La fin des newsletters ?

Voilà près de 10 ans que l’internet existe… et les newsletters également. Considérées comme l’arme ultime du recrutement et de la fidélisation il y a quelques années, les récentes pratiques abusives que j’ai pu constater récemment me poussent à croire que l’ère des newsletters est proche de son terme. Non pas que le support soit mauvais, mais plutôt que ceux qui l’utilisent se sont perdus en chemin.

La Redoute : un lien de désabonnement camouflé

Voilà quelque mois que je me fais spammer par La Redoute. En fait depuis mon dernier achat, bien que je ne me souvienne pas avoir coché la case relative aux newsletters…

J’ai donc décidé ce WE de cliquer une bonne fois pour toute sur le lien de désabonnement en bas de leur newsletter (ils appellent ça Gérer vos abonnements). Et là je suis tombé sur cette page :

NewsletterRedoute

 

A première vue, toutes les cases sont décochées. Mais quand on y regarde de plus près, en fait il faut cliquer sur le lien Si vous n’êtes plus intéressé par nos offres… cliquez ici pour se désabonner complètement. Et je trouve cette pratique particulièrement minable : faire croire aux utilisateurs qu’ils ne sont abonnés à aucune newsletter (et affichant des cases à cocher vides) et camoufler le lien de désabonnement en utilisant du texte noir sans soulignement.

Même si cette pratique n’est pas illégale, j’estime qu’une enseigne aussi respectable que La Redoute a un contrat moral avec ses clients et qu’utiliser des subterfuges comme celui est tout simplement inacceptable.

Le pire, c’est que même en ayant cliqué sur ce fameux lien camouflé, je continue à recevoir des courriers non sollicités. Là… on tombe dans l’illégal et je me demande si la LCEN n’a pas été justement créée pour lutter contre ça.

CDiscount : des robots spammeurs qui deviennent fous

Je ne vous apprendrais rien en vous disant que CDiscount n’est pas un modèle à suivre en terme de gestion de la relation client (à une époque ils faisaient la compétition avec PereNoel.fr). Il n’empêche que je me suis récemment fait tenter par les prix redoutables qu’ils proposent. J’ai donc décidé de passer commande un vendredi soir. Le lundi matin j’ai eu une surprise en ne découvrant pas moins de 7 messages publicitaires dans ma boîte aux lettres. Sept messages publicitaires en un WE !!!!, non mais qu’est-ce qu’elle a fumé Super Fourmi pour envoyer 7 newsletters en 2 jours ?

Bien évidemment ce n’est pas un opérateur humain qui les a expédié, ces newsletters, mais bon il a bien fallu que quelqu’un paramètre le robot chargé de cette basse besogne.

A votre avis, c’est quoi le taux de réponse de la septième newsletter ?

Est-ce vraiment la fin des newsletter ?

Non pas du tout, les newsletters continueront d’exister pendant de nombreuses années. En fait jusqu’à ce qu’on leur trouve un remplaçant. Par contre, ce sont les pratiques commerciales basées sur les newsletters qui vont disparaître si elles continuent sur à train là. Les annonceurs vont en effet vite tester d’autres supports si les taux de réponse ne sont pas à la hauteur, et ce n’est pas en suivant les exemples précités qu’ils vont les améliorer.

Deux facteurs vont venir aggraver le tout :

  1. les filtres anti-spams sont de plus en plus performants (notamment parce que les pratiques de spam et de phishing sont de plus en plus nuisibles) ;
  2. les utilisateurs sont de plus en plus vigilants.

Comme je ne suis pas devin, je ne peux pas vous dire quel va être le futur format publicitaire miracle (RSS ?, podcast ?…), en tout cas je peux vous garantir que ce n’est pas en jouant le jeu de la surenchère (à l’image de ces deux pratiques à la limite du grotesque) que les annonceurs vont gagner / conserver la confiance de leurs clients.