Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services « 2.0 » tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris (del.icio.us), vos photos (FlickR), vos diaporamas (Slideshare), vos achats (Shopalize), vos films loués (Netflix), vos chansons écoutées (Last.fm), vos humeurs (Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes (Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Lifecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

De l’intérêt des paniers dynamiques

Aviez-vous déjà remarqué à quel point les paniers dynamiques peuvent être incitatifs ? Mais commençons d’abord par une courte explication : j’appelle panier dynamique ces paniers qui se déplient lorsque vous ajoutez un article dedans (métaphore « Ajaxisée » du produit que l’on place dans le caddie).

Bon bref, amusez vous à remplir votre panier chez GAP et dès le deuxième article, un petit panneau supplémentaire se déploie pour vous signaler l’existence d’une promotion sur le troisième article :

Gap_MiniKart.jpg

Redoutable, surtout qu’avec un troisième article, on vous propose une promotion encore plus forte sur le quatrième !

Idem chez American Eagle où c’est un produit offert qui est signalé à partir du 3ème article :

AE_MiniKart.jpg

Une incitation extrêmement forte pour « forcer » la vente, vous ne trouvez pas ? Tant qu’on y est, ils pourraient même inclure un petit compte à rebours pour retirer le cadeau gratuit.

Mes réflexions autour de Silverlight 2 et du MIX08

Suite à une série de billets publiés sous forme de compte-rendu, je me livre maintenant à une analyse à froid de la stratégie de Microsoft sur les interfaces riches et sur Silverlight en particulier.

Silverlight est là pour durer

Au vue de l’ambition et des moyens qui sont engagés par Microsoft, il est clair que les interfaces riches est un créneau (marché ?) que Microsoft veut investir durablement. Traduction : ils mettent le paquet pour réussir.

Ce n’est donc pas un hasard si Silverlight est proposé dans les mises à jour de Windows, le déploiement doit se faire rapidement.

Deux leviers de différenciation

Pour rattraper son retard sur Flash, Silverlight doit trouver sa place dans un marché un quête d’un second souffle. Microsoft a donc choisi de miser sur deux critères de différenciation : La vidéo HD et les applications d’entreprise.

Le premier car ce créneau est encore quasi vierge (du coup Adobe contre-attaque avec son initiative HD Video). Le gros partenariat avec NBC pour la retransmission des J.O. devrait jouer un rôle important dans l’évangélisation de Silverlight auprès du grand public.

Le second car Adobe a du mal à pénétrer ce marché et que Microsoft dispose déjà d’une très importante base de clients et de développeurs (lire à ce propos un billet de l’année dernière : Réflexions autour de Silverlight). La mise à disposition d’un ensemble de composants standards d’interface (boutons, menus déroulant, champs…) est ainsi un premier pas vers une approche industrialisée du développement de RIA d’entreprise.

Un discours tourné vers les annonceurs

Force est de constater que Microsoft ne s’embête pas trop à séduire les utilisateurs, ce serait un chantier bien trop laborieux et inutile (surtout avec Deux sites qui se font concurrence : microsoft.com/silverlight et silverlight.net).

Microsoft préfère concentrer son attention sur les annonceurs en leur fournissant des outils qui facilitent la monétisation des contenus :

  • L’intégration native de la gestion des publicités au sein de l’environnement de développement (ad templates) qui permet de gérer l’apparition de bannières à des moments précis de la timeline ou sur déclenchement d’un évènement, de gérer leur comportement, d’afficher des bannières transparentes en sur-impression (ad overlay) ou encore de faire du tracking ;
  • La possibilité de faire du téléchargement progressif (progressive download) pour ne pas gâcher de la bande passante inutilement (améliorant ainsi les coûts d’exploitation) ;
  • La possibilité d’activer la gestion dynamique de la bande passante (adaptive streaming) qui permet de réduire la qualité d’une vidéo pour ne pas interrompre le streaming (et donc l’affichage des fameuses bannières).

Bref, vous l’aurez compris, ils ont pensé à tout et les annonceurs / agences ne seront pas sourds à ces outils très précieux.

Quid des outils de conception ?

Je ne sais pas pour vous mais j’ai la très désagréable impression d’être la troisième roue du carrosse. Je m’explique : pour faire un site web ou une application en ligne, vous avez besoin de trois types d’intervenants : les designeurs qui s’occupent du look&feel, les développeurs qui s’occupent de la programmation et de la viabilité technique, les architectes fonctionnels qui se chargent des aspects métiers et de l’utilisabilité.

Microsoft tout comme Adobe concentrent tout leurs efforts sur les designeurs et les développeurs, mais ne s’adressent pas du tout aux concepteurs. C’est très dommage, car ces trois métiers travaillent de concert et devraient partager le même environnement de travail.

Je rêve ainsi d’une plateforme unifiée servant à faire la conception graphique, technique et fonctionnelle d’une RIA. Une plateforme de conception où il serait possible de :

  • Créer des arborescences ;
  • Modéliser des processus métiers ou des parcours clients (sous forme de use cases) ;
  • Faire du prototypage rapide sur des écrans fonctionnels (appelé ça comme vous voulez : storyboard, wireframe…) ;
  • Décrire le comportement des interfaces et des différentes modalités d’interaction (des sortes de mini-specs).

Jusqu’à présent l’offre des grands éditeurs est inexistante sur ce créneau, il n’existe que des acteurs de niche comme Norpath ou Axure.

Pour l’instant je n’ai entendu que des rumeurs et bruits de couloir : une extension à la suite Expression pour Microsoft et un certain projet « bordeaux » chez Adobe (un outil à mi-chemin entre Fireworks et Thermo).

2008 sera une année décisive

Je suis intimement persuadé que 2008 va être une année charnière pour les interfaces riches où tout va se jouer en quelques trimestres. Les enjeux sont de taille et le web 2.0 se cherche un second souffle, la bataille s’annonce donc épique avec un probable point culminant pour les sorties officielles de Silverlight 2 et Flash 10.

En attendant, Microsoft (tout comme Adobe) poursuit son travail d’évangélisation et de séduction. Espérons qu’ils n’oublieront personne en chemin (cf. mon paragraphe sur les outils de conception).

Facebook toujours dans la tourmente

Plus le temps passe et plus Facebook fascine autant qu’il déçoit. Peut-être est-ce la conséquence de la sur-médiatisation ? Peut-être est-ce parce que les utilisateurs voient en Facebook un service révolutionnaire qui va combler les lacunes des autres (et développent ainsi des attentes irréalistes donc de la frustration) ? Peut-être est-ce parce que l’équipe est en pleine crise de croissance (trop jeune, trop petite…) ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il que Facebook est en ce moment fortement chahuté par la blogosphère.

Il y d’abord les chiffres qui sont fortement critiqués et notamment en Angleterre (Facebook enregistre sa première baisse d’audience en Grande-Bretagne et Facebook loses a few bitches) et au Canada (Auditoire de Facebook au Québec: mon oeil !) ainsi que cette étude de Compete (Top Social Networks – February 2008) où l’on y (re)découvre que l’audience de Facebook est 3 fois moindre que celle de MySpace et que d’autres réseaux affichent des taux de croissance bien plus spectaculaires (MyYearBook, LinkedIn, Ning…). Certains y voient déjà le début de la fin : So long and thanks for all the poking.

Il y a ensuite le modèle publicitaire qui n’arrive pas à convaincre les annonceurs, si ce n’est les marchands de sexe : Facebook gets ad booty, booty ads. Il faut bien avouer que le soi-disant système de ciblage comportemental révolutionnaire ne tient pas ses promesses : Facebook Showing Signs Of a Topsy-Turvy Future. Il en résulte une situation paradoxal où Facebook nourrit un écosystème florissant mais ne parvient qu’à ramasser les miettes de cette orgie. Et la récente interview de Mark Zuckerberg au SXSW n’a fait qu’accentuer les craintes (Why Mark Zuckerberg isn’t saying anything) de même que la session de rattrapage où il ne s’en sort pas mieux (GigaOM Interview: Mark Zuckerberg, Founder & CEO Facebook).

Tout ceci engendre une situation financière qui s’annonce catastrophique avec des pertes anticipées de 150 millions de $ pour l’année 2008 (Facebook’s leaked financials reveal leaky business). Il faut dire que même si Facebook dégage du C.A., les frais de structure sont colossaux et la société doit investir massivement pour maintenir le service : ils possèdent déjà deux data centers et projette d’acheter des dizaines de milliers de serveurs. Cette fragilité financière apparente (disposeront-ils d’assez de cash pour finir l’année ?) ne motive pas réellement les annonceurs qui se contentent d’orchestrer des campagnes à court terme et évitent d’investir dans des deals trop impliquants. Et pendant ce temps là, les patrons crament de l’argent en organisant des soirées (Facebook spends $50,000 of Microsoft’s money on investor’s nightclub)…

Il y a enfin une stratégie d’internationalisation bancale où la traduction de l’interface est confiée à la communauté pour un résultat visiblement très mitigé (Facebook en français : échec 2.0 et Facebook to get lost (or found) in translation? Signs point to ‘oui’).
Rajoutez à cela le fait que les dirigeants de Facebook n’ont nullement l’intention d’investir dans des infrastructures locales (tout se fait aux US) et vous avez de quoi vous pouvez des questions sur leurs réelles ambitions à l’international.

Au final et malgré tout ce qui vient d’être dit, Facebook reste un acteur majeur et une figure emblématique des médias sociaux. Maintenant la question à 15 milliards de $ est : où va Facebook ? Difficile à dire tant leur discours est approximatif, du moins pour ce qui concerne la monétisation du trafic ou les offres de ciblage comportementale à destination des annonceurs.

Alors bien évidement ils ont déjà attiré plus de 67 millions d’utilisateurs et ce n’est pas rien. Mais force est de constater qu’il ne leur reste que très peu de temps pour trouver un second souffle et rassurer à la fois les annonceurs et les investisseurs avant de se voir voler la vedette par une autre plateforme sociale (lire à ce sujet : The Future of Social Networks at Graphing Social Patterns).

Du rich media très immersif chez Audi

J’étais justement en train de me dire que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas parlé d’un site de constructeur automobile (au moins une semaine). Cette semaine c’est au tour d’Audi avec ce superbe site : Truth in Engineering.

Au programme, une page d’accueil très immersive avec tout un tas de panneaux flottants servant à lancer des vidéos :

Audi_TiE_1

 

Nous avons ensuite un configurateur visuel au format XXL :

Audi_TiE_2

 

Et puis il y a ces cinématiques de transition toujours aussi impressionnantes :

Audi_TiE_3

 

Au final encore un très beau site, rien de révolutionnaire que d’émerveillement pour les yeux !

(via Hebi Flash Blog)