En ce moment ça bouscule sur le (petit) créneau des univers virtuels destinés au jeunes (les anglo-saxons les appellent « teen virtual worlds« ). Il faut dire que la croissance de ce créneau est spectaculaire et que les annonceurs en raffolent : un public bien ciblé, pas de pollution, des mécanismes de promotion maîtrisés… Bref, tous les indicateurs sont au vert et les annonces sont nombreuses.
Stardoll fusionne avec Piczo : Slumber party! Stardoll merges with a sleepy Piczo. Nous ne savons pas trop qui rachète qui, mais il est certain que le suédois Stardoll et sa communauté de presque 30 millions d’utilisatrices (dont lus de la moitié en Europe) va faire beaucoup de bien au californien Piczo qui n’a jamais réussi à sortir de l’ombre de MySpace.
Justice (marque de vêtements pour jeunes filles) lance son propre univers virtuel (ScapeNation) : Girls’ Retailer Builds Virtual World for Tweens. Ils vont visiblement (et vous vous en doutiez) beaucoup jouer sur la complémentarité univers / boutiques hors ligne.
Connaissez-vous le Social Influence Markting (SIM), il s’agit de l’usage des médias sociaux comme levier dans la cadre d’une campagne marketing et plus généralement dans le cycle de vie d’un produit / service. Lancé l’année dernière par les cerveaux de Razorfish, ce terme prend tout son sens dans la dernière version du Digital Outlook Report, un rapport publié annuellement par l’agence et qui détaille les dernières tendances en matière d’internet en général et de médias sociaux en particulier.
L'édition 2009 du Digital Outlook Report
Un certain nombre de thèmes sont abordés dans cette édition 2009 comme par exemple l’avènement du mobile et le la Web TV, les évolutions des pratiques et attentes des consommateurs ainsi que les expériences de marque multi-canal. On y apprend entre autre chose que l’audience continue de se fragmenter, que les internautes veulent moins de bannières et de spams et que les budgets publicitaires risques de fondre avec la crise (cf. Banners Go Bust?: New Razorfish Report Finds Social Media Ad Spend Flattening).
Jusque là rien de révolutionnaire mais ça devient plus intéressant avec les enseignements et prédictions suivantes : Les budgets publicitaires des portails risquent de s’effondrer, les campagnes de Search Engine Marketing( achat de mots-clés) ne sont pas obligatoires et la croissance des médias sociaux va ralentir (cf. Razorfish Ad Report: Verticals Slide A Bit, As Portals Decline; Social Nets ‘Flatten Out’).
Mais le chapitre qui nous intéresse le plus est celui qui s’intéresse aux pratiques liées aux médias sociaux : Trends in Social Influence Marketing.
Les tendances en latière de SIM
10 tendances ont ainsi été identifiées :
L’influence des médias sociaux va croître avec les usages ;
Les influenceurs vont gagner en visibilité / influence ;
Les marques ne participant pas (« top-down brands« ) vont perdre le contrôle de leur message ;
Les campagnes intégrées aux médias sociaux vont prendre plus d’importance ;
La portabilité des graphes sociaux va faire naître de nombreuses opportunités ;
La notion d’amitié au sein des réseaux sociaux va mûrir (les noeuds faibles vont délivrer leur potentiel) ;
Les enseignements liés à une présence au sein des médias sociaux seront plus importantes que le ROI ;
Les métiers du marketing digital vont se ré-organiser autour du SIM ;
Les collaborateurs vont de plus en plus être impliqués dans les campagnes ;
Votre patron sera sur Facebook.
Ne vous fiez pas à l’aspect « enfonçage de protes ouvertes » de ces 10 tendances, il y a beaucoup de vrai dans ce chapitre.
Au final ce document est conséquent (180 pages) mais sa lecture reste très instructive pour avoir une vision complète du paysage et pour prendre du recul sur cette actualité bouillonnante.
Aviez-vous remarqué ces derniers temps la prédominance de Facebook et Twitter dans les discussions de la blogosphère ? Pour Facebook ça se comprend à la vue des courbes de croissance et du volume de trafic, mais pour Twitter… est-ce bien raisonnable ? Ne vous méprenez pas, je ne vais me lancer dans un « Pourquoi je ne crois plus en Twitter » mais plutôt dans une réflexion que je souhaiterais partager avec vous : Est-ce que toute cette frénésie autour de Twitter ne va pas lui être néfaste ?
Outils de communication rudimentaire à la base, Twitter est devenu en à peine trois ans une plateforme sociale d’une incroyable richesse qui engendre une authentique adulation par les leaders d’opinion de la blogosphère (je n’ose plus dire « blogueurs influents« ). Le phénomène avait déjà été observé il y a deux ans :
Pourtant le nombre d’utilisateurs de cette plateforme n’a rien de mirobolant (à peine plus de 10 millions d’utilisateurs dans le monde : Twitter Has A Big Month, Grows To Over 8 Million U.S. Users), mais c’est indéniablement le service hype du moment où il faut impérativement être vu (à l’image des comptes de Google et Mark Zuckerberg ces derniers jours).
Ce qu’il y a de particulièrement intéressant avec Twitter c’est la facilité avec laquelle il est possible de lui trouver de nouveaux domaines d’application :
Dernière folie en date : Kogi, un restaurateur qui mélange cuisine coréenne et tacos dans son camion, qui a eu la très bonne idée de diffuser les emplacements de son camion via son compte Twitter. Résultat : entre 300 et 800 clients à chaque arrêt (cf. cet article du L.A. Times).
Sommes-nous devant une authentique révolution (web 2.0 2.0 ?) ou devant un épiphénomène comme seule la blogosphère sait nous en pondre ? Difficile à dire car je manque un peu de recul sur ce sujet (cela fait presque deux ans que je tweete sur twitter.com/FredCavazza). Toujours est-il que je vois d’un mauvais oeil cette sur-médiatisation autour de Twitter qui risque de cristalliser l’antagonisme des sentiments que génère ce service (on aime ou on déteste). J’espère sincèrement que tout ce ramdam ne va pas avoir un effet négatif sur ce service.
Je suis passé complètement à côté d’une réalisation tout à fait intéressante : la Culturebox de France3. Il s’agit d’un service de catch’up TV (« pour regarder sur le web une émission diffusée récemment sur ta télé) qui présente la particularité de proposer une interface sous forme de mosaïque de vidéos :
Pour ne pas alourdir la page, les vidéos ne sont animées que de façon aléatoire et une info-bulle géante présente le détail de l’émission. Une initiative tout à fait intéressante dans la mesure où les contenus produits par France3 sont de qualité (uniquement des sujets sur la culture) et de courte durée (donc adaptés au support web).
Vous avez également la possibilité de filtrer les émissions par région ou par thème à l’aide de la télécommande :
Notons que le lecteur est d’une sobriété à toute épreuve qui me fait penser à celui de M6 Replay mais qui remplit très bien son travail :
Impossible cette semaine de passer à côté de cette annonce majeure : Facebook lancera la semaine prochaine une nouvelle version des profils et pages annonceurs : New Facebook Home Page.
La nouvelle page d'accueil de Facebook (Mars 2009)
Mais plutôt que de débatre sur cette nouvelle page profil, intéressons-nous plutôt à la réelle révolution de cette annonce : la refonte de la page annonceur.
Les annonceurs se fondent dans la communauté
Jusqu’à présent les pages réservées aux annonceurs (« Pages« ) proposait un modèle d’interaction plutôt limité : devenir fan, écrire sur le wall… Les annonceurs qui souhaitaient initier des échanges plus riches devaient passer par les applications. Oui mais voilà, depuis la refonte d’Octobre 2008, les applications n’apparraissent plus sur les profils mais dans un onglet (cf. Pour ou contre la nouvelle version de Facebook ?), ce qui est problématique pour les annonceurs car cela diminue d’autant la visibilité de leurs actions.
Grosse nouveauté : la possibilité pour une marque de publier des changements de status (qui apparaitront sur le News Feed des fans). C’est donc un premier pas vers la fusion des profils de membre et des pages annonceurs : Brands to Gain Voice as Facebook Merges Pages and Profiles. Ce changement n’est pas anodin car cela va changer beaucoup de choses dans la façon dont les marques exploitent Facebook (lire à ce sujet le très bon How to Brace for the Facebook Page Redesign).
Plus de pro-activité pour les annonceurs
Concrètement ces nouvelles pages vont considérablement augmenter la visibilité potentielle des marques. Je dis bien « potentielle » car encore faudra-t-il que les marques fassent l’effort de régulièrement mettre à jour leur status et de préférence avec du contenu intelligent (évitez à tout prix les promos car cela risque de vite fatiguer les fans). Ceci va très certainement modifier également le rapport des membres vis à vis des marques qui seront bien plus présente dans leur usage quotidien de la plateforme : How Facebook, Google, and Yahoo Are Making Ads Part of Your Life.
La nouvelle page annonceur de Britney Spears sur Facebook
Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce changement car cette nouvelle page pour les annonceurs va mettre sur le devant de la scène des logiques de fllux d’activité de marque (cf. Lifestream + Brand = Brandstream). On en vient même à se dire que ces nouvelles pages annonceur vont devoir être intégrée de façon très fine aux différentes campagnes pour pouvoir fluidifier le recrutement de prospects qualifiés (cf. Facebook Pages Will Replace Traditional Landing Pages).
Mais encore une fois la contrepartie pour les annonceurs est de devoir être beaucoup plus entreprenants avec les fans / prospects en leur apportant une proposition de valeur tenant compte des spécificités du contexte « social » : il n’est pas question de relayer le même message que celui utilisé dans la publicité traditionnelle (TV, bannières…) mais d’initier un dialogue et une relation fondée sur l’expérience de marque plutôt que sur le déstockage de produits invendus.
Un premier pas vers les social ads en réseau ?
Outre cette nouvelle page annonceur, il y a également du nouveau pour les Facebook Ads : la possibilité de diffuser des messages ciblés sur des sites partenaires au travers de Facebook Connect (cf. Facebook Connect + Facebook Ads = A Social Ad Network). C’est donc une très grosse nouveauté car un tel dispositif permettrait de considérablement améliorer la portée d’une campagne en étendant la visibilité en dehors de Facebook, directement là où les utilisateurs se trouvent.
Nous nous dirigeons donc petit à petit vers une sorte de réseau de diffusion « sociale » des campagnes, un réseau permettant à un annonceur d’être présent de façon uniformisée sur différentes plateformes sociale. Notons que cette offre existe déjà via des acteurs périphériques comme RockYou ou Cubics : RockYou Adds Cross-Network Targeting to Ad Network.
Voilà donc un signe fort que le marché est en train de se structurer et l’offre à destination des social marketers progresse dans la bonne direction : une prise de parole plus subtile (moins intrusive) et surtout tournée vers l’engagement (jeux, dialogue…) et non plus sur l’interrupion (« Arrêtez de faire ce que vous êtes en train de faire et écoutez mon message« ).
C’est également une très bonne nouvelle pour les gens de la profession qui vont pouvoir travailler sur des mission plus intéressantes de community managment plutôt que sur de la diffusion de publicité déguisée via des applications. Les community managers seront donc les nouveaux architectes de la gestion de la relation client dans un contexte résolument plus participatif au travers des plateformes sociales. Vivement la suite…
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