Flash au musée avec Monet et Adobe

Cette semaine nous allons nous intéresser à la culture ou plus exactement à l’expression artistique avec deux très beaux sites expérimentaux. Le premier est consacré à l’oeuvre de Claude Monet à l’occasion de l’exposition de ses toiles au Grand Palais : Monet2010.com. Le site propose une expérience très immersive et surtout la possibilité de découvrir les oeuvres au travers de deux parcours.

Le premier (la Galerie) est assez classique avec une rétrospective chronologique des toiles et la possibilité de zoomer pour voir les détails du coup de pinceau du maître :

Monet_Regates-1

Le second parcours est plus intéressant, car il vous propose un voyage scénarisé où chaque oeuvre majeure est revisitée avec une animation 3D à l’intérieur même des scènes où certains éléments sont animés ou interactifs. Dans le tableau suivant il faut faire du bruit dans son micro (tapez dans vos mains) pour faire s’envoler la pie :

Monet_Pie

Dans cet autre tableau, vous pouvez créer des remous dans l’eau au survol de votre souris :

Monet_Norvegienne

Le tout est très bine présenté et animés, les transitions sont très belles, les temps de chargement pas trop longs. Bref, une vraie réussite qui sait parfaitement exploiter les oeuvres avec cette double expérience (classique et interactive).

Autre ambiance avec le tout nouveau Adobe Museum of Digital Media, un projet conjoint d’Adobe, des agences Goodby, Silverstien & Partners et Unit9 ainsi que de l’architecte Filippo Innocenti.

AdobeMuseum_home

Ce musée digital se veut être un lieu de rencontre entre des artistes digitaux souhaitant « repousser les limites du possible » et un public en quête d’expériences interactives inédites. Le moins que l’on puisse dire est que l’ambition de ce projet force le respect et attise la curiosité.

La première exposition (intitulée « Valley« ) est l’oeuvre de l’artiste américain Tony Ourser assisté de Tom Eccles. Cette exposition met en scène les rapports humains / machines au travers d’animations, de vidéos, de dessins et de bruitages. Cette mise en scène est décomposée en différentes scènes accessibles depuis cet écran énigmatique :

AdobeMuseum_Exhibit

Les scènes en question sont très… expérimentales et se découvrent au hasard des clics et des survols de la souris. Les commentaires de l’artiste sont disponibles pour vous assister dans cette découverte :

AdobeMuseum_Exhibit-bis

Vous pouvez ne pas aimer le style de l’artiste ou son message, mais personne ne peut rester indifférent face à ce projet complètement fou ! Je suis en tout cas admiratif devant l’ambition de ce musée numérique et surtout de l’engagement d’Adobe dans cette direction (nous sommes loin du Showcase).

Ce n’est pas la première expérimentation artistique autour de Flash (Joshua Davis est un bel exemple d’artiste numérique) mais c’est sans doute la plus aboutie.

Google Chrome OS = iOS + iTunes

Si mes calculs sont exacts, voilà 1 an 1/2 que Google a annoncé son système d’exploitation Chrome OS (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). Une attente particulièrement longue qui pourrait probablement prendre fin bientôt, car la rumeur fait état d’un lancement probable le mois prochain : Google Chrome OS launching Nov 11? Difficile de dire si cette rumeur est infondée dans la mesure où ça n’a jamais dérangé Google de sortir un produit non achevé (euphémisme).

Toujours est-il que les attentes sont au plus fort car en 1 an 1/2 il s’est passé beaucoup de choses :

  • Apple a torpillé les ventes de netbooks avec son iPad ;
  • Les ventes de terminaux mobiles équipés d’Android cartonnent ;
  • Facebook s’est imposé comme le nouveau roi du web.

Quels enseignements peut-on tirer de ces trois faits marquants ?

  1. Le marché des équipements informatiques est en plein bouleversement (les clients veulent du neuf) ;
  2. La mobilité est une composante essentielle (indispensable pour faire des ventes)
  3. Les services « sociaux » sont mieux valorisés que les logiciels (en témoignent les publicités récentes pour des smartphones où sont surtout mises en avant les capacités à se connecter à Facebook, MSN Messenger…).

Trois enseignements qui convergent vers Chrome OS et me font dire que Google a un très gros coup à jouer (cf. Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur), d’autant plus que son concurrent le plus sérieux (Apple) se retrouve avec une marge de manoeuvre extrêmement fine.

ChromeOS_AppMenu

Apple, un géant qui risque de s’effondrer sous son propre poids

Inutile de revenir sur la succès story d’Apple avec iTunes ni sur la position dominante qu’il occupe dans la chaine de valeur des contenus numériques. Mais si l’on y regarde de plus près, Apple se trouve en fait dans une position très fragile car :

  • Étant N°1, ils sont exposés à une concurrence impitoyable (toute l’industrie cherche des solutions pour contourner ce quasi-monopole) ;
  • Ils vont devoir accélérer la diversification pour tenir les promesses faites aux marchés financiers (notamment concernant l’iPad qui devrait petit à petit s’éloigner de l’iPhone, concernant l’Apple TV ou encore les services payants), hors diversification = risques ;
  • Le modèle de revenu, qui repose sur un écosystème ultra-fermé, ne leur permet pas d’avancer aussi vite que leurs concurrents.

Pour être plus précis, ce n’est pas tant Apple qui est menacé mais plutôt le couple iTunes / iOS. Ce qui a fait la robustesse du système Apple va également faire sa faiblesse à mesure que la concurrence s’organise (et notamment celle de Google) :

  • iTunes, le canal de distribution et d’encaissement, fait figure de dinosaure avec ses mises à jour régulières de plus de 100 Mo et ses innombrables couches applicatives empilées les unes par dessus les autres (médiathèque + App Store + Genius + Ping…). À l’heure où tout le monde ne jure que par les logiciels en ligne, iTunes brille par sa rigidité et son opacité (impossible d’accéder autrement à votre iPhone / iPod).
  • iOS, le canal de consommation des contenus et applications repose sur une technologie hautement propriétaire. Présenté à la base comme le lien entre toutes les plateformes alternatives d’Apple (iPod / iPhone, iPad, iTV), ce système d’exploitation se retrouve maintenant confronté à un problème tout simple : 3 formats de terminaux = 3 types d’usages. Dur retour à la réalité pour Apple qui va devoir gérer un OS décliné en 3 distributions avec des spécificités toujours plus divergentes.

Non seulement le côté fermé du système Apple motive les hackers à sortir des jailbreaks toujours plus performants (littéralement, « jail break » = « s’évader de prison« , sous-entendu « Apple = prison« ), mais en plus, cela limite le potentiel de croissance : Plus l’écosystème Apple est fermé et plus ses revenus sont élevés. Ce qui veut dire que quand il y a une brèche dans cet écosystème (les jailbreaks), les revenus s’effondrent ; mais également que pour augmenter ses revenus, Apple doit verrouiller toujours plus d’utilisateurs. Formuler autrement : Apple a BESOIN de verrouiller ses clients et son écosystème pour maintenir ses marges et tenir les promesses faites aux marchés financiers.

Même si ce modèle de revenu a fait ses preuves, et permis à l’action Apple de dépasser la barre des 300$, sa rigidité et son exposition aux critiques et jalousies vont ralentir sa croissance. Pire, le modèle fermé d’Apple se situe à l’opposé de celui de Google qui prône l’ouverture. Illustration avec le lancement récent de Game Center, une couche de social gaming, pour récupérer les parts de marché d’éditeurs indépendants comme OpenfeintCrystalPlus+Agon

Chrome = OS + navigateur + SaaS + Store + Checkout + …

À l’opposé du modèle Apple, nous trouvons donc celui de Google avec Chrome : Un navigateur / système d’exploitation open source qui s’appuie sur la communauté. Ce n’est ainsi pas un hasard s’il n’existe pas de site web officiel de Chrome OS, uniquement un site officiel pour Chromium OS.

L’approche de Google repose donc sur des technologies et un écosystème ouverts. Le modèle économique de Google est ainsi parfaitement diversifié et sa croissance profitera à l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur : Plus l’écosystème Chrome OS sera ouvert et plus les revenus seront élevés.

Le principal avantage de ce modèle est qu’il ne génère aucune dépendance. Mieux, Google a initié avec Android et ses partenaires industriels un deal unique : le plus que gratuit (l’OS est gratuit et Google s’engage à partager les revenus publicitaires). Il ne me semble pas que ça a été annoncé officiellement, mais il y a de fortes chances pour que de telles conditions soient appliquées avec Chrome OS.

Non seulement Chrome OS va bénéficier des faveurs de la communauté ainsi que des industriels, mais son évolution sera grandement simplifiée par le fait que les applications, services et contenus ne sont pas directement liés à l’OS ni même installés sur la machine :

Les technologies qui vont propulser Chrome OS sont également morcelées pour en faciliter la maintenance et l’évolution : GearsNaCl, O3DStorage… Et enfin, les canaux de distribution seront eux aussi désolidarisés de l’OS : Web Store, Music et Editions (qui devraient être lancés d’ici la fin de l’année). Il ne manquera plus que Google Games pour compléter ce tableau (le rachat d’une start-up comme OnLive devrait leur permettre de gagner du temps).

chrome_web_store

Google pourrait faire tourner 100% des équipements connectés

Avec Chrome OS et Android, Google pourrait potentiellement équiper n’importe quel équipement informatique :

  • Les ordinateurs, netbooks, et autres touchbooks ;
  • Les smartphones et smartbooks ;
  • Les TV et smartframes ;
  • Les kiosques et bornes tactiles ;
  • Les voitures, scooters, avions, bateaux et autres engins motorisés ;
  • Les objets connectés de plus petite taille (compteurs électriques, capteurs ambiants…)

Bref, Google pourrait devenir incontournable pour tout terminal ou outil informatique connecté. À une époque je m’étais posé la question de la concurrence entre Chrome OS et Android. Cette question ne se pose plus tant le nombre de terminaux ciblés est vaste (il est bien plus simple de couvrir tout le spectre avec deux OS qu’un seul). À partir du moment où les contenus et services sont accessibles indifféremment sur les deux OS au travers d’un navigateur ou de widgets, ça ne pose pas de problème. Chrome OS et Android seront donc au coeur d’un seul et même écosystème.

Une concurrence éloignée mais des acteurs à surveiller

Apple et Microsoft sont les concurrents « historiques », mais leur modèle économique et leur circuit de distribution diffèrent tellement de ceux que va utiliser Google que l’on ne peut pas réellement les comparer (il faut aller dans une boutique et acheter un DVD dans une boîte en carton pour mettre à jour Windows ou Mac OS, la préhistoire !).

Mais tout n’est pas si simple, car Google devra également composer avec des acteurs de taille qui vont lui compliquer la tâche :

  • Facebook dont la domination du web ne cesse de croître et qui infiltre petit à petit l’ensemble des terminaux et services ;
  • Amazon qui progresse lentement mais sûrement sur les e-readers et pourrait nous surprendre avec une nouvelle génération de terminaux ;
  • Yahoo! qui pourrait bien jouer les trouble-fête en se mariant avec AOL et pourquoi pas un autre géant des médias (la naissance d’un consortium à trois bouleverserait le rapport de force dans le paysage des médias et des contenus, donc des annonceurs).

Bref, la partie n’est pas gagnée pour autant. De nombreux paramètres sont à prendre en compte dans l’équation du succès, Google en maitrise déjà un certain nombre, mais il y en a un qui me semble décisif dans ce projet : la couche sociale. Google Me permettrait d’unifier l’ensemble des services à caractères « sociaux » et de réduire la dépendance à Facebook.

Puisque Google propose déjà un modèle économique viable, des technologies robustes, de nombreux services et contenus, il ne resterait plus qu’à remettre à niveau la couche sociale de l’écosystème Chrome OS pour se mettre à l’abri de la concurrence (du moins pour les deux prochaines années). J’anticipe ainsi une configuration de marché où Apple continuerait d’exploiter les segments supérieurs (avec un fort ralentissement de sa croissance) et où Google viendrait s’installer durablement dans le quotidien numérique des foyers (le marché de masse).

Vous pourriez me dire qu’un tel scénario (domination de Google) n’est pas très réjouissant, mais avez-vous beaucoup souffert du monopole de Microsoft ces 20 dernières années ? RDV dans un mois pour avoir un avant-goût du futur de l’informatique selon Google.

MàJ (20/10/2010) : Il va falloir rajouter Mozilla dans la liste des concurrents potentiels avec ses Mozilla Web Apps :

Ce projet est très proche de celui de Google avec des applications 100% web, un répertoire, une boutique (pour les applications payantes) et des applications auto-distribuées (un peu comme les extensions de Firefox).

MàJ (22/10/2010) : Visiblement Apple ne compte pas se laisser faire puisqu’ils lanceront d’ici la fin de l’année leur propre Mac App Store.

Vive les sites web à page unique !

Si je m’en tiens à la définition de Wikipedia : « Un site Web est un ensemble de pages Web hyperliées entre elles« . OK, mais qui a dit qu’un site web devait nécessairement être composé de plusieurs pages ? C’est sur cette réflexion que le blog Six Revision nous propose un article très intéressant : The Science Behind a Single Page Website.

Les arguments en faveur d’un site web à page unique sont les suivants :

  • Tout le contenu est chargé en une seule fois ;
  • Scroller est moins compliqué et risqué que de cliquer ;
  • La maintenance est plus simple ;
  • La densité d’information favorise un meilleur référencement.

Les arguments en défaveur des sites web à page unique sont les suivants :

  • Le site est plus long à charger ;
  • Le site est généralement truffé de javascript pour proposer une navigation locale (au sein de la page) ;
  • Les utilisateurs peuvent être désorientés.

Une fois ces arguments énoncés, la visite d’un certain nombre de sites à page unique a finalement réussi à me convaincre de l’efficacité de cette technique : 30 Outstanding Single Page Website Designs, 88 Single Page Website Designs For Design Inspiration, 50 Examples of Modern Single Page Website Designs et aussi One Page Love.

Au final, si vous n’avez pas grand chose à raconter ou si vous savez limiter le contenu au strict minimum, cette solution s’avère particulièrement efficace. Prenons par exemple les sites dédiés à des applications mobiles qui peuvent se contenter d’une description, de quelques captures d’écran et d’un détail des fonctionnalités en bas de page comme Camera+ ou Goin’ Nutty :

GoinNutty

De même, il existe un certain nombre d’applications en ligne à périmètre restreint qui ne nécessitent pas un site à plusieurs pages comme Silverback (ou dans une certaine mesure Basecamp), le contenu est réduit au strict minimum et est déroulé sur la hauteur de page :

Silverback

Même chose pour Coda qui propose par contre un système d’onglets intérieurs pour réduire la hauteur de la page :

Coda

Beaucoup plus intéressant, certains sites marchands se content également d’une seule page comme ici pour ce modèle unique de noeud papillon chez Blixt & Dunder :

BlixtDunder

Cet exemple n’est pas le seul, car il est également possible d’en faire de même pour des produits dématérialisés comme chez Red+White.

Dernier exemple avec Grooveshark, un service d’écoute de musique en ligne :

Grooveshark

Au final en cherchant un peu, vous pouvez vous rendre compte qu’un site avec une page unique bien conçue peut faire beaucoup mieux qu’un site avec plusieurs pages et du contenu éparpillé. Bien évidemment ceci ne concerne qu’une minorité de sites, mais cette solution me semble tout à fait viable à partir du moment où l’information apportée est pertinente et que les fondamentaux ergonomiques sont respectés (lisibilité, hiérarchisation de l’information…).

Je suis fan, pas vous ?

On reparle des touchbooks BtoB avec le Blackberry PlayBook

Après Cisco et son Cius (cf. Cisco lance Cius, le premier touchbook BtoB), HP et sa future Enterprise Tablet, c’est au tour de RIM / Blackberry de sortir un touchbook BtoB : le Playbook. Annoncé en début de mois, ce nouveau venu dans la gamme des smartphones de la marque canadienne confirme une tendance détectée il y a quelques semaines : la montée en puissance des touchbooks dans un contexte d’entreprise.

Inutile de vous détailler les caractéristiques techniques de cette machine (écran 7 », 2 webcams, Wi-Fi a/b/g/n…) car d’autres l’on fait mieux que moi : RIM Reveals Its iPad-Killer, The BlackBerry PlayBook.

blackberry-playbook

La question qui nous intéresse est plus de savoir ce que l’on va faire de ces nouveaux terminaux. Tout comme les smartphones se sont petit  petit imposés comme l’outil indispensable du cadre (pour être en permanence connecté à ses emails, son calendrier…), le touchbook va-t-il être le nouveau signe de reconnaissance des cadres dynamiques ? Il y a de fortes chances.

Par contre là où je suis très sceptique, c’est quant au positionnement du produit. D’une part, ce PlayBook affiche des caractéristiques techniques très (trop ?) proches d’un laptop ; d’autre part, les illustrations utilisées sur le site du constructeur me semblent bien éloignées de l’environnement professionnel.

Playbook_site

Concernant les usages, je reste sur ma première idée d’écran d’appoint permettant de rester en contact permanent avec ses systèmes de communication (emails, messagerie instantanée, microblog…) et le système d’information (applications métiers…). Reste encore au service informatique à développer les connecteurs et les applications mobiles pour ce type de machine, mais comme RIM est déjà très bien implanté dans le monde de l’entreprise, ça ne devrait pas poser de problèmes.

Je suis par contre plus inquiet sur la façon dont ces outils vont faire évoluer nos habitudes de travail. Je suis ainsi excédé par les participants d’une réunion qui sont le nez scotché sur leur smartphone ou leur laptop, cette tendance ne peut qu’empirer avec ces machines ultra-portables. Certes, il va y avoir un gain de le potentiel de mobilité des collaborateurs (ils restent joignables et opérationnels où qu’ils se trouvent), mais quid de leur capacité d’attention / de concentration ? Comment voulez-vous rester concentré sur la ou les tâches que vous avez à effectuer si vous ne pouvez pas vous isoler pour travailler sereinement sans être dérangé ?

La solution viendra peut-être du choix méticuleux des collaborateurs équipés de touchbooks : les directeurs de projet, coordinateurs et autres animateurs de communautés BtoB sont ainsi pleinement concernés par ce type d’outils car leur travail au quotidien repose sur la communication et les mises en relation (être plus connectés = être plus performant). Par contre, pour celles et ceux qui doivent produire (des rapports, des analyses, des livrables…) et qui ont besoin de concentration et de plages de travail favorisant l’immersion, il vaudrait mieux éviter.

Plus que jamais, le besoin va se faire ressentir de bien comprendre l’impact organisationnel de ces nouveaux outils nomades avant de les distribués comme des récompenses (en signe de gratification).

Les touchbooks BtoB ne sont ainsi que le dernier maillon d’une longue chaine d’outils et de processus favorisant la mobilité des collaborateurs. Équiper les équipes et réfléchir après aux usages me semble être suicidaire, cela risque de nuire à la productivité plutôt que de l’améliorer. L’introduction de ces outils dans l’entreprise doit se faire dans le cadre d’une réflexion approfondie sur les besoins réels et surtout sur la capacité des équipes informatiques et des processus à tirer parti de ces machines.

MàJ (22/10/2010) : HP vient également d’annoncer de façon (quasi) officielle la sortie de son propre touchbook… à destination des entreprises (HP Slate 500 finally official).

/! Article initialement publié sur Entreprise20.fr.

On reparle des tablettes BtoB avec le Blackberry PlayBook

Après Cisco et son Cius (cf. Cisco lance Cius, la première tablette BtoB), HP et sa future Enterprise Tablet, c’est au tour de RIM / Blackberry de sortir une tablette BtoB : le Playbook. Annoncé en début de mois, ce nouveau venu dans la gamme des smartphones de la marque canadienne confirme une tendance détectée il y a quelques semaines : la montée en puissance des tablettes dans un contexte d’entreprise.

Inutile de vous détailler les caractéristiques techniques de cette machine (écran 7 », 2 webcams, Wi-Fi a/b/g/n…) car d’autres l’on fait mieux que moi : RIM Reveals Its iPad-Killer, The BlackBerry PlayBook.

blackberry-playbook

La question qui nous intéresse est plus de savoir ce que l’on va faire de ces nouveaux terminaux. Tout comme les smartphones se sont petit  petit imposés comme l’outil indispensable du cadre (pour être en permanence connecté à ses emails, son calendrier…), la tablette va-t-elle être le nouveau signe de reconnaissance des cadres dynamiques ? Il y a de fortes chances.

Par contre là où je suis très sceptique, c’est quant au positionnement du produit. D’une part, ce PlayBook affiche des caractéristiques techniques très (trop ?) proches d’un laptop ; d’autre part, les illustrations utilisées sur le site du constructeur me semblent bien éloignées de l’environnement professionnel.

Playbook_site

Concernant les usages, je reste sur ma première idée d’écran d’appoint permettant de rester en contact permanent avec ses systèmes de communication (emails, messagerie instantanée, microblog…) et le système d’information (applications métiers…). Reste encore au service informatique à développer les connecteurs et les applications mobiles pour ce type de machine, mais comme RIM est déjà très bien implanté dans le monde de l’entreprise, ça ne devrait pas poser de problèmes.

Je suis par contre plus inquiet sur la façon dont ces outils vont faire évoluer nos habitudes de travail. Je suis ainsi excédé par les participants d’une réunion qui sont le nez scotché sur leur smartphone ou leur laptop, cette tendance ne peut qu’empirer avec ces machines ultra-portables. Certes, il va y avoir un gain de le potentiel de mobilité des collaborateurs (ils restent joignables et opérationnels où qu’ils se trouvent), mais quid de leur capacité d’attention / de concentration ? Comment voulez-vous rester concentré sur la ou les tâches que vous avez à effectuer si vous ne pouvez pas vous isoler pour travailler sereinement sans être dérangé ?

La solution viendra peut-être du choix méticuleux des collaborateurs équipés de tablettes : les directeurs de projet, coordinateurs et autres animateurs de communautés BtoB sont ainsi pleinement concernés par ce type d’outils car leur travail au quotidien repose sur la communication et les mises en relation (être plus connectés = être plus performant). Par contre, pour celles et ceux qui doivent produire (des rapports, des analyses, des livrables…) et qui ont besoin de concentration et de plages de travail favorisant l’immersion, il vaudrait mieux éviter.

Plus que jamais, le besoin va se faire ressentir de bien comprendre l’impact organisationnel de ces nouveaux outils nomades avant de les distribués comme des récompenses (en signe de gratification).

Les tablettes BtoB ne sont ainsi que le dernier maillon d’une longue chaine d’outils et de processus favorisant la mobilité des collaborateurs. Équiper les équipes et réfléchir après aux usages me semble être suicidaire, cela risque de nuire à la productivité plutôt que de l’améliorer. L’introduction de ces outils dans l’entreprise doit se faire dans le cadre d’une réflexion approfondie sur les besoins réels et surtout sur la capacité des équipes informatiques et des processus à tirer parti de ces machines.

MàJ (22/10/2010) : HP vient également d’annoncer de façon (quasi) officielle la sortie de sa propre tablette… à destination des entreprises (HP Slate 500 finally official).