Est-ce la mode des services de suggestions collaboratives ?

Tout comme nous avons vu les blogs et réseaux sociaux être récupérés par les marques, serions-nous à l’aube d’une nouvelle mode avec les services de suggestions collaboratives ?  Il faut dire que l’actualité est riche en ce moment :

 

MyStarbucksIdea

Nous voici donc face à un début de mode pour ces nouveaux types de services « 2.0 » que certains qualifient de « ideagoras » (terme issu du livre Wikinomics).

Bon… autant vous le dire tout de suite, je suis bien trop chauvin pour cautionner ces initiatives qui ne font que singer notre FeedBack 2.0 national (cf. Ciao + Digg = FeedBack 2.0 et SNCF.com se transforme en Web TV et ouvre le dialogue avec ses clients).

Teroforma : immersion et inspiration

Très rares sont les boutiques en ligne qui osent casser les codes traditionnels du web design et s’aventurer dans des chemins plus expérimentaux (c’est entre autre à Etsy que je fais référence).

Je vous propose donc de découvrir une boutique d’accessoires de table tout à fait surprenante : Teroforma Webshop.

Il y a d’abord une étonnante page d’accueil où les visiteurs sont traités comme des guests qui réservent une table pour une durée limitée. Il y a ensuite cette page intérieure qui sert à la fois pour parcourir la gamme et pour configurer votre composition d’accessoires :

Teroforma

 

L’immersion est ici poussée au maximum avec un design et une mise en page parfaitement minimaliste. Le côté inspirationnel est également très présent avec une visualisation immédiate des accessoires ainsi que des effets de transition très sobres.

Bref, une boutique hors-normes à découvrir et à apprécier pour son côté expérimental.

(merci à Jérémie pour le lien)

WWTelescope + iPhone = NASA Pocket Planet Gazer

Pour celles et ceux qui n’ont pas la patience d’attendre l’ouverture au grand public du World Wide Telescope et qui sont en plus en situation de mobilité, je vous propose de parcourir l’univers depuis votre iPhone avec cette étonnante application : Pocket Planet Gazer (/! ne fonctionne qu’avec un iPhone).

PocketPlanetGlazer

 

Une application parfaitement récréative dont vous pouvez voir une démonstration vidéo ici : NASA iPHone. Un grand bravo à l’agence qui a réalisé ce travail (Critical Mass).

(via Logic + Emotion)

CyWorld ferme ses portes en Europe

Voilà une nouvelle qui est passée inaperçue mais qui pourtant en dit long sur l’état du marché en Europe : Auf Wiedersehen! …au revoir, good bye, ciao, adios! | Cyworld closes in Europe.

Les raisons probables sont les suivantes :

  • Un manque de rentabilité lié à un écosystème des produits virtuels encore balbutiant et à l’absence de solutions de micro-paiement viables ;
  • Une concurrence trop féroce (il faut dire qu’Habbo est un sacré morceaux !) ;
  • Un modèle culturel qui visiblement s’exporte mal (trop coréen…) ;
  • des marchés plus rentables en vue (Chine…).

La grande question est maintenant de savoir ce qu’il va advenir de Cyworld US. (surtout vis à vis de services déjà très bien implantés comme Neopets ou mieux positionnés comme Stardoll).

Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?

Voilà plus d’un an que j’ai commencé à vous parler de Twitter, une année riche pour ce service qui intrigue autant qu’il passionne et qui reste une valeur sûr dans cette profusion de nouveaux médias sociaux. Pour celles et ceux qui ont raté le coche, il est encore largement temps de prendre le train en marche : Twitter in Plain English.

Pourquoi un tel engouement ? Peut-être parce que ce service à priori simpliste se révèle être une authentique pépite : un catalyseur de pratiques sociales de nouvelle génération. De nouvelle génération ? Oui tout à fait, des pratiques plus spontanées, plus informelles, avec d’avantage de proximité mais paradoxalement moins d’intrusion et de pollution. Nouvelle génération ensuite car il se passe des choses merveilleuses sur Twitter (à l’image de cette demande en mariage : Did We Just Witness a Twitter Marriage Proposal?) et que personne n’est encore tout à fait d’accord sur les raisons du succès (The secret to Twitter, The secret to Twitter, part II et A Twitter Primer), la preuve que le concept n’a pas encore dévoilé tout son potentiel.

Nouvelle génération enfin car il faut bien reconnaitre que les réseaux sociaux tels que nous les connaissons commencent sérieusement à s’essouffler (Twitter is The New Facebook). Dernière preuve en date : le rachat de Bebo par AOL (AOL + Bebo = Still No Market Differentiation), un flagrant constat d’échec de la part d’un portail à bout de souffle qui jette son dévolue sur une proie facile. Reconnaissez-le : si les réseaux sociaux n’intéressent pas les fonds d’investissement c’est qu’il y a un réel problème de modèle économique, seuls les portails y trouvent leur compte en achetant de l’audience au prix fort.

En fait c’est une longue discussion avec Dan Berte qui m’a fait ouvrir les yeux et redécouvrir ce service sous un nouvel angle. Twitter est en quelque sorte la CB du web : un pseudo-réseau social informel qui se développe et évolue au hasard des rencontres. Les messages y sont brefs et sincères, on s’échange des tuyaux, on demande des conseils, on raconte son quotidien à qui veut bien vous suivre, le tout en tâche de fond. N’y voyez pas une quelconque évolution de l’email ou de la messagerie instantanée, c’est simplement une nouvelle forme d’expression et d’interaction sociale (la CB remplace-t-elle le téléphone ?).

La force de Twitter réside dans sa capacité à n’intéresser à priori personne mais au final beaucoup de monde. C’est très certainement le format extrêmement court des messages (moins de 140 caractères) qui assure le succès de ce service : il force les utilisateurs à être concis dans leurs messages qui du coup ne perturbent pas trop l’attention des lecteurs.

Idéal pour faire la couverture d’évènements en live (cf. Twitter crowd goes bananas at SXSW), les twitteurs sont comme des témoins quasi-anonymes qui trouvent également leur place dans un contexte marchand (Shopalize) ou d’entreprise (cf. The Beauty, Secrets and Utility of Twitter for Business et How companies connect using Twitter). Il existe ainsi des sur-couches applicatives permettant d’étendre les capacités de Twitter comme ce service d’aggrégation et de création de groupes : TweetPeek.

L’activité sociale des réseaux de twitteurs est bien plus développées que vous ne l’imaginez : il se passe réellement quelque chose durant ces échanges éphémères où votre prochain n’est jamais très loin. Il vous suffit alors de solliciter vos followers pour obtenir une réponse quasi-instantanée (voir à ce sujet Shouldi, un service à mi-chemin entre Twitter et Yahoo! Answers).

Les deux exemples de déclinaisons précédemment cités illustrent le grand paradoxe de Twitter : un outil incroyablement minimaliste qui est pourtant capable d’orchestrer des relations sociales bien plus complexes que ne le font les réseaux sociaux traditionnels (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Au final on en vient à se demander pourquoi il n’existe que si peu de concurrents à Twitter, et surtout pourquoi Google ne parvient pas à faire quelque chose d’intéressant après le rachat de DodgeBall et Jaiku (deux services proches).

Je me lancerais bien dans une petite prédiction : le rachat de Twitter par Yahoo!. Cela pourrait faire du sens : compléter une gamme de services « 2.0 » très large (MyBlogLog, FlickR, del.icio.us, Buzz) et faire le pont avec des services encore plus avant-gardistes (Yahoo! Live). Alors, vous y croyez ?