Quels sont les usages de RSS en entreprise ?

Scandale cette semaine avec la parution d’un article sur le blog Read/Write Web : R.I.P. Enterprise RSS. L’auteur y explique que les technologies RSS n’ont pas réussies leur passage d’entrée pour les usages d’entreprise (l’auteur a rectifié sa position depuis la publication de l’article). Plutôt que de commenter l’article je vous propose d’étudier les différents scénarios d’usage de RSS dans un contexte d’entreprise.

Précisons qu’il s’agit bien là du format RSS, au sens « flux de donnes », plutôt que de la technologie RSS en elle-même qui se révèle plutôt limitée vis à vis de concurrents comme Atom.

Nous pouvons tout d’abord scinder en deux les usages en fonction de la cible : pour les collaborateurs et pour le système d’information (les applications). Ce sont deux contextes séparés où peuvent cohabiter deux technologies différentes puisque ces types de flux ne sont à priori pas amené à se croiser.

RSS pour les collaborateurs : une veille collaborative et cumulative

La veille est très certainement le contexte d’usage le plus approprié aux flux RSS. Simples et légers les flux de données sont très faciles à déployer au sein d’une entreprise. Mais là où un utilisateur se contente de « consommer » les flux (rien n’est stocké), dans un contexte d’entreprise il serait plus judicieux de conserver les flux pour exploitation ultérieure.

L’idée serait alors de capter tous les flux entrants (pour limiter la consommation de bande passante) et d’y injecter une touche collaborative pour pouvoir surveiller l’usage que les collaborateurs en font : plus il y a d’inscrits à un flux et plus celui-ci présente un intérêt. Nous pourrions ainsi imaginer un système d’analyse d’audience interne qui pourrait identifier les sujets critiques et les informations entrantes à valeur ajoutée.

Couplé à un outils de bookmark collaboratif et à un système de recommandation, cette veille mutualisée présenterait d’autant plus de valeur : la fonction de veille n’est plus isolée au niveau des individus mais partagée entre les collaborateurs. Stocker les billets pourrait également présenter un intérêt, d’une part pour s’assurer de la disponibilité des informations (si jamais l’auteur de billet le met hors ligne) et d’autre part pour plus de discrétion (un concurrent pourrait devenir méfiant à l’idée que X personnes d’une même société s’intéresse de près à ce qu’il rédige).

Bien évidemment tout ceci nécessite le recours à des outils adaptés : soit une fonction intégrée au portail d’entreprise ou à l’intranet, soit un lecteur de flux d’entreprise comme Newsgator (dont le patron a réigé un billet en réponse à celui précédement cité : Enterprise RSS at NewsGator is Alive and Well).

RSS pour les applications : Flexibilité et modularité

Concernant les flux de données entre applications, là encore c’est la praticité de ce format qui en fait la valeur : idéal pour récupérer de l’info publié sur un intranet et le re-publier sur le portail d’entreprise. L’avantage est de pouvoir faire abstraction des outils de gestion de contenu utilisés et de pouvoir mettre en place ce système de re-publication sans trop de complications.

Dans un environnement plus critique (applications métier), les flux de données se révèlent également particulièrement performant. Ceci est d’autant plus vrai avec les flux reposant sur un format spécifiquement adapté aux contraintes des données (par extension des balises descriptives). Car n’oublions pas que RSS et des langages structurés comme BPML partagent une racine commune : le XML.

Bref, les possibilités d’usage du RSS en entreprise sont nombreuses et nous ne sommes qu’au début. De part leur nature très flexible et extensible les flux de données vont pouvoir évoluer en même temps que les besoins / habitudes des collaborateurs. Et n’oublions pas que les flux RSS sont des candidats idéals pour initier les collaborateurs à une approche plus « agile » de la gestion de l’information en entreprise.

E-commerce + Delicious = Colette

Connaissez-vous Colette ? Il s’agit d’un magasin ultra-branché de la rue la plus branchée du quartier le plus branché de la capitale. Le genre de magasin où non seulement les articles ne ressemblent à rien mais sont en plus vendus à des prix indécents par des punks rachitiques (véridique !).

Et bien figurez-vous qu’ils ont lancé leur boutique en ligne très récemment, et elle ressemble à Delicious :

delicious

Vous noterez la ressemblance avec ce même dépouillement graphique, la mise en page plutôt aérée avec une dominante bleu / gris :

colette

Bon d’un autre côté, l’enseigne ne pouvait pas se permettre autre chose qu’une boutique en ligne en rupture avec les codes graphiques (liens non soulignés, item de navigation multicolores, textes minimalistes…). Accordons tout de même à l’agence qui a réalisé ce site (Spill) le mérite de propose une expérience unique en son genre :

  • Un parcours client complètement déstructuré (on se perd dans ce site où se côtoient produits, news et blogs) ;
  • Une grille de lecture atypique (les photos de produits sont détourées donc les limites de la grille disparaissent) ;
  • Un poil d’immersion avec le player audio en haut de page ;
  • Un logo à droite de l’écran.

Voici donc une boutique peu banale mais dont j’aimerais bien connaître le taux de transformation…

PS : Je précise tout de même que je n’ai rien contre les punks.

Soldes et American Idol chez Habbo

En ce moment c’est la période des soldes. Bien pratiques pour déstocker les fins de collection et pour créer un trafic monstre en point de vente les soldes fonctionnent également très bien sur le web… et même pour les univers virtuels !

La preuve avec la dernière newsletter de Habbo qui vente les soldes sur un certain nombre de produits (virtuels) :

habbo_soldes

Bien évidement vous vous doutez que c’est de la pure récupération dans la mesure où il n’y a pas de stock, par contre je me demande dans quelle mesure l’appellation « solde » pourrait être contrôlée. Je ne suis pas un spécialiste mais il me semble que les soldes (annoncés en tant que tels) sont limités à une période donnée et ne concernent que des articles saisonniés et limités en nombre.

Bon d’un autre côté Habbo nous a habitué à des ventes par petites séries donc peut-être sont-ils tout à fait légitimes à appeler ça des soldes.

Dans un autre genre, le site Paid Content nous apprend que la version US d’Abbo vient d’acquérir la licence d’American Idol (l’équivalent de notre nouvelle star) : American Idol Teams Up With Habbo For Virtual World.

habbo_ai

Pour le moment il n’est pas envisagé de recréer le programme dans Habbo mais plutôt de développer une communauté autour de la franchise. Vous ne verez donc pas les avatars des candidats trainer dans les couloirs de l’hôtel ! Je me demande bien ce que cette expérimentation va donner face à des dispositifs beaucoup plus ambitieux de programmes « hybrides » (TV + virtuel) comme ceux de MTV

Social scoring : le Saint Graal des médias sociaux

Le scoring est un élément clé du marketing (en et hors ligne), ce score est en effet un outil très efficace pour cibler une campagne en limitant le nombre de cibles (à celles qui ont un score minimum). Ceci permet d’améliorer mécaniquement le ROI (moins d’envoi = meilleur taux de réponse). Oui mais voilà, ce qui est valable (mesurable) sur les médias traditionnels ne l’est plus sur les médias sociaux. D’une part car les prescripteurs sont difficilement identifiables et d’autres part car de nombreux paramètres rentrent dans l’équation.

Avec l’avènement des médias sociaux le besoin de disposer d’outils de mesure fiables se fait de plus en plus ressentir à mesure que les initiatives gagnent en ampleur (plusieurs pays, une multitude de supports…). Voilà pourquoi calculer le scoring des utilisateurs des médias sociaux est un casse-tête sur lequel les spécialistes planchent depuis de nombreux mois. Le but ultime étant de pouvoir identifier à moindre coût et de façon fiable les socionautes (contraction d’internautes et de médias sociaux) qui présentent le plus gros potentiel et sont le plus à même de relayer une campagne.

À la recherche du Saint Graal

C’est dans ce cadre que le Symposium du WOMMA Measurement & Research s’est tenu en Novembre dernier, débattre autour des différents modèles d’évaluation existants. Quatre modèles ont ainsi été présentés :

  • La Customer Value Matrix qui repose sur la Customer Referral Value en mettant l’emphase sur le recrutement de nouveaux clients et la réduction des coûts d’acquisition ;
  • La NetPromoter Economics dont le principe est de favoriser l’adhésion de nouveaux consommateurs au travers d’un bouche à oreille positif et inversement de minimiser le départ de clients suite à un bouche à oreille négatif ;
  • La Social Value of Opinion Leaders qui privilégie l’accélération du processus de vente grâce à l’action positive des influenceurs ;
  • La Conversation Value Model qui mesure la valeur des conversations favorisant l’acte d’achat.

Ces 4 modèles sont tous dérivés de la CLV (Customer Lifetime Value) et reposent à priori sur une approche scientifique rigoureuse. OK et alors ? La grande question que je me pose est la suivante : Existe-t-il un algorithme suffisamment robuste pour rester fiable quelque soit le contexte ? Ou formuler autrement : Le Père Noël existe-t-il ?

Soyons réaliste : tout comme il n’existe pas de recette miracle pour initier une dynamique virale, il n’existe pas de modèle mathématique viable pour mesurer le potentiel d’un influenceur, du moins dans un environnement « ouvert » (le web). Autant il est possible de mettre en oauvre des social score à usage interne (dans des environnements fermés comme le Karma de Plurk ou le feedback d’eBay) autant il me semble illusoir de vouloir scorer l’ensemble de la blogosphère ou des forums sur des critères neutres.

Et le Page Rank ?

Jusqu’à présent le seul scoring universel est celui de Google, le Page Rank, mais qui souffre de nombreux lacunes pour être exploitable à des fins de social marketing :

  • Il manque de précision car sur une échelle de 1 à 10 (avec un palier critique à 6 où la plupart des « gros » blogs plafonnent) ;
  • Il manque de transparence (impossible de savoir quelle est la formule exacte ni quand on lieu les mises à jour) ;
  • Même s’il est public, ça reste une propriété privée (on ne peut pas prévoir ce que Google va en faire).

Bref, le Page Rank n’est pas la solution.

Privilégiez plutôt le travail de terrain

Ceci étant dit, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de soluition, juste qu’elle n’est pas mathématique. Comprenez par là qu’il est tout à fait possible d’établir pour un contexte donné une short list d’influenceurs (ou de cibles) sur lesquels il est préférable de concentrer les efforts, mais l’établissement de cette liste est un processus purement subjectif qui repose avant tout sur une très bonne connaissance des sphères sociales et sur l’intuition.

Cartographier votre « écosystème social » (blogs, forums, réseaux sociaux…) est pour le moment la moyen le plus fiable d’identifier les influenceurs (les noeuds forts au sein de cet écosystème) évoluant dans votre infosphère. Non seulement il est indispensable que cette cartographie soir exhaustive mais en plus ele doit être très régulièrement mise à jour (pour détecter les « étoiles montantes » et les « départs de feu »).

Oui c’est une tâche très laborieuse, mais s’implanter au sein des médias sociaux est un processus long et complexe (au même titre que l’établissement d’un réseau de distribution) mais c’est un passage obligatoire pour pouvoir en tirer un maximum de bénéfice. Rassurez-vous, il n’est pas ici question de budget, mais plutôt de temps et d’énergie.

Conclusion

Encore une fois, je doute fortement qu’il existe un modèle mathématique universel pour le social scoring car les paramètres de l’équation sont spécifique à chaque secteur / marque / média social. Il est plus prudent de s’éloigner de cette approche scientifique pour adopter une démarche « terrain » qui repose plus sur l’observation et le feeling. Car après tout, observation et feeling ne sont-ils pas les armes préférés des entrepreuneurs agiles ? Vous pouvez toujours tenter une approche mathématique, mais cela risque de vous coûter de l’argent et du temps. Ors, comme le disait Cicéron : « L’argent c’est le nerf de la guerre » (comprenez par là que les budgtes vont être plus que sérrés en 2009, crise oblige) et comme le disait également Napoléon : « En temps de guerre, rien ne rattrape le temps perdu« . (wow, deux référence guerrières en une seule phrase !).

Moralité : Il n’est pas trop tard pour vous y mettre, tout ce dont vous avez besoin c’est de volonté et d’organisation. Deux ingrédients essentiels pour vous accompagner dans l’appropriation des médias sociaux, terrain d’expression si vaste mais tellement prometteur…

Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?

Pour simplifier une explication longue et laborieuse, et pour éviter tout dérapage dans la discussion, nous partirons du principe que le web 3.0 marque une rupture dans nos usages du web (après l’introduction d’une nouvelle dimension sociale par le web 2.0) en apportant des évolutions majeures comme la connexion pervasive, le cloud computing, le nomadisme et la disparition de la frontière entre logiciels et sites web au profit de modèles plus agiles comme les applications en ligne et les clients riches (Rich Descktop Application).

Il y a netbook et netbook

Avant de continuer je souhaiterais (re)définir ce que j’entends par « netbook« . Il y a deux caractéristiques essentielles à prendre en compte : la taille et le prix de la machine. Ces caractéristiques nous permettent de bien délimiter le concept de netbook et d’éviter de brouiller l’argumentation qui va suivre avec des cas particuliers.

La taille est donc le premier critère : entre 7 et 9 pouces. Moins de 7 pouces et vous vous rapprochez de la taille des gros smartphones, plus de 9 pouces et vous vous rapprochez des ultra-portables. Je fais donc le choix d’exclure les machines de format 10 pouces qui s’éloignent à mon sens de la « philosophie » des netbooks pour essayer de concurrencer (avec beaucoup de mal) les ultra-portables. De même, les prochaines générations de machines au format 11 pouces sont à mon avis une hérésie qui risque de dangereusement cannibaliser les ordinateurs à bas prix et tirer la qualité vers le bas.

Un emcombrement beaucoup plus faible que les laptops

Le prix est également une seconde caractéristique structurante car les netbooks ne s’utilisent pas seuls, ils viennent en complément d’un autre ordinateur. Nous pouvons ainsi exclure les machines qui dépassent les 500 € car elles sont alors affichées au même prix que les ordinateurs d’entrée de gamme. Ne parlons même pas du futur Vaio P qui sera vendu à partir de 999 €, avec des versions au prix d’un Macbook Air (un comble !).

Nous pouvons argumenter des heures sur cette définition du netbook (moins de 9 pouces et moins de 500 €) mais elle est cependant nécessaire à l’argumentation du reste de l’article.

Les netbooks sont plus de gros smartphones que des petits ordinateurs

L’arrivée sur le marché du EeePC en début d’année dernière a marqué un tournant dans le marché des ordinateurs. Non pas parce que les technologies mises en oeuvre dans ces petits machines sont révolutionnaires mais plutôt parce qu’ils ont créé une nouvelle niche de marché qui va non seulement rapidement s’imposer comme un segment majeur mais également initier un nouveau mode de consommation de l’outil informatique et de l’internet.

Je m’explique : avant nous avions les téléphones mobiles et les ordinateurs. Puis les PDA sont venus s’interposer entre ces deux segments, rapidement remplacés par les smartphones. Ces derniers proposent un compromis intéressant entre les fonctions de téléphonie classiques (appels, SMS, répertoire…) et les fonctions d’informatique d’appoint (mail, web et consultation de documents). Je précise qu’il s’agit bien là d’un usage d’appoint car même si les Blackberry nous rendent de gros services, ils excellent surtout dans la rédaction de courts emails (réponses urgentes).

Puis est apparu l’iPhone qui a complètement retourné le marché en proposant une expérience utilisateur unique reposant sur les widgets mobiles (à mi-chemin entre applications et sites web). Rapidement copié par ses concurrents, l’iPhone semble avoir défini un modèle viable de ce qu’est un smartphone, de ce qu’il sait bien faire et de ce qu’il ne sait pas faire (principalement pour des contraintes d’affichage et de saisie).

Enfin, sont apparus les netbooks qui vont venir compléter ce tableau avec une proposition de valeur intermédiaire : idéal pour le mail et le surf en situation de mobilité, parfait pour la prise de note sur le terrain (dans les transports en commun ou lors de réunions / conférences), bien pour de la consultation / manipulation de documents bureautiques. Les documents bureautiques sont un cas d’usage important car ils illustrent bien les différences entre les 3 segments précités : vous créez un document bureautique sur votre ordinateur, vous le complétez sur votre netbook et vous le consultez sur votre smartphone. Bien évidemment vous pourriez argumenter qu’il est tout à fait possible de créer un document bureautique sur un netbook mais avouez que ce n’est pas l’idéal : vous imagineriez-vous rédiger le diaporama du rapport annuel de votre société sur un EeePC ? Bon de toute façon la définition de Wikipedia est formelle : « frappe ou rectification de texte épisodique, vérification et modification de tableaux de chiffres, graphiques ou présentations animées« .

Netbook + 3G = une condition nécessaire

Pour le moment la plupart des netbooks sont vendus « nus » ou au mieux avec une clé de connexion 3G. Tout comme cela a été le cas pour l’iPhone, la valeur ajoutée des netbooks sera d’autant plus grande s’ils sont connectés en permanence et de préférence sans limite de débit. À partir du moment où seront généralisées les packs netbooks + abonnement, les usages commenceront à évoluer pour s’adapter aux caractéristiques de ces machines (très faible encombrement, bonne autonomie…).

Le collaborateur nomade (ou l’utilisateur lambda) trouvera alors dans les netbooks un outils formidable pour garantir l’intégrité de sa vie numérique et donc par rebond de sa vie numérique sociale. Et c’est très certainement cette dernière qui risque de pousser l’adoption. Imaginez un petit appareil qui tient dans votre sacoche (pas la peine de se trimballer ces immondes sacs noirs en nylon renforcé) ou votre sac à main et qui vous permet d’être connecté en permanence à vos messageries (emails ou instantanée), à Facebook, Skype, Deezer, FlickR, YouTube, Netvibes, Twitter… que vous pourriez emmener en week-end, en vacances…

Suis-je en train d’affabuler ? De décrire un comportement d’hyper-geek parisien ? Pas si sûr : souvenez-vous au tout début de la téléphonie mobile ou des Blackberry, nous étions loin de nous douter des bouleversements et de l’addiction qu’ils allaient engendrer. Je suis plus que convaincu qu’il en sera de même pour les netbooks, nous les retrouverons partout car ils vont bénéficier de deux phénomènes : l’informatique low cost (initiée il y a quelques années avec le PC à 100$) et les plateformes sociales mobiles / locales (prolongement naturel des réseaux sociaux).

Votre sésame pour le SaaS et le cloud computing

Même si elles gagnent petit à petit en popularité, les applications en ligne sont encore largement minoritaires par rapport aux applications traditionnelles (installées sur votre disque dur). Par contre, à partir du moment où les netbooks vont commencer à être massivement déployés (en entreprise comme chez les particuliers), les rapports de force ne sont plus les même car ces machines donnent aux applications en ligne un formidable appel d’air (la connexion permanente résolvant le problème de disponibilité) et pénalisent les applications plus lourdes (qui réclament plus de puissance). Il y a donc fort à parier que la croissance du marché des SaaS sera liée à celle des netbooks.

Et ceci est encore plus vrai avec le cloud computing : à partir du moment où vous devez jongler entre plusieurs ordinateurs / périphériques, la meilleure façon de gérer la synchronisation des données est encore de ne pas les stocker sur vos disques durs. C’est là où les services et applications reposant sur le principe du data on the cloud prennent toute leur importance. Peut-être pas pour vos photos de vacances, mais pour vos emails ou vos documents de travail (à travers des espaces de travail collaboratifs).

En poussant ce raisonnement un peu plus loin, on se dit que les netbooks pourraient également être les meilleurs ambassadeurs de l’Entreprise 2.0 et sa myriade d’outils décentralisés (blogs internes, wikis…). Autant il est très compliqué de « nomadiser » l’ensemble des collaborateurs d’une équipe ou d’une structure (tout le monde ne peut pas travailler sur un ordinateur portable), autant il serait bien plus simple d’équiper ceux qui le demandent / requièrent avec un netbook. Surtout les machines propulsées par Linux : un OS économique, léger, facile à paramétrer / gérer (pour les administrateurs) et à l’abri des virus et autres cochonneries qui traînent sur la toile.

À la recherche de l’OS parfait

Nous en venons maintenant à parler du grand inconnu de ce tableau : le système d’exploitation. Autant il est hasardeux de vouloir faire tourner Windows (ou Mac OS) sur ces machines pour les raisons évoquées plus haut (puissance…), autant les premières versions des distributions Linux livrées avec les machines ne sont pas très convaincantes. Même si les choses évoluent et que l’on commence à voir arriver des distributions spécialement adaptées aux netbooks (comme la Ubuntu Netbook Remix), les choses n’avancent pas aussi vite qu’elles le devraient compte-tenu des enjeux.

L'écran
L'écran d'accueil d'Ubuntu Netbook Remix

Car avec des millions de machines déjà en circulation et toutes celles qui seront vendues dans les prochaines années, ce sont des dizaines de millions d’utilisateurs qui pourraient être autant d’abonnés à des services à valeur ajoutée : stockage et synchronisation, alertes… Regardez ce que fait Apple avec son MobileMe et vous pourrez en déduire les innombrables possibilités de services associables à ces netbooks connectés en permanence.

L’idée serait de proposer un ensemble de services directement au niveau du système d’exploitation. Des services qui seraient personnalisables en fonction des besoins de chacun. Quelque chose à mi-chemin entre les systèmes de widgets actuels et Netvibes. Vous le voyez venir ? Tant mieux, ça veut dire qu’il y en a qui suivent ;-) Cette idée n’est pas neuve car il y a déjà du monde sur le créneau : Jolicloud, dont Tariq Krim est à l’origine (le fondateur de Netvibes).

Imaginez un système d’exploitation beaucoup plus convivial et simple d’utilisation. Un bureau personnalisable où vous auriez un accès direct à un ensemble d’informations et de services (emails, flux RSS, Tweets, alertes Facebook…), des raccourcis vers vos documents et fichiers partagés. Ce bureau présenterait une forte valeur pour les éditeurs de services et intermédiaires marchands qui pourraient subventionner une partie du prix de la machine pour avoir l’opportunité d’être présents par défaut (comme les fournisseurs d’accès à internet il y a quelques années).

Un scénario réaliste car la bataille se gagnera bien au niveau du système d’exploitation maintenant que les utilisateurs disposent de plusieurs browsers alternatifs. La finalité ne serait pas de proposer le plus de fonctionnalités gratuites possibles mais plutôt de mettre en avant un ensemble de services à valeur ajoutée qui seraient facturés sous forme d’abonnement. Partant du principe que les constructeurs ne se risqueraient pas en dehors de leur métier d’origine (hardware et un peu de software), il y a donc de la place pour un éditeur d’OS dédiés aux netbooks.

L’idéal pour cet éditeur serait de pouvoir se réserver un canal de communication direct avec les utilisateurs, un mécanisme de push qui pourrait être monétisé avec des éditeurs de contenus ou des services locaux. Mais ce modèle n’est pas tout à fait nouveau, il existe déjà pour la téléphonie mobile sous la forme des portails officiels (du type i-mode & cie). Nous pourrions même envisager un système de micro-paiement associé à l’abonnement. Oui les possibilités sont nombreuses et tout reste à inventer / recycler.

Une configuration idéale pour les enfants

Pour vous convaincre de la viabilité de ce dispositif, imaginez ce que cela pourrait donner avec le « marché » des enfants. Normalement vous êtes comme moi : hyper stressé à l’idée que votre progéniture brutalise votre outil de travail sous prétexte que Lapin Malin a du mal à comprendre ce qu’il/elle essaye de lui faire faire. Comment faire alors pour faire découvrir l’informatique aux plus jeunes ? Les netbooks bien sûr : pas trop chers, pas trop encombrants, avec un clavier adapté à leurs petites mains et une puissance largement suffisante pour faire tourner quelques logiciels ludo-éducatifs.

Et c’est là où ça devient intéressant, plutôt que de continuer à vendre des DVD au travers de canaux de distribution toujours plus gourmands, les éditeurs de ces logiciels pourraient envisager différentes options :

  • Continuer à vendre du logiciel, mais avec un format adapté : les cartes mémoires (dignes successeurs des cartouches de jeux) qui pourraient être expédiées gratuitement par la poste (car très faible encombrement).
  • Basculer sur un mode abonnement où l’enfant recevrait régulièrement des mises à jour en fonction de ses progrès ou des saisons. Ces mises à jour pourraient être téléchargées sur le web par les parents ou bien se faire de façon silencieuse dans un environnement sécurisé comme celles proposées par Kidzui.
  • Subventionner une machine « habillée » aux couleurs des mascottes de la marque (Adibou, Lapin Malin…) et la commercialiser avec un abonnement.

Comme vous pouvez le constater il existe de nombreux scénarios tout à fait viables et surtout bien mieux adaptés aux problématiques actuellement rencontrées par les éditeurs (piratage, vampirisation des marges par les distributeurs…).

Google, l’acteur de l’ombre qui pourrait bien s’imposer

Et Google dans tout ça ? Depuis le début de l’article je n’ai pas abordé le sujet mais Google pourrait jouer un rôle très important dans l’écosystème des netbooks :

Bref, Google pourrait bien être l’acteur de l’ombre qui pour le moment se fait très discret avant de passer à une phase beaucoup plus offensive. Meilleur scénario : une offre intégrée comprenant une machine propulsée par un Google OS associée à une offre d’abonnement double Wifi + 3G sur le réseau Google (encore à monter / racheter).

Bien sûr il y a d’autres acteurs en course (Microsoft, Yahoo!…) mais Google me semble être celui qui pourrait le plus rapidement s’imposer sur ce créneau.

Conclusion

Je pourrais parler de ce sujet pendant des heures tellement le potentiel est gigantesque. Encore une fois, la vraie valeur ajoutée des netbooks repose plus sur les nouveaux usages que sur la transposition d’usages existants (bureautique traditionnelle en situation de mobilité). Tout reste à faire dans ce marché encore embryonnaire où les efforts sont pour le moment essentiellement concentrés sur le hardware (terrible course à l’innovation sur les processeurs, les disques SSD, l’autonomie…) lorsque les plus belles marges pourraient être réalisées sur du service.