[Adobe Digital Marketing Summit] Compte-rendu jour 1

Me voici donc à Londres pour assister à la première édition européenne du Adobe Digital Marketing Summit, le RDV des marketeurs digitaux. Le trajet en Eurostar depuis Paris me permet de retrouver de vielles connaissances comme Cédric Drouot de Scene7 (qui m’a fournit bon nombre d’exemples pour RichCommerce.fr), mais c’est en arrivant à la gare de St Pancras que je retrouve la délégation nordique des experts du commerce en ligne et des web analytics avec des têtes connues comme Nicolas Malo ou Laurent Evain ou des blogueurs que je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer comme Édouard Austin,  Florian Guidicelli ou Carole Da Silva.

La conférence va avoir lieu au centre d’exposition de Battersea Park, dans le quartier de la fameuse usine de Battersea Power Station. D’ailleurs la vue depuis ma chambre d’hôtel est très impressionnante :

Battlesea

Dès le premier jour, la météo anglaise ne nous déçoit pas avec un froid glacial et une pluie polaire (ou peut-être l’inverse). Une fois nos saucisses avalées, nous sautons dans un des cabs décorés aux couleurs de l’évènement pour rejoindre le community pavillon.

Cab

Comme pour chaque évènement Adobe, la déco est particulièrement soignée avec une ambiance très feutrée et de beaux stands colorés.

Pavillon1

À peine le temps de s’installer que les portes de la salle principale s’ouvrent pour nous faire découvrir l’impressionnante installation permettant d’accueillir les presque 1.700 participants de l’évènement pour la première session plénière.

Keynote-Room

Keynote : The Power of the Digital Self

Brad Rencher (Senior VP Digital Marketing) ouvre cette session plénière avec un discours centré sur l’évolution des pratiques de marketing à l’ère du digital :

  • Les disciplines du marketing ont connu de nombreux bouleversements ces dernières années avec l’avènement des médias sociaux et de la mobilité ;
  • Les marketeurs ont maintenant accès à une masse considérable de données, loin des promesses des big data, l’enjeu pour les marques et organisations est de collecter et traiter les données générées par les 1,5 milliard d’internautes et les interpréter en autant de signaux ;
  • Là où il y a seulement quelques années, le comportement des internautes se limitait à des clics, les signaux envoyés sont maintenant beaucoup plus complexes (status update, like, tweet, checkins, photos…) ;
  • Les nombreuses plateformes sociales utilisées par des dizaines / centaines de millions de personnes nous fournissent des informations très précieuses sur notre vie et nos humeurs (Facebook, Twitter, LinkedIn, Spotify, Instagram…) ;Keynote-data
  • La confidentialité n’est pas seulement une préoccupation des Européens, les internautes du monde entier sont concernés par ce que les marques et organisations peuvent faire avec les données personnelles ;
  • Si la masse des données personnelles disponibles a considérablement augmenté, elles demandent néanmoins un effort considérable pour les collecter et les interpréter correctement. Heureusement, les dernières avancées technologiques nous aident dans cette tâche (cloud computing, APIs…) ;
  • Les trois piliers d’une expérience réussie sont les contenus, les données et l’optimisation. Plus précisément des contenus optimisés pour chaque utilisateur grâce aux données ;Keynote-pillars
  • Les pratiques de marketing se sont déplacées d’un focus sur la marque à un focus sur les données qui sont la matière première des marketeurs modernes et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités et de nouvelles pratiques (predictive marketing, web experience management, progressive profiling…).

Pour illustrer ces nouvelles opportunités et disciplines, une première démonstration de Discover, un outil permettant de faire du path analysis et de la segmentation avancée avec de très belles représentations visuelles.

Discover

Autre démonstration avec le tout nouveau Adobe CQ, une solution de web experience management qui combine de la gestion de contenu avec de l’analytics et des outils d’optimisation :

CQ5

La solution permet aussi de contrôler plus facilement le rendu d’un site sur les terminaux mobiles. Cette solution peut s’apparenter à un CMS (coutil de gestion de contenu), mais elle propose bien plus, car elle permet de personnaliser et d’enrichir l’expérience des internautes à partir de leur « contexte client » (leur provenance, leur profil…).

Retour sur scène de Brad Rencher pour nous parler de publicité et de ROAS (Return On Ad Spends)  :

  • La solution Adobe Insight  offre de très beaux tableaux de bord et outils de visualisation pour étudier la performance des différents leviers (display, paid search, email, social…) sur les canaux en et hors ligne ;Insight1
  •  La solution de predictive marketingpermet de faire de projections précises pour anticiper la répartition de vos dépenses publicitaires en fonction de vos objectifs et des segments ciblés ;Marketing-Suite_Segments

La session se poursuit avec une présentation des solutions de publishing :

  • La solution de Path Analysis permet de tracker la diffusion de contenus vidéo sur différents supports (web, tablettes, TV connectées…) ;
  • En fonction des données fournies par Audience Manager, il est possible de définir des scénarios de personnalisation reposant sur des segments que l’on peut combiner entre eux.

Les démonstrations se poursuivent avec un focus sur le social marketing :

  • La création de bannières ou de publications se fait au travers d’une interface très intuitive ;Status-update
  • Une interface drag&drop permet également de créer des applications sociales entièrement à la souris pour les publier sur votre page Facebook (ou ailleurs).Social-app

La keynote se termine en beauté avec la visite de Kevin Lynch pour nous parler de la vision d’Adobe sur l’évolution du marché et de leur offre :

  • Les solutions ne sont pertinentes que si elles prennent en compte les terminaux mobiles et s’intègrent avec leur offre de cloud computing (Creative Cloud), il fait référence notamment à la disponibilité de tableaux de bord adaptés aux tablettes (ici une vue des conversations sur Twitter pour un iPad) ;Cloud-dashboard1
  • Le cloud est particulièrement performant pour la gestion des fichiers sources (assets) et le laborieux processus d’approbation.Creative-cloud

Nous terminons donc sur cette vision d’intégration entre les données, le contenu, les outils d’optimisation et les services dans les nuages pour augmenter la réactivité et faciliter la prise de décision.

MàJ : D’autres comptes-rendus ont été publiés : E-commerce et personnalisationDécouverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe et Jour 1 (suite et fin).

Yahoo! se lance dans l’analyse d’audience en rachetant IndexTools

Voilà une nouvelle qui fait sensation : alors que Yahoo! vient de refuser une seconde fois l’offre de rachat de Microsoft, ils viennent d’annoncer le rachat d’IndexTools, un éditeur de solutions d’analyse d’audience : Yahoo! Announces Agreement to Acquire IndexTools’ Analytics Business.

IndexTools.jpg

Les premières réactions sont plutôt bonnes :

En tout cas c’est une nouvelle qui vient alimenter une actualité particulièrement chaude dans le secteur des Web Analytics avec l’apparition de nouveautés chez Google Analytics (notamment l’option de data sharing et les vues par semaines et mois que j’attendais depuis bien longtemps) :

GoogleAnalyticsBeta.jpg

L’actualité est également marquée par l’apparition de nouvelles solutions open source comme le très prometteur Piwik qui se veut être une alternative à Google Analytics c’est une solution installée, qui repose sur un principe de plug-in (modularité) et propose également des API (évolutivité).

Pour en savoir plus sur cette nouvelle solution, je vous propose ce diaporama : Piwik, Open Source Web Analytics Software. (Merci à Matthieu pour le lien)

Omniture rachète Visual Science (qui avait fusionné avec WebSideStory)

La nouvelle vient de tomber : Omniture (un des poids lourds de l’industrie de l’analyse d’audience) vient de mettre la main sur Visual Science pour un montant de 394 millions de $ : Omniture to Acquire Visual Sciences.

Bon OK, à côté des (soi-disant) 15 milliards de $ de Facebook ça ne pèse pas lourd, mais ce rapprochement est tout de même emblématique de ce qui est en train de se passer dans le monde de l’analyse d’audience : un phénomène de repli et de concentration lié à l’arrivée récente de Google Analytics sur ce créneau. Pour faire simple : le middle market disparait au profit des plus gros acteurs (Omniture et WebTrends) tandis que les grosses régies publicitaires proposent des outils gratuits d’analyse de la performance comme « agrément » à leur prestation (Google Analytics pour Google Adwords et Gatineau pour Microsoft adCenter)

Pour mémoire, Visual Science est une société assez récente qui a révolutionné le marché avec une approche quasi-temps réel de l’analyse d’audience et des outils de reporting très puissants (voir à ce sujet la fiche consacrée à Visual Science sur le portail Web-Analytique) :

Screenshot_VisualScience

 

Difficile de prédire l’avenir de cette fusion : Que vont devenir toutes ces offres ? Quelle va être la nouvelle logique de gamme ? Combien de temps pour assurer l’interopérabilité entre les plateformes des différentes marques du futur groupe ? La nouvelle entité survivra-t-elle au rouleau compresseur Google ?

Bon en tout cas c’est Adrien qui doit être content ! (via GrokDotCom)

De l’intérêt de soigner les tableaux de bord

Ceux qui ont mis en oeuvre ou pilotent une activité d’analyse d’audience savent à quelle point cette démarche est consommatrice de temps et d’énergie (voir à ce sujet mon précédent billet : Connaissez-vous la règle des 10/90 ?). Voilà pourquoi les éditeurs de solutions proposent des tableaux de bord synthétiques à destination des décideurs pour que ces derniers puissent évaluer la situation en un coup d’oeil.

Oui mais voilà, tous les tableaux de bord ne sont pas égaux. Rares sont ceux qui ont compris que less is more, comprenez par là qu’un bon tableau de bord sert avant tout à afficher moins d’informations (uniquement les plus pertinentes) et éviter ainsi un phénomène de saturation.

Avinash Kaushik vient de publier un billet très intéressant sur le sujet : Web Analytics Tools: Does User Interface (UI) Matter?. Il compare ainsi deux tableaux de bord dont celui de Measure Map, un outil d’analyse d’audience des blogs racheté par Google l’année dernière (et toujours pas intégré à Google Analytics) :

Le tableau de bord de Measure Map

Ce tableau de bord est à la fois un modèle de simplicité, d’efficacité et d’élégance. Pour la petite histoire, c’est Jeffrey Veen qui a supervisé la réalisation de l’outil.

Google teste le PPA

Le quoi ? Le PPA bien sûr ! Ca n’a l’air de rien, mais c’est une petite révolution qui est en cours : Pay-Per-Action (beta): Pay only for actions that you define.

Avant, un site de contenu pouvait monétiser son audience en affichant des bannières. Le modèle de rémunération était fondé sur le nombre d’affichage (exprimé en Coût-Pour-Mille). Nous étions dans l’ère du Pay-Per-View : plus vous aviez de visiteurs, plus vous affichiez de bannières et plus vous touchiez.

Aujourd’hui, le modèle de rémunération est basé sur le nombre de clics : vous ne touchez de l’argent que si les internautes cliquent sur la bannière ou le lien. Nous sommes dans l’ère du Pay-Per-Click.

Demain (avec ce que nous prépare Google), la rémunération sera calculée en fonction du nombre de visiteurs transformés : vous ne toucherez de l’argent que si les visiteurs cliquent sur un lien ET réalisent une action prédéterminée (achat, inscription…). Nous rentrons donc dans l’ère du Pay-Per-Action.

Est-ce réellement une révolution ? Oui bien sûr, car ce type de rémunération risque de remettre en cause le modèle de financement de nombreux sites de contenus. Je vous recommande à ce sujet les billets suivants :

Au tant qu’ambassadeur de l’ergonomie incitative et du marketing de persuasion, je ne peux que me réjouir de ce nouveau modèle publicitaire, et ceci pour plusieurs raisons :

  1. cela va forcer les éditeurs à produire du contenu de qualité à destination d’une audience ciblée ;
  2. cela va forcer les marchands à revoir leurs parcours client et à optimiser leurs leviers de conversion ;
  3. cela va forcer toute la profession à se réorganiser autour d’outils d’analyse de la performance.

Bref, ça va faire grincer des dents, mais cela va nous forcer à être meilleurs, plus incisif et plus compétitifs. Rien de tel pour se stimuler !