Pourquoi je suis contre Hadopi et pour la licence globale

Je suis volontairement resté très discret sur le débat autour du projet de loi « Création et internet » (ou Loi Hadopi) mais je souhaiterais tout de même apporter ma contribution à ce débat. Avant toute chose : Télécharger des oeuvres culturelles protégées c’est mal et répréhensible. Voilà, c’est dit.

Intéressons-nous maintenant au fond du problème : les complications techniques que cette approche de riposte graduée vont entraîner. Pour faire simple disons que la riposte graduée est techniquement trop complexe pour être mise en oeuvre dans de bonnes conditions, c’est à dire qui ne vont pas perturber le bon fonctionnement des fournisseurs d’accès à internet. Ceci est d’autant plus vrai qu’il existe de nombreux protocoles P2P avec des architectures toutes différentes (centralisée, semi-centralisée, décentralisée, via Usenet…).

Peut-être serait-il plus simple que les industriels du plastique (CD, DVD…) admettent qu’ils ont perdu la bataille et qu’ils mobilisent leurs forces pour la mise en place d’une licence globale qui semble être le meilleur compromis dont nous disposons (mes recherches sur le sujet ne sont pas exhaustives donc n’hésitez pas à argumenter mais pas de troll SVP).

Pour vous convaincre du fait que de toute façon la balle est dans le camp des utilisateurs (une communauté motivée arrive toujours à contourner les barrières, cf. le jailbreak de l’iPhone), je vous propose de découvrir cette application mobile qui permet de lancer le téléchargement d’une oeuvre en scannant un code barre avec votre téléphone : Torrent Droid Preview.

Le principe est tout simple :

  1. Lorsque vous êtes dans un magasin, vous prenez en photo le code barre d’une oeuvre (CD, DVD…) ;
  2. Le logiciel se charge de trouver le nom de l’oeuvre ;
  3. Il vous fournit la liste des fichiers disponibles sur les réseaux P2P ;
  4. Vous choisissez le fichier et lancez le téléchargement sur votre ordinateur (en vous servant de la console de contrôle à distance).

Démonstration en images :

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Démonstration vidéo :

Est-ce que vous imaginez la même chose mais avec les mobiles tags sur les affiche de films ?

43 commentaires sur “Pourquoi je suis contre Hadopi et pour la licence globale

  1. la licence globale reviendrait pour moi à une taxe prélevée pour être redistribuée aux majors.
    Leur business model est dépassé, ils doivent se réinventer sous peine de disparaître. Finalement, ont-ils encore un rôle à jouer quand on voit qu’avec peu de moyens les artistes peuvent se produire eux-mêmes ?

  2. Je suis globalement pour la licence globale, mais je comprends les arguments de ceux qui reprochent à cette dernière les complications techniques difficiles à mettre en œuvre.
    En revanche, pour ceux qui mettes en avant le problème de répartition de l’argent aux artistes, je ne vois pas pourquoi ils pourraient répartir l’argent de la taxe sur la copie privée sensée aller aux artistes, et ils ne pourraient pas répartir l’argent de la licence globlae.

  3. Comme je le signalais sur un autre site, la licence globale n’est qu’un « pis aller » à la loi actuellement en discussion.
    Mais quoi d’autre ?
    Moi aussi (cf. Daniel et Alex), je trouve qu’il y a certains inconvénients à la licence globale, mais il faut bien trouver QUELQUE CHOSE à opposer aux défenseurs de loi Hadopi.
    Car il ne s’agit pas de s’opposer par principe à cette loi (qui par ailleurs est réellement discutable), mais EGALEMENT de proposer un dispositif permettant de répondre à tout le monde.

  4. Bonjour,

    Tres interessant ce debat merci beaucoup A Fred Cavazza pour toutes ces infos au jour le jour, franchement c est fort.

    En ce qui concerne le debat, je pense que l on doit pense que l on doit prendre en compte plusieurs facteurs:
    – Ce qui a ete fait avant: un impot sur les memoires type dvd, cd, disques durs etc, venu un peu avant les années 2000. Le resultat est que les grands artistes en profite et la SACEM a des bureaux d enfer. Mais les petits artistes ne sont pas prit en compte.

    – D ou le lien sur le fait que les grands artistes ont un changement de leur modele de business, ils sont de plus en plus present dans le monde de la publicité (exemple de notre bon johnny hallyday et optic 2000) et dans d autres produits derivés. Ou un exemple du moment ou internet n existait pas, quand Georges Lucas a devellopé son business de merchandising pour compenser les droits negocié avec la century fox pour le premier star wars sortie au cinema.

    En gros je pense qu il est difficile d arreter le telechargement en ligne, que ce soit une licence ou une loi, ce sont aux majors et distributeur de faire evoluer leur model.

  5. je pense que la loi Hadopi prépare la licence globale. la licence globale c’est quand même la garantie par l’Etat du revenu de firme privée, (alors que la redevance est « normalement » le moyen de substistance d’un service public de l’audiovisuel),
    la loi hadopi va ne faire que constater que le controle internet est impossible en France et forcer les industriels à faire du lobbying pour faire controler par l’état une garantie de leur subssistance. C’est tordu.
    La taxe sur les cd/dvds c’est quand même de la bonne licence globale cachée.
    Enfin globalement, j’ai grave du mal avec la notion de droit d’auteur ce qui me fait dire surement des betises

  6. La licence globale, c’est n’importe quoi…

    Je parle d’expérience, puisque Baby Bidou a créé un site de téléchargement légal de musique pour enfants, où sont présents de nombreux artistes dont la grande majorité ne travaillent pas avec les majors.

    Honnêtement, combien croyez-vous que ces artistes pour enfants percevront si on passait à la licence globale ?

    Si ces artistes n’ont plus aucune chance de gagner quoi que ce soit… Soit ils passent au bénévolat, soit ils arrêtent.

    La plupart d’entre-vous ont des arguments très égoïstes (du style « moi je pirate, parce que [excuse bidon]… ») ou faussés (« ils gagnent déjà plein de sous… », vrai pour certaines vedettes, très minoritaires). Finalement, dans quelques années, il ne restera plus rien à télécharger s’il n’y a plus moyen de rémunérer les artistes, donc il faudrait plutôt réfléchir plus loin…

    Je suis ouvert à vos proposition de modèle économique alternatif (non, désolé, lorsqu’on est sur une niche de marché comme nous, la pub ne risque pas de compenser…).

  7. @Baby Bidou Je trouve ton cas intéressant et qu’il mériterait d’être développé.

    Même si je suis contre le principe de cette loi en grande partie à cause de l’absence de décisions juridiques dans la coupure de l’abonnement et surtout à cause de la difficulté technique de sécurisé une connexion pour des particuliers, je trouve que le concept de licence globale reste assez flou.

    Justement comme le dit Baby Bidou, qu’est-ce qui nous prouve que les artistes de niche survivront ? Qui aura le droit de proposer des oeuvres en téléchargement ? Si la réponse est tout le monde, comment être sur que les artistes seront rémunérés au prorata de leur succès ?

    Pour pas que je ne meure idiot quelqu’un connait-il un document qui spécifie précisément les tenants et les aboutissant de la license globale ?

    Enfin pour établir la meilleur solution ne serait-il pas possible de réaliser un POC (Proof of concept), comme cela se pratique avant la signature d’un contrat ?

  8. @Baby Bidou : MySpace est probablement la plus belle pépinière d’artistes au monde. N’importe quel mélomane peut y passer des nuits entières, à découvrir de vraies merveilles.
    Presqu’aucun de ces artistes ne gagne sa croûte grâce à la musique, ils font de la musique par passion avant tout.
    Donc l’argument à la Zazie « le téléchargement tue la création », en ce qui concerne la musique, je n’y croie pas du tout. Il est possible de créer musicalement avec peu de moyen, à quart temps, parce qu’on a un job alimentaire à assumer. Je dis pas que c’est bien, mais c’est un fait.
    Par contre, pour le cinéma, c’est un tout autre problème.

  9. Totalement contre Hadopi, et encore plus contre la licence globale! Et malheureusement cela m’embête beaucoup…

    Pour Hadopi, je crois que tout a été dit, c’est stupide, point final.

    Pour la licence globale, ce qui me chagrine, c’est le fait de rabaisser la culture à un produit de consommation courante… non, non et non! La culture ne se consomme pas comme un paquet de biscuits!
    C’est la tirer vers le bas que d’aller vers cette solution, rendre la culture un produit « consommable », tel une cartouche d’encre ou une rame de papier! On télécharge, on consomme, on écoute et hop on passe à autre chose.
    Où est le plaisir de la procuration du bien culturel ? Acquérir un album doit rester « beau », un plaisir, pas un simple clic qui s’ajoute à une liste déjà longue…

    Cela fait déjà pas mal d’années que j’observe le phénomène de « collection » dans mon entourage, certaines personnes qui téléchargent des albums pour dire d’avoir ces albums, qui ont plus de musique que de temps pour l’écouter, et qui finalement n’attachent plus vraiment d’importance à la musique, à sa vraie valeur !
    Ecouter un album doit être comme admirer une exposition, voir un film au cinéma, et non comme le grignotage d’un paquet de chips !

    Je dis donc non à la licence globale et non à l’attitude de consommateur vis-à-vis de la culture !

  10. Ce qui me dérange un peu c’est un argument qu’on entend très souvent « ils gagnent/gagneront de l’argent sur les concerts… ». Cette phrase vient provoquer un changement de l’utilité et d’utilisation du « simple morceau » de musique. Celui-ci devient-il un simple objet promotionnel, un spot radio (en poussant le concept jusqu’au bout) ?

    Bref quelque part à faire glisser le morceau de musique en tant que véritable outil de communication afin de faire venir en concert ou autre.
    Aujourd’hui la fonction est double, on va voir un concert car on aime bien l’artiste et son œuvre. Demain elle sera donc purement génératrice de trafic sur le lieu vente (salle de concert), comme fait carrefour avec les escalopes de dinde.

    C’est déplacer le modèle économique du gratuit pour « tout le monde, mais si t’en veux plus tu payes » à l’univers de la musique.
    Celà fonctionne bien dans l’univers informatique, mais pour la musique? Quelle « prestation de service » apporter à coté? Tout le monde pourra-t-il faire un concert? Quid de la répartition géographique (les gens dans les régions reculées ne paieront donc jamais rien, « le concert est à Paris -> j’y vais pas »)?
    Avec ce type de système généralisé, si je suis artiste en Belgique alors je gagnerai définitivement moins d’argent qu’en étant au US (population de la Belgique étant nettement < au USA = moins de cotisation dans la caisse commune) : quoique je fasse c’est foutu.

    Je pense qu’il existe un compromis entre HADOPI et la licence global, ni l’une ni l’autre ne sont viable en l’état. HADOPI, c’est clair pour tout le monde…
    Licence global : franco-français ? Le problème c’est qu’on met d’un coté, des règles économiques, juridiques avec des limitations de frontière dans un système qui lui, n’en a pas : internet, donc problème, c’est l’éternel débat.

    Bref au final nous en revenons toujours au même : satisfaire la demande ! Pour la musique c’est en bon chemin, la société de plus en plus connecté, couverte en réseau 3G, permet une écoute quasi permanente en streaming d’un deezer, jiwa, mais pour le cinéma?
    Aujourd’hui, je ne comprends toujours pas les tarifs fou des DVD et blueray…Et que dire de la VOD…Comment justifier cela ?
    Cdiscount à tenté le schéma, mais comme d’habitude: drm, pauvreté du catalogue, problème d’image de marque…

    Je pense que dans tous les cas cette loi va passer. On remarquera les problèmes, ils feront les bilans comme ils l’aiment, les autres diront on vous l’avez dit…Bref cela ouvrira peut-être les yeux de certains et permettra d’initier un vrai dialogue et une vraie offre produit en phase avec les demandes du marché.
    Comme on dit : un con qui avance ira toujours plus loin qu’intellectuel restant assit.

  11. Cette loi permet l’intrusion légale d’un organisme dans notre ordinateur pour en vérifier son contenu.

    Alors on nous dit pas de soucis ce sont deux organismes différents un qui se baladera dans nos ordinateurs, et un autre qui aura les informations personnelles de l’utilisateur. Et ça devrait nous rassurer ? Mais c’est complètement fou ! Aucune garantie qu’aucun document personnel ne sera pillé, qu’aucun texte plagié, qu’aucune vidéo personnel ne sera regardé dans un bureau. Ni qu’aucune identité ne sera usurpé par des pirates ou même des poulets pour atteindre une personne tiers, ce qui pourrait finalement permettre d’enfermer n’importe qui pour aucune raison.

    Comment de surcroit distinguer un mp3 légal d’un mp3 illégal sur un ordinateur ??

    Comment savoir si des informations saisit dans nos ordinateurs n’iront pas alimenter des bases de données du genre Edwige ?? ils sont assez tordus pour ça en nous rassurant avec des arguments à coucher dehors.

    Hadopi est juste une nouvelle insulte aux droits de l’homme.

    L’autoriser c’est accepter qu’un flic puisse rentrer chez n’importe qui pour fouiller et voir s’il n’y a pas quelque chose de répréhensible à trouver !!! complètement fou je vous dit ! ça ressemble à une déclaration de guerre, c’est une attaque directe enrobé d’un doux contexte d’actualité.

    Et j’espère qu’ils arrêteront avant que ça ne dégénère, ou que des solutions seront trouvé pour empêcher l’intrusion. Mais si on doit même se protéger de l’état …

    La solution ? Chaque artiste doit percer sur la toile et trouver son public sur internet sans se cacher. Le monde change, et les majors protègent un monde qui n’existe plus. il y a des modèles de réussite. Les temps ont juste changé.

  12. Le plus marrant c’est qu’il y a des sociétés qui appliquent déjà le modèle de la licence globale (illégalement).
    Il y a des réseaux P2P qui sont payants (et rapides), il y a une forte demande, ce qui me dépasse c’est qu’il n’y a aucune offre.
    Le problème de fond est là, les industriels se plaignent du téléchargement mais n’offre rien d’intéressants en retour.
    Je ne pense pas que ce soit aux Internautes de payer les pots cassés de sociétés privées qui ne savent pas s’adapter…

  13. je remarque que dans ces débats, on oublie totalement qu’il y a une grande partie de la population qui ne télécharge pas du tout, qui achète des CDs et qui va , avec la licence globale, payer 2 fois des droits d’auteur et financer la création. j’aimerais qu’on envisage un moyen de rémunérer la création par oeuvre/par chanson/par film / par personne. un truc qui nous laisserait la liberté d’acheter ou pas, quoi, un truc de pays démocratique, quoi ;)

  14. yep hadopi est irréaliste et surtout se trompe carrément de cible, mais je crains que l’argument massue effrayant d’Albanel ne fasse mouche… (« attention, si on autorise le téléchargement, les artistes seront vraiment en danger, c’est la boite de Pandore… » )

    et pour autant une licence globale est elle vraiment plus réaliste ? cette licence globale viendra sûremenent directement des fabricants (Apple, Nokia, SFR…) qui négocient déjà directement les droits auprès des principales majors et lancent de plus de plus des forfaits illimités de téléchargement
    dès lors, est ce que ca vaut le coup de prendre le risque ? pas simple..

    pour plus d’infos:
    http://ledebriefing.fr/2008/12/23/faut-il-interdire-le-piratage (en construction :)

  15. # le 12 mars 2009 à 18:28
    Benoît Pruneau a dit :

    Télécharger une oeuvre sur Internet et l’écouter, c’est plus écologique: aucun plastique ne sera consommé.

    Les artistes qui sont d’accord avec une telle loi font des spectacles pour vendre des disques. Les autres font des disques pour vendre des spectacles. Je préfère cette deuxième catégorie.

    ——-

    :)

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