Bientôt un univers virtuel chez Google ?

C’est la question que se pose le (très respectable) site Google Operating System : A Social Network for Google Earth?.

Selon l’auteur, un « acteur majeur de l’internet » serait en train de recruter des étudiants de l’université de l’Arizona pour tester un nouveau service qui mélangerait réseau social, modélisation 3D et avatars.

Plusieurs indices troublants viennent étayer la théorie de l’auteur :

  1. Pour s’inscrire à ce nouveau service il faut un compte Gmail ;
  2. L’université de l’Arizona est une grosse consommatrice de services Google (Apps, Search, Maps, Earth…) ;
  3. Google dispose de locaux au sein de cette université.

 

GoogleVirtualAvatar

Pour être tout à fait honnête, je doute que Google soit prêt à transformer Google Earth en un univers virtuel. Cet outil est avant tout destiné à accompagner la stratégie de localisation de l’offre de Google (Search, AdWords, AdSense…) plutôt qu’à se métamorphoser en une ère de jeux. De plus, cela a été confirmé par leur CTO : Avatars, Google Earth, and what might be.

Il s’agirait donc plus probablement d’une évolution d’Orkut pour y intégrer des fonctionnalités centrées sur des avatars en 3D à la IMVU. Une manœuvre très intéressante car cela permettrait enfin au réseau social de Google de se démarquer de la concurrence (MySpace, FaceBook…) en proposant des fonctionnalités différenciantes et surtout en ouvrant d’immenses opportunités de business. Essayez un peu d’imaginer ce que pourrait devenir le Google 3D Warehouse (où n’importe qui peut commercialiser ses créations 3D) avec des millions d’avatars à relooker et à équiper ?

Bref, autant vous dire que cette hypothèse me laisse fébrile. Si elle se confirmait, cela présagerait d’une bataille terrifiante (à la David et Goliath) entre Facebook et Google. Ce dernier vient d’ailleurs d’annoncer la livraison prochaine d’une simili Google Platform pour faire de la concurrence à la Facebook Platform (un autre signe ?).

Et vous, c’est quoi vos hypothèses ?

Non au spam social de Quechup !

Grosse frayeur ce matin en découvrant des centaines de messages en réponse à des invitations pour rejoindre le réseau Quechup, invitations que je n’ai jamais envoyées.

N’acceptez en aucun cas ces invitations (qui proviennent pourtant de mon compte de messagerie).Je m’excuse auprès des centaines (milliers ?) de victimes de ce spam social orchestré par ce qui semble être une nouvelle génération de voyous du web.

Honte à moi, comment ai-je pu me faire berner par ce service ? Visiblement je ne suis pas le seul à être tombé dans le panneau, une simple recherche dans Google remonte un certain nombre de billets relatifs aux techniques honteuses et malhonnêtes utilisées par ce service :

Ce service repose sur un principe de prolifération virale diabolique. Voilà en gros comment s’est déroulé ce hold-up :

  1. J’ai reçu une invitation d’un proche me vantant les mérites d’un nouveau réseau social ;
  2. Comme je me passionne pour le web 2.0 et les réseaux sociaux je décide de cliquer sur le lien et de tester ce service ;
  3. Pas beaucoup d’informations sur leur site, aucun levier de différenciation par rapport aux autres réseaux ;
  4. Comme je suis un peu déçu et surtout intrigué par le fait que quelqu’un de mon entourage proche me recommande ce réseau, je décide de pousser un peu plus loin mon investigation ;
  5. Ils me proposent de rechercher dans mes contacts ceux qui sont membres dans ce réseau (une fonctionnalité « classique » déjà proposée par d’autres services comme Twitter ou Plaxo) ;
  6. J’entame alors un processus en plusieurs étapes (avec une étape finale de validation) pour fouiller dans ma base de contacts sous Gmail ;
  7. Un gros doute m’assaille, j’abandonne la procédure en cours et je me déconnecte ;
  8. Plus de nouvelle pendant plusieurs semaines, ni de relance de leur part ;
  9. Envoi massif d’invitations dans la nuit (sans mon accord) ;
  10. Grosse émotion ce matin en découvrant les centaines de messages (« Pourquoi cette invitation ?« , « Out of the office« …)

Et voilà, je me suis fait avoir comme un bleu, et je tremble à l’idée des centaines (milliers ?) d’invitations envoyées. Encore une fois je tiens à m’excuser publiquement pour la gène occasionnée. Et pour me faire pardonner, je m’engage à offrir un verre d’eau aux « victimes » que je croiserais au Yulbiz de la semaine prochaine ;-)

Plus sérieusement je suis choqué et profondément attristé par les méthodes de ces voyous. Qu’espèrent-ils ? Recruter un maximum de membres avec cette technique (à la limite de la légalité) et revendre leur service ? Une idée stupide et surtout une stratégie grotesque, car n’est pas Facebook ou LinkedIn qui veut.

Voilà en tout cas une bonne leçon qui nous met en garde contre la menace de ces nouveaux spameurs. Heureusement il est très simple de se désinscrire : Menu « Account » et cliquez sur « Cancel membership« .

Le pire dans cette histoire c’est que les spammeurs utilisent maintenant des techniques de plus en plus sophistiquées pour arriver à leur fin. Exemple avec cette incroyable histoire de chantage : This Guy Will Ask Spammers To Stop Spamming You.

Hypothèses d’évolution pour le web 2.0

Voilà maintenant plus de deux ans que je parle de web 2.0 sur ce blog. Il s’est passé beaucoup de choses en deux ans, aussi je vous propose de vous projeter dans l’avenir proche (pourquoi pas dans deux ans) et d’essayer d’anticiper quelles pourraient être les hypothèses d’évolution des services ayant fait le succès du web 2.0.

Ce billet ne parle pas du web 3.0 (quoi que…)

Nous pourrions appelez ça le web 3.0… mais cela risquerait de provoquer une autre polémique qui ferait de l’ombre aux services que je vais vous présenter dans ce billet. Je me suis déjà prêté l’année dernière à cet exercice délicat (Vers un web 3.0 ?) mais c’est un billet publié sur How To Split An Atom qui m’a le plus inspiré : How To Define Web 3.0. Si vous voulez vous projeter encore plus loin, je peux également vous recommander ce billet qui s’intéresse aussi au web 4.0 et au web 5.0 : What is Web 3.0?.

Donc pour résumer : appelez-ça le « web 2.1« , le « nouveau web 2.0« , le « web 2.0+« … appelez-le comme vous voulez mais faites au moins l’effort de méditer sur les concepts qui sont présentés dans ce billet avant de vous écrier « mais… c’est ENCORE une connerie de marketeux en mal d’inspiration !« .

Blog 2.0 : Vous êtes votre propre marque

Qui se souvient de la première fois où il a entendu parler de « blog » ? Oui je sais ça date… et pourtant, si vous faites abstraction de ces infâmes sidebar qui pullulent de widgets à la con, le principe des blogs n’a quasiment pas évolué : billets, commentaires, catégories.

Et pourtant, la relève est déjà là sous la forme de services de micro-blogging comme Twitter. J’ai choisi ce service comme exemple car c’est le plus connu. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce type de services ne laissent pas indifférent : soit on déteste, soit on reste hypnotisé. Je serais tenté de me rallier à l’opinion de Nicolas Clairembault (Twitter et les a-blogueurs : posons-nous 5 minutes pour en parler) mais je préfère plutôt m’intéresser à un service comme Jaiku qui est bien plus abouti (cf. Twitter + Plazes + Ziki = Jaiku).

En poussant un peu plus loin ce concept d’agrégation de l’activité quotidienne d’un individu, on en arrive à regarder d’un oeil moins méfiant les services de lifelogs comme LiFE-LiNE. Alimentée en permanence par nos actions quotidiennes, ces lignes de vie digitales sont le témoin et la mémoire de notre présence en ligne, de notre existence passée et présente.

Encore plus fort, puisqu’il est question de documenter notre quotidien, pourquoi ne pas en faire un documentaire filmé via une webcam allumée en permanence ? C’est ce que vous propose déjà de faire des services comme uStream : adapter aux individus le principe de lifecast.

Et là vous allez me dire : « mais pourquoi se donner autant de mal pour diffuser la banalité du quotidien d’inconnus ?« . Et je vous répondrais qu’il n’est pas ici question de trouver une audience qui sera intéressée par l’intégralité de vos publications, mais seulement par de petites portions. Les chaînes de télévision génèrent des dizaines de millions d’euros avec des émissions de télé-réalité, pourquoi ne pas laisser le principe de la longue traîne s’appliquer à ce type de contenu : excessivement banal mais tellement authentique. Souvenez-vous que sur le web tout le monde peut avoir son heure de gloire, alors autant prendre des précautions et ne pas rater sa chance !

Social Shopping 2.0 : Nous sommes tous des commerçants

Reparlons maintenant de micro-blogging mais dans un cadre de commerce en ligne : Tant qu’à documenter le quotidien d’un individu (ses actions, déplacements, rendez-vous…) pourquoi ne pas également documenter ses achats ? Nous pourrions ainsi imaginer un service à mi-chemin entre Shopalize et Zlio qui archiverait vos achats et vous rémunèrerais en fonction des ventes réalisées à partir de cette buylog via un système d’affiliation silencieuse (non-contraignant pour l’utilisateur).

De même, cela n’a pas encore été fait en France, mais de nombreux services de Team Buying existent déjà en Chine. Pourquoi ne pas envisager des agents intelligents capables d’identifier des groupes d’utilisateurs homogènes (ayant les mêmes besoins et fréquentant les même quartiers) et de leur proposer des rassemblements spontanés pour faire de l’achat groupé hors-ligne. Le tout orchestré par SMS, géolocalisation de votre téléphone portable et anticipation d’une baisse des prix à l’aide de services prédictifs comme Farecast (pour l’instant limité aux prix de billets d’avion et d’hôtels). Celui ou celle qui mènerait les négociations avec le marchand se verrait créditer des points de confiance par les autres acheteurs (l’utilisation de ces points reste à définir, si vous avez une idée, n’hésitez pas à la publier dans les commentaires).

Réseaux sociaux 2.0 : des millions d’amis (virtuels) à portée de clic

Oubliez MySpace et ces 200 millions de comptes, l’avenir des réseaux sociaux se trouve ailleurs. Peut-être dans la Facebook Platform, une sorte de système d’exploitation en ligne pouvant héberger une infinité de services au sein d’un écosystème (Facebook se métamorphose en web OS). Le tout reposant bien évidement sur la gigantesque base de données d’utilisateurs sous le contrôle d’un éditeur tout puissant (ça ne vous rappelle pas un certain moteur de recherche qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années ?).

Puisque que l’on parle du loup, autant aborder le cas de SocialStream,un réseau social universel qui mise avant tout sur l’unification (unified social network) et l’interopérabilité. Une sorte de Facebook Platform à la sauce Google.

Evoquons ensuite le cas très intéressant de Skaaz, un service à mi-chemin entre avatar et agent conversationnel (Créez votre double virtuel avec Skaaz). Le principe est redoutable : créer un avatar intelligent qui va apprendre à reproduire votre personnalité pour pouvoir converser à votre place.

A quand les agents intelligents qui vont parcourir les bases de données des services de rencontre pour trouver un « profil correspondant » du sexe opposé, faire les tour des sites d’opinions pour trouver le meilleur restaurant de la ville, choisir une date compatible avec les agendas publics de Mr et Mme, envoyer un SMS 5 minutes avant le rencard pour être sûr de ne pas être en retard…

Je rajouterais une dernière hypothèse d’évolution avec les réseaux sociaux en 2.5 D comme CyWorld qui propose un compromis très efficace alliant pages perso, avatars, micro-facturation et v-marketing. Chez nous on a le même, et ça s’appelle Habbo.

Contenus multimédia 2.0 : Nous sommes tous des directeurs de programmation

A l’heure où YouTube semble plus puissant que jamais (son audience dépasserait celle de Google), les regards des géants de l’audiovisuel se tournent plutôt vers Joost, une plateforme d’IPTV en P2P (hé hé hé, il fallait la placer celle-là !). Car il faut bien se rendre à l’évidence : plus on leur en donne (du contenu) et plus ils en consomment (de la bande passante). Arrêtons de nous mentir et regardons la réalité en face : trop de frais techniques (hébergement, bande passante), trop de contenus illégaux (sous copyright), trop de polémiques (pour hébergement de contenus à caractère raciste / pornographique)… tout ça va bien s’arrêter un jour, même quand on s’appelle Google. Bref, la solution se trouve dans une nouvelle génération de service de distribution de vidéos en ligne : une infrastructure technique moins lourde, des contenus « casher« , un moteur de recommandation et de ciblage publicitaire efficace…

Et puisque l’on parle de moteur de recommandation, souvenez-vous que le temps est la monnaie de demain. A partir de là, les services capables de faire des recommandations pertinentes sous forme de playlist de vidéos, de musiques et pourquoi pas de casual games seront également en mesure de modéliser des profils de consommateurs valant de l’or pour les annonceurs. J’anticipe ainsi un service à mi-chemin entre Pandora, TOITI, Cafe et régie publicitaire. Le tout en multi-plateforme et haute-définition bien évidemment !

Terminons ces hypothèses de l’entertainment 2.0 avec un principe de show TV open source : les éditeurs se « contenteraient » de rédiger un brief et de réaliser un pilote, les spectateurs se chargeraient ensuite de faire évoluer l’histoire (avec un système de soumissions / votes), de gérer le casting (avec un service de crowdsourcing comme ItsOurMovie) ainsi que le financement (via un système de collecte de fond en mode P2P).

Mashup 2.0 : Vous êtes votre propre directeur informatique

Le web 2.0 à au moins l’avantage d’avoir pu familiariser le grand public avec des notions informatiques complexes comme les mahups et les API. Mais si tout le monde à l’exemple de Google Maps en tête, qui connaît de services de conception de mashup comme Yahoo! Pipes, Google Mashup Editor ou encore Popfly ? En rendant les mashup accessibles à tous, ces services facilitent la re-sémantisation des contenus ainsi que la transformation des sites en services (lire à ce sujet ce très bon billet : When Web Sites Become Web Services).

Encore plus fort, en combinant des solutions comme DAMIA et QEDWiki (déjà présentés en vidéo), on se met à rêver d’un système d’information extrêmement modulaire que l’on pourrait enrichir et personnaliser à l’aide de widgets applicatifs partagés au sein d’un écosystème. Le nirvana de l’Entreprise 2.0 !

Je terminerais cette série d’hypothèse d’évolution avec le concept de web OS, ultime itération des portails personalisables (une sorte de Netvibes 2.0). Les solutions comme EyeOS, Goowy, YouOS, DesktopTwo… sont ainsi très intéressantes mais n’apportent somme toute pas grand chose de neuf. Je rejoins sur ce point l’avis mitigé de Guillaume Plouin : Reparlons des WebOS. Au-delà de l’exploit technique, il manque encore quelque chose à cette nouvelle génération de systèmes d’exploitation… peut-être une gestion du mode déconnecté… comme le promet Parakey… récemment racheté par Facebook. Quoi, Encore Facebook ? Et oui, encore Facebook ! Voilà peut-être qui explique pourquoi la valorisation de ce service est estimée à plusieurs milliards de dollars.

Conclusion

Il est maintenant temps de prendre un peut de recul sur toutes ces hypothèses et d’identifier les signaux-clés :

  1. Les ingrédients sont déjà là mais pas forcément bien dosés ;
  2. Les innovations technologiques liées à ces services restent encore à stabiliser ;
  3. La notion de crowdsourcing est quasi omniprésente ;
  4. les avis sont partagés entre enthousiasme excessif et scepticisme latent.

Traduction : ça va vite (peut-être trop vite) et c’est énorme. Toujours est-il que l’on n’arrête pas le progrès et que je ne peux que me réjouir en découvrant tout ces nouveaux services qui sont autant de nouvelles opportunités. Alors faites-donc comme moi : réjouissez-vous !

L’entreprise 2.0 en vidéo (selon IBM)

En fouillant sur YouTube j’ai découvert un certain nombre de vidéos très bien réalisées pour vulgariser le concept d’Entreprise 2.0, ou du moins des outils relatifs aux concepts d’Entreprise 2.0. Bien évidement cette vulgarisation se fait au travers des solutions d’IBM, mais ça vous vous en doutiez, non ?

Je vous propose donc de découvrir cette vidéo sur Lotus Connections (une sorte de réseau social d’entreprise) :

Ainsi que cette vidéo sur QEDWiki, une très impressionnante solution à mi-chemin entre wiki et portail personnalisable qui repose sur un système de widgets (une sorte de Netvibes Ecosystem d’entreprise) :

Encore plus fort, je vous recommande également cette série de vidéos qui présentent plus en détails QEDWiki ainsi que DAMIA, un outil de création de mashups en 3 clics de souris comme Yahoo! Pipes : Awesome show by David Barnes on Info 2.0 and QEDWiki. (via The FASTForward Blog)Même si une dynamique d’Entreprise 2.0 ne repose pas sur les outils, toutes ces vidéos sont très instructives. J’en profite pour préciser que j’interviendrais lors de l’évènement Collaboration 2.0 organisé par IBM le 2 Octobre prochain et qui sera retransmis via un WebCast le 23 Octobre.

Vers la santé 2.0 avec PatientLikeMe

La santé est un sujet de préoccupation très présent dans la culture anglo-saxonne où l’on pratique l’automédication à bien plus forte dose qu’en France. Je vous propose de découvrir ce soir non pas une encyclopédie collaborative de l’automédication mais plutôt un service très malin de coaching médical collectif : Patients Like Me.

L’objectif de ce service est de permettre la rencontre de patients ayant des profils similaires pour créer une émulation de groupe et une dynamique positive dans le processus de guérison. Ce service propose ainsi de suivre l’évolution de sa pathologie, de comparer les progrès réalisés avec d’autres patients similaires, de consulter une base de connaissance collaborative (answer network)… Pour résumer disons que c’est le MySpace des hôpitaux et clinique.

Je trouve cet initiative particulièrement intéressante et dans la droite ligne des services de coaching collectif  (à l’image de InpowR ou de ce réseau social de personnes désirant perdre du poids (dont je ne me souviens pus du nom).

En plus, je ne me lasse pas de cette mise en page très sobre mais terriblement efficace :

PatientsLikeMe (1)

 

Avez-vous d’autres exemples de sites de santé 2.0 ?