Grosse actualité pour Second Life

Cette semaine c’est un véritable festival de nouvelles fraiches pour Second Life (bonnes ou mauvaises, je vous laisse juger).

Il y a tout d’abord le départ de Philip Linden, le fondateur de Linden Lab : Next Chapter!. Même si l’annonce est historique, cette nouvelle ne surprend pas grand monde dans la mesure où le Philip en question avait prit beaucoup de recul par rapport à Second Life depuis la nomination d’un nouveau CEO pour redresser la barre. On ne sait pas grand chose pour le moment des intentions de Philip Linden, si ce n’est qu’il va rester le président de Linden Lab, qu’il conserve son île (qui va lui servir de plateforme de test) et qu’il travaille sur un projet secret « proche » de SL (un rapport avec SnowGlobe, le viewer alternatif ?). Toujours est-il que les réactions sont nombreuses (désolé, pas le courage de résumer tout ça) : The Green Light: Philip Rosedale’s Second Life et Philip (Linden) Rosedale leaves Linden Lab, forever.

Et puisque l’on parle du nouveau CEO, Mark Kingdom, ce dernier vient de publier une interview intéressante où il parle de la bonne santé financière de sa société et confirme qu’ils travaillent sur une version mobile bridée de SL : Linden Lab CEO describes Second Life’s enterprise growth and plans for mobile. Preuve de la bonne santé de SL, cet article de Brian Solis (le pape des RP 2.0) : The Second Life of Second Life.

Dans un autre registre (que je ne cautionne absolument pas), le très vénérable Robert nous signale la sortie de Emerald, un viewer alternatif qui permet de très facilement « customiser » votre avatar féminin (peut-être une opportunité pour des annonceurs comme Wonder Bra ?) : Breast Enhancement, Open Source SL Viewer Adds Avatar Breast Physics, Attracting Controversy, 50K Downloads.

Emerald_SL

Signalons aussi la grogne face aux nouvelles conditions générales d’utilisation des viewers alternatifs : Our World – You Obey – Our Viewer Only.

Et pour finir, je tiens à mentionner la très bonne initiative de Juracom et Village Numérique JuraTIC qui organise le Salon du Jura, une grande manifestation IRL et dans SL pour promouvoir la région du Jura.

MadeInJura

Bravo à eux et bonne chance pour la manifestation qui démarre demain.

Petit compte-rendu de la conférence Buzz The Brand 2009

J’ai fait un (trop court) passage hier à la conférence Buzz The Brand pour venir écouter les spécialistes nationaux du marketing viral et du buzz. Autant le dire tout de suite, le niveau des présentations auxquelles j’ai pu assister était très bon. L’édition 2009 de cette conférence était donc l’occasion pour démystifier certaines légendes urbaines au sujet du buzz et des campagnes virales.

À noter la bonne idée des organisateurs d’avoir placée cette édition sous la thématique cowboys et indiens : de très beau cactus pour la déco et ce magnifique t-shirt arboré par Gregory :

GregoryPouy

Mise à nu des mécaniques de buzz

C’est Emmanuel Vivier de Vanksen qui ouvre le bal avec une série de vérités vraies sur le buzz :

  • Les supports utilisés pour le buzz ne sont pas un territoire pour les jeunes (la moyenne d’âge pour Facebook et YouTube est supérieure à 30 ans) ;
  • Les internautes ne discutent pas avec des marques, ils discutent avec d’autres internautes (qui sont des représentants / ambassadeurs de marque) ;
  • Importance de bien planifier sa stratégie de buzz, notamment au travers du modèle utilisé par Forrester (POSTE – Profil, Objectif, Stratégie, Technologie, Evaluation) ;
  • Le buzz fonctionne aussi pour le luxe (cf. les campagnes Chanel ou JP Gautier) ;
  • Le viral fonctionne aussi très bien pour le BtoB (cf. les livrets blancs qui ne datent pas d’hier) ;
  • Il est essentiel de laisser parler les consommateurs (le buzz ne sert pas qu’à parler mais aussi à écouter) ;
  • Pensez à la population interne (les collaborateurs) pour initier / relayer votre campagne.

Des vérités qui sont toujours bonnes à dire.

Cahier de tendances du web social

Venaient ensuite David Réguer de RCA et Benoît Raphaël pour LePost.fr :

  • Ils publient régulièrement le baromètre BigBuzzBlog des blogs qui buzzent le plus ;
  • 2009 est l’année de la transgression (cf. l’exploitation d’Hitler dans différentes vidéos parodiques) ;
  • 2009 est l’année du paranormal (une matière première très facile à travailler) ;
  • 2009 est l’année des détournements (cf. Orange qui n’a pas fini de payer…) ;
  • 2009 est l’année du chat (cf. les innombrables vidéos de chats dans des situations cocasses) ;
  • Un exemple de bad buzz mal géré : MacDo et Pharrell Williams.

Un bon résumé des temps forts de l’année.

Pas de médias sociaux sans une nouvelle approche du ROI

Intervention de Catherine Barbat (Malinea), Ludovic Delaharche (Eyeka) :

  • Nécessité de travailler le support vidéo en lui-même pour pouvoir transformer les vidéos virales en outils d’acquisition avec des liens cliquables en fin de visionnage ;
  • L’annonceur est propriétaire des vidéos publiées par les internautes mais doit rémunérer les créateur en cas d’exploitation ;
  • La vidéo n’est qu’un maillon d’une campagne de buzz, idéalement il faut synchroniser tout le parcours client (de la page d’atterrissage jusqu’au tunnel de vente).

Puis c’est au tour de Paul Choppin (2xmoinscher) de nous faire son témoignage :

  • Ils ont mis en place la solution FeedBack2.0 pour pouvoir mieux dialoguer avec leur communauté de clients (échanges plus constructifs) ;
  • Bel engagement du DG qui organise souvent des déjeunés individuels avec des membres de la communauté (une sorte d’expérience « terrain »).

Deux beaux témoignages dont vous devriez trouver plus de détails sur les blogs respectifs des speakers.

Quelle approche du ROI pour le web social ?

Anthony Hamelle et Guilhem Fouetilloun de Linkfluence sur l’analyse du buzz de la campagne Evian Babies :

  • Le + gros buzz commercial du web= 35 millions de vues (1 internaute sur 23) sur 232 pays  ;
  • 1 vue achetée sur YouTube = 14 vues gratuites (via l’habillage de la page d’accueil) ;
  • Près de 40.000 commentaires publiés sur YouTube (volume trop important pour en faire une analyse sémantique concluante et surtout beaucoup de pollution) ;
  • Gros enjeu = Comment industrialiser le lancement ?
  • Gros travail de seeding sur le mois de juin 2009 avec des vidéos de teasing qui n’ont pas du tout fonctionnées (mais score très honorable après coup avec deux vidéos à plus de 2M de vues) ;
  • Ils attendent un écho de la campagne en fin d’année avec les best-of annuels (projection = 40M de vues sur l’année) ;
  • 13.500 liens directs pour 17 millions de referers (viralisation via email, tchat…) ;
  • L’objectif n’était pas de vendre des bouteilles d’eau mais plutôt de travailler l’attachement à la marque (de ce point de vue là l’annonceur semble satisfait) ;
  • Même si l’audience est concentrée sur une poignée de blogs à fort trafic, le nombre total de referers est très important pour de la viralisation de fond (notamment sur des cibles ou des marchés non programmés) ;
  • Campagne complètement ratée sur les Skyblogs (1.500 citations pour 3.000 vues) et sur Twitter (qui représente un très faible volume par rapport à la blogosphère) ;
  • MySpace a ramené beaucoup plus de visiteurs que Facebook (une audience de fond qui n’est pas très médiatisée mais bien présente) ;
  • Un impact faible sur les communautés famille et beaucoup plus fort sur les communautés marketing & com (la profession se regarde le nombril ?) ;
  • La propagation virale s’active et se travaille (sinon impossible de dépasser les 5 millions de vue) ;
  • Il n’y a pas que le ROI, mais aussi le ROO (retour sur objectifs), le ROE (retour sur attributs) et le ROSW (retour sur présence dans les médias sociaux) ;
  • Le calcul du ROI ne sert à rien sans la possibilité de comparer à d’autres campagnes => nécessité de standardiser.

Wow, un cas d’école hors norme pour une campagne pharaonique : plus de 4 mois de préparation et un budget avoisinant les 300 KE (hors création des vidéos). Ils prévoient de publier un livret blanc sur cette campagne et l’analyse de sa propagation, jetez-vous dessus quand il sortira !

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Voilà, c’est tout pour cette année, je passe la main aux autres blogueurs présents à cette conférence pour qu’ils complètent mon compte-rendu.

Canal+ et France24 choisissent Silverlight pour faire du streaming HD

Après Rolland-Garros et le Tour de France, la technologie de streaming HD de Silverlight a été retenue pour une exploitation annuelle par Canal+ et France24.

Commençons par la chaine cryptée qui vient de lancer la diffusion HD de la ligue 1 et de la Champions League sur son service payant Foot+ : Canal+ goes Silverlight for Foot+.

FootPlus

Non seulement les abonnés ont accès à un flux de streaming en HD sur leur ordinateur, mais ils peuvent de plus regarder ça sur leur TV au travers d’une XBox.

Autre ambiance avec France24 qui propose de la rediffusion 24H/24H avec cette expérimentation : France 24 expérimente le contrôle du direct, le speech to text, les votes et chapitrage automatique dans son player HD.

France24HDplayer

À tester ici : France24 HD Live Player.

Visiblement les équipes de Microsoft sont en train de prendre une belle avance sur le streaming HD et surtout de s’installer durablement sur ce créneau en signant des partenariats prestigieux.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme l’impression que dans son élan d’intégration verticale Microsoft pourrait bien verrouiller un peu plus le marché en rachetant un gros acteur de Content Delivery (Akamai ?).

Des galeries marchandes en 3D avec Enjoy3D

Voilà près de 12 ans que je travaille dans le monde du web et 12 ans que j’entends parler des galeries marchandes en 3D, que se soient des solutions pour avatars en 3D, des portails de shopping avec des produits en 3D ou des magasins en 3D. J’ai toujours été très sceptique quand à l’intérêt de reproduire une galerie marchande en 3 dimensions car vous reproduisez par la même les contraintes physiques de gestion de l’espace, de merchandising. Et pourtant… certains y croient toujours à l’image d’Enjoy3D, une start-up qui développe une série de briques technologiques pour construire des galeries 3D. Ils proposent ainsi différents magasins-test en allant piocher dans le catalogue d’Amazon.

Premier exemple avec ce magasin de T-shirts :

3DT-ShirtStore

Pas besoin de plug-in puisque le rendu 3D est assuré par la librairie Papervision3D et Flash. La navigation se fait au clavier ou à la souris. Les produits sont affichées dans des rayons et on accède à la fiche en s’approchant ou en cliquant dessus.

Deuxième exemple avec ce magasin de jouets :

3DToyStore

Ce magasin propose en plus une navigation avec des « ancres » (pour vous déplacer rapidement d’un rayon à un autre) ainsi qu’un moteur de recherche.

Dernier exemple un peu plus sophistiqué (et exploitant une autre base de données) la galerie FlickR :

3DFlickrGallery

Les textures sont un peu plus travaillées, il y a un reflet sur le sol et on peut même apercevoir des nuages qui défilent au travers de la verrière.

Tout ceci n’est pas très concluant et mérite encore un peu de travail pour proposer des briques technologiques plus immersive. Chose surprenante : cette start-up est financée par le programme BizSpark de Microsoft. Donc c’est Microsoft qui paye pour développer des briques technologiques qui reposent sur Flash… Encore plus surprenant : la fiche d’Enjoy3D précise que leurs briques fonctionnent également avec Unity3D ou O3D, aucune mention de Silverlight !

(via Papervision Showcase)

De l’intérêt de ne pas façonner la génération Y

La génération Y, vous connaissez ? Mais si enfin, ces jeunes qui sont nés avec internet et qui sont multi-tâches.

« Nés avec Internet » ? Oui et alors ? Partant du principe qu’ils n’ont pas eu accès à un ordinateur connecté au web avant l’âge de 10 ou 15 ans, sont-ils nécessairement plus expérimentés que les autres (les vieux) qui manipulent l’outil informatique depuis 20 ou 30 ans ?

« Multi-tâches » ? OK soit, mais cette faculté est-elle réellement générationnelle ? Je dis ça parce que quand j’étais ado moi aussi j’étais multi-tâches : j’écoutais de la musique en surveillant la télé du coin de l’œil tout en lisant une BD et en discutant avec un pote au téléphone. Maintenant je ne le fais plus parce que je trouve ça assommant et je préfère apprécier individuellement chacun de ces loisirs. Je suis près à parier gros que les djeunz de la génération Y ne seront plus si multi-tâches quand ils approcheront de la quarantaine.

Pourquoi est-ce que je vous raconte ça ? Tout simplement parce que ça commence vraiment à me chauffer les oreilles que l’on nous rabâche sans cesse les mêmes clichés sur la génération Y. Non pas que les jeunes de la génération Y ne correspondent pas à un vague stéréotype mais plutôt qu’une fois que ces comportements-types ont été énoncés que reste-t-il ? Juste un animal étrange dont on ne sait pas trop quoi faire, justement parce qu’ils nous ont été présentés comme très différents (aussi bien dans leurs attentes que dans leur comportement).

Mais le sont-ils réellement (différents) ? Je ne suis pas certain. Et c’est là l’effet pernicieux des discours autour de « l’intégration » de la génération Y : faut-il réellement les intégrer ? Non je ne pense pas. Ça serait là justement le meilleur moyen de gâcher le potentiel disruptif qui sommeille en eux. « Qui sommeille » ? Oui car l’arrivée en entreprise est un gros choc culturel et qu’il est très facile de gommer ces fameuses différences et de les faire renter dans le moule (Lotus Notes, MS Project, réunion du lundi matin, respect de la chaine de commandement et de la hiérarchie…).

Mais c’est là tout l’enjeu de cette « non-intégration » : ne pas les façonner à la sacro-sainte culture d’entreprise mais exploiter plutôt leur candeur pour remettre en cause l’existant et trouver des pistes d’amélioration dans des directions que les plus anciens n’osent plus emprunter. Les américains appellent ça « thinking outside the box« , et nous allons en avoir dramatiquement besoin car les entreprise françaises ne sont pas un modèle de compétitivité dans le monde.

Bien évidement cet apprentissage se fera dans les deux sens : Les anciens partageront avec les nouveaux leur expertise sur le métier et le marché, les plus jeunes les initieront à de nouveaux modes de communication et d’interaction.

Est-ce utopique de penser ça ? Peut-être… en tout cas je reste persuadé que ce sont dans les modèles organisationnels et les rapports entre collaborateurs que résident les plus gros potentiels d’amélioration de la compétitivité et de la créativité. Oui nous aurons besoin des wikis, des espaces collaboratifs en ligne, des outils de partage en temps réel, des fermes de blogs internes… mais tout ceci ne pourra se faire qu’en changeant les mentalités. Ça tombe bien, il parait que 40% de la main d’œuvre en France (les papy boomers) vont partir à la retraite dans les 10 prochaines années, ça serait dommage de ne pas profiter de l’occasion.