Voilà plusieurs mois que je n’ai pas publié ma série de sites coup de coeur, tout simplement parce que je n’ai pas eu de coups de coeur. Heureusement ma liste se remplit à nouveau, je vous propose donc une toute nouvelle série de trois sites.
Commençons avec Mobile Gear, une boutique en ligne de produits et fournitures de bureau :
D’habitude, les boutiques de ce type sont extrêmement rébarbatives et ne sont là que pour enregistrer plus rapidement des commandes de produits de nécessité. J’ai donc été très agréablement surpris par cette boutique qui propose un choix restreint (uniquement les meilleurs produits) et surtout des pages de catégorie où les produits sont disposés de façon symétrique et photographié de haut. Le rendu visuel de ces photos est tout simplement génial. Vous noterez de plus que les grands à plat de couleur gris, les formes carrées et les boutons plats s’inscrivent tout à fait dans la mouvance du « flat design » (comme le nouvel iOS 7). Certes, les pages intérieur sont moins spectaculaires, mais je tenais à saluer l’effort réalisé avec ce travail photographique.
Continuons avec Juliana, un fabriquant de VTT pour femmes :
Nous sommes là dans une approche radicalement différente avec l’utilisation de superbes photos en plein écran et d’un système de navigation minimaliste. L’esprit du site est conservé jusque dans les pages intérieures et notamment les fiches produit qui sont une merveille d’épuration avec des photos tout autant généreuses. C’est sûr que ça donne carrément envie, même si je ne suis pas dans la cible !
Terminons avec SiteLeaf, une plateforme de gestion de contenu ultra-simple :
Ce qui est frappant avec ce site est qu’il est aussi simple que l’outil semble l’être. Et pour cause : ils se sont arrangés pour appliquer les mêmes codes graphiques et ergonomiques que sur la plateforme de gestion de contenu en elle-même. Nous obtenons donc énormément d’espace blanc, des grands à plat de couleur façon flat design (maintenant vous connaissez, non ?) et des textes minimalistes. L’impression de clarté et saisissante et on a immédiatement envie d’en savoir plus sur cette plateforme tant elle a l’air simple d’utilisation. Sur ce créneau ils font la compétition avec Squarespace qui vient de lancer une nouvelle version de site. Je ne sais pas à quoi va ressembler la future nouvelle version de WordPress, qui est censée être grandement simplifiée, mais je me doute qu’il va y avoir des ressemblances…
Lorsque vous êtes impliqué dans un chantier de conception d’un site ou d’une application, il est primordial de documenter vos travaux pour pouvoir formaliser les connaissances et les choix de conception. J’imagine que nous sommes tous d’accord sur ce principe. Par contre, LA grande question est de savoir combien et quels types de livrables sont nécessaires. Et il n’y a malheureusement pas de règles en la matière. Certes, cela dépend de la taille et du degré de sophistication du projet, il n’empêche que chacun fait un peu à sa sauce. Je me garderais bien de vous explique que j’ai trouvé la solution miracle et que je suis plus intelligent que les autres sur cette question, car ce n’est pas le cas. En fait, le coeur de ce « problème » est de trouver le bon compromis entre le niveau de formalisme et l’utilité réelle des livrables. Formuler autrement : à partir de quand les documents de conception que vous produisez desservent plus le projet qu’ils ne le servent (en lui conférant de la rigidité et en consommant trop de jours).
Pour vous en convaincre, il vous suffit de demander dans votre entourage un modèle de cahier des charges (il y en a autant que de projet). Ceci est d’autant plus avéré à mesure que les pratiques de conception se diversifient et que les projets se complexifient. J’ai d’ailleurs reçu récemment un très bon ouvrage sur la conception multi-écran (Projet Responsive Web Design).
Bref, tout ça pour dire que je n’ai pas l’ambition de vous fournir une réponse universelle. Par contre, je peux vous aider à y voir plus clair sur les différents types de livrables, leur utilité et la façon dont ils sont liés entre eux. Bon en fait, c’est plutôt Roberta Tassi qui peut vous aider grâce à son site Service Design Tools, qui présente une classification rigoureuse des différents documents de conception d’un processus créatif.
Cette classification est issue de la thèse qu’elle a rédigée sur le sujet et d’un enrichissement fait par des groupes de recherche. Je trouve que les différents livrables présentés sont pertinents et surtout donnent une vision exhaustive du travail de conception (qui va bien au-delà des wireframes). Je suis ainsi un fervent défenseur des Customer Journey Maps et autres cartographies fonctionnelles (System Map).
Initialement inventés par Twitter, les hastags (« mot-dièse » en français, « mot-clic » en québécois) se sont révélés être un authentique succès auprès des utilisateurs. Utilisés pour sémantiser, structurer, moquer ou militer, les hashtags sont rentrés dans les usages quotidiens des médias sociaux et ont été adaptés tels quels sur plusieurs plateformes comme Tumblr, Pinterest ou Instagram. Récemment Google en a proposé une version alternative tout à fait convaincante : Up Close With The New Google+ Related Hashtags.
Après plusieurs années d’hésitations, Facebook s’est enfin décidé à adapter officiellement cette fonctionnalité : Public Conversations on Facebook. Les mots précédés d’un # sont donc maintenant cliquables et mènent à une sorte de page de résultat de recherche :
Les hashtags issus de messages publiés depuis d’autres plateformes sont également concernés. De plus, vous noterez qu’il y a maintenant une section « Hashtag » dans les propositions de recherche. Officiellement, cette fonctionnalité n’est que la première étape d’une série d’améliorations visant à faciliter la recherche contextuelle et le partage de sujets d’intérêt commun : Facebook copies Twitter yet again, launches hashtags to let users add context and discover shared interests.
Dans cette optique, le lancement des hashtags s’apparente donc à une manoeuvre très habille de Facebook pour augmenter son inventaire publicitaire, à la fois sur les hashtags génériques (ex : « FathersDay« ) mais surtout sur les hashtags de marque qui vont forcer les annonceurs à payer pour être certains que leur page officielle sorte en première position et pour éviter se faire squatter. Suis-je en train de parler de racket des annonceurs ? Libre à vous de vous forger votre propre opinion. Dans tous les cas de figure, on ne peut pas reprocher à Mark Zuckerberg de chercher à diversifier les revenus publicitaires, car après tout, les investisseurs le réclament : Angry Investors Vent at Facebook’s First Shareholders Meeting.
Ce qui est par contre regrettable, c’est que cette fonctionnalité (tout comme la nouvelle mise en page et le nouveau moteur de recherche) n’est toujours pas accessible aux utilisateurs français (j’ai bien essayé de ruser en basculant mon interface en anglais, mais j’ai toujours l’ancienne mise en page). Je déplore également le fait que des petits malins commencent déjà à vouloir détourner cette fonctionnalité en cherchant à squatter le plus de hashtags possible :
Nous ne pouvons néanmoins que nous réjouir du fait qu’il existe maintenant un standard pour exploiter des mots-clés à des fins publicitaires. Les premiers à en bénéficier vont être les chaînes de télévision qui vont très certainement généraliser l’utilisation des hashtags pour stimuler les conversations sur un programme. Une façon pour Facebook de revenir dans la course et tenter de reconquérir des annonceurs qu’ils avaient perdus au profit de Twitter. Nous pouvons également anticiper des pages thématiques éphémères pour des évènements comme le propose déjà Twitter (Nascar, Twitter Turn Hashtags Into Pit Stops, #Euro2012 gets dedicated Twitter page).
Le fond de cette histoire est qu’ils poursuivent tous des objectifs différents : Google cherche à imposer son navigateur Chrome, Microsoft et RIM cherchent à attirer l’attention des développeurs sur leur plateforme mobile, Yahoo! veut relancer son trafic et Facebook cherche à diversifier ses revenus. Le plus intéressant dans tout ça est qu’il y a un dénominateur commun : le jeu. Qu’il soit social, mobile ou mulit-plateforme, le jeu est le vecteur universel pour séduire et attirer l’attention. Si les contenus (textes ou vidéo) sont la matière première du web aujourd’hui, le jeu sera un ingrédient essentiel dans les prochaines années. Internaliser des compétences dans ce domaine est donc la meilleure façon de ne pas se rendre dépendant. CQFD.
Voilà de nombreuses années que l’on nous parle de la télévision de nouvelle génération, la smart TV. Quand j’étais petit, je me souviens d’avoir passé beaucoup de temps devant le télétexte, un service rudimentaire, mais qui était tout de même bien pratique. Depuis, la quasi-totalité des informations que je consomme provient du web (j’y accède depuis mon ordinateur, ma tablette ou mon smartphone), mais plus de ma télévision.
Il est assez surprenant de constater qu’après toutes ces innombrables innovations technologiques, l’écran de télévision soit toujours considéré comme passif par la très grande majorité des utilisateurs, qui pour le coup s’autorelèguent au statut de spectateurs. Pourtant des géants du web comme Yahoo, des industriels comme Samsung ou des fournisseurs d’accès comme Free ont investi beaucoup d’énergie et d’argent pour apporter de l’interactivité à la télévision. Le problème est qu’ils ont essayé d’imposer un système fermé, comme Apple a su si bien le faire avec iTunes. Heureusement les choses ont changé avec la finalisation du standard HbbTV.
Issu de la fusion de deux projets français et allemand, HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV) est une norme mise au point par un ensemble d’industriels (chaînes de TV, éditeurs, constructeurs…) pour enrichir les programmes télévisés de contenus additionnels. Comme toutes les innovations technologiques, elle ne fonctionne que sur les TV compatibles. La première version de ce standard remonte à 2010 (Le lancement de HbbTV en France) et les expérimentations de l’époque étaient plutôt convaincantes :
Dans les faits, l’objectif de ce standard est de mixer des programmes télévisuels avec des informations et applications du web (flux vidéo + HTML) : HBBTV ou comment rendre la TNT interactive. Il existe deux modes de diffusion des contenus additionnels : le broadcast, où les contenus sont transmis avec le flux vidéo (TNT, câble ou satellite), un peu comme le télétexte de l’époque ; et le broadband, où les contenus sont acheminés par un câble réseau, comme le web. Dans le second, il vous faut donc brancher votre TV à l’internet, vous avez alors accès à des informations, contenus et applications en rapport avec le programme que vous regardez. Le tout reposant sur les standards du web (HTML, CSS, javascript…).
Après plusieurs années de test, 2013 est enfin l’année du lancement officiel. Toutes les grandes chaînes françaises s’y sont mises et proposent des contenus additionnels, mais France Télévision semble être celle qui a le plus investi dans l’évangélisation : Lancement de la TV augmentée sur les TV connectées par France Télévision. Pour le moment, les services disponibles sont assez « classiques » (grille des programmes, informations annexes sur les émissions, météo, vote…), mais au moins ça fonctionne correctement.
C’est à l’occasion de Rolland Garros que les services les plus intéressants ont été déployés, avec notamment la possibilité de suivre un match en direct tout en regardant un autre programme :
Vous avez également accès au récapitulatif des autres matchs et au tableau des scores. Vous noterez sur la partie droite de l’écran l’incrustation d’une autre chaîne ainsi qu’une bannière publicitaire :
J’ai eu l’occasion d’en voir une démonstration à Rolland Garros par Philippe Bourquin qui m’a fait l’article sur les travaux de ses équipes : Le Showroom innovations technologiques de Francetv sur le RG Lab. Dans leur jargon, ils appellent ça une couche servicielle ou des applications en overlay. Les termes sont un peu barbares, mais c’est bien de ça dont il est question : enrichir les contenus vidéo avec des applications et services que vous manipulez avec votre télécommande. Tout l’intérêt de HbbTV est d’exploiter des technologies standards du web pour abaisser les coûts de production et surtout résoudre une bonne fois pour toutes le problème de la compatibilité. HbbTV est donc le concurrent direct des systèmes propriétaires promulgués par Samsung, Free et cie. D’une certaine façon, nous pouvons également considérer que HbbTV est en concurrence avec les applications de second écran, qui fournissent également des contenus et services additionnels.
La démonstration qui m’a été faite était particulièrement intéressante, mais je n’ai pas pu la reproduire chez moi, car ma TV n’est pas compatible. Je serais curieux de connaître le taux de pénétration de cette norme sur le parc installé et sur les TV vendues depuis le début de l’année. Si vous voulez néanmoins voir à quoi ça ressemble, vous pouvez tester les services HbbTV chez vous en les consultant depuis votre navigateur : HbbTV Link Gallery.
Autant vous dire que je suis plus qu’enthousiaste à l’idée de ce que cette technologie nous réserve : une infinité de contenus et services au potentiel gigantesque, tout reste à inventer ! Ceci est d’autant plus stimulant que la prochaine version de HbbTV va intégrer toutes les dernières évolutions du web (HTML5, synchronisation avec les seconds écrans, accès aux simplifié aux services, compatibilité avec la TNT 2.0…) : HbbTV v2.0 feature update. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler.
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