Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur

Depuis l’annonce préliminaire de juillet dernier j’attendais avec impatience la sortie de Chrome OS, le système d’exploitation de Google (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). C’est maintenant chose faite avec une présentation publique en fin de semaine dernière dont vous trouverez une retranscription complète ici : Live From Google’s Chrome OS Event.

Chrome = Chrome OS

Pour faire simple disons que ce système d’exploitation n’est ni plus ni moins que le navigateur que nous connaissons déjà (Chrome). Comprenez par là qu’avec Chrome OS vous pourrez faire tout ce que vous avez envie de faire… du moment que ça se passe dans le navigateur (Chrome), en d’autres termes : applications et stockage en ligne obligatoires.

Dans leur façon de présenter les choses, ils ont retiré tout ce qui n’était pas nécessaire pour ne garder que l’essentiel (le navigateur). Donc dans l’absolu, Chrome OS est plus un navigateur augmenté qu’un système d’exploitation diminué. Le principal bénéfice avancé est que Chrome OS sera hyper-rapide à démarrer et ultra-sécurisé (du moins autant que Chrome). Le principal inconvénient est de… ne pas réellement proposer la même chose qu’un autre système d’exploitation.

Comparaison OS / Chrome OS
Comparaison OS / Chrome OS

L’interface de Chrome OS ressemble donc forcément beaucoup à Chrome :

L'interface de Chrome OS
L'interface de Chrome OS

Les seules différences notables viennent des indicateurs de charge en haut à droite et de l’onglet d’applications en haut à gauche :

L'onglet applications de Chrome OS
L'onglet applications de Chrome OS

Vous noterez la possibilité de « figer » des onglets pour vos applications favorites (Gmail, Google Docs…) :

Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS
Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS

Pour en savoir plus, je vous recommande cette vidéo sur la philosophie de l’interface :

Sinon dans les grandes lignes Chrome OS ne pourra pas être téléchargé et installé (il faudra utiliser un matériel spécifique dont nous n’avons pas encore les spécifications si ce n’est que ces machines devront être obligatoirement équipées de disques SSD), la version définitive ne sortira qu’en fin d’année prochaine mais le code source est d’ores et déjà disponible en open source.

Pour une revue plus complète des détails, je vous propose de lire ces articles :

Ce dernier article m’interpelle particulièrement car il est mentionné en fin d’article que tout ce que proposera Chrome OS sera également disponible dans Chrome (donc pour Windows, Mac OS…). Une information non-négligeable mais dont je n’ai trouvé confirmation nulle part ailleurs.

Chrome OS n’est qu’une pièce du puzzle

Si nous résumons bien : Google Chrome repose entièrement sur Chrome donc hérite de ses fonctionnalités, il ne tournera que sur du matériel adapté (visiblement au format netbook et sans disque dur) qui imposera le stockage en ligne (ils disent « data-on-the-cloud » parce que ça fait plus chic) et les applications en ligne (de préférence celles de Google). Chrome OS est donc la pierre angulaire de nombreux produits et services de Google que nous pouvons résumer avec l’équation suivante :

Chrome OS = Chrome + Gears + NaCl + Storage

À cette liste devraient pouvoir s’ajouter les technologies en cours de finalisation (comme le protocole SPDY qui est censé améliorer les performances de HTTP ou encore O3D). En fait la liste est très loin d’être complète… du moment que cela ne rentre pas en concurrence avec Android, l’autre système d’exploitation de Google mais pour les terminaux mobiles. Peut-être est-ce cette proximité dans la gamme de produits de Google que les membres de l’équipes se sont sentis obligés de préciser que les futurs machines « compatibles » Chrome OS seraient au format netbook mais avec un écran légèrement plus grand (au moins 11″).

La répartition du marché selon Google
La répartition du marché selon Google

Donc si l’on décortique le schéma ci-dessus : les géants se battent pour les extrêmes (sur le segment des laptops et téléphones mobiles) alors que Google cible plutôt les offres intermédiaires (netbooks et tablets). Ce schéma prend tout son sens quand on apprend que Sergey Brin aurait évoqué à demi-mot la probable fusion d’Android et de Chrome Os dans un avenir proche : Brin evoque une fusion d’Android et Chrome OS.

Malgré ces précisions les premières réactions sont tout naturellement tournées vers l’impact de ce lancement (prochain) sur le marché des netbooks :

Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : Chrome OS n’est pas réellement concurrent de Windows mais plutôt de Windows sur netbook.

Pas réellement un concurrent de Windows (ni de Mac OS)

Je rejoins tout à fait l’avis de Ars Technica sur le fait que les équipes de Google ont opté pour un positionnement radicalement différent de Windows (ou de Mac OS) : oubliez votre desktop, l’avenir de l’informatique est dans les nuages. Pour résumer une longue histoire disons qu’après 20 ans de règne sans partage, Microsoft a érigé des barrières à l’entrée tellement hautes autour de son Windows que plus personne ne peut prétendre  l’en déloger. Il y a bien évidemment Apple mais son Mac OS n’a pas réellement cette ambition et se contente bien de son positionnement de niche (pour des raisons trop longues à lister dans cet article). Comprenez par là que Windows est et restera le système d’exploitation de référence pour les ordinateurs de type « desktop » et ce jusqu’à la disparition de ce segment de marché (probablement dans une dizaine d’années).

La disparition des desktops ? Oui tout à fait, les ordinateurs tels que nous les connaissons sont condamnés à disparaitre : trop cher à produire (surtout avec la raréfaction des matières premières à prévoir), trop gourmands en ressources, pas réellement adaptés à la réalité de ce que vont devenir les usages de l’informatique dans les années à venir. Le pari de Google est donc de se positionner en avance de phase et de miser sur la prochaine génération d’outils informatique : les netbooks XL. L’idée étant de ne pas faire supporter au client le cout de composants et logiciels permettant de supporter des tâches « lourdes » mais dont le grand public ne se sert quasiment jamais (Photoshop, montage vidéo, conception 3D…).

Regardez l’effervescence autour des médias sociaux (publication et partage de contenus, sociabilisation…) et des services « on-the-cloud » (données, musique…) et vous aurez une idée de ce à quoi ressemblera l’informatique grand public dans 10 ans. Bien évidemment il y aura toujours des « gros » ordinateurs pour faire tourner les applications professionnelles mais l’essentiel de ce que l’on pourra faire sera calculé sur des serveurs et délivré sur un machine « légère ». Alors vous pourriez bien me dire « peut-être mais moi je ne me séparerais jamais de ma musique que j’ai encodé avec mes petits doigts depuis ma médiathèque de 450 CD« , et je vous répondrais « ha mais moi non plus !« . Par contre ça sera complètement différent pour le commun des mortels (les djeunz de nos jours) qui n’ont jamais possédé de CD (ou encodé eux-mêmes des MP3).

Donc si je récapitule : la configuration de marché actuelle (majorité de desktops, minorité de netbooks) va s’inverser (majorité de netbooks, minorité de desktops). Il reste le cas particulier des jeux vidéos, principal vecteur de prescription des grosses configurations, mais quand on regarde la qualité des jeux auxquels il est possible de jouer en ligne (Dofus, Poptropica… et tout ce que nous réserve les Rich Internet Games), le raz-de-marée des casual / social games, la chute du prix des consoles… on se dit que cette configuration de marché là peut également changer (en évoluant notamment vers le cloud gaming).

Bref, l’avenir de l’informatique grand public est à chercher du côté des netbooks (pas des desktops) et Windows est plutôt mal parti de ce côté là, même avec Seven. Reste encore à Google à trouver l’équilibre entre prix, puissance et autonomie. Le facteur prix est forcément limité car la future tablet d’Apple va rafler le haut du marché (=> moins de 500 $). Le facteur autonomie est impérativement à privilégier pour se démarquer des laptops low-cost (=> plus de 8 h). Reste la puissance qui peut être modulée, et elle le sera à la baisse car il faudra impérativement doter ces machines compatibles Chrome OS d’une connexion permanente (Wi-Fi, 3G…) pour que l’alternative data-on-the-cloud soit à peu près crédible.

En tout cas le moins que l’on puisse dire est que ce positionnement radical divise la communauté :

La concurrence est déjà là

Si les netbooks sont donc l’avenir de l’informatique grand public, et je le pense fortement, la bataille va donc être rude pour Google car plusieurs acteurs sont déjà sur le coup (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks) :

Bref, il ne sera pas si simple de s’imposer sur ce créneau à fort potentiel. Et ce n’est rien de le dire car nous n’en sommes qu’aux prémices d’un changement radical dans notre façon d’exploiter l’outil informatique et les services en ligne. Changement tellement grand qu’il nécessitera plusieurs galops d’essais, et Google vient juste d’en faire un tout petit. Il reste donc un énorme travail à accomplir, et surtout un marché à faire évoluer.

42 réflexions sur “Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur

  1. Personnellement je pense qu’un jour Godgle croquera le mastodonte engraissé Microsoft. Microsoft dirige les ordis, et google le web or de + en + l’ordi c’est internet avant tout et donc google.

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  2. Pour les jeux vidéos il est prévu a peu près la même chose … mais dans très longtemps bien sûr. Il n’y aura plus besoin de grosses machines pour faire tourner de jeux. Les calculs monstres effectués par les jeux vont migrer vers des serveurs qui enverrons simplement l’image finale vers le « client ». Il n’y aura besoin que d’une manette (ou clavier souris) et d’une grosse carte graphique qui seront désormais muni d’une sorte de processeur.

    A terme, plus besoin de créer de nouvelles consoles ou d’augmenter la puissance des PC pour les clients. Les futurs console ne seront que des boites avec manettes et carte graphique qui recevront des images et les retransmettront à la TV. Le client n’hébergera plus rien, il ne sera qu’un simple receveur. Avec ça, fini le piratage. Les jeux ne s’achèteront plus sur des supports, on louera la possibilité de se connecter au serveur de jeux pour X heures.

    C’est ce dont on parle dans les écoles de jeux vidéos aujourd’hui. C’est « l’avenir » parait-il… ca semble sympa au premier abord : console pas cher, plus de problème de compatibilité pour les jeux, plus besoin d’avoir à mettre à jour son ordinateur pour jouer, etc.

    Sauf que … au finale l’utilisateur ne possède plus rien du tout et sera totalement soumis au bon vouloir des industriels. La connaissance qu’il y aura entre les « experts » et monsieur tout le monde sera encore augmenté. Tout le monde sais ce qui se passe actuellement dans le domaine de l’informatique à ce propos : les boites d’informatique utilise la méconnaissance de leurs clients pour leur vendre n’importe quoi et à des prix hallucinants. C’est le règne de l’arnaque librement consentit. Les clients ne sont fait enfiler profond, repartent le sourire aux lèvres et en redemandent.

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  3. Il faut être inconscient pour laisser « tous » ses fichiers sur un serveur distant dont on ne sait pas exactement qui y a accès (employé, stagiaire, …).

    Sinon concernant le monopole de Window$ pour les desktops et Mac en second, n’oublions pas GNU/Linux qui est l’OS leader pour les serveurs et qui grimpe en flèche chaque années sur les desktops ;)

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  4. Ce qui me fait sourire et doit en faire sourire plus d’un.
    C’est que toutes ces années d’évolutions informatiques on servi à quoi ? A en revenir aux bon vieux terminaux.

    Perso j’ai fait une parti de mes études sous OpenVMS avec des terminaux (S’il y’en a qui on fait la même école qu’ils se dénoncent) et on était finalement pas très loin : nos données était centralisé sur un serveur (dans le cloud), les applications de même, on pouvait se connecter de n’importe où, etc …

    Au final pourquoi avoir changez un modèle qui semblait bon ? sans doute car internet n’existait pas et que chaque machine devait pourvoir fonctionner de manière autonome non ? Mais si ce postula est le bon pourquoi les entreprises, qui sont une des cibles de google via son offre Google Apps, qui disposent depuis longtemps de réseaux informatiques ont-elles switchée vers des postes autonomes ? et plus important : pourquoi devraient-elle faire machine arrière (Et je pense pas que les prix des netbooks quasi similaires à ceux de pc d’entrée de gamme fassent la différence) ?

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  5. @ Germain > Attention je parle bien d’informatique grand public, pour le monde de l’entreprise c’est différent (la transformation sera plus longue).

    @ Nico > Idem, Chrome OS n’est pas du tout destiné à équiper les serveurs.

    @ Mezo > Après la musique et les films, les jeux vidéos sont la prochaine industrie à devoir évoluer pour pouvoir survivre. La révolution du free-to-play va pas mal bouleverser la donne, de même que le cloud gaming qui va donner accès à des jeux très sophistiqués à une clientèle qui a peut-être les moyens de se payer le jeu mais pas la configuration matérielle qui va avec. De plus, le cloud gaming est un moyen idéal de faire de l’analytics sur la façon de jouer (après le web analytics et le social analytics, le game analytics est une discipline en devenir…).

    @ Ben > Tout à fait, le principe du net PC ne date pas d’hier : on en trouvait notamment à l’APEC il y a 10 ans.

    /Fred

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  6. Très bonne analyse.
    Je me suis fait une VM pour tester ce week end, voici quelques informations et questions supplémentaires :
    – Premier constat, même au travers d’une VM le boot est hyper rapide (un peu plus de 7 secondes, mais tout de même)
    – Pas facile d’utiliser un clavier qwerty sur un clavier azerty, et il n’y a pas encore de réglage possible (sauf erreur de ma part)
    – Est ce que quelqu’un a des informations sur l’interface de l’OS en lui même ? Pour tout ce qui est Chrome, tout est beau, mais pour ce qui est des réglages/configurations/préférences de l’OS, on se retrouve avec une interface digne de Windows 95 …
    – C’est sans doute très personnel, mais je trouve que les flèches de souries sous linux sont toujours moches. Chrome OS, à mon sens, ne déroge pas à « ma » règle. Je préfère de loin la sourie de XP ou de Mac OS mais encore une fois çà doit être une question de goût et couleurs.
    – J’ai du mal à voir ce qu’ils vont pouvoir nous proposer de plus pour leur version « Desktop »…

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  7. Merci pour cet article très intéressant.

    Une petite incompréhension cependant à ma première lecture, due en grande partie à l’emploi des termes « netbook » et « desktop » que je voyais au sens « propre » : la « petite machine ultra-portable de faible puissance » contre « l’ordinateur de bureau, puissant mais intransportable ».

    De ce fait je n’étais pas d’accord avec votre idée de disparition des desktops, ces derniers présentant des atouts majeurs en terme de confort et d’ergonomie qu’aucune machine portable n’égale jusqu’à présent.

    A la relecture je me rend compte que la distinction que vous présentez est uniquement liée à la puissance des engins : les « netbooks » (aussi bien version portable que bureau; « nettops ») de faible puissance et petite capacité de stockage car quasi exclusivement destiné à un usage connecté, contre les desktops (portables ou de bureau) beaucoup plus puissants pour faire fonctionner les applications en local.

    De ce fait je rejoins tout à fait votre point de vue.

    Quant à la question du stockage de ses données personnelles en ligne, il me parait légitime d’être méfiant, surtout pour les données les plus sensibles. Le stockage sur support physique n’est pas sans risque, mais on peut le réduire par duplication des données par exemple. Nous nous dirigeons sans aucun doute vers des systèmes « on the cloud », mais accepterons nous de stocker absolument tout en ligne ?
    Je penses plutôt à un sorte de « carte d’identité numérique », que l’on porterait constamment sur soi et qui contiendrait ces fameuses données personnelles. Les espaces de stockage de nos téléphones portables feraient par exemple parfaitement l’affaire.
    Vous me direz que le risque de perte ou de vol est important, mais il existe des systèmes permettant de bloquer, voir d’effacer, le contenu de ces engins à distance.
    Et il suffit de les synchroniser régulièrement avec un autre disque dur pour prévenir toute défaillance, ce qui se fait très simplement aujourd’hui, même sans avoir besoin de brancher les appareils entre eux.

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  8. On va peut-être me dire que je mène un combat d’arrière garde mais c’est pas grave.
    Ce qui me gène là-dedans ce n’est pas que tout parte dans les nuages (au contraire) mais plutôt que cloud = perte de contrôle.

    Au plus on met nos données en ligne au plus on en perd le contrôle.
    Flickr/Youtube par exemple, on est loin de pouvoir mettre en ligne tout ce que l’on veut et encore moins d’en contrôler la pérennité.
    De ce point de vue, c’est déjà un pas en arrière puisqu’on a toujours pu mettre en ligne des photos et vidéos sauf qu’avant on les envoyaient sur notre serveur, serveur qui était sous notre contrôle.

    Là, on envoie chez Google.
    C’est totalement différent.

    Ce que je regrette, ce qui me fait peur par moment c’est que l’on est en train de perdre l’essence même du Net : l’interconnexion de machines.
    Je veux parler de machines personnelles, pas de machines faisant partie d’une même entité comme google.

    Ce que j’aimerais par contre, c’est que tout un chacun ait son propre cloud-system.
    Évidemment ça demande la démocratisation de lignes à haute capacité (genre FTTH 100mb/s) et d’un système type NAS redondant pour la simplicité et la sécurité mais au moins on contrôle précisément ce qui est en ligne.

    Si on remplace le mot ‘google’ par ‘État français’ (ou ‘État xx’ d’ailleurs), je doute que tout le monde serait d’accord…

    Bref, on nous rabâche les oreilles que le 1.0 c’était uniquement pour les geeks, que le 2.0 a tout libéré voire inventé mais perso j’y crois pas trop !
    Le web2 n’a finalement que peu inventé, il a « simplement » facilité les démarches mais à quel prix !
    L’apparence libertaire est en fait liberticide !

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  9. Article bien complet.

    A mon sens, l’adoption de Chrome OS ne dépendra pas seulement du choix de la machine, du prix, des qualités (rapidité, sécurité, Web only) ou des défauts (hardware imposé, Web only) de l’OS mais des conséquences évoquées.

    Aussi, je vais me permettre 4 remarques sur les conséquences de la direction que prend Google avec Chrome OS:

    1- Monsieur tout le monde vient d’apprendre à se servir laborieusement d’un PC pour utiliser naïvement le net ; Il vient également d’apprendre qu’il pouvait stocker ses données sur des clés usb et/ou sur des gros disques durs pour pas cher.

    Tout ceci est bien physique et donc rassurant malgré le fait, on est d’accord, que le support numérique n’est pas fiable.
    Je pense qu’il faudra plus de 10 ans pour que le « data on the cloud » s’impose (sauf chez les plus jeunes) en raison de ce côté rassurant du support physique, de la volonté de l’individu de maîtriser ses contenus personnels.

    La seule chose qui peut accélérer (forcer ?) l’adoption de tels concepts, c’est la disparition progressives du PC actuel, que ce soit par la volonté des constructeurs ou l’épuisement/coût des matières premières.

    2 – Je partage le sentiment de Mezo sur le risque certain de la progression du contrôle et de l’analyse des données personnelles. A ce titre, on peut prévoir, en France, un renforcement des pouvoirs de la CNIL qui a de belles années devant elle.

    Cependant, pour refaire pencher la balance de l’autre côté, il est paradoxal de dire que le « data on the cloud » est la bête noire à abattre alors que nous avons, au fil du temps, laissé de nombreuses informations personnelles un peu partout (facebook, flickr, forums, réseaux pro, sites de commerce et j’en passe).

    Reste que l’individu devra d’abord accepter de se séparer « physiquement » de son contenu numérique. (Encore un peu compliqué pour l’utilisateur lambda, non ? )

    3 – On avance vers la propriété virtuelle et c’est tout une éducation que de faire accepter que la chose soit, d’une part virtuelle, et, d’autre part, stockée ‘dans les nuages’. o0 (Dites çà au premier venu pour voir)

    La dématérialisation prend des dimensions qui vont demander du temps pour être acceptée, puis adoptée.

    4 – Il reste également la question des coûts économique, énergétique et écologique de la centralisation des données à distance.

    Google vient, encore une fois, de lancer une grosse pierre dans la mare et que l’on trouve Chrome OS bien ou pas bien, de longues réflexions vont émerger bien au-delà de l’OS lui-même. (Tu l’as dit, Chrome OS ne constitue qu’une pièce du puzzle, mais le puzzle dépasse les outils/Services de Google à mon sens)

    Et il m’est d’avis que son adoption va dépendre, en partie, des réponses à toutes ces questions. (hors population de Pro et Geeks naturellement)

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  10. Bonjour,
    Je suis surpris de voir que Chrome OS ne permet qu’à peine de faire tourner des applications dédiées, qu’il s’agit plutôt d’un socle pour un « super navigateur » ?? Car Androïd lui est vraiment un OS, on y installe des applications…
    Au passage si Chrome OS est destiné aux machines disposant d’écrans > 11″, Androïd lui n’est validé par Google que pour les écrans bien plus petits. Par exemple, l’excellent Archos 5 IT avec son écran de 5″ se voit refuser l’entrée aux applications Google…

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  11. @ coreight > Mais pourquoi avoir une approche aussi binaire ? Il n’est pas question de ne stocker AUCUNE ou TOUTES vos données perso mais seulement celles qui vous arrange. Les données les plus « sensibles » peuvent tout à fiat être conservées sur une clé ou un DVD.

    @ Romain > Facebook et YouTube font ce qu’ils veulent avec les données perso des utilisateurs parce c’est gratuit (ça fait parti du deal). Par contre dans le cas d’une prestation payante (façon MobileMe d’Apple) ça serait différent, il y aurait un contrat avec des clauses.

    @ Tijuan > Oui tout à fiat il faudra 10 ans pour que les mentalités évoluent, ça tombe bien puisque que Chrome OS est encore très loin d’être finalisé.

    /Fred

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  12. J’ai tendance à penser que ChromeOS est trop novateur, il arrive trop tôt. Je pense que les utilisateurs seront réticents à acheter des PC bridés, ne leur permettant pas d’installer des clients lourds pour lesquels aucune application web n’offre d’équivalent crédible.

    Mais peut-être que cet OS va au contraire accélérer la transformation de l’industrie informatique.

    Google a méticuleusement placé ses pions en prévision de l’avènement de l’ère de l’informatique distribuée. Mais pour l’instant, on peut dire que le mouvement n’est pas encore amorcé malgré quelques expérimentations prometteuses.

    Le cloud computing n’est pas encore entré dans les moeurs. Les modèles économiques basés sur le tout publicité n’est pas assez solide pour inciter les entreprises à basculer leur offre de produits vers une offre de service. Du côté des clients potentiels, il existe encore de nombreuses réticences dues à un manque de confiance dans le modèle distribué.

    Pour toutes ces raisons et d’autres encore, je pense que Chrome OS, tel qu’il a été présenté est trop radical dans ses choix.

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  13. @hadf:
    Tout dépend du prix « de l’ordinateur bridé »…

    @Ben à propos des réseaux d’école :
    J’en ai vu deux (une en France, une en Suisse), dans les deux cas (et je crois que c’est là même chose dans certaines entreprises), il s’agit d’ordinateurs personnels, mais dont le disque dur de fichier est en réseau.
    Je ne sais pas exactement comment cela fonctionne, mais quelque soit le poste de travail on se retrouve face à ses fichiers et plus important encore ses réglages (préférences dans les applications, bureau, raccourcit, favori…)

    Autrement dit: c’est très interconnecté et c’est génial.

    Je constate d’ailleurs actuellement que je recherche ce confort de synchronisation avec mes différents ordinateurs (travail, portable et ordinateur de bureau).
    Je me surprends à utiliser le bloc-note google ou des mails GMail avec pièce jointe pour synchroniser mes fichiers ou mes liens entre ces trois machines…

    Si j’ajoutais une volonté de synchroniser une certaine partie de ces données sur un iPhone (que je n’ai pas). Je constate que j’ai une attente pour un modèle de synchronisation (= pouvoir disposer tout de suite des dernières versions en cours).

    La réponse de Google est radicale : tout est en ligne, votre ordi mobile (ce qui serait dans mon cas mon portable) n’est plus que navigateur… Effectivement, je ne suis pas si loin…

    Je ne sais pas quelles sont les autres possibilités (je n’ai pas vraiment cherché d’ailleurs)… Ce que je sais, c’est qu’une solution de synchronisation durant trop longtemps ne me conviendrait pas (je ne sais pas quand et ou je vais avoir besoin de la dernière version). Je crois qu’il faudrait que je délimite un espace disque réduit des fichiers « en-cours » et que je synchronise ce répertoire fréquemment. (Que ce soit en passant par un serveur en ligne, ou en connexion directe par un réseau local ou un VPN)
    Ca doit déjà exister pour le faire entre deux ordi, mais visiblement l’utilisation de mon compte GMail était la solution la plus accessible (du provisoire durable).

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  14. @Fred et quand il y a problème, qu’indique le contrat ? Quelle est l’autorité compétente ?
    J’avais écrit Flickr et Youtube que tu as remplacé par Facebook et Youtube…amusant petit lapsus ;-)

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