Une conférence virtuelle sur le marketing des mondes virtuels

Les jeux en ligne massivement multi-joueurs (MMOG en anglais) excitent de plus en plus les marketeux ainsi que les entrepreneurs. Pourquoi ? Tout simplement parce que les joueurs y passent de plus en plus de temps et surtout parce que tous ces environnements virtuels persistants sont encore (quasi) vierges de publicité.

Voilà pourquoi l’université d’Harvard et son Berkman Center for Internet and Society a organisé une conférence sur le Avatar-based Marketing. Et bien entendu, cette conférence s’est déroulé dans l’univers de Second Life, un des univers virtuels les plus peuplés.

Pour ceux que ce sujet intéresse, je vous recommande la retranscription de la conférence ou encore cette série d’articles du Wired Magazine : The New World of Games et Making a Living in Second Life. (via Three Minds)

MAJ (04/07/2006) : A voir également cet article publié sur InternetActu : Pourquoi les contenus générés par les utilisateurs de jeux vidéos sont-ils importants ?.

Mes prédictions pour le second semestre 2006

Oui je sais, traditionnellement les prédictions se font en fin d’année. Mais je trouve ça intéressant de casser le rythme et d’essayer de prédire ce qui risque d’arriver dans les 6 prochains mois. En plus, l’actualité du web 2.0 est tellement chaude en ce moment qu’il faut prédire vite, très vite !

Voici donc mes 7 prédictions pour le second semestre 2006.

1/ Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Après sa solution de Search, il y a fort à parier que Google va prochainement lancer des offres équivalentes (software + hardware) pour les messageries d’entreprise (via GMail) ou pour la bureautique (via Writely ou Google Spreadsheets).

La stratégie de Google est d’évangéliser ses services en proposant un accès gratuit aux particuliers, puis de les proposer sous forme d’offre avec un contrat de maintenance évolutive (la solution évolue au fur et à mesure des améliorations de la version grand public). Il reste encore deux inconnus de taille : le modèle de tarification ainsi que les pays ciblés.

2/ Facebook ne se fait racheter par personne

Récemment, la prise de participation de 0,5 % du groupe de communication IPG dans le capital de Facebook valorise ce réseau social à près de 2 milliards de dollars (plus d’infos ici : IPG Takes Stake in Facebook).

A ce niveau de valorisation, je me demande bien qui va pouvoir le racheter !

3/ Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

L’arrivée en France de MySpace va amorcer une lame de fond qui va faire décoller les réseaux sociaux déguisés en communautés (vous connaissez les Skyblogs ?). Le créneau des jeunes sera partagé entre Skybog et MySpace. Les utilisateurs plus âgés (qui ont d’autres centres d’intérêt que le rap et les plans drague) s’orienteront vers des niches verticales comme Boompa ou Cork’d.

Les prochaines niches à valeur ajoutée seront :

  • les enfants, avec un système de contrôle parental (comme sur Imbee) ;
  • les jeunes mamans, avec des services de recherche de nounous ou des bourses d’échange de produits de puériculture (MommyBuzz est un bon candidat) ;
  • l’immobilier, avec des petites annonces fonctionnant sur le bouche-à-oreille, la recherche de co-locataires, d’idées déco…

4/ MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Suite au succès de MySpace et aux projets concurrents lancés par des ex-employés (comme MOG), MTV ne peut rester sans rien faire et va très certainement tenter un retour en force (via sa maison-mère Viacom) sur un créneau où elle est plus que légitime.

Différentes options s’offrent à la chaîne :

  • monter un service de toutes pièces (peu probable) ;
  • racheter un service déjà lancé et proposant un petit plus par rapport à MySpace (au hasard, DailyMotion et son service de partage de vidéos) ;
  • se recentrer sur son coeur de métier et attaquer les jeunes avec des services en ligne ciblés sur des niches verticales (comme Find a Goth par exemple).

5/ OpenAjax s’enlise

Je sais bien qu’il est important de standardiser et de rationaliser… mais bon, soyons réalistes : Ajax n’est qu’une transition. Comme le dit très bien Laurent Jouanneau dans un commentaire d’un précédent billet : ça n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. En d’autres termes, Ajax est une ultime tentative pour rendre le HTML sexy, mais il arrive à ses limites.

Dans ce cadre, avons-nous réellement besoin d’un consortium comme l’OpenAjax Alliance pour statuer sur une ‘technologie‘ condamnée à moyen terme (3 à 4 ans) ? Et cela d’autant plus que les poids lourds de l’internet ont déjà tiré leurs cartouches.

6/ Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le magazine Wired et InternetActu ont fait de très bons articles sur le crowdsourcing. Pour faire simple, le crowdsourcing (par analogie avec l‘outsourcing) désigne l’externalisation par les entreprises de certaines tâches (R&D ou main d’oeuvre) à une communauté d’individus auto-organisés. Sur ce créneau, des places de marché se sont développées pour servir d’intermédiaires entre des sociétés qui cherchent de l’expertise ou de la main d’oeuvre et ceux qui en ont à proposer. Ces places de marchés fonctionnent sur le principe de récompenses (bounty) distribuées à ceux qui arrivent à résoudrent les problématiques.

Des services en ligne comme InnoCentive, Amazon Mechanical Turk ou encore Google Answers sont ainsi promis à un très bel avenir. Allez donc y jeter un oeil pour vous en rendre compte.

7/ Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Après plus d’un an de gestation dans la blogosphère et les conférences spécialisées, les concepts associés au web 2.0 (réseaux sociaux, plateformes collaboratives, mashup, microformats…) commencent à faire parler d’eux dans les médias traditionnels (tribune de Pierre Chappaz dans Libération, émissions spécialisées sur BFM ou Europe1…).

Face à la montée en puissance de ce phénomène (amorcée par les Skyblogs), les grandes entreprises vont progressivement sortir de leur léthargie et commencer à expérimenter et tester la viabilité de ces nouveaux concepts. Nous avons ainsi déjà pu observer de nombreuses initiatives de marketing viral par les grandes marques, mais le potentiel des logiques collaboratives, voir la théorie de la Longue Traîne (The Long Tail en anglais), est encore largement sous-exploité aujourd’hui. Aujourd’hui…

8/ Ha non mince, j’avais dis 7 prédictions, pas plus !

Voilà, je ne prétends pas détenir la Vérité Ultime, il n’empêche que c’est toujours très stimulant de se livrer à ce genre d’exercice. Et vous, c’est quoi vos prédictions ?

Un nouvel âge d’or pour la vidéo en ligne ?

Faisant suite à un article publié sur le JDNet (2006, l’année de la vidéo en ligne), je m’interroge sur une possible explosion des usages autour de la vidéo en ligne et plus particulièrement autour de la manipulation de ces vidéos.

Je m’explique : les vidéos en ligne ça n’a rien de neuf. Par contre, les contenus vidéos personnalisables (à l’instar du Trailer Crahsers) c’est déjà beaucoup plus rare, et nous n’en sommes qu’au début.

La prochaine étape (et visiblement elle est derrière nous) est de permettre aux internautes de modifier et remixer eux-mêmes des contenus vidéos. Par le passé, les internautes devaient avoir recours à des outils spécifiques (comme iMovie et consorts), mais les choses ont changé. C’est là qu’entrent en scène deux services en ligne révolutionnaires.

Motionbox tout d’abord qui n’est pas encore officiellement lancé qu’il bénéficie déjà d’une bonne presse : le site TechCrunch en présente ainsi les principales caractéristiques : édition, montage, utilisation de nouvelles bandes-son

L'interface de motionbox

Encore plus fort, Jumpcut qui permet aux utilisateurs de rajouter des effets spéciaux aux vidéos (voir une description détaillée toujours sur TechCrunch).

L'outil d'édition en ligne de 'Jumpcut'

Ces deux services ouvrent la porte à une véritable révolution : la possibilité de récupérer des bouts de contenus vidéo (via un système de tags), de les éditer (recadrage, effets spéciaux…) puis d’en faire un nouveau montage.

Pour vous donner une idée des possibilités que cela donne, je vous propose de découvrir cette fausse bande-annonce : Titanic 2 Preview.

De même, je vous invite à explorer les nombreuses parodies du film Snakes on a Plane, pas encore sortie en salle mais déjà fortement décrié.

Attention toute fois à ne pas mettre cela entre toutes les mains, notamment dans le cadre d’un opération de marketing virale (du type Créez vous-même la publicité pour notre produit). Chevrolet en a fait les frais dans sa dernière campagne The Apprentice (détournée par un militant contre la guerre en Irak).

Alors, qui se lance ?