La fin des tests utilisateurs ?

En ce moment, c’est la mode des remises en question. Après la mort annoncée par certains de disciplines comme l’architecture de l’information, voici que l’on nous annonce la fin des tests utilisateurs : Is Lab Usability Dead?

Pour être plus exacte, l’auteur de ce très bon billet remet en cause la validité des tests utilisateurs réalisés en laboratoire de test (vous savez, avec les glaces sans teints et tout). Son point de vue est défendable : un utilisateur est en moyenne dérangée toute les 11 minutes ; dans ce cadre est-il pertinent de lui faire tester une interface dans un environnement stérile (le laboratoire de test) où les conditions réelles d’utilisations ne seront pas respectées.

L’auteur préconise ainsi les études terrain (Field Research en anglais) où l’on peut observer un utilisateur dans son milieu, c’est-à-dire dans un contexte réel d’utilisation où les résultats d’une étude ne seront pas faussées par l’absence de distractions extérieures (téléphone qui sonne…).

Effectivement, je me souviens d’un projet pour lequel j’avais été amené à observer une utilisatrice sur son lieu de travail. Et le déplacement en valait la peine :

  1. grosse surprise en découvrant qu’elle travaillait avec un double écran (donc avec beaucoup plus d’éléments affichés simultanément) ;
  2. seconde grosse surprise en constatant l’aisance avec laquelle elle pouvait répondre au téléphone et à son patron tout en tapant et cliquant en même temps.

Cette observation m’avait non seulement permis de reconsidérer certains choix de conception, mais en plus d’économiser la location d’un laboratoire de tests.

Moralité : rien ne remplace l’expérience terrain.

Un commentaire sur “La fin des tests utilisateurs ?

  1. On voit aussi de plus en plus de services web en version beta qui s’affinent par les feed-backs des utilisateurs (voir Netvibes qui est en pleine ébulition en ce moment). Après les prosumers voici les testilisateurs.

  2. Oui, entièrement d’accord avec le principe ! Cependant, le fait même de se sentir « testé » induit l’utilisateur à modifier légèrement son comportement. Non pas parce qu’il est méfiant ou mal à l’aise, mais rien que le fait d’être observé conduit à une attitude moins naturelle. Et ce, bien qu’étant conscient que c’est dans le but d’amélioration son outil de travail. C’est pourquoi ce genre d’observation doit se faire avec tact et psychologie, dans la plus grande discrétion. Un entretien à postériori avec l’utilisateur est également de bon aloi. Dans mon cas, il s’agissait d’opérateurs sur une chaine d’assemblage de matériel éléctronique semi-automatisée. Les opérations de montages étaient expliquées sur l’écran.

  3. Pour l’ours :
    oui, cette question – la modification de l’attitude pendant le tests – est récurrente dans toutes tentative de « sondage » d’une personne. Néanmoins il est toujours possible d’appliquer une « décote » qui tient compte de ces modifications. Pour vincent :
    Ce type de situation pose d’autres problèmes. Dans une cible utilisateurs, il existe toujours une part d’utilisateurs geek, qui auront tendance à répondre à tout et n’importe quoi, pourvu qu’ils donnent leur avis. C’est donc bien le coeur de cible qui doit être représenté, et non la part active. La plupart du temps les utilisateurs, alors même qu’il rencontrent des difficultés, ne songent pas à donner leurs avis concernant telle ou telle interface ou service. Nénamoins, ce ne sont là que quelques hypothèses…

  4. Hum… et pourquoi pas des études terrain furtives : infiltration nocturne dans les locaux des testeurs, pose de caméras espions + mouchards dans l’ordinateur. Comme ça le testeur n’est pas perturbé par la présence d’un observateur vu qu’il ne sait même pas qu’il est surveillé. Nous pensons embaucher Sam Fisher dans l’équipe utilisabilité chez SQLI. Bonne idée, non ? /Fred

  5. Testilisateurs… hum encore un petit effort et le problème sera pris dans le bon sens : partir de l’utilisateur pour arriver au produit et pas l’inverse

  6. Fred, « Hum… et pourquoi pas des études terrain furtives : infiltration nocturne dans les locaux des testeurs, » Ca me rappelle une certaine Madonna. . Ce genre de pratique dans un but commercial plutôt qu’ergonomique n’avaient pas l’air de t’offusquer. (yek, yek!) « pose de caméras espions + mouchards dans l’ordinateur. » Ca existe déja, hélas. Et c’est grâce à ce genre de procédé que des spams viennent pourrir nos boites aux lettres. Mon commentaire a été mal formulé, d’où mal compris. Je voulais dire « avec la plus grande discretion » plutôt que « dans la plus grande discretion ». Lu comme ça, le mot « discret » signifie « tact » et « respect », non pas « furtif ». Le but, c’est de rassurer l’utilisateur pour qu’il coopère, pas de l’espionner comme tu aurais pu le comprendre.

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