Mes prédictions pour le second semestre 2006

Oui je sais, traditionnellement les prédictions se font en fin d’année. Mais je trouve ça intéressant de casser le rythme et d’essayer de prédire ce qui risque d’arriver dans les 6 prochains mois. En plus, l’actualité du web 2.0 est tellement chaude en ce moment qu’il faut prédire vite, très vite !

Voici donc mes 7 prédictions pour le second semestre 2006.

1/ Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Après sa solution de Search, il y a fort à parier que Google va prochainement lancer des offres équivalentes (software + hardware) pour les messageries d’entreprise (via GMail) ou pour la bureautique (via Writely ou Google Spreadsheets).

La stratégie de Google est d’évangéliser ses services en proposant un accès gratuit aux particuliers, puis de les proposer sous forme d’offre avec un contrat de maintenance évolutive (la solution évolue au fur et à mesure des améliorations de la version grand public). Il reste encore deux inconnus de taille : le modèle de tarification ainsi que les pays ciblés.

2/ Facebook ne se fait racheter par personne

Récemment, la prise de participation de 0,5 % du groupe de communication IPG dans le capital de Facebook valorise ce réseau social à près de 2 milliards de dollars (plus d’infos ici : IPG Takes Stake in Facebook).

A ce niveau de valorisation, je me demande bien qui va pouvoir le racheter !

3/ Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

L’arrivée en France de MySpace va amorcer une lame de fond qui va faire décoller les réseaux sociaux déguisés en communautés (vous connaissez les Skyblogs ?). Le créneau des jeunes sera partagé entre Skybog et MySpace. Les utilisateurs plus âgés (qui ont d’autres centres d’intérêt que le rap et les plans drague) s’orienteront vers des niches verticales comme Boompa ou Cork’d.

Les prochaines niches à valeur ajoutée seront :

  • les enfants, avec un système de contrôle parental (comme sur Imbee) ;
  • les jeunes mamans, avec des services de recherche de nounous ou des bourses d’échange de produits de puériculture (MommyBuzz est un bon candidat) ;
  • l’immobilier, avec des petites annonces fonctionnant sur le bouche-à-oreille, la recherche de co-locataires, d’idées déco…

4/ MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Suite au succès de MySpace et aux projets concurrents lancés par des ex-employés (comme MOG), MTV ne peut rester sans rien faire et va très certainement tenter un retour en force (via sa maison-mère Viacom) sur un créneau où elle est plus que légitime.

Différentes options s’offrent à la chaîne :

  • monter un service de toutes pièces (peu probable) ;
  • racheter un service déjà lancé et proposant un petit plus par rapport à MySpace (au hasard, DailyMotion et son service de partage de vidéos) ;
  • se recentrer sur son coeur de métier et attaquer les jeunes avec des services en ligne ciblés sur des niches verticales (comme Find a Goth par exemple).

5/ OpenAjax s’enlise

Je sais bien qu’il est important de standardiser et de rationaliser… mais bon, soyons réalistes : Ajax n’est qu’une transition. Comme le dit très bien Laurent Jouanneau dans un commentaire d’un précédent billet : ça n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. En d’autres termes, Ajax est une ultime tentative pour rendre le HTML sexy, mais il arrive à ses limites.

Dans ce cadre, avons-nous réellement besoin d’un consortium comme l’OpenAjax Alliance pour statuer sur une ‘technologie‘ condamnée à moyen terme (3 à 4 ans) ? Et cela d’autant plus que les poids lourds de l’internet ont déjà tiré leurs cartouches.

6/ Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le magazine Wired et InternetActu ont fait de très bons articles sur le crowdsourcing. Pour faire simple, le crowdsourcing (par analogie avec l‘outsourcing) désigne l’externalisation par les entreprises de certaines tâches (R&D ou main d’oeuvre) à une communauté d’individus auto-organisés. Sur ce créneau, des places de marché se sont développées pour servir d’intermédiaires entre des sociétés qui cherchent de l’expertise ou de la main d’oeuvre et ceux qui en ont à proposer. Ces places de marchés fonctionnent sur le principe de récompenses (bounty) distribuées à ceux qui arrivent à résoudrent les problématiques.

Des services en ligne comme InnoCentive, Amazon Mechanical Turk ou encore Google Answers sont ainsi promis à un très bel avenir. Allez donc y jeter un oeil pour vous en rendre compte.

7/ Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Après plus d’un an de gestation dans la blogosphère et les conférences spécialisées, les concepts associés au web 2.0 (réseaux sociaux, plateformes collaboratives, mashup, microformats…) commencent à faire parler d’eux dans les médias traditionnels (tribune de Pierre Chappaz dans Libération, émissions spécialisées sur BFM ou Europe1…).

Face à la montée en puissance de ce phénomène (amorcée par les Skyblogs), les grandes entreprises vont progressivement sortir de leur léthargie et commencer à expérimenter et tester la viabilité de ces nouveaux concepts. Nous avons ainsi déjà pu observer de nombreuses initiatives de marketing viral par les grandes marques, mais le potentiel des logiques collaboratives, voir la théorie de la Longue Traîne (The Long Tail en anglais), est encore largement sous-exploité aujourd’hui. Aujourd’hui…

8/ Ha non mince, j’avais dis 7 prédictions, pas plus !

Voilà, je ne prétends pas détenir la Vérité Ultime, il n’empêche que c’est toujours très stimulant de se livrer à ce genre d’exercice. Et vous, c’est quoi vos prédictions ?

Le site du cordonnier est toujours le plus mal chaussé

Bon OK j’avoue celle là est un peu limite. Il n’empêche que je vous propose ce matin un petit comparatif de 2 boutiques en ligne de chaussures : Batashop VS Let’s buy shoes.

C’est étonnant de constater qu’une grande marque avec de gros budgets / équipes (Bata) est incapable de rivaliser avec une boutique aux moyens bien plus limités (Let’s Buy Shoes).

Merci à Éric pour ce comparatif (c’est tellement rare dans la blogosphère française).

Google Checkout : premier concurrent sérieux pour Paypal

Après des mois de spéculation, le service de paiement de Google est enfin lancé : Google Checkout.

Logo de Google Checkout

Et oui, il ne s’agit ni de GBuy, ni de GPay, ni de Google Wallet !

Les petits trucs en plus de Google sont :

  1. les boutiques affiliées à Google Checkout bénéficieront d’un traitement particulier si elles ont recours aux liens sponsorisés (un petit picto qui indique qu’il est possible de payer avec un compte Google Checkout) ;
  2. un processus d’achat simplifié (via le Google Fast Checkout) qui évite de saisir son email et son numéro de carte de crédit ;
  3. la possibilité de suivre les commandes en cours (sur l’ensemble des marchands) ;
  4. l’intégration à son service de petites annonces Google Base (concurrent d’eBay) ;
  5. plein de coupons de réduction chez les marchands affiliés pour tirer l’offre ;
  6. un système de fidélité compatible avec ceux des établissements financiers (les émetteurs de cartes de crédit) ;
  7. un principe de rétro-cession très étrange : pour 1 $ dépensé dans l’achat de mot-clé, Google Checkout reverse 10 $ en bons d’achat (là il faudrait m’expliquer l’intérêt pour Google…).

Pour en savoir plus, je vous recommande la superbe visite guidée : Google Checkout Video Tour.

MAJ (29/06/2006) : Je viens de me créer un compte (super simple, en 1 seule étape) et je suis tombé admiratif devant la capacité de Google à toujours montrer un visage friendly. La preuve avec l’intitulé du bouton de validation de création d’un compte :

GoogleCheckoutButton

 

J’adore !

MAJ (29/06/2006) : Les premières réactions de la blogosphère montrent beaucoup de méfiance, comme celle-ci : Google Checkout to merchants: Give us your customers and your advertising.

Note de lecture sur le livre ‘Prioritizing Web Usability’

Je viens d’achever le dernier livre de Jakob Nielsen (Prioritizing Web Usability) dont je souhaite vous livrer ma première impression : Bien.

La couverture du livre de Jakob Nielsen

Un livre que je recommande pour ceux qui souhaitent s’initier à l’utilisabilité et avoir une vue d’ensemble des différentes problématiques que cela sous-entend (simplicité d’usage, accessibilité, branding, business…).

Ce qu’il est surtout intéressant de constater, c’est que le docteur Nielsen a su évoluer avec son temps, et surtout avec ses « rivaux ». On retrouve ainsi un certain nombre de références à des théories émis par d’autres :

J’ai également été surpris par les prises de position du docteur :

  • pas forcément en faveur des liens bleus soulignés (p. 205);
  • en faveur du Verdana comme police de caractère (p. 234) ;
  • contre la capitalisation de toutes les lettres d’un item de navigation (p. 238) ;
  • contre la règle des 3 clics (p. 322) ;
  • contre la règle des 7+2 niveaux de navigation (p. 329) ;
  • contre les ambiances sonores (p. 377).

Bref, un bon livre qui sait intelligemment faire la part des choses entre la simplicité d’usage et les impératifs d’image de marque. Je regrette néanmoins que l’auteur ne se soit pas prononcé sur des sujets qui vont devenir de plus en plus chauds (au hasard, les interfaces riches).

Mon roman de l’été

Ca y est, il est là mon roman de l’été. Rassurez-vous je ne suis pas en train de vous parler de Deception Point (le bouquin de Dan Brown), mais plutôt du dernier livre des frères Eisenberg (les demi-dieux de l’ergonomie incitative) : Waiting for Your Cat to Bark?.

La couverture du livre 'Waiting for Your Cat to Bark?'

En plus, ils ont eu la très bonne idée d’inclure un CD avec la vidéo d’un séminaire donné cette année. Du coup ça va me faire ma petite soirée vidéo !

Je tiens à préciser que les auteurs de ce livre, qui éditent également le blog Persuasion Architect, sont aussi à l’origine d’autres bouquins cultes :

Et bien entendu, je vous ferai une petite note de lecture dans les prochaines semaines.