L’accessibilité : un facteur limitant ?

Voici le billet que je n’ai jamais eu le courage d’écrire : The Reality of Progressive Enhancement. L’auteur de ce billet explique que dans son travail quotidien de concepteur il est souvent frustré de ne pouvoir concevoir des interfaces réellement innovante car les contraintes d’accessibilité le forcent à se conformer au plus petit dénominateur commun.

Il enfonce même le clou en posant LA bonne question : Doit-on rendre la tâche plus dur pour 90 % des utilisateurs (en n’utilisant que du code HTML) afin de ne pas léser les 10 % restant ?

Ceux qui me lisent régulièrement connaissent déjà mon point de vue : si vous cherchez à satisfaire tout le monde, vous n’arriverez à satisfaire personne en particulier. Non, je ne suis pas en train de parler de discrimination mais plutôt de positionnement, de ciblage. C’est le fondement du marketing : se choisir un coeur de cible et concevoir un produit pour répondre aux besoins spécifiques de cette cible.

Il y a bien sûr l’exception des services publics et des sites de collectivité territoriales. Dans ce cas précis, l’accessibilité est un pré-requis. Mais dans les autres cas de figure, ceux où la performance et la rentabilité sont un impératif (le monde dans lequel vous habitez quoi !), l’accessibilité peut être un facteur limitant.

Inutile de prendre cet aire outré devant votre écran. Qui n’a jamais parlé inconsciemment des contraintes d’accessibilité ? C’est bien la preuve que se conformer aux directives du WAI apporte une difficulté supplémentaire, surtout quand on cherche à innover.

Il y a bien sûr des contre-exemples comme le site de Chevrolet, mais c’est une exception. Quand vous ne disposez pas du budget de Chevrolet pour réaliser votre site web, il faut faire des choix. Ne pas rendre son site accessible en est un, au même titre que de ne pas proposer de versions anglaise ou espagnol.

La phrase de la fin, je la dois à un de mes lecteurs : Nos visiteurs ne sont pas inspecteurs au W3C. Avez-vous déjà refusé de rentrer dans un magasin sous prétexte qu’il n’était pas équipé d’une rampe d’accès pour handicapé ?

L’ergonomie incitative sur le JDNet

Pour ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est l’ergonomie incitative (ou le persuasive design), je vous recommande cet article de vulgarisation publié sur le JDNet : L’interface persuasive, pilier de l’efficacité d’un site Web.

Morceaux choisis:

  • L’usabilité Web s’est dotée d’un rôle inédit ces dernières années : convaincre et inciter à l’action à travers l’interface ;
  • Il ne s’agit pas seulement de répondre à un besoin d’utilisation mais de susciter ce besoin ;
  • La connaissance de l’internaute via la construction de profils type ou personas fait partie intégrante de la démarche ;
  • Contrairement à une approche ergonomique traditionnelle, les concepteurs privilégieront par exemple la présence en premier lieu d’un bouton d’action à forte visibilité ;
  • Le design doit inspirer confiance et donner le sentiment à l’internaute que la démarche qu’il engage sera simple et sans encombre ;
  • Les contenus doivent faire abstraction des détails ;
  • L’optimisation continue (dans la durée) du site impose une démarche itérative ;
  • On entre dans une logique de rentabilité au pixel carré.

Que du bon sens, non ?

Conceptualisez vos formulaires

Ceux qui lisent ce blog régulièrement savent que les formulaires en ligne sont ma bête noire. J’ai déjà publié un certain nombre de billets sur le sujet ainsi qu’un tutoriel. Je vous propose aujourd’hui d’étudier les formulaires mais sous un autre angle, celui de la conceptualisation avec le modèle à trois couches : Designing usable forms: the three-layer model of the form.

Selon l’auteur, on peut décomposer un formulaire en trois couches élémentaires :

  • la couche de perception, qui concerne la page en elle-même ainsi que les éléments annexes (logo, instructions…) ;
  • la couche de conversation, qui correspond aux questions (aux intitulés des champs) ;
  • en fin la couche de relation, c’est à dire les éléments de réponse (champs, boutons radios, menus déroulant…).

En fait, c’est surtout dans sa conclusion que l’article est intéressant, ainsi que dans les recommandations d’amélioration qui concernent chacune de ces couches.

Et pour ceux qui souhaitent lire des articles un peu moins conceptuels, voici deux autres articles à lire qui concernent les intitulés de boutons : Labeling Buttons et Clearly label those buttons. Dans ce dernier l’auteur y donne une liste très intéressante de suggestions d’intitulés de boutons pour remplacer le très banal ‘Valider’.

Osez le 1024 pixels de largeur

Le blog Imazine vient de publier un billet intéressant sur les résolutions d’écran : 1024 pixels. Selon l’auteur, les tendances sont les suivantes pour les sites de e-commerce :

  • 65% des lecteurs en 1024*768 (en augmentation) ;
  • 18% des lecteurs en 800*600 (en diminution) ;
  • 17% des lecteurs en + de 1024*768 (en augmentation).

Statistiques de résolutions d'écrans

Je ne sais pas d’où viennent ces statistiques, mais ces chiffres me semblent légèrement supérieurs à la moyenne réelle (il suffit de vérifier sur le site TheCounter).

Plus intéressant, l’auteur nous donne une série d’arguments en faveur d’une résolution plus large :

  • le format permet plus de liberté créative ;
  • chaque élément est positionné précisément ;
  • on a une impression de clarté…

A méditer.

MAJ (29/08/2005) : Et un article de plus sur le sujet : Web Sites and Window Width.