Compte-rendu du Social Media Management Day

Beaucoup de monde et une très faute chaleur pour cette journée consacrée aux médias sociaux organisée par Seesmic et hébergée par Microsoft. C’est donc tout logiquement Loic Lemeur qui se charge de faire l’introduction, il nous parle du démarrage de sa conférence LeWeb qui en 7 ans est devenue un évènement majeur (plus de 3.000 personnes et 60 communautés) sans avoir recours à de la publicité. La croissance et le succès de l’évènement reposent donc sur la communauté, et pour cela, Loic et ses équipes avaient besoin d’un outil, d’où le rachat de Thwirl qui a depuis été rebaptisé Seesmic.

Les médias sociaux chez France Télévisions

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C’est Christophe de Kriisiis.fr qui ouvre le bal avec l’interview de Miriam Laouffir de France Télévisions :

  • Ils avaient déjà des communautés très actives (forums…), les médias sociaux sont donc le prolongement naturel de leur travail (lancement officiel de la marque France2 en 2009) ;
  • Ils ont eu une approche empirique avec une découverte progressive des différentes plateformes, la priorité était de faire passer la marque (et ses chaines) dans une logique conversationnelle plutôt que de définir une stratégie rigoureuse ;
  • Ils ont une équipe de 3 personnes avec des transfuges du service Presse (donc avec un bagage culturel initial) ;
  • 3H de veille quotidienne avec plus de 10.000 mentions par jour ;
  • Ils sont en train de travailler sur une charte interne pour harmoniser le travail de prise de parole avec les différentes antennes régionales (beaucoup d’initiatives personnelles) ;
  • Ils accordent une attention particulière à Twitter (la communauté est plus fidèle et réactive que sur Facebook) ;
  • Les contenus des chaines (infos, évènements sportifs et divertissement) sont une formidable matière première pour générer des conversations ;
  • Ils ambitionnent de profiter de l’appropriation des médias sociaux pour adopter des pratiques d’Entreprise 2.0.

Les médias sociaux chez Air France

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Arnaud Bourge et Paul Champion d’Air France se font maintenant interviewer par Célia Penavaire des Echos :

  • Leur expérience des communautés démarre en 2006 avec un flashmob ainsi qu’un réseau social dédié aux grands voyageurs en 2008 (Bluenity) ;
  • Ils ont une stratégie globale (se rapprocher des fans) et des tactiques plus ciblées (notamment la page Facebook pour Air France Music) ;
  • Ils exploitent une page globale pour Air France où ils communiquent en plusieurs langues et auprès de différentes cibles (avec une segmentation selon des critères géographiques) ;
  • Ils exploitent également 25 comptes Twitter qui parlent d’infos locales, de conditions météo, d’infos trafic…
  • Une équipe de 6 personnes au siège pour s’occuper de la page Facebook et des animateurs locaux ;
  • « Chaque crise nous rend plus fort » (en moins d’un an ils ont eu le volcan islandais, la tempête de neige et le Japon) ;
  • Coup de chapeau à Maxime et Marie, les deux community managers d’astreinte le WE de la crise du Japon (6000 tweets en 12H) ;
  • Il ont mis en place une organisation en hub pour diluer les pratiques et enseignements auprès des différents métiers ;
  • Ils ne s’intéressent pas trop au nombre de fans, mais surveillent le taux d’engagement (1% sur la page Facebook).

Les marques et leur community management

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Premier panel avec des représentants de Domino’s Pizza, Microsoft, Ben @ Jerry’s et La Poste animé par Cédric Giorgi :

  • Ils utilisent tous des pseudo pour parler (ou répondre) au nom de la marque ;
  • Microsoft délègue à son agence la gestion quotidienne de la marque Windows 7 et ne s’implique qu’en cas de crise majeure ;
  • La CM de Domino’s Pizza (qui s’occupe de la France et de la Belgique) est rattachée au marketing, mais ses homologues australiens sont rattachés au RP ;
  • Dès 2008 Ben & Jerry’s était actif sur la blogosphère française et même sur Twitter (en avance par rapport aux équipes US) – Est-ce l’avantage de confier cette tâche à une agence spécialisée qui est en avance de phase ? ;
  • La Poste est en train de réfléchir à une nouvelle approche sur Facebook car le compte corporate ne donne pas satisfaction, ils ont déployé un service automatique sur Twitter (@Suivi_avec_Lisa) ;
  • Les panellistes sont d’accord pour dénoncer le terme « fan » sur Facebok qui désigne une relation et des interactions sociales plus faibles qu’un fan d’un groupe de musique (« follower » est plus proche de la réalité) ;
  • Ils ont tous constatés le lancement de Google +1 mais ne l’ont pas encore implémenté ;
  • Ils exploitent tous Facebook et Twitter mais portent également de l’attention à YouTube, aux blogs, aux forums, à Foursquare.

Quels outils pour les médias sociaux chez SalesForce

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Piere-Olivier Chotard de SalesForce au sujet de la jonction entre l’externe (les médias sociaux) et l’interne (CRM et E2.0) :

  • Présentation de Chatter, la solution de RSE et présentation de cas client comme Mark Girl et Dell (couplage Facebook et CRM) ;
  • La mobilité est stratégique : Importance de disposer d’une version mobile des outils de surveillance pour pouvoir gérer une crise / urgence en déplacement ou en WE ;
  • L’intégration de Radian6 était déjà effective, mais va permettre d’évaluer l’influence de ceux qui prennent la parole (et prioriser ainsi les réponses) ;
  • Chatter Graph permet de visualiser les relations entre les collaborateurs et le niveau d’interactivité (vers une Gestion de la Relation Collaborateur) ;
  • De plus en plus d’entreprises intègrent des profils de sociologue pour étudier / modéliser la collaboration interne ;
  • Dernière précision : Chatter est gratuit !

Quelle stratégie sur les médias sociaux ?

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Nouveau panel avec des représentants de Schweppes, Michel et Augustin, Orange et Canon :

  • Il y a près de 200 pers. qui travaillent sur les médias sociaux dans le groupe Orange => problèmes de coordination et de montée en charge ;
  • Orange est très actif au travers des blogs d’experts de sa division Orange Business Services ;
  • Les fans de Michel & Augustin ont créé la page Facebook et l’ont confié par la suite à la marque ;
  • Cas similaire chez Orangina / Schweppes qui a entrepris en 2009 un gros travail de rassemblement des différentes pages officieuses (et récupéré ainsi près de 600.000 fans) ;
  • Gros travail d’entrée en conversation de Canon avec les nombreux forums de passionnés, la page Facebook est complémentaire car elle permet de faire le lien avec les amateurs (qui se font jeter des forums) ;
  • La page Oasis rassemble 1,6 M de fans, de quoi développer des interactions bien plus riches qu’avec la TV ;
  • Toutes les interactions avec Oasis se font au travers des personnages et non de la marque ;
  • Retour d’expérience de Canon : Twitter fonctionne comme un accélérateur, une caisse de résonance des annonces, permet également de relayer des infos de moindre importance (qui ne méritent pas de communiqué de presse) ;
  • L’investissement sur les médias sociaux est toujours moins cher qu’une seule campagne TV (avec des retombées différentes) ;
  • L’essentiel de l’investissement se fait en temps humain (pas en achat d’espace) ;
  • La segmentation sur les médias sociaux ne fonctionne pas, les membres s’auto-segmentent en s’intéressant à votre contenu ou non ;
  • Yann Gouvernec : « Acheter des fans = Acheter de l’amour. Ca s’appelle de la prostitution et ça ne fonctionne » ;
  • Yann Gouvernec : « La curation c’est prendre les contenus des autres et les publier ailleurs » ;
  • Yann Gouvernec : « Les stratégies de médias sociaux n’existent pas, uniquement une adaptation tactique d’une stratégie globale« .

Facebook en France

Dernière interview avec Julien Codorniou de Facebook :

  • 20 millions d’utilisateurs en France avec une moyenne de 33 minutes par jour et 130 amis ;
  • L’usage premier de Facebook est de partager avec vos amis (conversations privées) ;
  • Le  social gaming est le seul domaine où les acteurs ont su comprendre et monétiser les interactions sociales, les prochains secteurs seront les médias et le commerce en ligne ;
  • Amazon propose une intégration très poussée de Facebook avec le rappel des anniversaires et les listes de souhaits ;
  • Double avantage du système de commentaire proposé par Facebook : moins de trolls car utilisation d’identité réelles et trafic entrant car les commentaires déposés sont visible sur le mur ;
  • Prochaine avancée = open graph tagging permettant de segmenter les publications (possibilité de devenir fan d’un sujet traité par une page) ;
  • « Utiliser le bouton Like et plus le bouton Share » ;
  • « Les community managers sont les trafic managers de demain » (avec un rôle d’arbitrage sur les campagnes).

Seesmic et les médias sociaux

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Publication d’une série de vidéos en partenariat avec Orange et Les Echos : 30 videos pour tout savoir sur votre entreprise et les medias sociaux.

Beaucoup de transparence sur l’offre actuelle de Seesmic : il n’existe pas d’outils répondant à l’ensemble des besoins en rapport avec les médias sociaux. Gros travail de R&D chez Seesmic pour finaliser et améliorer leur offre de monitoring pour les entreprises. une nouvelle version du service à sortir d’ici à cet été. Il sollicite la communauté pour les aider à améliorer leur offre.

Fin d’une journée très enrichissante sur l’état du social marketing en France. Le constat que je peux en faire est qu’il y a encore un gros écart entre les pratiques des marques américaines et des françaises. Cet écart se justifie à la fois par la maturité des annonceurs et surtout par la maturité du marché : MySpace, YouTube, Facebook, Twitter… sont des services US donc forcément bien représentés dans leur pays.

Ceci étant dit, je reste persuadé que pour pouvoir pleinement bénéficier des opportunités des médias sociaux, les marques doivent « passer la seconde » et se détacher des éternels débats « Vais-je me faire critiquer si j’y vais ?« , « Quid du ROI ?« , « Plus j’ai de fans et mieux ça sera« … Tout ceci n’est à mon sens pas tant un problème de compétences ou de volonté, mais plus un problème culturel lié à l’éducation des équipes et de la Direction Générale dont le jugement est pollué par de nombreux mythes (cf. Vers une 3ème phase de maturité des marques sur les médias sociaux).

Les avatars reviennent à la mode grâce aux médias sociaux

Depuis que les univers virtuels existent, le grand public a pu se familiariser avec la notion d’avatar. Que dis-je ? Avant même le succès de Second Life dans les années 2006-2007, Yahoo! avait déjà popularisé le principe avec Yahoo! Avatars et même un Yahoo! Avatars Towns (fermé depuis).

Avec le succès des médias sociaux et de Facebook (près de 25 millions de membres en France), le grand public se retrouve confronté à cette délicate question : quel avatar me représentera le mieux ? Il existe ainsi des études et interprétation du choix de la photo de son profil : A Graphic Guide to Facebook Portraits.

FacebookPortraits

Maintenant que nous atteignons un certain niveau de maturité dans l’usage des médias sociaux, les utilisateurs réguliers sont tentés de se démarquer en utilisant un avatar original. Des services de création d’avatar se sont alors développés sans toutefois parvenir à une taille critique (ex : FaceYourManga ou encore Custom Painted Avatars).

PaintedAvatars

Je constate également l’apparition de services qui savent jouer intelligemment avec se désire de sortir du lot au travers de son avatar comme EightBit.me qui surf sur la mode du rétro-gaming :

eightbitme

Toujours dans la série « mélange des genres », nous avons également ces services à mi-chemin entre lifelog et Self Tracking qui collectent une photo de vous tous les jours (ex: Daily Mugshot et Everyday).

everyday

Tout ceci est très intéressant, mais ces initiatives fragmentées ne mènent pas très loin. D’autant plus quand on compare ça avec le marché colossal de la customisation d’avatars pratiqué en Asie. Cela nous mène donc à la réflexion suivante : ne serait-il pas possible de développer un modèle économique viable en proposant un service de gestion et de personnalisation des avatars ?

Il existe déjà des services de gestion des avatars comme Gravatar, mais qui se limite à un usage des avatars dans les commentaires des blogs. Si ce principe d’avatar unifié pouvait être étendu à l’ensemble des plateformes sociales (à l’aide d’une API ouverte), les utilisateurs pourraient accorder plus d’importance à leur avatar. Plus d’importance… et plus d’argent également !

Tout comme certains ont fait fortune en vendant des fonds d’écran pour téléphones portables, il serait tout à fait possible de dégager des revenus en proposant un service unifié permettant de créer / gérer / personnaliser son avatar. Nous pourrions même envisager un écosystème d’applications venant se greffer sur un service centralisé comme Gravatar. En poussant le raisonnement un peu plus loin, nous pourrions même trouver des déclinaisons sur les terminaux mobiles.

Moralité : le succès des médias sociaux dope les usages des avatars. Bien malin celui qui trouvera le bon modèle économique pour en profiter…

De la place des smartphones dans notre quotidien

Aviez-vous remarqué à quel point les smartphones occupent une place prépondérante dans notre quotidien ? Autant, vous auriez beaucoup de mal à vivre dans un monde sans téléphone portable, autant les possesseurs de smartphone dans mon entourage n’envisagent plus de vivre tous les jours sans ce formidable outil. Outil de quoi ? De télécommunication, mais également de bien d’autres choses. Et c’est là le principal atout des smartphones de dernière génération : ils font intégralement partie de notre quotidien et participent même à son amélioration. De nombreuses personnes de mon entourage avouent ne jamais éteindre leur smartphone, ils dorment à proximité.

Même si les smartphones ne concernent qu’1/4 des propriétaires de téléphones mobiles, ces usages vont petit à petit se diluer sur des téléphones moins sophistiqués mais qui s’améliorent avec le temps. (cf. Ne négligez pas les smartphones low cost). Outre sa fonction de valorisation sociale, le smartphone a su prouver au grand public son utilité, et le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au début…

Le smartphone est le meilleur ami de l’homme (et de la femme) (et des ados)

Les smartphones existent depuis une dizaine d’années, mais l’iPhone, son catalogue d’applications et ses forfaits (quasi) illimités ont permis d’élargir considérablement le spectre d’utilisations (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés) :

Grâce aux smartphone, les utilisateurs restent en permanence connectés (à leurs proches, collègues et graphe social), ils ne sont plus perdus, ils ne s’ennuient plus (musique et jeux), ils sont omnipotents (m.wikipedia.fr) et mieux organisés (nombreuses applications de productivité)…

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Difficile de se passer de son smartphones, surtout que les occasions sont fréquentes. On dénombre ainsi de nombreux contextes d’usages privilégiés :

  • Au bureau ou en réunion (consultation d’emails et prise de RDV) ;
  • Dans les transports (musique) ;
  • Dans les files d’attente (jeux) ;
  • À la maison (recherches ponctuelles sur le web)…

Avec 350.000 applications disponibles sur l’App Store d’iTunes (et plus de 250.000 sur l’Android Market), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Toutes les cibles sont ainsi représentées : hommes, femmes, ados, enfants…

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Non seulement les capacités techniques des machines évoluent, mais la créativité des éditeurs d’applications va dans le même sens. J’ai ainsi été récemment bluffé par un jeu sur iPhone qui n’utilise que le son : PapaSangre. Mais outre les domaines ludiques, les smartphones vont petit à petit venir s’installer sur des territoires toujours novateurs.

Les nouveaux usages en mobilité

Avec la croissance fulgurante que le segment des smartphones est en train de vivre, le marché s’organise pour fournir un ensemble de services étendant encore plus l’utilisation que nous faisons des smartphones au quotidien.

J’ai déjà parlé des applications de réalité augmentée donc je fais volontairement l’impasse là-dessus.

Il y a tout d’abord une authentique explosion des applications de messagerie groupée, sociale et/ou locale. Kik était précurseur en ce domaine, mais cette application à fait de nombreux émules comme GroupedInBeluga, GoupMe… (cf. Mobile Messaging March Madness). Dans cette série, Yobongo sort du lot en offrant la possibilité de dialoguer avec un nombre limité de personnes qui sont situées dans le même périmètre géographique que vous. Un concept intéressant pour faire tomber les barrières sociales et vous forcer à interagir avec de nouvelles personnes (sur le même principe, il y a aussi Color dont on parle beaucoup : Color Looks To Reinvent Social Interaction With Its Mobile Photo App).

Nous avons ensuite les applications d’informations ambiantes auxquelles on accède grâce aux flashcodes : contenus (magazines), tourisme, commerce, jeux… il existe une infinité de possibilités d’association d’information à un produit ou un service (lire à ce sujet le très complet Future Of Mobile Tagging). La dernière initiative que j’ai retenue est QR4Wine, une base de données de vin doublée d’une plateforme marketing (promotion, fidélisation…).

QR4Wine

Même si vous n’avez pas de lecteur de flashcodes, des applications comme Google Googles fonctionnent sur le principe de reconnaissance de formes et de scènes. Mais nous pouvons aller beaucoup plus loin avec les nombreuses applications de reconnaissance faciale comme Viewdle : This is the Creepy, Super Cool Future of Smartphones and Social Networks.

Viewdle

Signalons également de gros progrès dans les échanges CtoC avec des acteurs historiques comme Paypal, mais aussi de nouveaux entrants comme Square. Outre un certain nombre de startups, l’arrivée sur ce segment d’acteurs industriels va bouleverser la donne : Banques (j’ai personnellement travaillé sur un projet très ambitieux), opérateurs de paiement (Visa Adds Person-to-Person Payments in U.S.) et opérateurs téléphoniques (La Banque de France a accordé à Buyster son agrément définitif) sont ainsi sur les starting blocks.

Les échanges monétaires entre particuliers est un marché prometteur, mais pas tout neuf. J’ai par contre récemment découvert Zaarly, un service innovant qui permet de faire des offres d’échanges de service spontanées et ponctuelles : Zaarly, Is This The Future of Mobile Money and Markets?.

zaarly

Derrière ce service, il y a bien plus qu’une application en ligne. La possibilité de solliciter son entourage géographique direct procure ainsi un sentiment de (relative) toute puissance : vous ne faites plus la queue, vous ne portez plus vos sacs… Une fois déployé à grande échelle, un tel service pourrait être un très bon cas d’école dans l’évolution de notre société et de notre rapport aux autres.

Signalons également toutes les expérimentations autour du paiement sans contact : Visa begins trialling iPhone NFC payment solution in Europe, Google’s NFC plan: data sharing, targeted ads, and discounts et NFC in 2011: Wells Fargo Tests Mobile Payments in San Francisco. Tous ces articles font référence à la technologie NFC (Near Field Communication), mais ne vous y trompez pas : les puces NFC ne sont qu’un composant technique nécessaire, mais pas suffisant (cf. Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?).

Dernier domaine d’application dont je voulais vous parler : la capture et l’analyse de données personnelles (autrement appelé Self Tracking ou encore Quantified Self). Vous connaissez déjà le pèse-personne connecté de chez Withings ou radio réveil qui mesure vos plages de rêve de chez Zeo. L’objectif de ces terminaux est de collecter de façon systématique vos données personnelles (sommeil, poids, activité sportive…) afin de suivre vos progressions quotidiennes (avec un principe de social coaching). Tout ceci est très intéressant, mais nécessite le recours à un terminal dédié qui se charge de collecter et transmettre la donnée.

Zeo

Les smartphones pourraient ainsi se substituer à ces terminaux et servir pour la collecte de vos données personnelles : sur des données « simples » (vous saisissez votre poids) ou des données plus complexes (en connectant un tensiomètre à la prise casque). La saisie pourrait ainsi vous être rappelée quotidiennement par une alerte en mode push sur votre smartphone. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande le blog d’Emmanuel Gadenne qui s’y intéresse de très près ou encore la startup française Quantter.

Il existe de nombreux autres domaines d’application innovants, mais ceux-ci me semblent particulièrement intéressants.

Quels impacts ?

Pour le moment, tout ceci est petit à petit en train de se mettre en place, mais nous commençons déjà à voir dans quelle mesure les smartphones se positionnent au centre de notre quotidien : dans nos usages courants, dans notre travail, dans nos interactions sociales, dans nos transactions, dans notre santé…

La conséquence principale de cet usage croissant va être une augmentation considérable de la valeur émotionnelle des smartphones : on y trouve son carnet d’adresses, mais également ses photos et films personnels, ses fichiers musicaux et jeux… Préférez-vous perdre votre portefeuille que mon smartphone ? Quand les applications de porte-monnaie électronique seront déployées à grande échelle, la question ne se posera même plus !

De ce fait, les smartphones vont être l’objet de batailles toujours plus féroce pour capter l’attention des possesseurs. Il est déjà très complexe d’exister parmi les 350.000 applications de l’App Store, et ce n’est pas près de s’améliorer avec les usages innovants cités plus haut. Il va falloir faire preuve d’une très forte créativité pour proposer un service à forte valeur ajoutée et surtout pour le faire connaitre au marché (car vous ne serez pas le seul).

Pour couronner le tout, cette intensité concurrentielle réévaluée va s’accompagner d’un phénomène de rejet de ces sollicitations par les possesseurs : plus la valeur émotionnelle des smartphones augmente, la tolérance aux intrusions diminue. Il sera donc d’autant plus complexe de toucher les possesseurs de smartphones : une attention encore plus fragmentée, une concurrence encore plus féroce et une tolérance aux sollicitations encore plus faible. Il va falloir sel a jouer fine…

Quand le haut et le pied de page vous suivent

Avec la généralisation des écrans plats, la résolution moyenne des moniteurs qui équipent les internautes est en constante hausse (cf. StatCounter Global Stats). En conséquence de quoi, les pages des sites web s’allongent de plus en plus. Mais qui dit « pages qui s’allongent » dit « menus de navigation qui s’éloignent« . Le (petit) monde de l’ergonomie web est donc en train de débattre sur les menus de navigation qui restent collés en haut de l’écran (Docking Navigation Bars) et même les pieds de pages statiques (Static Footer Bars).

On retrouve ainsi un très bel exemple de menu de navigation qui se positionne au-dessus du contenu lorsque vous parcourez la page chez GamePro :

GamePro

De même, on trouve un exemple de pied de page statique chez Cnet :

Cnet

Dans ces deux précédents exemples, la gène est minime, car ces bars affichés en permanence ne prennent pas trop de place. Par contre, on ne les remarque pas forcément (surtout le pied de page de Cnet).

On trouve également des exemples de pied de page statique sur des sites marchands comme Comet :

Comet

Une astuce très pratique, car cette barre permet de caser le comparateur et la liste des derniers produits visités, le tout sans prendre trop de place.

L’intérêt de telles techniques est discutable :

  • Dans le cas d’un site de contenu, elle facilite surtout le zapping d’une page à l’autre (augmentant mécaniquement le nombre de bannières affichées) ;
  • Dans le cas d’un site marchand, elle déplace dans une zone moins exposée au regard des fonctions à valeur ajoutée (comparateur et liste des derniers produits).

Je suis tout à fait d’accord avec les premières conclusions exposées dans l’article : les hauts et pieds de page statiques ne compensent en rien un système de navigation / repérage défaillant. Ceci étant dit, il est tout à fiat possible de proposer des améliorations aux exemples cités plus haut :

  • Ne pas imposer ces barres affichées en permanence et donner la possibilité de les replier ;
  • Utiliser un fond transparent pour ne pas trop réduire la surface d’affichage ;
  • Ne pas utiliser toute la largeur de la page, mais seulement une partie (comme peut le faire Chrome avec sa status bar) ;
  • Ne pas se reposer uniquement sur ces barres et doubler les fonctionnalités dans la page elle-même.

Plus que pour les sites de contenu, c’est avant pour les sites marchands que je vois un intérêt à cette technique. Il serait ainsi tout à fait envisageable de combiner les deux : le panier, compte-client et pourquoi pas la recherche dans la barre de haut de page, le comparateur, les derniers produits visités et même le rubricage dans le pied de page.

Je n’ai pas encore trouvé de site utilisant les deux, mais si vous avez des exemples, je suis preneur.

Siemens lance un social serious games avec Plantville

Souvenez-vous, il y a quelque temps (décembre 2009) je prédisais la mise en ligne de social serious games pour faire échos au succès des social games. Cette prédiction a mis un peu plus de temps que prévue à se réalisée, mais je crois bien qu’avec Plantville nous tenons une très bonne illustration de la combinaison des jeux sociaux et des jeux d’apprentissage : Siemens Launches Plantville, an Innovative Gaming Platform to Showcase Products and Solutions for Industry and Infrastructure.

Plantville1

Plantville est donc un jeu qui vous met dans la peau d’un patron d’usine. L’objectif de ce jeu (à mi-chemin entre simulation et advergame) est de maximiser la productivité et la viabilité de vos usines. La prise en main est assez simple et ressemble aux autres jeux en « …ville » (des objectifs quotidiens vous guident dans votre apprentissage de l’interface et des mécaniques du jeu). L’essentiel du gameplay tourne autour du carnet de commandes, de l’approvisionnement en matière première, des délais de livraison, de la qualité de votre production, du niveau des stocks, de la trésorerie, de la sécurité et de la satisfaction de vos ouvriers. Le tout étant pilotable par le biais d’un mini-tableau de bord où sont agrégés des KPIs. Une chaine YouTube a été créé avec un certain nombre de vidéos explicatives très pédagogiques :

Comme vous pouvez le constater, la simulation est assez complète et plutôt fidèle à la réalité des gestionnaires d’unités de production. Il y a donc un réel intérêt pédagogique à ce jeu qui pourrait être utilisé lors du parcours d’intégration de nouvelles recrues ou lors de séminaire de team building (une façon simple de sensibiliser les équipes à la complexité de la tâche).

Ceci étant dit, ce jeu n’est pas parfait et il y a encore des choses à améliorer :

  • Le jeu doit être installé, on ne peut pas y jouer en ligne. Cette solution permet sûrement de contourner les restrictions des firewall dans les entreprises (ils ont fait beaucoup de torts à d’autres outils de v-learning comme Second Life) mais peut ralentir le déploiement à grande échelle.
  • La couche sociale se limite à une zone de discussion sur le site de l’éditeur où l’on peut se connecter avec son profil Facebook. Je sais bien que Facebook est à la mode, mais c’est bien la dernière plateforme sociale qui conviendrait à ce contexte. Une connexion à l’aide de son compte LinkedIn aurait été bien plus adéquate.
  • De même, il n’est pas possible de faire tourner le jeu dans une dynamique de groupe, c’est-à-dire d’organiser une compétition ou une coopération entre les collaborateurs. Créer un espace sociale intra-entreprise (à la façon de Yammer) serait indéniablement un plus pour stimuler les joueurs.

Outre ces trois points, ce Plantville n’en reste pas moins un excellent cas d’école et une formidable vitrine pour Siemens qui peut en profiter pour discrètement faire la promotion de ses offres et solutions. Avec cet exemple nous tenons un produit parfaitement équilibré entre simulation, v-learning et advergame. Ceci préfigure peut-être un nouveau segment à fort potentiel pour les éditeurs…

(via Fast Company)