir d’un système de géo-localisation des utilisateurs (via l’adresse IP et une technologie propre à Google Local), la bannière affiche une vue plongeante depuis l’espace (via Google Earth) qui grossit jusqu’à afficher la vue aérienne du concessionnaire de votre région et enchaîne sur une vidéo du patron (via Google Vidéo) qui vous fait l’article de la dernière Saturn.

L’effet visuel est tout simplement ahurissant, et vous pouvez en avoir un aperçu ici : Saturn Detour.

On commence par une vue depuis l’espace :

Saturn-GoogleEarth1

 

… puis une vue de la région :

Saturn-GoogleEarth2

 

… puis une vue de la concession :

Saturn-GoogleEarth3

 

… et enfin la vidéo du patron :

Saturn-GoogleEarth4

 

Voilà de quoi vous faire apprécier les bannières à nouveau ! (via Three Minds)