Interopérabilité des plateformes sociales, on y est presque (peut-être)

Ce n’est pas la première fois que je parle de l’interopérabilité des réseaux sociaux (cf. Un premier pas vers l’interopérabilité entre les réseaux sociaux avec DataPortabilty et Ouverture des réseaux sociaux, la route sera longue) mais c’est la première fois que je parle de « plateformes » et surtout c’est la première fois que des solutions (ou à défaut des intentions) concrètes sont là.

Ce débat de l’interopérabilité n’est pas nouveau car avec l’avènement de gros réseaux sociaux comme MySpace ou Facebook (qui dépassent les 150 millions de membres) et la multiplication des services, les utilisateurs sont en manque de solutions simples pour pouvoir facilement exploiter la dimension sociale du web.

Genèse des Walled Garden

Oui mais voilà, les opérateurs de plateformes sociales voyaient dans leur base utilisateur à la fois un trésor de données qu’ils pouvaient monétiser auprès d’annonceurs et un très bon levier de rétention (vous noterez que je n’ai pas employé le terme  » fidélisation »). Pour faire simple : une fois que vous avez renseigné votre profil, partagé vos photos et construit votre liste d’amis, vous n’avez plus trop envie de changer de crèmerie car il faut tout recommencer à zéro. Les plateformes sociales ont donc érigé de grands murs pour être sûre que les utilisateurs ne puissent pas faire sortir leurs données (les fameux « Walled Garden« ). Qui se souvient ainsi de la fameuse affaire du Scoblegate (où Robert Scoble c’était fait bannir de Facebook pour avoir essayé d’exporter sa liste d’amis) ?

Puis les plateformes sociales ont mis au point des socles technologiques pour pouvoir faire rentrer encore plus de données (au travers d’applications et de connecteurs) : « Plutôt que d’exporter vos données vers le web, pourquoi ne pas importer votre web chez moi ?« . C’est Facebook qui a ouvert le bal en 2007 avec sa Facebook Platform, rapidement imité par LinkedIn, MySpace puis Bebo puis quasiment tous les autres.

Aujoud’hui la situation est différente car l’opinion publique est en train de se rendre compte du danger que représente la centralisation de données personnelles / professionnelles sur une plateforme : dépendance, usurpation, monétisation abusive…

Un pour tous, tous pour… pour qui déjà ?

Face au raz-de-marée Facebook, les autres acteurs de la sphère sociale ont naturellement formés des alliances, non pas pour faciliter la vie des internautes mais plutôt pour essayer de jouer sur l’effet de volume. Sont donc nées les initiatives suivantes :

  • OpenSocial, dont l’objectif est de normaliser les applications (ou social widget) greffables sur une plateforme sociale ;
  • DataPortability, qui doit permettre aux utilisateurs de porter leurs données personnelles d’une plateforme à une autre (grâce à des mécanismes d’import / export).

Ces initiatives ont remporté un très vif succès et de nombreux acteurs prestigieux se sont empressés de rejoindre l’une ou l’autre (voir les deux), même Facebook ! Mais dans les faits, la réalité est moins glorieuse : Les discussions sont très laborieuses et les spécifications avancent lentement. Résultat : la platform de Facebook conserve une longueur d’avance en terme de sophistication (car ils sont seul maître à bord).

Bref, l’idée était là mais il fallait qu’ils trouvent leurs marques.

Open Stack et DiSo Project pour un web social décentralisé

Après de nombreux mois de travail et d’expérimentation ces technologies se sont affinées et la communauté a surtout appris à les combiner. C’est donc dans ce contexte que nous avons commencé à entendre parler d’Open Stack : un ensemble de briques technologiques servant à exploiter librement les plateformes sociales (reposant sur des formats et protocoles non propriétaires). Il est ainsi question de Decentralized Social Web, une couche sociale sur laquelle repose différents services compatibles entre eux, dont le DiSo Project serait le catalyseur. L’objectif affiché étant de rendre complètement transparent le basculement d’un service à un autre :

socialweb

La première étape de ce vaste chantier a été d’isoler des services élémentaires et d’y associer une technologie open source :

  • La fourniture d’une identité numérique (autrement appelé de la délégation d’authentification) avec OpenID ;
  • Les mécanismes d’autorisation et d’accès aux différents services avec OAuth ;
  • La faculté d’un service à être facilement trouvé avec XRDS-Simple ;
  • L’accès aux contacts et donc au social graph avec Portable Contacts ;
  • La diffusion de flux d’activité (les fameux Activity Streams).

Ainsi était né une première vision d’un web social ouvert auquel avait souscrit les plus grands noms :

openstack1

Vous noterez sur ce schéma l’absence de deux acteurs notables : Facebook et Microsoft.

Vers un nouvel Open Stack avec Facebook

Et subitement tout s’accélère en ce début d’année avec l’arrivé de Facebook dans la discussion et notamment celle sur les Activity Streams. Il est alors question d’élargir les travaux et d’inclure Facebook dans ce tableau afin d’en démultiplier le potentiel (cf. A New Open Stack: Greater Than the Sum of its Parts) :

newopenstack

Suite à cela, Facebook a décidé de petit à petit ouvrir sa plateforme pour pouvoir devenir d’ici l’année prochaine la plateforme sociale la plus ouverte : Facebook in 2010: no longer a walled garden. Une très bonne nouvelle pour les utilisateurs, mais que fait Microsoft pendant ce temps ? Pas grand chose puisque de toute façon le géant de Redmond a complètement raté le virage des réseaux sociaux. Microsoft est indirectement présent dans ce tableau au travers d’OpenID et doit sûrement être en train de préparer quelque chose avec Windows 7 (en intégrant directement des fonctions sociale à l’OS).

Nous sommes donc rentré dans une nouvelle dynamique d’ouverture des plateformes sociales avec des acteurs qui affichent tous une réelle volonté d’ouverture. Mais ne soyons pas naïfs, ce n’est pas l’altruisme qui motive ces acteurs mais plutôt la volonté de ne pas se faire larguer et surtout d’apparaitre comme irréprochable aux yeux de la communauté. Dans ce contexte nous commençons également à voir apparaitre des acteurs indépendants comme Cliqset ou JS-Kit (cf. Cliqset Could Be The Web’s First Read-Write Identity Provider) qui pourraient bien s’affirmer comme les garants de la neutralité, ou pas !

Il est pour le moment très difficile de parier sur cette interopérabilité que les grands acteurs nous promettent, toujours est-il que la course à l’ouverture est maintenant lancée et qu’ils pourront difficilement revenir en arrière. Moralité : l’interopérabilité est inévitable, il faudra juste être patient.

Tout savoir sur le Cloud Computing et le SaaS

J’ai déjà abordé à de nombreuses reprises les applications en ligne (Software as a Service) de même que le principe de Cloud Computing sans jamais prendre le temps de bien expliquer ce que cela recouvre. Plus la peine de la faire puisqu’il existe maintenant un très bon ouvrage sur le sujet : Cloud Computing et SaaS : une rupture décisive pour l’informatique d’entreprise. rédigé par mon ancien collègue Guillaume Plouin.

 

cloud

Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui souhaitent comprendre les concepts et les enjeux du cloud computing tant côté DSI (chefs de projet, architectes, développeurs, administrateurs…) que côté utilisateurs (maîtrises d’ouvrage, consultants…) :

  • La première partie présente le concept de cette « informatique dans les nuages » et celui du SaaS expliquant ce qui les différencient ;
  • La deuxième partie explique quels sont les avantages et les inconvénients du cloud computing pour l’entreprise en prenant successivement les points de vue de la direction, des utilisateurs puis des informaticiens ;
  • La troisième partie décrit les étapes à franchir pour évoluer vers le cloud computing ;
  • La quatrième partie propose un panorama des offres SaaS aujourd’hui disponibles ;
  • La dernière partie, plus technique, décrit les architectures sous-jacentes aux applications. Elle présente les PaaS (Platform as a Service) qui permettent aux entreprises de faire héberger leurs développements spécifiques sur des architectures multi-tenants.

Très simple d’accès pour les non-informaticiens, ce livre répond à toutes les questions que vous devez vous poser sur ces thématiques.

Nouvelle version de AIR et de sa marketplace

Adobe a récement mis à jour son client AIR : Adobe AIR 1.5.1 Released. Rien de révolutionnaire si ce n’est une série de bugs corrigés. La grande nouvelle concerne plutôt la mise en ligne d’une marketplace d’applications AIR :

air_marketplace

Une ressource de choix pour celles et ceux qui veulent explorer les possibilités de cette technologie. Mais  il y a aussi le AIR Showcase ou encore le blog officiel.

Et sinon vous avez également le toujours très impressionnant Flex Showcase :

flex_showcase

Au fait… dans la mesure où AIR veut dire « Adobe Integrated Runetime« , est-ce que l’on dit « Adobe AIR » ou juste « AIR » ?

(via Matsiya)

Première prise en main du HTC Magic (Android G2)

C’est aujourd’hui que SFR dévoilait à la presse (et aux blogueurs) son iPhone killer : Le HTC Magic (nom de code : Android G2). RDV donc au showroom de la marque au logo rouge pour une découverte de ce terminal. Le G2 est comme vous l’aurez compris l’évolution du G1, une version avec clavier qui est visiblement perçue comme trop limitée (l’écran tactile offrant plus de possibilités).

La première impression est bonne, c’est indéniablement un bel objet : profil plat, forme très légèrement incurvée (du moins il me semble), beau matériau de la coque. L’écran est également très satisfaisant, dans la norme de ce qui se fait en ce moment :

htcmagic_1

Vous connaissez sûrement les caractéristiques techniques donc je ne m’attarde pas dessus, de même que les fonctionnalités offertes par Android. J’ai tout particulièrement été impressionné par la gestion du bureau et des widgets : fluide et intuitive. Démonstration vidéo :

J’ai également été scotché par la fonction cartographie avec les principes de molette de zoom et du mode Street view avec un déplacement « spacialisé » (à l’aide du GPS et de l’accéléromètre) :

J’ai aussi beaucoup apprécié le retour de force lorsque l’on tape sur le clavier virtuel (qui fait office de feedback tactile). En règle général la manipulation est intuitive et fluide quoique légèrement plus lente et saccadée que sur un iPhone.

Il reste par contre deux grosses interrogations :

  • Quel logiciel client (installé sur l’ordinateur) sera utilisé pour gérer la bibliothèque multimédia (les playlists musicales, catégories…) et pour acheter des contenus (chansons, vidéos…).
  • À quelle vitesse va se développer l’écosystème autour de la marketplace Android ? Même si l’App Store d’iTunes conserve une sacrée longueur d’avance, la colère gronde au sein des développeurs frustrés par la rigidité du système mis en place par Apple.

Donc en un mot : Est-ce que la sauce va prendre ? Oui très certainement car Google a déjà su démontrer sa capacité à mobiliser la communauté de développeurs et à jouer sur ambiguïté de sa position vis à vis de l’open source (Android est une plateforme ouverte mais très légèrement contrôlée).

Je n’ai pas encore mis la main sur le très prometteur Pre de Palm (cf. A la recherche de la plateforme mobile parfaite avec le nouveau Palm Pre) mais je pense que nous tenons là un concurrent très sérieux pour vous savez qui. La commercialisation de ce HTC Magic est programmée pour Avril 2009.

Google expérimente un format Adsense Rich Media

Ça devait forcément arriver un jour, Google est en train d’expérimenter aux États-Unis une version Rich Media de ses publicités Adsense : Introducing expandable ads on AdSense sites. Il est ainsi question d’une zone extensible au survol de la souris pour diffuser de la vidéo ou un élément interactif (sous-entendu : animation Flash).

google_expandable_ad

Vous noterez qu’ils utilisent le terme « expandable ad » plutôt que « rich media ad« , certainement pour se différentier de l’IAB et de ses Rich Media Creative Guidelines.

Deux modèles de pricing seront proposés CPM et CPC. Ils précisent pour les éditeurs de sites que dans le cadre d’un modèle Cost-per-Click vous ne toucherez une commission que si l’internet visite le site de l’annonceur (pas s’il active la bannière). Par contre ils ne précisent pas les modalités pour le Cost-per-Impression (uniquement si la bannière est activée ?).

Cela mérite réflexion car comme le fait très justement remarquer Vincent Abri : « la pub va gêner la navigation et en plus vous ne toucherez pas un rond dans certains cas« . J’abonde dans son sens et je dirais même plus : Est-ce que ce nouveau format ne va pas dénaturer les liens publicitaires qui ont fait le succès du programme Adsense ?