Quelle place pour les annonceurs dans Google+

Voilà maintenant 48h que Google a annoncé la disponibilité de sa plateforme sociale Google+. Cette annonce a généré beaucoup de discussions et surtout énormément de frustration pour celles et ceux qui n’ont pas eu d’invitation. Pourquoi un tel engouement ? Tout simplement parce que Google semble avoir mis les moyens pour livrer une plateforme sociale d’envergure (Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+).

Après l’avoir manipulé dans tous les sens, je peux affirmer que ce n’est pas un réseau social traditionnel, mais plutôt un mélange de ce que les autres plateformes sociales font de mieux :

Bref, Google+ est une sorte de gros mashup social que Google ambitionne d’enrichir progressivement en fonctionnalités, tout en y raccordant les services existants (Picasa dès maintenant et bientôt YouTube, Gmail, Reader…).

GPlus_Stream

Difficile tout de même d’éviter la comparaison avec Facebook car la mise en page est très proche. Cependant, dès les premières minutes d’utilisation, vous vous rendrez vite compte que Google+ est beaucoup plus proche de Twitter que de Facebook :

  • La notion d’amitié n’est pas synchrone (les deux personnes doivent d’accord) mais asynchrone (il y a des suiveurs et des suivis, comme sur Twitter) ;
  • Il est possible de mentionner un membre explicitement en rajoutant un « + » devant son nom (l’équivalent du « @ » dans Twitter) ;
  • Le service est lancé simultanément sur le web et les terminaux mobiles (application Android et une version web mobile adaptée à l’iPhone) ;
  • Les discussions peuvent être orientées BtoC ou BtoB.

Mais les choses pourraient évoluer rapidement, car les équipes derrière ce projet nous assurent que ce qui est en ligne n’est que la partie visible de l’iceberg. Toujours est-il que dans la mesure où le service est en phase de déploiement initial, l’attention est surtout portée sur les utilisateurs et non les annonceurs qui ne sont pas du tout prévus.

Des fonctionnalités tournées vers les utilisateurs

Pour commencer, il n’y a que des profils d’individus et pas d’équivalent des Pages de Facebook. Si vous vouliez être le premier à positionner votre marque sur Google+, il va falloir attendre. Le fait qu’il n’y ai pas de pages pour les annonceurs ne veut pas dire qu’il n’y en aura jamais, souvenez qu’elles ne sont venues que très tardivement sur Facebook.

En faisant le tour des fonctionnalités, on se rend très vite compte que les possibilités de présences pour les marques sont très limitées. Inutile de chercher du côté des Cliques ou des Vidéos-bulles. Éventuellement pour faire de la télé-assistance, mais ça me semble encore improbable.

Une gestion des contacts très pédagogiques, les marques pourront-elles en bénéficier ?

Le gros point fort de Google+ est sans conteste sa gestion des contacts qui est à la fois intuitive et pédagogique. Le problème des plateformes sociales de première génération est qu’elles imposent une approche très binaire des contacts : amis / pas amis. Les plateformes BtoB comme Linked ont depuis longtemps introduit plus de subtilité avec différents niveaux (« Vous avez travaillé avec« , « Vous vous connaissez de« …), mais sur Facebook vous n’avez pas d’autres choix que d’avoir des amis (notion largement usurpée).

Google+ repose ainsi sur la notion de cercles qui vous servent à trier vos contacts. L’interface propose plusieurs cercles par défaut (Amis, Famille, Suivi et Connaissances) de même que des explications parfaitement limpides pour vous aider à répartir vos contacts en fonction de la proximité que vous entretenez avec eux : « Connaissances, La catégorie idéale pour classée les personnes que vous avez rencontrées, mais avec qui vous n’avez pas vraiment d’affinités« .

GPlus_Circles

Autant il est très délicat sur Facebook d’accepter d’être amis avec son patron ou le représentant d’une marque, autant j’imagine tout à fait une évolution de Google+ qui vous proposerait :

  • Un cercle « Représentants«  pour y classer les représentants de marques (gestionnaire de communauté, conseillers ou télé-opérateurs) ;
  • Des profils officiels pour les collaborateurs d’une marque qui ne pourraient pas être classés dans « Amis » ou « Famille » ;
  • Un mécanisme de dénonciation des abus du système (à ce sujet j’ai déjà repéré 2 ou 3 annonceurs qui exploitent des profils individuels).

À partir du moment où la représentation d’une marque est officielle, la présence des annonceurs ne devrait pas perturber le fonctionnement de la plateforme. Idéalement ces profils pro devraient être lancés conjointement avec des pages pour les marques, c’est la solution la plus simple et à mon sens la plus facile à monétiser.

Des contenus d’annonceurs dans les Déclics

La seconde grosse nouveauté de Google+ est la fonction de découverte de contenus avec les Déclics. Pour vous la faire simple, il s’agit de chaines thématiques avec contenus (articles, vidéos). L’interface propose une série de thèmes génériques auxquels vous pouvez vous abonner, mais vous pouvez choisir n’importe quel thème à l’aide du moteur de recherche. Les différents contenus sont ensuite affichés de façon chronologique sous forme de flux.

GPlus_Sparks

Pour le moment cette rubrique de Google+ n’est pas très sophistiquée (impossible de choisir le langue ou la zone géographique), mais nous pouvons tout à fait envisager une présence des annonceurs à très court terme avec :

  • Des annonces payantes sur le côté droit de la page (l’équivalent des AdWords sur les listes de résultats) ;
  • Des contenus sponsorisés publiés directement dans le flux ;
  • Des chaines entièrement dédiées à une marque (l’équivalent des brand channels dans YouTube).

Oui je sais, tout ceci vous semble terriblement intrusif, mais c’est déjà ce que font Twitter ou Facebook et ça ne semble gêner personne.

Des offres locales dans la version mobile

Troisième possibilité de présence des annonceurs dans Google+ : la version mobile. L’interface mobile permet ainsi aux utilisateurs de publier des contenus, commentaires et photos en situation de mobilité, mais également de lire les derniers messages de leurs contacts ainsi que ceux d’utilisateurs publiés à proximité. Encore plus intéressant, les membres peuvent faire des checkins comme sur Foursquare (j’imagine que cette fonction est héritée de Latitude, mais ça reste à confirmer).

GPlus_iPhone

Ave ces deux fonctionnalités et la formidables base de données de commerces locaux (Google Maps et Places), il ne manque quasiment rien à Google pour lancer une offre de coupons de réduction et fidélisation de proximité. en fait cette offre existe déjà, mais elle n’est pas encore disponible : Google Rolls Out Checkin Deals for Latitude Nationwide.

Les annonceurs nationaux comme locaux pourraient ainsi cohabiter en harmonie sur la version mobile de Google+, d’autant plus que Google leur facilite la création d’un mini-site mobile : Google Makes It Easier for Small Businesses To Create Mobile Websites.

Une plateforme sociale centrée sur les contenus

Au final, même s’ils ne sont pas encore effectivement présents, les annonceurs pourraient très rapidement intégrer la plateforme sans pour autant la dénaturer, tout est une question de pédagogie. Ce qui semble par contre acquis, c’est que Google+ est une plateforme sociale dont la matière première est le contenu, contrairement à Facebook qui mise surtout sur les interactions entre membres (les updates font office de contenus et tirent la qualité vers le bas : De la qualité des contenus sur Facebook).

Le coeur du système (la mécanique sociale) semble donc s’orienter vers une montée en puissance des Déclics qui justifieraient la visite régulière des membres et alimenterait les conversations. L’objectif pour les annonceurs est donc de publier du contenu de qualité pour avoir plus de chances de remonter dans les Déclics et d’être partagés avec les cercles des membres. Toute la difficulté va donc être de passer de l’onglet « Déclics » à l’onglet « Flux« , donc de susciter de l’intérêt pour les membres. Ça tombe bien, c’est justement le coeur de métier de Google (identifier les contenus de qualité) et son trésor de guerre (en témoigne, le futur Panda qui fait la guerre aux fermes de contenus).

Dans cette configuration, les annonceurs vont donc devoir se positionner sur le brand content (des contenus de qualité) plutôt que sur le social CRM (entrer en conversation avec les clients et prospects). J’en conclue que Google+ n’est pas réellement un concurrent de Facebook et qu’ils peuvent tout à fiat cohabiter pacifiquement (par contre ça va être plus délicat avec Twitter).

Mais dans tous les cas de figure, il est encore beaucoup trop tôt pour se faire une idée précise, ce ne sont que des spéculations. D’autant plus que de nombreux projets satellites commencent à faire surface et vont venir enrichir la plateforme : Pool Party, une application de partage de photos ; Disco, une application de messagerie groupée et des onglets Jeux et Questions (Google+ code reveals intent to unleash Games and Questions to the social world).

Les robots sont-ils l’avenir de la téléprésence ?

J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que le travail à distance était bénéfique à une organisation favorisant la collaboration et le partage (Pourquoi le télétravail est bon pour la collaboration). Certes, le télé-travail bouscule nos habitudes, car il nous force à compenser la distance géographique par de l’organisation et de la planification (vous ne pouvez plus interpeller un collègue dans l’open space pour lui poser une question), mais il a le mérite de favoriser l’écrit plutôt que l’oral, permettant ainsi de formaliser des échanges informels (notamment les discussions de couloir). Il n’empêche… même si les réunions sont toxiques (elles peuvent faire perdre beaucoup de temps si elles sont mal préparées), elles sont tout de même nécessaires et permettent d’accélérer la prise de décision.

Si vous ne pouvez (ou ne voulez) pas multiplier le nombre de réunions, vous avez la possibilité de faire des réunions à distance à l’aide de solutions comme Acrobat et Webex ou des outils comme Skype (qui permet de faire du partage d’écran). Le problème est qu’il faut être devant son ordinateur et que les salles de réunions en sont rarement équipées. C’est là où les robots de téléprésence entrent en scène et vous permettent d’être virtuellement présent sur un site distant. L’idée est donc de monter une webcam et un écran sur un robot et de vous laisser le piloter pour aller à la rencontre de vos collègues.

Les robots de téléprésence sont vos ambassadeurs

Plusieurs sociétés se sont déjà positionnées sur ce créneau et notamment les français de Gostai : Jazz Gostai : le robot de téléprésence fait le show. Le Jazz se présente donc comme une unité autonome qui se pilote à distance et qui peut être exploitée dans 3 contextes : la téléprésence lors de réunions ou dans des locaux, la téléprésence évènementielle ou la téléprésence dans un cadre de surveillance et de sécurité.

Téléportez-vous à la machine à café avec Gostai

Votre première réaction est très certainement le scepticisme, mais prenez le temps de bien réfléchir aux opportunités offertes par ce robot pour les collaborateurs en situation de handicap ou pour les entreprises avec des équipes réparties sur plusieurs sites.

Au-delà de la présence à la machine à café (à ne surtout pas sous-estimer), c’est le concept même de collaboration à distance qui pourrait être révolutionné par un tel dispositif. Bien évidement, il n’est pas pensable de fournir un robot pour chaque collaborateur (qui du coup seraient enchainés à leur bureau), mais nous pouvons tout à fait envisager de mettre à disposition un ou deux robots par site auprès des collaborateurs en déplacement ou en arrêt maladie : Are Telepresence Robots the Future of Going to the Office?.

Vous pourriez me dire que ces robots coûtent beaucoup d’argent, et je vous répondrais que l’absence de collaborateurs-clés est un facteur de contre-productivité. Encore une fois, l’idée n’est pas de remplacer les salariés avec des robots pilotés par des « collaborateurs low cost » sous-traités en Inde, mais plutôt de fournir une alternative aux manageurs et chefs d’équipe qui sont dans l’impossibilité d’être physiquement présents, mais qui ne savent pas faire autrement.

Outre cette société française, d’autres acteurs se partagent le marché US (Texai, VGo et Anybots) et proposent des solutions tournant autour des 15.000$ : Anybots Releases Segway-Style Telepresence Robot. Par comparison, le Jazz est proposé en version packagée à 7.900€ (incluant le robot et l’interface de contrôle).

Recyclez votre Segway avec Anybot

Outre les solutions de collaboration et de téléréunion, les robots peuvent également être utilisés dans d’autres circonstances, notamment la surveillance à distance (pour les entrepôts ou les lieux à risques) et même pour la collecte de fonds comme se robot qui parcourt les centres commerciaux coréens afin de récolter des dons : Coming To A Shopping Mall Near You: Panhandling Robots.

La surveillance à distance avec Gostai

Mais revenons à nos moutons et à la collaboration. Si la partie hardware est en voie de maturation avec des robots faibles dont le prix va progressivement baisser avec des économies d’échelle, reste encore à améliorer la partie software. De ce point de vue là, les choses avancent également rapidement : D’une part avec la robotique open source, d’autre part avec des protocoles comme WebRTC qui facilitent grandement l’intégration et la manipulation de modules de vidéo-chat (pour se libérer de la contrainte d’installation d’un logiciel dédié à cette fonction : Google releases developer preview of WebRTC, its open real-time voice and video platform). S’il n’est pas encore prévu de piloter un robot avec votre smartphone Android, les équipes françaises de Gostai travaillent activement à l’ouverture de leur plateforme avec le projet Urbi (une plateforme logicielle compatible avec plus de 15 robots sur le marché) et la Gostai Suite. Ouvrir la plateforme d’exploitation de ces robots est le meilleur moyen de stimuler l’innovation et de trouver de nouveaux usages : 5 Ways Robots Make The World A Better Place.

Donc au final, les robots de téléprésence sont-ils des gadgets couteux ? Pas forcément si on les compareaux solutions de téléprésence vidéo, comme en proposent Cisco ou Polycom, dont le coût d’installation et d’exploitation est également élevé.

Google lance sa plateforme sociale unifiée Google+

Après plusieurs mois de spéculation et d’innombrables rumeurs, Google vient enfin d’annoncer sa plateforme sociale Google+ : Introducing the Google+ project: Real-life sharing, rethought for the web. L’attente a été longue, mais elle valait la peine, car non seulement le projet est très ambitieux, mais il propose un mélange de fonctionnalités génériques et des subtilités que l’on ne retrouve pas ailleurs. Pour avoir un aperçu rapide des fonctionnalités, je vous propose cet article en Français : Découvrez le projet Google+, partagez le Web comme vous le vivez.

En un mot comme en cent, Google+ n’est résolument pas un réseau social, c’est la couche sociale qui va servir à unifier l’ensemble des fonctionnalités de Google (Gmail, +1…). Le projet n’a été dévoilé officiellement qu’il y a 3 heures et le site est déjà saturé. Malheureusement Google+ n’est disponible que sur invitation et elles vont encore une fois être distribuées au compte-gouttes. N’ayant pas la chance d’avoir une invitation, je vais tout de même tenter de récapituler ce que l’on sait sur ce projet :

  • L’inscription débute forcément par la création de votre profil, si vous avez déjà un Google Profile, cette étape est d’autant plus rapide ;
  • La seconde étape vous permet de gérer votre liste de contacts qui est segmentée en cercles (« circles« );
  • Le service se présente sous la forme d’un flux d’activité (« stream« ) qui vous pouvez trier en fonction de vos centres d’intérêt (« Sparks« ) ;
  • Vous pouvez partager un message court, une photo, un lien… comme vous le faites sur Facebook ;
  • Vous pouvez aussi inviter vos amis à rejoindre une conversation vidéo (« Hangouts« ) ou conversation via messagerie instantanée (« Huddle« ).

Autant les premières fonctionnalités sont très classiques, autant les suivantes sont plus surprenantes et vont permettre à ce Google+ de se démarquer et surtout d’éviter toute comparaison abusive avec les autres plateformes sociales (principalement Facebook). Pour en savoir plus, il existe une visite guidée ici : Google+ Demo Tour. Pour une analyse en profondeur de la genèse du projet, je vous incite fortement à lire l’article de Wired : Inside Google+, How the Search Giant Plans to Go Social.

Circles, le graphe social simplifié de Google

Outre les profils, la pièce centrale de Google+ est donc la gestion des listes d’amis, qui ne le sont d’ailleurs peut-être pas ! La particularité de Google+ est de ne pas traiter vos contacts de façon uniforme et réductrice en les qualifiant d’amis. Une interface vous permet ainsi de trier vos contacts en les classant dans des cercles :

gplus_circles

Ceux qui ont eu la chance de tester cette fonction de tri reconnaissent la simplicité de prise en main : Google+, First Impressions. Voilà des années que je peste contre cette notion usurpée d’amitié que les réseaux sociaux nous imposent, Circles propose donc une approche plus réaliste de la façon dont nous fonctionnons (par cercle affinitiaires plus ou moins élargi et éloigné). En ce sens, Circles s’inspire de l’étude The Real Life Social Network publiée l’année dernière par Paul Adams (qui a depuis été embauché par Google, j’imagine pour travailler sur ce projet).

Stream, un flux d’activités filtré

Autre pièce centrale du service : le flux d’activités, qui ressemble à ce que nous connaissons déjà sur Facebook, Netlog… La particularité de ce flux est de proposer un filtrage selon vos cercles d’amis ou selon des thématiques que vous aurez prédéfinies :

Gplus_stream

Là encore, rien de bien novateur, car le flux et le module de publication ressemblent à ce que l’on sur Twitter ou même sur Google Buzz. Précision importante : les destinataires de vos messages n’ont pas besoin d’être inscrits sur la plateforme, ils peuvent être notifiés par email.

Sparks, le moteur de recommandations de contenus et de profilage

Première innovation de Google+, un moteur de recommandation qui vous permet de découvrir des contenus en fonction de sujets que vous lui soumettez. J’imagine que Sparks repose sur l’algorithme de Google, une sorte de repackaging du bouton « J’ai de la chance« .

gplus_sparks

Si vous trouvez des contenus intéressants, vous pouvez les placer dans vos favoris pour une consultation ultérieure ou les partager avec vos cercles à l’aide du bouton +1 qui a été récemment lancé (cf. Google poursuit sa révolution sociale avec le bouton +1 et La guerre des boutons aura bien lieu). Et si la thématique vous intéresse, vous pouvez l’ajouter à votre liste de centres d’intérêts. Vu sous cet angle, Sparkles est également un moteur de profilage qui vous fait des recommandations régulières pour mieux connaitre vos goûts. Là encore, Google+ va un peu plus loin que Facebook et son bouton Like (qui ne prend pas du tout en charge la partie recommandation).

Hangouts et Huddle, les leviers communautaires

Google+ propose aussi deux fonctionnalités originales qui sont déjà proposées par d’autres acteurs indépendants, mais pas intégrées aux grosses plateformes sociales. Il y a tout d’abord Hangouts, une sorte de chat vidéo à plusieurs :

Gplus_Hangout

Cette fonctionnalité était déjà proposée par Gmail mais présente maintenant un aspect un peu plus ludique avec l’affichage automatique en gros plan de l’interlocuteur qui prend la parole. Certains y verront l’arme de Google pour contrer le partenariat entre Facebook et Skype, j’y vois plutôt une brique sociale rigolote qui autorise des échanges de proximité (par opposition aux status updates qui sont plus « froids » et n’autorisent que des discussions asynchrones).

Autre nouveauté : Les Huddles qui sont des discussions de groupe par messages textuels. Là encore, nous pourrions y voir la riposte de Google au récent rachat de Beluga par Facebook.

GPlus_Huddle

Certes, Huddle est très proche, mais il correspond à une tendance de fond sur le mobile group messaging et ses nombreux services (GroupMe, FastSociety, Yobongo, Convore…).

Pour le moment, Google+ ne nous a sorti que ces deux fonctionnalités, mais j’ai la conviction qu’ils ont des dizaines d’autres modules communautaires qu’ils sortiront au fur et à mesure.

Instant Upload, et Photo Editor pour séduire les utilisateurs mobiles

Google+ est disponible sur le web, mais il est également disponible sur les smartphones Android et bientôt sur iPhone (qui dispose néanmoins d’une version web mobile sur plus.google.com). L’idée étant de partir sur un service qui s’exploite indifféremment sur votre smartphone et sur le web (à l’image de Twitter).

Google+ propose notamment deux fonctionnalités très intéressantes : Instant Upload qui permet de publier vos photos dans les nuages et de les rendre disponibles très facilement le jour où vous souhaitez les partager. De même, le Photo Editor qui va avec semble être extrêmement simple d’utilisation (peut-être un moyen de recycler Picnik ?).

Gplus_InstantUpload

Là encore vous pourriez me dire que c’est une fonctionnalité très similaire à Instagram, et je vos répondrait qu’elle est également très proche de la future fonction de partage de photos de Twitter. Bref, tout le monde se copie.

Google+ est l’arbre qui cache la forêt

Difficile pour le moment de bien mesurer l’ambition et les motivations de Google avec le lancement de ce Google+, d’autant qu’il y a très peu d’invitations disponibles. Ce dont je suis par contre certain, c’est qu’avec cette annonce, Google officialise son entrée sur la créneau « sociale ». Les différentes initiatives lancées jusqu’alors étaient en effet très confidentielles (Orkut, Buzz…), comme si Google se contentait de tâter le terrain sans trop y croire. Avec Google+, le géant américain dévoile enfin son jeu et commence un vaste chantier d’intégration de l’ensemble des services déjà déployés. La nouvelle barre qui permet de basculer d’un service à un autre illustre d’ailleurs bien ce changement de posture.

Comme précisé plus haut, Google+ n’est donc pas un réseau social, mais plutôt LA couche sociale de Google à laquelle vont venir se greffer les différents services de la galaxie Google : Gmail, Profiles, +1, Picasa, YouTube… (Inside Google+, how the search giant plans to go social). Là où Google se différencie des autres (et notamment de Facebook), c’est qu’il prône une approche plus ouverte avec des initiatives comme Open Social, Social Graph API ou encore Google Takout. Google+ sera donc une plateforme sociale ouverte à la Twitter ? Vraisemblablement, mais ça demande confirmation.

Au final, Google+ peut-il rivaliser avec Facebook ? Oui et non. Oui, car le marché est suffisamment grand pour que plusieurs plateformes sociales cohabitent (Facebook, Twitter, Foursaure, Instagram…), car Google a les moyens de soutenir cette initiative pendant de nombreuses années et parce’ils n’ont pas le choix (ils doivent proposer une alternative à Facebook pour rassurer les marchés financiers). Non, car ces deux plateformes sont tout de même assez différentes dans leur philosophie (Why Google+ won’t hurt Facebook, but Skype will hate it).

De plus, je ne pense pas que le Google+ qui nous a été dévoilé corresponde à un produit fini, cette plateforme ne pourra être considérée comme complète que lorsque :

  1. Les services majeurs de Google y seront intégrés (Gmail, YouTube) ;
  2. D’autres types de contenus / services y seront accessibles (musique, jeux…) ;
  3. Les annonceurs pourront y être représentés au travers d’offres plus sophistiquées que les liens sponsorisés de la régie Google (je pense surtout au Stream et à Sparks) ;
  4. Les éditeurs pourront proposer des applications tiers (l’équivalent de la Facebook Platform).

Nous pouvons donc conclure ce premier aperçu de Google+ sur une note optimiste : Google décide enfin de mettre les moyens et de construire une plateforme sociale viable. Reste encore à finaliser la construction de ce « mille-feuille sociale » et de le rendre accessible au grand public. Attendons et prions pour recevoir une invitation rapidement…

MàJ : Pour une réflexion plus poussée sur les probables possibilités offertes aux marques : Quelle place pour les annonceurs dans Google+.

Zegna lance une boutique en (fausse) 3D

Malgré plusieurs tentatives infructueuses (e-commerce et 3D sont-ils compatibles ?), la 3D continue de fasciner les annonceurs qui y voient un bon moyen de se démarquer de la concurrence et de sublimer leurs produits. Dernier exemple en date, Zegna (le couturier italien) a décidé de se lancer à son tour dans l’aventure : Nous lançons la première « e-boutique » de luxe en trois dimensions.

Déjà équipé d’une boutique en ligne, Ermenegildo Zegna a profité de l’ouverture d’une boutique à Paris pour annoncer le lancement de Zegna in Store, un magasin en ligne en 3D. Présenté comme « le premier site de luxe en trois dimensions« , ce magasin permet aux internautes de « faire leurs courses comme s’il marchait dans un magasin« . Le site se présente effectivement comme un environnement 3D avec un étonnant concept de boutique flottant au-dessus de Central Park. La boutique en elle même n’est pas très grande, mais offre différents espaces faciles à repérer :

Zegna1

La boutique est répartie sur deux étages et utilise Flash pour faire de la simili 3D, en fait un assemblage de séquences vidéo comme en faisait Novacom à l’époque (on me signale dans mon oreillette qu’ils en font encore plein). Pour vous aider dans la découverte de cette boutique, vous pouvez « invoquer » l’aide en ligne assurer par Milla Jovovich.

Vous pouvez accéder au détail des produits en cliquant sur les mannequins qui trainent dans la boutique, une fenêtre vous propose alors des infos complémentaires et une vue à 360° :

Zegna2

Pour celles et ceux qui trouvent la navigation au clavier trop laborieuse, vous avez également la possibilité d’utiliser les raccourcis en bas de page :

Zegna4

Au final nous avons donc une boutique en fausse 3D qui propose une expérience très limitée. En fait le problème ne vient pas trop de la boutique, mais plutôt de la promesse. Il aurait été à mon sens bien plus intéressant de proposer :

  • Une boutique en ligne traditionnelle, mais optimisée (l’actuelle souffre de grosses lacunes ergonomiques) ;
  • Des vues à 360° des produits ou des mannequins (comme peuvent le proposer Fits.me ou Styku) accessibles depuis les pages produit ;
  • Des modules riches pour présenter les nouvelles collections (comme le fait Wrangler) ;
  • Des vidéos ou animations inspirationnelles pour mieux restituer les valeurs de la marque (comme le fait Lipton).

Ou alors, proposer une boutique avec de la vraie 3D (rendue possible grâce aux derniers progrès de la 3D dans Flash). Mais dans tous les cas de figure, ce site laisse un sentiment de déception, car la réalisation n’est pas à la hauteur de l’ambition annoncée.

Des bibliothèques de composants d’interfaces mobiles

J’ai déjà plusieurs occasions de vous parler des design pattern library (Vive les librairies de modèles de conception d’interfaces et Et on reparle des bibliothèques de modèles de conception), par contre je n’avais jamais abordé les librairies qui concernent les interfaces mobiles. Un manquement impardonnable tant le sujet est chaud (Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez) et le besoin est pressant (2011, l’année du point de bascule).

Je vous propose donc ce matin de découvrir plusieurs sources d’inspiration pour concevoir vos interfaces mobiles, principalement des interfaces d’applications pour smartphones. Commençons avec Mobile Patterns, une collection d’interfaces mobiles réparties dans une quinzaine de catégories :

MobileUIPatterns

Il y a ensuite Pttrns qui propose un équivalent, mais avec une trentaine de catégories :

Pttrns

Il y a enfin LovelyUI qui propose moins de catégories, mais un système de tags bien pratique :

LovelyUI

Il existe d’autres sources, mais ces trois bibliothèques devraient vous fournir tout ce dont vous avez besoin pour avoir une vue synthétique des meilleurs pratiques de conception d’interfaces mobiles. Ces bibliothèques présentent l’avantage de classer les interfaces dans des catégories, par contre elles sont très loin d’être exhaustives. C’est pourquoi je vous recommande également Cocoa Controls, une base de référence de l’ensemble des éléments d’interfaces des interfaces Mac (avec une section pour les contrôles iOS). Dans le même style, je peux également vous recommander Android Patterns qui propose une sélection d’éléments d’interface propres au système d’exploitation mobile de Google.

Si vous ne cherchez pas particulièrement des exemples de composants d’interface, simplement l’inspiration, je peux enfin vous proposer quelques collections d’interfaces : CSS iPhone, Make Better Apps, Tap Fency, Refined Mobile Design, Dribbble ou Ember.

Pour finir, si vous avez encore un peu de temps, faites donc un détour par Landing Pad (collection d’interfaces d’applications iPad) et AppSites (collection de sites web d’applications mobiles).

(via UX Movement et Mobile GUI)