Tour d’horizon du social commerce

Voilà plusieurs semaines que la blogosphère s’affole au sujet du social commerce. En fait les pratiques de social commerce existent depuis de nombreuses années, mais plusieurs publications récentes ont intensifié les discussions. Il y a ainsi eu la publication par Altimeter de Pioneers on the Move: Rise of Social Commerce, ainsi que le livre Social Commerce par Julien Chaumond. Je vous propose donc de faire le point sur les différentes pratiques ainsi que la réalité de ce qu’est le social commerce.

Une définition du social commerce

Comme toujours, impossible de se lancer dans un tour d’horizon sans une définition. je vous propose donc celle-ci : « Le social commerce est une pratique liée au commerce en ligne qui implique l’utilisation des médias sociaux, au travers d’interactions sociales et de contributions, pour aider l’achat ou la vente de produits et services« .

Rien de très révolutionnaire dans cette définition, mais vous trouverez des choses un peu plus exotiques dans l’article suivant : Simple Definitions of Social Commerce (j’aime beaucoup les notions de shoposphère et de trusted environment).

Outre ces définitions, je vous recommande plutôt la lecture de ce très bon article de l’agence Nudge qui a résumé les interactions sociales liées au social commerce en 7 actions (The Seven Basic Social Commerce Actions) :

Les 7 types d'actions liées au social commerce

L’auteur a ainsi identifié les 7 actions / fonctionnalités suivantes :

  • Liste de souhaits ;
  • Cadeaux ;
  • Achat groupé ;
  • Conseils ;
  • Recommandations ;
  • Partage ;
  • Avis client.

C’est un très bon résumé, mais il manque 2 ou 3 subtilités pour faire rentrer toutes les innovations que nous pouvons côtoyer aujourd’hui sur le web.

Social commerce d’hier et d’aujourd’hui

Inutile de préciser que les premières interactions sociales liées au commerce en ligne ne datent pas de l’ère Facebook, en fait elles remontent au siècle dernier :

  • Les avis client chez Amazon ;
  • Les sites de collecte d’avis client comme Ciao ;
  • Les forums de passionnés adossés à des enseignes spécialisées comme CyberBricoleur ou LaFourmilière ;
  • Les services de listes de souhaits universelles comme 1000mercis ;
  • Les boutiques où les clients choisissent les produits comme LaFraise

Bref : rien ne s’invente, tout se recycle. Quoi que… lorsque l’on fait la liste de tous les services « récents », il y a tout de même des choses très intéressantes et surtout disruptives (je précise au passage que pour élaborer la liste ci-dessous je me suis inspiré des services décrits dans le livre de Julien Chaumond auxquels j’ai rajouté mes propres trouvailles) :

Même si la liste est longue, je vous invite à visiter chacun de ces sites et services pour en saisir toutes les subtilités. Vous remarquerez également que je n’ai pas du tout abordé les innovations liées à la mobilité (et il y en a beaucoup) car ça fera l’objet d’un prochain article.

Où en êtes-vous dans l’appropriation du social commerce ?

La grande question à se poser n’est pas « Est-ce qu’il faut y aller » mais plutôt « Comment bien faire les choses« . Oui, nous avons tous vu l’exemple de Levi’s et des boutons « Like » de Facebook intégrés à sa boutique, mais ce n’est plus réellement un avantage compétitif, n’est-ce pas ? Oui, nous avons tous entendu parlé de GAP qui a offert 10.000 jeans sur Facebook Places Deals, mais ce n’est pas réellement une stratégie viable, nous sommes d’accord ? Donc à partir de là il convient de ne pas se précipiter et de bien réfléchir à une intégration transparente et réellement bénéfique d’une couche sociale à votre dispositif marchand.

Le cabinet Altimeter a justement identifié quatre stades de maturité :

Les quatre stades de maturité du social commerce selon Altimeter

Ces quatre stades correspondent aux différents niveaux d’engagement de la marque ou du distributeur :

  1. Let’s Be Social, où il est question d’exploiter les médias sociaux comme levier de visibilité ;
  2. Enlightened Engagement, où l’on cherche à engager la conversation avec les clients et prospects ;
  3. Store of Community, où les clients participent à l’élaboration de l’offre et à l’acte de vente ;
  4. Frictionless Commerce, où l’expérience client (recherche d’informations, choix, achat, après-vente…) est entièrement intégrée (mobile + social).

L’idée dans ce tableau n’est pas d’atteindre le plus la dernière étape mais plutôt de vous positionner sur une étape et des pratiques sociales que vous pourrez assumer en tant que producteur ou distributeur.

Tout a déjà été fait mais tout reste à faire

Même s’il y a actuellement beaucoup d’emballement autour des innombrables opportunités offertes par Facebook et les terminaux mobiles (encore plus avec Facebook sur les terminaux mobiles), je ne peux qu’être prudent vis-à-vis de cette nième révolution.

Quoi qu’on puisse en dire, le social commerce reste du commerce. Ceci veut dire qu’il faut à minima assurer les fondamentaux (pertinence de l’offre, cohérence de la gamme et des prix, adéquation avec la demande, livraison et service client…) pour pouvoir réaliser une vente en ligne dans de bonnes conditions. Autrement formulé : Facebook et tous les services de social commerce du monde ne compenseront pas un dispositif marchand bancal. Toutes les innovations listées plus haut sont en effet surtout impactantes pour le parcours client (jusqu’à la fiche produit), mais pas pour le tunnel de transformation.

Je suis ainsi partisan d’une approche mesurée qui intègre de façon progressive les fonctions sociales apportant le plus de valeur ajoutée (pas seulement le bouton « Like ») dans un juste équilibre entre les 3 C : Contenus / Communauté / Commerce.

Mais loin de moi l’idée de jouer les rabat-joie, nous n’en sommes qu’au tout début d’une longue série d’expérimentations et d’innovations qui risquent de provoquer des microséismes (je pense notamment aux marques générées par les utilisateurs) et devraient être source d’inspiration pour toutes les marques et e-commerçants.

Rentrée littéraire 2010

Bon OK la rentrée est passée de deux mois mais je pense qu’il est tout de même important de vous signaler la parution récente de deux très bons ouvrages traitant de l’ergonomie en français (ce qui est rare).

 

Design-Interface

Il y a tout d’abord le nouveau livre d’Amélie Boucher : Ergonomie web illustrée. Un ouvrage tout à fait intéressant, car construit sous la forme d’une analyse détaillée de 60 sites. Les règles et conseils relatifs à l’ergonomie web sont ainsi distillés en contexte tout au long des cas étudiés. Les sites sont variés et les enseignements très complets. Ça jargonne à mort ( « Affordances, Attention sélective, Design semi-élastique, Engagement immédiat, Loi de Fitts, Micro-utilités, Momentum behaviour…« ) mais il y a un lexique à la fin. À noter que le livre est préfacé par Benoit Drouillat et qu’il existe un site compagnon pour avoir plus de détails sur le livre : ergonomie-web-illustree.com.

Bonnes-pratiques

 

Autre ouvrage de référence, la troisième édition du mémento des bonnes pratiques web d’Elie sloïm. Ce mémento est en fait un dépliant de 18 pages expliquant et détaillant les 217 bonnes pratiques du référentiel Opquast (Open Quality Standards). Ces bonnes pratiques sont ainsi réparties dans 5 catégories correspondants au modèle VPTCS qui classe les exigences des utilisateurs de services en ligne (Visibilité, Perception, Technique, Contenu, E-services). Ce mémento se présente donc sous la forme d’une gigantesque check-list très pratique pour vous accompagner dans vos travaux de conception quotidiens.

Bonne lecture !

Second Life disponible dans votre navigateur (presque)

Comme annoncé en juin dernier (cf. Restructuration et changement de cap pour Second Life), les équipes de Linden Lab travaillent activement sur une version web de Second Life, à savoir un viewer intégré à votre navigateur (qui ne nécessite pas de téléchargement). Ce projet (nom de code = « Skylight« ) semble se concrétiser avec le lancement d’une version beta : interest.secondlife.com/beta (cf. Help Us Test the SL Web Viewer Beta).

Visiblement tout le monde n’a pas accès à la beta (il faut recharger la page pour tomber sur le formulaire d’invitation) mais avec un peu de patience, vous accédez à cet écran :

SL_Browser_beta

Après temps de chargement relativement court (moins d’une minute), vous vous retrouvez téléporté dans un club au travers d’un viewer déporté :

SL_Browser_club

« Viewer déporté » ? Oui car il y a une astuce : cette beta n’exploite pas un viewer web mais la technologie de virtualisation de Gaikai. Pour vous la faire courte : les calculs sont effectués sur des serveurs à distance et vous recevez le tout grâce à une technologie de streaming vidéo. Pour celles et ceux qui sont fans de jargon, nous parlons bien de cloud-gaming. C’est un marché en peine ébullition avec une concurrence déjà féroce (OnLive et Otoy sont ainsi quasi-prêts) mais qui s’intéresse plus aux jeux traditionnels et aux MMORPG qu’aux univers virtuels : Gaikai cloud service for games: Bringing virtual worlds to a site near you.

Toujours est-il qu’au final, vous êtes bien dans l’univers Second Life avec un très bon rendu et des temps de réponse équivalents à ce que vous connaissez au travers du viewer officiel. Le viewer a été volontairement simplifié pour privilégier une expérience plus « casual » (le menu en haut de la fenêtre a tout simplement disparu). Impossible (pour le moment ?) d’utiliser vos identifiants, donc vous devez vous contenter d’un compte « guest » et de choisir un avatar générique dans la liste proposée :

SL_Browser_avatar

De même, impossible de saisir une SLURL, vous n’avez le choix que d’une trentaine de destinations (certainement sélectionnées par l’éditeur) :

SL_Browser_Garden

Outre ces limitations, les destinations sont les mêmes et je crois bien que vous évoluez sur la grille principale (à confirmer). Les déplacements se font en douceur et les téléportations sont rapides. Le chargement des environnements est un peu plus long que sur le viewer traditionnelmais l’expérience est tout de même très plaisante.

SL_Browser_Chamonix

Pour le moment cette beta est limitée à 60 minutes par utilisateur et il est encore un peu tôt pour savoir quel va être le modèle économique de cette version web. Autant vous dire que je ne m’attendais pas du tout à ça, j’anticipais plutôt une version web permettant d’interagir avec la communauté, éventuellement votre inventaire, mais pas cette solution virtualisée.

La première chose à laquelle on pense en testant cette solution est qu’elle permet de s’affranchir des problématiques d’installation, de paramétrage, de ressources disponibles… qu’elle va grandement faciliter le recrutement de nouveaux résidents, qu’elle va simplifier la vie des utilisateurs occasionnels, mais je doute que l’hébergeur (Gaikai) y trouve son compte (car il faut bien rembourser les machines et la bande passante).

Par contre, cette solution est parfaite pour les usages BtoB de formation virtuelle ou même de collaboration à distance, car vous vous affranchissez de la (très) lourde étape de mise en place et de configuration : 2 minutes suffisent pour prendre en main l’interface et commencer à exploiter votre avatar et l’environnement. Que de temps gagné !

Pour le moment Linden Lab n’a pas encore communiqué de façon officielle ses intentions concernant ce web viewer, mais je peux vous assurer que l’essai est concluant. Vivement la suite !

(via Metaverse Journal)

Vive la sonorisation des boutiques !

La sonorisation dans une boutique est un élément essentiel de l’expérience d’achat. Il suffit de rentrer dans une boutique de fringues (Zara, H&M…) pour s’en rendre compte. Sans aller dans les extrêmes d’enseignes comme Abercrombie où la musique est ridiculement forte (et les vendeuses ridiculement grandes, et la lumière ridiculement faible, et les prix ridiculement élevés…), le choix d’une bande-son agréable et cohérente est indéniablement un plus. Si je ne dis pas de bêtises, certaines enseignes proposent même des compilations à la vente (Urban Outfitters il me semble…).

Bref, tout ça pour dire que s’il y a de la musique dans les boutiques, pourquoi n’y en aurait-il pas dans les boutiques en ligne ? Tout simplement parce que ça peut perturber les internautes. Nombre d’entrevous ont certainement en tête les intros Flash du siècle dernier qui vous hurlaient une musique ou un jingle dans les enceintes. Il faut donc faire preuve de subtilité pour ne pas provoquer de la gène (soit parce que le son des enceintes est réglé trop fort, soit parce qu’il y a déjà du son sur les autres onglets).

Petite précision : je parle bien d’une sonorisation avec une playlist complète et non juste une boucle qui tourne sur la page d’accueil. Je vous propose ainsi un petit tour d’horizon de ce qui se fait sur les sites français.

Colette réserve ainsi une place de choix à son player qui vient se nicher juste sous la barre de navigation :

colette

Même si le choix des titres est parfaitement en accord avec le côté avant-gardiste de l’enseigne, je regrette d’imposer par défaut la musique aux visiteurs.

Un choix par défaut qui n’est pas adopté The Kooples avec un lecteur représenté sous forme de vumètre dans le footer :

TheKooples

Ce vumètre est le seul élément animé de la page (en dehors du carrousel) donc on finit par le repérer au bout de quelques secondes, mais il est tout de même trop discret à mon goût.

Même principe chez Agnès b. avec un player très discret dans le coin supérieur droit :

AgnesB

Un clic sur le coin corné de la page ouvre par contre une pop-up avec le player en lui-même :

AgnesB_Radio

Non seulement l’emplacement du player rentre en concurrence potentielle avec le panier (sacrilège !) mais l’ouverture en pop-up peut poser des problèmes avec les navigateurs modernes qui les bloquent.

Le bon compromis à mon sens serait de proposer un petit bouton dans le header pour déplier le lecteur dans la page et accéder ainsi à la liste des titres. La musique serait désactivée par défaut sauf sur les sections inspirationnelles du site (catalogue saisonnier). De plus, il ne me semble pas très compliqué de monter un partenariat avec un site musical (exemple : MonShowroom avec Virgin Radio) afin d’avoir de la musique de qualité et de proposer l’achat des titres.

Et vous : vous êtes pour activer la musique par défaut ou non ?

De nombreuses mises à jour dans les suites collaboratives et un choix toujours plus complexe

Ce mois de novembre 2010 a été particulièrement riche en nouvelles versions pour les suites applicatives 2.0. Ce marché commence d’ailleurs à sérieusement se densifier (lire à ce sujet le Compte-rendu de la présentation du référentiel Useo et Cartographie des solutions E2.0 en 2009).

Heureusement, les grands cabinets d’analyse produisent régulièrement des synthèses comme le 2010 Magic Quadrant for Workplace Social Software de Gartner.

Gartner_Quadrant_2010

Les faits marquants de cette nouvelle édition sont les suivants :

Ce nouveau quadrant survient au beau milieu d’une avalanche de nouveautés pour les suites collaboratives :

Bref, le choix d’une suite applicative se complexifie d’année en année avec des offres toujours plus complètes et un marché toujours plus dense. En complément de tout ça, je peux vous recommander également un rapport de Forrester publié plus tôt dans l’année qui traite de collaboration et de productivité : Forrester Reports on the Next Wave of Office Productivity.

Forrester_Productivity

L’intérêt de ce rapport est de s’intéresser aux solutions de collaboration dans les nuages. Le rapport insiste bien (à raison) sur l’importance d’aligner les outils aux besoins réels de collaboration et non de chercher à simplifier le travail d’implémentation avec la solution qui couvre la plus large couverture fonctionnelle.

En définitif, la comparaison des solutions est une étape impossible à esquiver dans votre feuille de route d’adoption de l’E2.0. En soi, cette comparaison (et l’argumentation qui va avec) n’est pas un problème, du moment qu’elle s’accompagne d’une étude précise des modes de travail effectifs et des besoins de collaboration. Je pense que le mot le plus important de la dernière phrase est « effectif« . Si vous suivez régulièrement les écrits et débats autour de l’E2.0, la nécessité d’adapter les outils aux processus métiers ne vous aura pas échappé. Cette notion de « modes de travail effectifs » s’inscrit pleinement dans cette optique avec une attention particulière portée aux processus formels ET informels. Mais ceci fera l’objet d’un prochain article…