E-commerce et empreinte carbone

Je sais bien que le Grenelle de l’environnement est terminé, mais il y a quelque chose qui me tracasse à propos du e-commerce et j’aimerais partager avec une petite réflexion sur l’empreinte écologique du commerce en ligne.

En théorie, le commerce en ligne laisse une empreinte écologique plus faible pour l’environnement que le commerce traditionnel. En fait c’est surtout au niveau de la consommation de carburant que la différence peut se faire car si vous commandez en ligne, pas la peine de prendre votre voiture. Les produits sont livrés chez vous et de toute façon le facteur fait sa tournée. De même, sur le plan purement logistique, pas la peine d’acheminer les produits dans les boutiques de centre-ville, ils sont stockés dans des entrepôts en périphérie des villes pour y être conditionné et expédié.

Donc en théorie, le commerce en ligne permet de réduire la consommation de carburant fossile et de dégager moins de CO² dans l’atmosphère.

Oui mais voilà :

  • Si je vais faire du shopping en métro, j’économise un arrêt de la camionnette du facteur à mon immeuble, non ?
  • Si je vais faire du shopping avec une voiture de petite cylindrée et au carburateur bien réglé, je pollue moins que la facteur et sa camionnette, non ?
  • Si je commande un produit à l’étranger, avec livraison par avion, quel va être sa quote-part de pollution ?

Bref, ce n’est pas si simple et ma conscience citoyenne est mise à rude épreuve depuis une mésaventure tragique : il y a deux semaines, je me mets en quête du livre ‘Google Analytics 2.0‘. Ce livre est vendu 21,32 € par Amazon et 13,86 sur la marketplace. Comme je ne suis pas pressé, je décide d’économiser 7,46 € et de passer par un revendeur. Oui mais voilà, en recevant le colis ce week-end je me rends compte que ce revendeur est en Nouvelle-Zélande ! Ce livre à donc été imprimé aux États-Unis, expédié en Nouvelle-Zélande et réexpédié en France (le tout en avion). Gloups, tout ce carburant grillé pour économiser 7,46 €. si j’avais su, j’aurais choisi un revendeur anglais…

Quelle est la moralité de cette histoire ? Je ne sais pas… de toute façon cet avion aurait traversé la moitié de la planète avec ou sans mon livre. Oui mais… ce raisonnement est contraire à la théorie du camembert qui stipule que si chacun de nous fait un petit geste pour l’environnement alors beaucoup de carbone pourrait ne pas être relâché dans notre atmosphère.

Alors, le commerce en ligne est réellement bénéfique pour l’environnement ? Vaste question à laquelle je suis bien incapable de répondre.

Bon je ne sais pas trop où cette réflexion va nous mener mais en tout cas ça soulage ma conscience !

37 commentaires sur “E-commerce et empreinte carbone

  1. Extrait de l’édito de la Lettre d’Info de la Fevad du mois de septembre qui titrait : Le commerce électronique au secours de la planète…

    « …/… Voilà en tout cas un beau de sujet de réflexion sur lequel la Fevad travaille actuellement dans le cadre d’un projet d’étude consacré à l’impact du e-commerce et de la vente à distance sur l’environnement et le développement durable, dont les résultats seront connus courant 2008. »

    Vos contributions seront les bienvenues …

    Bien cordialement

  2. Bonjour Fred,

    Tu ne donnes pas de solution mais ton article a le merite de poser une question réellement ilmportante : Est ce que le e-commerce est eco-compatible ou non? D’après moi il l’est. Il faut considérer les moyens actifs et les moyens passifs de toute commande :

    1. Actifs :
    – Posséder un accès internet.
    – Posséder un ordinateur. (Grosse consommation de CO² et d’énergie mais amortie sur 1/2/3 ans).
    – Posséder un moyen de paiement.
    2. Passifs :
    – Chaine d’approvisionnement. (faire arriver le produit)
    – Chaine logistique (Traiter le produit)
    – Livraison Facteur ou Autre (Délivrer le produit)

    Il faut donc comparer ces points entre achat online et achat offline. Evidemment, il n’y a que des cas particuliers dans les comparaisons qu’on peut émettre mais en règle générale :

    1. Le produit vendu online est stocké dans un entrepot a faible consommation d’energie. (en effet, il n’y a pas de magasin, donc peu de chaufage, pas de confort de vente, peu d’eclairages).
    2. Le produit vendu online est acheminé dans un entrepot et non en centre ville. Il a donc une empreinte écologique faible par rapport a un produit acheminé en centre ville (un camion pollue moins a faire le tour d’un périphérique que d’entrer dans une ville)
    3. Le produit online est souvent intégré dans une chaine logistique complète. Ainsi, au lieu de distribuer un produit dans 10 magasins distributeurs, un seul entrepot va servir a redistribuer le produit.
    4. Tout le problème vient essentiellement du transport SITE > CONSOMMATEUR. Quand il est distribué par la poste, on peut effectivement penser que ‘de toute facon », le facteur aurait du faire sa tournée. Mais il faut savoir aussi qu’avec le développement du commerce électronique, la poste est obligée de modifier sa flotte de véhicules et de passer de 2 a 4 roues. Le probleme est la livraison  »express » ou par coursier. La solution, c’est de privilégier autant que possible les transports mutualisés .

    Par contre, j’espère qu’il n’y a pas de garantie  »satisfait ou échangé » sur ton livre qui a parcouru la terre dans tous les sens !!!

  3. Il ne faut pas confondre le commerce electronique et la mondialisation !

    De même si tu recherches un livre américain même en allant chez ton libraire il va le faire importer des US

    Cette note fait l’amalgamme complet entre les 2 à partir d’un cas particulier

    J’espère que dans l’etude mentionnée par Bertrand la FEVAD indiquera quelle est la part des flux nationaux, intra-commauntaire et hors UE pour se rendre vraiment compte de la proportion de chacun

    De plus aller en métro dans une grande surface c’est ecolo. Mais il faut que la grande surface stocke dans chaque ville le meme modele. D’ou probable sur-production et ensuite on cherche a écouler des invendus au rabais alors qu’ils ne correspondaient peut etre pas au besoin initial du consommateur… Vaste débat !

  4. Bonjour,

    Intéressant l’exemple du livre qui traverse la planète !
    Pour ma part, il ne me semble pas que ça démontre quoi que ce soit par rapport au côté plus ou moins écolo du e-commerce. Tu aurais pu acheter ton livre dans un supermarché ou une librairie et il aurait peut-être été aussi CO2-émissif !
    Le truc, c’est e-commerce ou commerce traditionnel, est de se préoccuper des conséquences de ce qu’on achète. Mais c’est évidemment souvent très difficile, sur internet comme dans les magasins, tout simplement parce qu’on n’a pas l’information. Un test: regarde autour de toi dans ton salon et dis-moi d’où viennent, comment sont produits, par qui … les meubles, objets, livres … que tu as ? Pour 99,9 % , tu ne sais pas, tout comme moi et la plupart des gens.

    Alors, à nous de favoriser ceux qui jouent la transparence. En plus, savoir qui a produit, trnasporté … c’est aussi beaucoup plus intéressant et chaleureux.
    Certains AMAP comemrcent via internet et ça se passe bien, on voit les producteurs, on se renseigne sur leur production. On peut aussi discuter avec ses producteurs préférés sur le marché.

    Mais bon, ce n’est pas évident de le faire pour tous les produits et ça ne doit pas devenir non plus obsessionnel :)

  5. Le problème ne viendrait-il pas plutôt du commerce tout court plutôt que de e-commerce ?
    Tant que notre but sera de consommer toujours plus cela ce fera inévitablement au détriment de notre planète.

    N’est on pas en train de changer de comportement ?
    Alors qu’avant il nous fallait consommer un minimum pour vivre, aujourd’hui il faudrait consommer un maximum pour exister (et les industrielles, politiques et médias ne sont sans doute pas étranger au phénomène…).
    Serions nous vraiment moins heureux en consomment moins et en privilégiant les produits régionaux ? Mais cela va sans doute à l’encontre de beaucoup de d’intérêts…

  6. Cette aventure n’est pas sans rappeler la fameuse pizza Groland ! :-)

    Plus sérieusement, Fred, ton exemple est celui du « consommer depuis chez soi ».
    Je trouve qu’on ne parle pas assez du « travailler depuis chez soi ».

    En effet, la principale raison que j’ai d’utiliser un véhicule au quotidien, c’est pour me rendre de mon domicile à mon lieu de travail. 65 km, et le plus souvent, pour n’avoir affaire qu’à une pointeuse et un PC de bureau.

    Donc me demande si le télétravail pourrait faire partie des solutions à ces problèmes. Si la technologie est prête (réseaux…), les mentalités le sont moins…

  7. A aujourd’hui l’énergie la moins polluante est celle qu’on ne consomme pas… Logique non ? Alors pour que cette règle soit appliquée et les circuits rationalisés il faut qu’une taxe carbone sur les longs déplacements soit mise en place. C’est une des seules solution pour que le grand capital prenne en compte les phénomènes écologiques.

  8. Qu’est-ce qui te dit que le livre est imprimé aux USA ? Pense-s’y ;o) .oO(mondialisation, mondialisation, mondialisation, quand tu nous tiens)

    Bref, pour ton raisonnement, il faudrait savoir, où un produit est fabriqué, ET où il transite… Chose que l’on nous dira jamais dans le détail.

    Le mieux, reste de se contenter du Web, et ce n’est pas les « bonnes » lectures qui manquent :o)

  9. Il semblerait que plus que le type de commerce (traditionnel ou électronique) ce soit plus la démarche globale qui conditionne l’empreinte écologique d’un achat :
    Si je vais acheter un truc dans une boutique en bas de chez moi a priori l’impact carbone est plutôt bon …. sauf si ce que j’achète à fait le tour de la terre. A contrario si je commande un panier chez Natoora, il y a des chance que l’on s’en sorte pas trop mal question carbone.
    Et même dans mon premier cas où le produit c’est pas mal promené, il y a aussi des manières plus responsables de le faire ; je connais par ex. un prestataire de fret internationale qui propose à ces clients une compensation carbone.

  10. Bonsoir

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêts l’ensemble des commentaires sur la question de fond posée par Fred.
    Je me suis placée du coté de la consommatrice (et oui j’ai constaté que peu de femmes s’étaient exprimées à ce sujet), consommatrice qui en général, assume les « emplettes » de quotidien, ces achats qui précisément pèsent sur l’impact environnemental. Tout le monde utilise du gel douche, shampoing, savon,…lessive, produit de vaisselle ou de ménage. Et à l’échelle d’une famille et sur une année, cela représente un volume d’achats conséquent dont nous n’avons pas du tout conscience. Alors pourquoi continuer à acheter à l’unité, chacun son flacon et à y revenir toutes les semaines ?
    Ma conclusion m’a amené à lancer le site http://www.aboneobio.com qui propose un concept innovant : s’abonner pour raisonner à l’année et à l’échelle d’une famille sur tous les achats essentiels au quotidien pour prendre soin de soi et de sa maison. Les colis ont été imaginés et testés pour couvrir les besoins essentiels, par exemple 69 articles pour une famille de 4 à 5 personnes, et oui c’est réellement ce que l’on consomme à l’année ! et l’abonnement permet de programmer 3 envois dans l’année, avec la possibilité pour l’internaute de compléter sa commande et de bénéficier de frais d’envois gratuits si il accepte d’ajouter au panier et d’attendre son envoi programmé pour profiter de son article. Les produits sont évidemment bio et si possible éthiques. Et expédiés par TNT qui a fait le choix d’une démarche volontaire et engagée (http://www.aboneobio.com/images/misc/tnt_planet_me.pdf).
    A l’opposé de la culture de zapping, qui invite les internautes à passer d’un site à l’autre et à choisir sur des critères de prix (n’est ce pas Fred ?), http://www.aboneobio.com a fait le choix du raisonnement global : construire une relation durable avec des producteurs, car il ne suffit de se poser la question du transport, il faut aussi s’interroger sur les conditions amont de la fabrication de l’article (conditions techniques mais aussi humaines et environnementales), sur les rejets et déchets et sur le cycle de vie du produit. Choisir c’est renoncer, et c’est là le problème car nous sommes pris par nos contradictions et changer notre comportement d’achat nous fait envie mais les freins sont lourds à lever.

  11. C’est une réflexion que nous avons en permanence ici chez Tout allant vert et la question n’est pas évidente. Car les relations commerciales compliquent tout! Et il faut quand meme revenir aux basiques du commerce… qui sont « on va chercher ailleurs ce que l’on a pas chez soi ». donc le commerce qqpart induit du mouvement et donc du transport. Cependant on peut se poser des questions sur des produits qu’on trouve facilement chez soi et qu’on va chercher à l’autre bout de la planète.

    Alors oui c’est quelque part paradoxale d’acheter des tomates venant du maroc alors que nous en vendons aux pays-bas. Des camions se croisent avec le meme type de produit et au final plus de consommations de pétrole pour un meme produit!

    De +, le marché actuel a de nombreuses distortions ce qui fait que des produits de l’autre côté de la planète coutent moins chers que localement. Ainsi quand on compare uniquement le prix de vente c’est souvent de manière inégale (car l’homme et l’environnement n’ont pas été pris en compte de la meme manière dans le prix du produit).

    A cela s’ajoute les complications de nature approvisionnement. Nous avions déja entamé la reflexion, est ce que finalement la consommation locale est possible? Les relations commerciales rendent les choses compliqués. Nous avions commencé un billet dessus:

    http://blog.toutallantvert.com/2007/10/23/e-commerce/e-commerce-et-environnement-sapprovisionner-localement-en-france-est-ce-possible/

    Bref pas évident du tout!

  12. Je tombe sur cet article un peu tard et je n’ai pas lu tous les commentaires, mais je confirme que des alternatives électriques pour le transport risquent d’arriver. Et les chinois sont bien en avance sur nous, dans les grandes villes 3 scooters sur 4 sont électriques, et ça en représente quelques-uns croyez-moi !
    Les pays en « voie de développement » sont dans certains domaines parfois bien plus précurseurs que nous …

  13. Le e-commerce n’est certainement pas le commerce le plus écologique, si on s’y intéresse de plus près celà fait même réfléchir… il est d’ailleurs bien étonnant que les prix ne grimpent pas plus que celà!?

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