Face au succès gigantesque de Farmville, de nombreux éditeurs se lancent dans la course et proposent une armée de clones comme Country Story ou We Farm. Différents déclinaisons ont également été faites en reprenant les mêmes mécaniques de jeu (pirate, restaurant, hôtel, pionniers…). Mais tout récemment, c’est un concurrent inattendu qui est rentré dans la dance : PopSugar, l’éditeur de la galaxie de sites feminins avec un social games de gestion de boutique de fringues : Introducing PopSugar’s Retail Therapy Game on Facebook!.
Le principe de ce jeu est d’ouvrir et de gérer une boutique de prêt-à-porter. Le fonctionnement est assez classique dans la mesure où vous utilisez votre compte Facebook pour vous identifier et que vous commencez par la création de votre avatar :
Première constatation : Les marques sont ouvertement présentes dans le catalogue de fringues proposées (GAP, Banana Reopublic…). De plus, vous pouvez constater que certains objets virtuels ne peuvent être acheté qu’avec des Facebook Credits et non la monnaie « locale ». Vous disposez au départ d’une petite somme qui vous permet de vous équiper convenablement.
Ensuite vient l’étape d’aménagement de votre boutique (décoration, mobilier, agencement…). Le tout ce fait grâce à un tutorial plutôt intuitif : Les armoires servent à stocker les commandes en attente de livraison et les présentoirs à exposer les produits. Plus vous avez d’armoires et plus vous pouvez commander de produits (qui mettent entre 5 minutes et plusieurs heures à être livrées en fonction de la quantité). Plus vous avez de présentoirs et plus vous avez de stock et surtout de diversité. Une fois votre boutique ouverte, les clientes commencent à papillonner et les premières ventes se font très rapidement :
Passé cette première étape, la mécanique du jeu commence à se dévoiler : Tout est une question de diversité de la gamme, de gestion des stocks et de disponibilité du personnel. Une gamme large permet d’attirer plus de clientes et de générer plus de ventes potentielles, par contre chaque référence de produit monopolise une armoire. À chaque armoire correspond une commande, élargir la gamme signifie investir dans des présentoirs, des portants mais également des armoires pour assurer les commandes. Le problème c’est qu’au début du jeu votre trésorerie est limitée. Ce qui est très dommage car vous aurez justement besoin de trésorerie pour commander des produits.
Vient ensuite le problème de gestion des stocks : Commander en grande quantité veut dire allonger le délais de livraison, donc augmenter le risque de rupture de stock (en plus du risque de griller vos fonds propres).
Et pour finir il y a également la gestion du personnel : Il faut être disponible pour pouvoir renseigner les clientes (celles qui ont une bulle au-dessus de la tête), encaisser les ventes (celles qui ont un $ au dessus de la tête) et mettre en rayon les articles réceptionnés. Un aspect critique du jeu car les clientes n’attendent pas, la vente n’est pas transformée si vous ne vous libérez pas au bout de quelques secondes. Très rapidement vous vous retrouvez à courir aux quatre coins de la boutique. De ce point de vue, ce jeu présente une légère ressemblance avec un Diner Dash. Vous avez la possibilité de recruter des employés, mais seulement à partir d’un certain niveau d’expérience.
Autre point essentiel du jeu : L’approvisionnement. Le choix des produits est essentiel pour attirer les clientes, vous devez donc passer par le catalogue pour constituer votre commande :
Les produits les plus sophistiqués ne sont accessibles qu’avec un niveau d’expérience élevé, donc un certain nombre de ventes. Autre solution : Aller vous approvisionner directement en boutique. C’est là une particularité très intéressante du jeu : Les marques sont présentes en tant que fournisseur (dans le catalogue) mais également en tant que compétiteur (avec leur boutique). Bien évidement vous vous doutez que les boutiques « officielles » des marques sont de véritables palais comparées à votre boutique :
Plus vous progressez dans le jeu et plus vous pouvez agrandir votre boutique et votre équipe. Force est de constater que si le gameplay est moins sophistiqué qu’un FrontierVille (où sont les quêtes ?), ce jeu est une authentique simulation qui sait allier la pédagogie d’un serious game et l’addiction d’un bon social games.
Au-delà du côté ludique, ce jeu présente plusieurs aspects très intéressants :
La synergie avec les portails de contenu (pour doper l’audience avec des joueuses ciblées)
Les revenus potentiels avec la vente de crédits (pour booster votre progression)
La présence assumée des marques qui peuvent tester l’appétence de certains produits (en les présentant en exclusivité)
La possibilité de détecter des tendances en anticipant les saisons…
Bref, ce jeu est une authentique mine d’or aussi bien d’un point de vue business que marketing que comportemental. Pour le moment ils n’en sont qu’au début, mais j’ai hâte de voir comment tout ceci va évoluer et surtout quelles interactions ont être développées avec les contenus en ligne.
Depuis le début de l’année Shisheido est en train d’expérimenter à Tokyo un dispositif de réalité augmentée pour tester du maquillage en quelques secondes. Ce dispositif utilise un miroir digital qui superpose une couche de maquillage virtuelle sur votre visage :
Les premiers retours sont visiblement positifs et les autres acteurs du marché ne veulent pas se laisser distancer. L’Oréal a donc décidé de se lancer à son tours (de même que Boots and Walmart) avec un kiosk proposé dès cet été en Angleterre : L’Oréal weighs up digital mirror kiosks.
La technologie utilisée est celle de EZface qui propose aussi une version web appelée Virtual Miror. Cette application vous permet d’uploader votre photo et d’appliquer dessus du maquillage de différentes marques :
Le maquillage virtuel d'EZface
Même si je n’apprécie pas du tout les choix graphiques de l’interface, cette application fonctionne plutôt bien et on s’amuse vite à expérimenter plusieurs sortes de poudres, blush, mascara, rouges à lèvres, eye-liner… Je retiens deux fonctionnalités particulièrement intéressantes : La réglette avant/après (sous la photo) et les Hot Looks qui permettent d’appliquer en 1 clic un maquillage complet en choisissant dans une liste de mannequins. Vous avez également la possibilité de sauvegarder, imprimer, envoyer et partager vos photos retouchées.
Cette application est disponible chez L’Oréal (en page d’accueil) avec une interface aux couleurs plus harmonieuses : Mon Maquillage Virtuel.
Maquillage virtuel chez L'Oréal
J’apprécie particulièrement la possibilité de voir le résultat sur une moitié de visage à l’aide de la réglette. (merci à Puche pour le lien).
Souvenez-vous… il y a quelques années, le contenu était considéré comme la matière première du web : Celui qui maîtrisait le contenu maitrisait le web (les portails qui agrégeaient de très nombreuses sources de contenu concentraient également l’audience). Puis il y a eu MySpace, les Skyblogs, Facebook, Twitter, FourSquare… et maintenant il parait que c’est la communauté qui est reine. Certes, les plateformes sociales sont indéniablement en haut des tableaux d’audience, mais je reste convaincu que sans contenus une communauté n’est pas viable. Comprenez par là que ce sont les contenus qui alimentent les conversations et font tourner les communautés. De ce point de vue là, les plateformes sociales ne sont qu’un intermédiaire entre le contenu et les internautes. Un intermédiaire à valeur ajoutée, mais qui présente tout de même une certaine fragilité dans sa pérennisation (cf. De la qualité des contenus sur Facebook).
Sans rentrer dans la polémique, je pense ne pas me tromper en disant que le contenu reste roi, la communauté se nourrit de ce contenu pour générer des interactions sociales (mais là encore il y a des subtilités : Ne confondez plus communautaire et social). La grande question que je me pose est la suivante : Qu’est-ce qui alimente les rédacteurs de ce contenu ? C’est là où les données entrent en scène, non pas les données que les rédacteurs possèdent déjà, mais plutôt les données disponibles publiquement que les internautes peuvent interroger et manipuler à loisir.
Les données à la base du… journalisme de données
Nous parlons bien ici de données brutes en très grande quantité (des chiffres) qu’il serait trop coûteux de traiter. En les exposant publiquement, ce travail de compilation / trituration / interprétation est déléguée à la communauté qui va ainsi pouvoir nourrir une réflexion ou appuyer des prises de position. Et à ce petit jeu, certains journalistes en ont fait leur spécialité, cela s’appelle du journalisme de données (datajournalism en anglais). L’idée est d’extraire des informations pertinentes de quantités importantes de données.
Pour vous aider à comprendre l’intérêt de cette pratique, amusez-vous à compter le nombre d’articles qui font référence à Google Trends, les statistiques de recherche sont les données sur lesquelles repose toute l’argumentation de ces articles. Autre illustration avec ce graphique très intéressant qui met en évidence les performances extraordinaires (=suspectes) des coureurs du tour de France :
Après les portails de contenus, les portails de données
L’exemple français d’ActuVisu illustre une tendance de fond initiée il y a 5 ans avec la fondation GapMinder qui fournit justement un accès à de très nombreuses données et statistiques (leur crédo : « Unveiling the beauty of statistics for a fact based world view« ).
Un créneau très porteur qui intéresse les moteurs de recherche de Google, qui a racheté en 2007 l’outil de visualisation qui propulse GapMinder et qui propose également Google Public Data Explorer dans son labo. Ce rachat fait sens dans la mesure où Google est très certainement un des mieux placé pour collecter les données éparpillées aux 4 coins du web. Reste encore le problème des données non-publiques.
Il est important de comprendre que ces initiatives ne sont pas tant une manoeuvre politique ou un outil de surveillance qu’un levier d’innovation pour accélérer l’émergence de nouveaux modèles sociétaux ou de nouveaux projets relatifs à l’environnement, l’éducation, la santé…
Pour le moment le chantier est toujours en cours en France mais des initiatives locales permettent déjà d’accéder à des poches de données : État des lieux de l’OpenData en France.
Les données comme trésor de guerre des moteurs
Comme nous venons de le voir, les données sont donc une matière première particulièrement convoitée. À partir de ce constat, il n’est pas surprenant de voir que les grands moteurs de recherche s’intéressent de près à ces données et cherchent à les exploiter pour apporter une couche d’intelligence aux résultats de recherche. Illustration avec le tout nouveau Bing Shopping qui propose des pages de résultats structurées :
L’idée derrière tout ça est de proposer non pas un moteur de recherche mais un outil d’aide à la décision (cf. New version of Bing Shopping). Et pour structurer des résultats, que faut-il ? Des données ! Autant Microsoft a opté pour des partenariats, autant Google est passé à la vitesse supérieure avec notamment l’acquisition d’ITA, un fournisseur de données touristiques spécialisé sur l’aérien qui va permettre à Google de faire de l’intégration verticale sur ce créneau : With ITA Purchase, Google Now Owns the Skies.
La vente de billets d’avion en ligne est un business très juteux, il est donc normal que Google casse sa tirelire pour blinder sa position. Il y a par contre des secteurs à priori moins rémunérateurs mais pour lesquels un outil de consolidation / manipulation / visualisation des données offrirait une position dominante à son éditeur : L’immobilier, l’emploi, les loisirs (IMDB est un bon exemple de données structurées à valeur ajoutée) ou encore le sport (citons l’exemple de Footbalistic). Je vous recommande à ce sujet l’article de GigaOm qui détaille ces exemples : Who Will Google Buy Next for Structured Data?.
L’idée ici est d’investir dans une base de donnée verticale et de monétiser son exploitation. Constituer une base de données de référence est un chantier titanesque, et seuls les acteurs avec les plus gros moyens peuvent y parvenir. Mais une fois le monopole établi, les possibilités sont nombreuses pour rentabiliser cet investissement. Google Maps est un autre exemple intéressant d’une gigantesque base de données (géographiques) dont nous avons maintenant beaucoup de mal à nous passer et dont le propriétaire a tout le temps pour trouver des solutions de monétisation viables.
Plus intéressant, un article de GigaOm nous révèle que ITA ne se restreint pas au secteur du tourisme aérien mais édite également une solution de manipulation de données accessible sur NeedleBase.com : Meet the Web Database Company Google Just Bought. Cette solution ne permet pas de manipuler des données publiques mais de groupes de données dont l’utilisateur a les droits. Toujours est-il que cette solution est à la fois puissante et intuitive, tout ce dont nous avons besoin pour faire du journalisme de données :
Voici donc la stratégie de Google : Acheter des données avec l’idée de la monétiser une fois que le marché sera devenu dépendant de leur exploitation. Mais sommes-nous réellement dépendant des données ? Vous particulièrement, probablement pas, mais de nombreux aspects de votre quotidien repose sur une exploitation fine de données. Nous pourrions même aller plus loin en disant que l’exploitation des bonnes données pourrait améliorer votre quotidien (cf. Nos vies gérées par les données) ou la productivité d’une entreprise.
Les objets de notre quotidien pourraient ainsi capter un grand nombre de données vous concernant et fournir ainsi des statistiques très précieuses sur votre mode de vie et la façon d’optimiser votre alimentation, vos trajets, votre budget, votre suivi médical… Imaginez alors l’intérêt d’un coach qui serait à même d’interpréter ces données et de vous offrir de précieux conseils pour améliorer votre quotidien. Ces conseils et les données qui en sont à l’origine deviendraient rapidement une drogue pour des hommes et des femmes soucieux de leur bien-être : The upcoming Internet pandemic: data addiction.
Reste encore à régler le problème de la collecte : Seule une minuscule minorité des habitants de cette planète serait d’accord pour s’équiper des outils de mesure de votre quotidien (sommeil, alimentation, exercices physiques, trajets, dépenses…). Une minorité de geeks, sauf si un acteur industriel avec de gros moyens décide de fournir gratuitement les outils de mesure et de collecte en faisant un pari sur l’avenir (et sur la monétisation de ces données). Et cet industriel avide de données, encore une fois c’est Google avec son projet de compteur intelligent PowerMeter.
Et même si Google ne peut pas remplacer tous les compteurs électriques des pays occidentaux, il peut fournir la plateforme pour consolider les données et les re-publier : Google Releases API for Energy Tool PowerMeter. La promesse de Google est simple : Vous aider à mieux comprendre vos habitudes de consommation pour optimiser vos dépenses… tout en revendant les statistiques aux industriels pour qu’ils puissent développer des appareils ménagers plus en phase avec le mode de vie de ces clients.
Loin de moi l’idée de jouer les paranoïaques et de dénoncer ces pratiques, car si tout le monde y trouve son intérêt il n’y a pas de raison de s’en priver. Il n’empêche que si je fais la somme de tout ce que Google peut potentiellement savoir sur moi, ça commence à faire beaucoup :
Mes contacts avec Gmail ou Android (carnet d’adresse + historique des appels) ;
Mon profil (âge, parcours…) avec Google Me ;
Mes achats avec Checkout ;
Mes centres d’intérêt avec l’historique de mes recherches ;
Mes déplacements avec Latitude ;
Mes loisirs (les programmes TV que je regarde) avec Google TV ;
Mes lieux de vacances avec Picasa…
Et ce n’est qu’un début car avec la sémantisation progressive du web, le moteur d’indexation pourra consolider toujours plus de données sur les internautes, mobinautes et même tvnautes. Les données seront donc la matière première à une nouvelle génération d’outils, services et prestations en rapport avec l’amélioration du quotidien de chacun. Des données qui seront l’objet d’une bataille acharnée pour en contrôler la possession, la collecte ou l’exploitation.
J’anticipe donc un web dominé par les contenus et données où Google jouera un rôle prépondérant. Facebook ou Twitter peuvent-ils prétendre à un rôle important dans ce tableau ? J’en doute car il faut des moyens considérables et surtout des appuies industriels et politiques, tout ce qui leur fait défaut actuellement. Longue vie au couple royal !
Même si Google reste le maître incontesté du web, il n’est pas faux de dire qu’ils ont du mal à s’imposer sur le terrain des médias sociaux. En fait ils s’en sortent plutôt bien grâce à de nombreuses acquisitions (Blogger, YouTube…) mais peinent à faire décoller les produits « maison » : Google’s Long History of Social Media Attempts. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de Yahoo!, et les deux géants de la Silicon Valley aimeraient bien revenir sur le devant de la scène et croquer une part du gâteau que se disputent des acteurs comme Facebook, Twitter ou encore Foursquare (pour ne citer qu’eux). Toujours est-il que Google ne cache plus ses ambitions et annonce une offensive prochaine avec le lancement de Google Me, une meta-plateforme social pour assurer le lien entre ses différents services (cf. Google Me: One Ring To Rule Them All).
Pourquoi s’intéresser aux médias sociaux ? Tout simplement car c’est là où se trouve l’audience en ce moment, ou du moins c’est là où les internautes passent le plus de temps. Et plus particulièrement sur les nombreux social games qui cumulent l’avantage de pouvoir fortement fidéliser les visiteurs mais également de générer des revenus considérables. Pas étonnant que Google décide donc de placer des billes sur ce créneau en investissant 100 millions de $ dans Zynga, l’éditeur de social games le plus en vue du moment : Google Secretly Invested $100+ Million In Zynga, Preparing To Launch Google Games.
Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet investissement :
La préparation du lancement de Google Games dans le courant de cette année ;
Le placement « au forceps » de Google Checkout comme solution de micro-paiement ;
L’opportunité d’injecter des liquidités dans une start-up qui a le vent en poupe (100 M$ est une broutille pour Google qui dispose de dizaines de milliards de $ en cash).
Avec une présence sur Facebook, MySpace, Yahoo! et MSN, Zynga a réussi à bâtir un réseau de distribution impressionnant. Encore plus fort, il a même réussi à conquérir la forteresse d’Apple en distribuant FarmVille dans l’App Store : FarmVille for iPhone Now Available. À partir de là, on se demande comment Google va pouvoir rattraper sont retard sur des concurrents déjà bien implantés (Facebook, Myspace…) et sur des acteurs de niche comme Hi5 qui s’est spécialisé dans les social games avec succès (Hi5 Raises Over $14 Million For Social Games, Virtual Goods).
Le mobile semble être un très bon levier de différentiation. Et comme toujours, Google a su ne pas se retrouver dans une situation de dépendance et nouer un autre partenariat avec Kongregate (un portail de casual games) pour travailler sur le portage de nombreux jeux sur sa plateforme mobile Android : Kongregate “Tests” New Android Flash Implementation With 100+ Games.
L’équation de Google pour (ré)investir les médias sociaux seraient donc la suivante : Gestion de compte unifiée + Social games + Casual games mobiles + micro-paiement. J’attends avec impatience le lancement de ce nouveau portail de jeux et surtout la façon dont Google va aller à l’affrontement direct avec Facebook…
Savez-vous combien pèse la page d’accueil de Yahoo ? Cette question n’est pas anodine car cette valeur a été pendant longtemps une unité de référence pour la vitesse de chargement des pages d’un site web. En presque 10 ans passés en agence, je ne compte plus le nombre de cahiers des charges et brief où il étai stipulé que le poids des pages du futur site du client ne devait EN AUCUN CAS dépasser la limite de 30 Ko (le poids théorique de la page d’accueil de Yahoo! dans l’inconscient collectif).
Puis il a été question de 60 Ko…
Puis ça a été l’avènement de l’ADSL, les années YouTube et maintenant plus personne ne se soucie du poids des pages. Il faut dire que les foyers français sont équipés en haut-débit à plus de 95% (ADSL + câble + fibre, si mes sources sont exactes), donc plus la peine de se soucier du temps de chargement.
Oui mais voilà : Il fut un temps où la page d’accueil de Yahoo! pesait 30 Ko, mais cette époque est loin derrière nous et je constate une inflation alarmante (euphémisme) dans le poids des pages d’accueil qui dépassent fréquemment le Mo. Ce fameux « poids » correspond à l’espace disque occupé par l’ensemble des fichiers qui composent une page d’accueil (HTML, javascript, css, flash, images…).
Je me suis amusé à comparer les pages d’accueil de certaines boutiques en ligne française, et le résultat n’est pas brillant :
Non vous ne rêvez pas, pour avoir le privilège d’admirer la page d’accueil de Cdiscount il vous faudra télécharger près de 220 fichiers pour un total avoisinant les 3 Mo. Hallucinant ? Oui, surtout dans un marché aussi concurrentiel. PriceMinister s’en sort très bien avec une page bien plus légère que les autres dû à une utilisation très limitée des images (contrairement à Cdiscount).
Concernant les sites d’information, c’est encore pire :
Même si les mega-bannières et autres publicités au format vidéo plombent la page, n’est-il pas aberrant de ne pas trouver un site d’information sous la barre des 2 Mo ? Et ce n’est pas forcément mieux de l’autre côté de l’Atlantique :
De façon surprenante, les grands portails sont plutôt raisonnables dans leur utilisation de la bande passante. Mention spéciale à Facebook qui dépasse la barre des 2 Mo avec une ribambelle de fichiers javascript. Vous noterez au passage que les deux moteurs de recherche pèsent rigoureusement la même poids (je ne sais pas trop quoi en penser…).
Bref, cette rapide étude concurrentielle nous révèle une vérité bien dérangeante : Les pages d’accueil de sites de news sont plus lourdes que certains plug-ins dont le temps de téléchargement est soit-disant rédhibitoire. Même si nos liaisons ADSL sont très performantes, les tuyaux ont des limites et le nombre de fichiers à télécharger nous éloigne toujours plus de la limite symbolique des 2 secondes pour charger une page d’accueil (le temps d’attente est directement lié à l’expérience utilisateur).
Tout ceci est très dérangeant, surtout à partir du moment où Google annonce qu’il va prendre en compte le temps de chargement des pages dans son algorithme. Oups, c’est justement ceux qui ont le plus besoin d’un bon référencement (commerce en linge, news…) qui vont se faire dégrader. Je ne peux que me réjouir de cette annonce car cette escalade dans le poids des pages d’accueil n’augure rien de bon et surtout rend les éditeurs fainéants.
Pourtant il existe de nombreuses façons d’optimiser le poids des pages en limitant le nombre d’images, en optimisant les fichiers HTML et javascript… J’imagine que l’arrivée à maturation des terminaux de consultation alternatifs (smartphones, touchbooks…) va inciter les éditeurs à se remettre en question.
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