Récapitulatif des infos estivales 2011

Comme chaque année je vous propose un petit récapitulatif des annonces, évènements et nouveautés que vous avez pu rater durant le mois d’août 2011. Et comme chaque année, les grands de ce monde se mettent tous d’accord pour nous pourrir nos vacances, comprenez par là qu’ils prennent un malin plaisir à annoncer tout un tas de choses pendant la pause estivale !

Toujours plus de fonctionnalités sur les plateformes sociales

Avec tout ce qui s’est passé au cours du mois d’août, je me demande ce qu’ils vont nous sortir d’ici à la fin de l’année. La prochaine grosse annonce va être l’introduction des profils de marques sur Google+, ceci devrait faire augmenter la pression concurrentielle d’un nouveau cran.

Duel au sommet entre Google et Apple pour dominer la mobilité (et un peu Microsoft aussi)

  • LA grosse annonce du mois d’août est le rachat de la branche mobile de Motorola par Google pour plus de 12 milliards de $. Il y a eu quantité de choses écrites sur le sujet aussi je me contente de vous proposer deux liens : Google rachète Motorola Mobile, qu’est-ce que cela change ? et 3 Ways Google-Motorola Doesn’t Make Sense And 5 Ways it Does. Pour bien comprendre les raisons de cette acquisition controversée, imaginez-vous le marché des smartphones comme un échiquier où les industriels tentent de positionner leurs pions (les brevets) pour paralyser l’adversaire (Google, Apple, Microsoft, RIM, Samsung…). Les brevets sont ainsi devenus en quelques années un actif stratégique permettant de bloquer les concurrents comme par exemple Apple qui a successivement bloqué les ventes de la Galaxy Tab en Australie puis en Europe. En mettant la main sur Motorola Mobile, Google récupère près de 17.000 brevets qui vont lui permettre de protéger Android contre les attaques juridiques des concurrents (cf. Mobile Patent Suits Graph). Accessoirement, le rachat de Motorola Mobile offre également à Google la possibilité de maitriser de bout en bout le matériel (tout comme Apple). Attendez-vous donc à voir fusionner la gamme Droid et Nexus. De même, Motorola est un gros constructeur de touchbook et de set-top box, ça tombe bien, Google a de grandes ambitions pour ces deux marchés.
  • Suite à des chiffres de vente décevants, HP abandonne WebOS, le système d’exploitation mobile récupéré avec le rachat de Palm, annonce son intention de se séparer de sa division PC et rachète Autonomy/Interwoven pour 10MM$ (HP To Halt All WebOS Device Development, Confirms Talks To Shed PC Group). Le moins que l’on puisse dire est que ça fait beaucoup de décisions stratégiques en peu de temps, visiblement ils naviguent un peu à vue (Leo Apotheker Has Totally Lost Control Of HP).
  • Microsoft serait sur le point de sortir une nouvelle version de son système d’exploitation mobile Windows Phone (Windows Phone Mango Is Done, Manufacturers Just Need To Release It), mais abandonne ses ambitions concernant les ebooks (Microsoft Reader E-Book System Comes To Its Conclusion).
  • Sinon il y a toujours autant de rumeurs sur le lancement très prochain de l’iPhone 5 et de l’iPad 3 (pour assurer ces pics de commandes, le constructeur chinois Foxconn envisage d’embaucher un million de robots : Foxconn to rely more on robots; could use 1 million in 3 years).

Il semblerait donc que nous soyons rentrés dans une guerre froide pour la domination du marché des smartphones. L’équilibre de la terreur qui vient d’être instauré par Google (« ne m’attaquez pas avec vos brevets et je ne vous attaquerais pas avec les miens« ) réduit le nombre de concurrents à 3 : Google Apple et Microsoft. Les autres industriels semblent en effet bien fragiles face à cette course à l’armement juridique (RIM avec Blackberry, Nokia avec Meego, Samsung avec Bada…).

Google accentue sa domination sur le commerce en ligne

Référencement, comparaison, mobilité, tablettes, proximité… Google est présent sur tous les fronts du commerce en ligne et intensifie encore sa domination. C’est au regard de ces différentes annonces que l’on comprend mieux l’intérêt stratégique de Google Maps.

Annonces diverses des grands de ce monde numérique

Plus que jamais, les grands acteurs du web US (Google, Apple, Amazon, Facebook…) accroissent leur domination et tire l’innovation vers le haut. Si l’industrie américaine s’effondre (automobile, aérospatiale…), le secteur IT devrait compenser avec des investissements et des ambitions démesurés. Pour en comprendre les implications, je ne saurais que trop vous recommander cet article de Mac Andressen : Why Software Is Eating The World.

Fin des vacances pour moi, la publication des articles sur mes blogs devrait progressivement reprendre d’ici à la fin de la semaine. De même, le lancement du livre sur les médias sociaux que j’écris avec Cédric est toujours programmé pour la fin du mois de septembre.

La fin de l’ordinateur individuel est programmée

Nous sommes en 2011, cela fait donc 30 ans que l’ordinateur individuel a été mis sur le marché (source : Wikipedia). 30 ans que nous utilisons la combinaison unité centrale / écran / clavier / souris. 30 ans de croissance quasi ininterrompu pour les constructeurs et éditeurs de logiciels qui ont bénéficié du phénomène de comoditisation de l’offre (une baisse des prix obtenue par économie d’échelle en vendant des produits quasiment identiques aux entreprises et particuliers).

IBM_PC

Plusieurs signaux du marché sont néanmoins en train de participer au déclin de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu : l’arrivée à maturité de l’internet et des offres de cloud computing, la montée en puissance des terminaux mobiles et des usages en mobilité.

Avec les annonces de ces dernières semaines, il semble clair que Microsoft, Google et Apple sont en ordre de bataille pour faire basculer l’informatique dans le 21ème siècle. Certes, tout ne s’est pas fait en quelques semaines : Les offres d’Application Service Providers et les smartphones en Asie sont une réalité depuis le siècle dernier (donc bien avant l’apparition du cloud computing ou de l’iPhone / iPad), mais nous y voyons maintenant beaucoup plus clair dans le jeu des grands acteurs de l’informatique et de l’internet.

Les ordinateurs individuels supplantés par les terminaux nomades

Même si de gros progrès ont été réalisés, les ordinateurs ne font plus rêver personne : trop encombrants, trop chers, trop laborieux à maintenir (failles de sécurité, anti-virus, anti-malware…). La solution des industriels a été de créer un nouveau segment pour relancer l’intérêt : les netbooks (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Mais tout ne s’est passé comme prévu, les netbooks ont fait long-feu car ils étaient incapables de tenir la promesse faite aux consommateurs (l’informatique low-cost). Après 3 années d’égarement, Google parvient néanmoins à proposer aux industriels une offre viable : Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook.

Les chromebooks représentent donc l’évolution ultime du concept avec un hardware et un software allégé au maximum au service de la simplicité et de la portabilité. Parviendrons-ils à réussir leur pari et convaincre le grand public ? Oui j’en suis persuadé, car l’offre est bien pensée (système de location mensuelle) et que la transition va se faire en douceur auprès des publics les plus réceptifs (étudiants…).-

chromebook

De même, les tablettes tactiles existent depuis près de 20 ans, mais souffraient de gros problèmes ergonomiques. Elles aussi ne parvenaient pas à tenir la promesse d’une informatique nomade et tactile. Il a fallu attendre la sortie de l’iPad pour viabiliser le concept de touchbook. La touche de génie d’Apple a été de simplifier l’interface et surtout de repenser l’outil informatique (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez).

iwork_ipad

Ainsi ce n’est pas tant le hardware qui a évolué que le software. Apple et Microsoft ont bien compris que le modèle traditionnel du logiciel ne va pas perdurer longtemps, surtout face à la menace de nouveaux entrants comme Google, SalesForce… Il était donc urgent de refondre ce modèle et de tenter autre chose : Software as a Service, mini-applications, services en ligne freemium… (cf. Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels).

Une nouvelle approche de l’informatique personnelle

Entendons-nous bien : il est bien ici question d’informatique pour le grand public, pas pour les contrôleurs de gestion, développeurs… Là encore les nouvelles configurations de marché rendent obsolète l’ordinateur traditionnel. Les usages d’aujourd’hui tournent ainsi essentiellement autour du web et de tout ce qu’il propose : contenus, plateformes sociales, jeux… Or, les offres récemment créées par Apple, Netflix ou encore OnLive nous prouvent que les utilisateurs peuvent se passer des ordinateurs pour consommer des contenus et services.

onlive

Avec l’avènement de l’internet, l’ordinateur s’est banalisé et n’est plus qu’un moyen d’accès à des contenus et services en ligne. Les utilisateurs valorisent maintenant beaucoup plus l’autonomie et la portabilité que la puissance. L’architecture x86 des processeurs Intel est maintenant supplantée par l’architecture ARM des smartphones et terminaux nomades (cf. 2011, l’année du point de bascule).

Dans cette nouvelle approche de l’outil informatique (plus ludique, plus sociale), Intel a pourtant été précurseur avec le lancement de Meego, un système d’exploitation de « nouvelle génération » qui était destiné à propulser les netbooks (Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks). Un concept qui a été remanié depuis, mais dont nous voyons une autre illustration avec le futur Windows : Microsoft dévoile l’interface tactile de Windows 8.

Win8_start

Cette nouvelle approche de l’outil informatique semble donc parfaitement adaptée aux nouveaux usages des internautes. Mais elle pourrait également fonctionner avec les collaborateurs équipés de terminaux nomades leur permettant d’accéder à leur intranet et les applications qui vont avec. Ont-ils réellement besoin de plus ? Nous ne savons encore pas grand-chose de l’offre pro de Google (baptisée Chromebox) mais elle pourrait bien nous faire envisager à nouveau le modèle client/serveur. Ceci étant dit, c’est un autre débat que je ne souhaite pas entamer dans cet article.

L’avènement du cloud personnel

Nous avions déjà Amazon Cloud Drive, Google Music, et maintenant c’est Apple qui annonce iCloud, son offre de stockage de données en ligne. Le cloud computing n’est maintenant plus réservé aux entreprises, les offres se structurent pour en faire bénéficier les particuliers afin de leur offrir toujours plus de liberté dans leurs modes de consommation.

iCloud

L’idée maitresse derrière ses offres est la suivante : puisque le piratage rend toujours plus compliquée la vente des licences (musiques, films ou logiciels), les distributeurs et éditeurs se tournent plutôt vers la location (SaaS), l’hébergement (cloud) et la monétisation de l’accès aux contenus (streaming). Le futur Mac OS X Lion ne sera ainsi proposé qu’en téléchargement via le Mac App Store. Non seulement ce modèle permet de verrouiller la chaine de distribution, mais il assure également à l’opérateur de ces services des revenus récurrents (en plus de collecter les N° de carte bancaire de l’ensemble des utilisateurs de Mac).

Après avoir conquis le marché de l’entreprise, le cloud computing s’attaque donc maintenant au grand public et les perspectives sont plus que juteuses : The Personal Cloud Will Be A $12 Billion Industry in 2016.

Personal_Cloud

Avec la banalisation de la bande passante et les premières offres de très haut début, cette tendance ne peut que s’accélérer.

Vers une expérience unifiée pour les clients

Donc si l’on résumé : itunes + App Store + iCloud = des contenus, services et applications disponibles sur tous vos terminaux. La promesse d’Apple n’est plus de vous assurer la meilleure expérience sur smartphone ou sur touchbook, mais sur l’ensemble de vos terminaux. La vision d’Apple rejoint ainsi celle de Google (avec ChromeOS et Android) et celle de Microsoft (avec Windows 8 et Windows Phone). Nous sommes donc bel et bien entrés dans l’ère de l’informatique nomade et polymorphe où les contenus et services sont achetés une fois et consommés en différents endroits.

À ce petit jeu là, celui qui remportera la mise sera celui qui proposera la compatibilité la plus large, donc l’écosystème le plus étendu. Pas étonnant que Google distribue gratuitement ces systèmes d’exploitation, car ce sont autant de points de consommation pour eux : L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon.

Je suis intimement persuadé que nous sommes en train de vivre une transformation dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Comme je l’avais senti l’année dernière, le prochain terrain de bataille sera la télévision. Google est déjà très bien positionné (Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV), mais nous pourrions avoir des surprises avec les consoles de jeux, notamment la Xbox de Microsoft avec Live TV ou encore la future Wii U qui propose un étonnant couplage entre une console multifonctions et une manette aux airs de touchbook.

WiiU

Tout ceci me fait donc dire que les jours de l’ordinateur individuel sont comptés. La suite à lire ici : Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?.

L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon

Cette semaine se tenait l’édition 2011 de Google I/O, la grand-messe annuelle du géant californien. Beaucoup de nouveautés ont été présentées lors de cette édition, des nouveautés qui confirment l’ambition de Google ainsi que l’architecture de leur stratégie de diversification. Les revenus colossaux de Google sont en effet très majoritairement générés par le moteur de recherche, mais cette vache à lait ne durera pas éternellement. Voilà pourquoi ils sont en train de préparer l’avenir en fignolant les briques d’un écosystème numérique qui mélange services et données dans les nuages, terminaux alternatifs et réintermédiation. Les équipes de Google travaillent-elles dans la bonne direction ? Certainement, car cet écosystème est également le modèle choisit par d’autres géants comme Apple, Microsoft ou Amazon.

Chrome et Android préparent l’après-Windows

Voilà près de 20 ans que Microsoft domine l’informatique personnelle avec sons système d’exploitation Windows. Une domination incontestée qui a fait la fortune de la firme de Redmond, mais qui arrive à la fin de son cycle de vie. Ce n’est pas tant la concurrence de Mac OS ou de Linux qui menace Windows, mais plutôt la fin de vie de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu. Les récents progrès réalisés sur les smartphones et l’émergence de nouveaux formats comme les netbooks et les touchbooks ont fait prendre conscience aux utilisateurs qu’ils n’avaient pas forcément besoin d’un ordinateur traditionnel (écran + clavier + souris + Windows) pour consommer des contenus et services en ligne. Les terminaux alternatifs sont en effet en train de grignoter des parts de marché aux ordinateurs traditionnels (49% of Indians only access web through mobile) et de prendre une place toujours plus importante (cf. 2011, l’année du point de bascule et De la place des smartphones dans notre quotidien).

L’ambition de Google est donc de préparer l’après-PC en proposant à la fois une alternative aux systèmes d’exploitation traditionnels, mais également aux logiciels (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels). Son plan repose sur Chrome OS et Android, des systèmes d’exploitations de nouvelle génération censés remplacer « les systèmes d’exploitation conçus à une époque où le web n’existait pas encore » (et vlan !). Plus que des systèmes d’exploitation, Chrome et Android sont des interfaces entre les services de Google et ses clients. Avec les Chromebooks et la game Nexus, Google essaye de maitriser le dernier maillon de la chaine.

Les premiers Chromebooks seront commercialisés en juin 2011

Ne pensez pas que Google est seul en course, car Apple travaille également d’arrache-pied à la réalisation de cette vision : L’évolution de l’informatique traditionnelle (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez). L’idée n’est pas de proposer des smartphones ou des touchbooks plus puissants ou performants que les ordinateurs traditionnels, mais plutôt de faire comprendre au grand public qu’ils peuvent consommer des contenus et services en ligne sans avoir besoin d’acheter un ordinateur. Pour cela, la stratégie d’Apple repose sur ses trois produits phares: iPhone, iPad et  Apple TV.

Google procède avec une approche similaire, mais plus ambitieuse. Il y a d’abord les Chromebooks qui seront commercialisés le mois prochain et qui transforment la vision des cloudbooks en réalité commerciale : Des ordinateurs allégés, versatiles, sans logiciels ni anti-virus… (cf. Google announces Chromebooks from Samsung and Acer, Available on June 15th). Mais pas seulement, car avec Chrome (le navigateur), Google est en train d’infiltrer les ordinateurs traditionnels pour y évangéliser la vision d’une informatique de nouvelle génération avec des contenus et services entièrement disponibles dans votre navigateur. Une fois les utilisateurs convaincus que leur navigateur peut devenir leur système d’exploitation et ils peuvent alors se libérer de la contrainte de Windows (ou de Mac OS).

De même, Android nous était présenté comme un système d’exploitation pour smartphones, mais la posture de Google pour le promouvoir a évolué, car il prêche maintenant une utilisation sur d’autres types de terminaux  comme les tablettes, TV connectées… Après des débuts chaotiques, les équipes derrière Android sont maintenant en ordre de marche pour en faire un OS universelIce Cream Sandwich Merges Phone and Tablet Versions of AndroidA First Look at the New Google TV et Android And Chrome: Anywhere And Everywhere.

La nouvelle version de Google TV propulsée par Android

Mais l’ambition de Google ne s’arrête pas là, car ils veulent aussi faire d’Android une plateforme pour les objets connectés : Android@Home, Google Gets Serious About the Smart Home. Android servirait de passerelle pour pouvoir piloter les appareils électriques de notre quotidien (lampes, radio-réveil, grille-pain…) en exploitant un nouveau protocole de communication sans fil : Android@Home, la domotique nouvelle génération. La vision de Google est donc de se positionner sur l’ensemble des appareils utilisant de l’électricité (ordinateur, tablettes, téléphones, TV, appareils ménagers…).

Google dans votre foyer avec Android@Home

Dans le même esprit, ils proposent déjà une couche logicielle pour les compteurs électriques intelligents (Google PowerMeter), il ne manque plus que les véhicules pour compléter le tableau ! (visiblement un chantier sur lequel ils travaillent également : Google Lobbies Nevada to Allow Self-Driving Cars).

iTunes fait des envieux chez Google et Amazon

Apple nous a démontré la viabilité de l’écosystème iTunes et l’intérêt de maitriser la chaine de distribution. Avec ce qui nous a été présenté cette semaine, l’objectif (à moitié) annoncé de Google est de mettre en place son propre écosystème (cf. Google Chrome OS = iOS + iTunes), un modèle moins fermé et reposant sur la communauté.

Le modèle économique de l’hypothétique écosystème de Google reposerait sur trois sources de revenus :

  • L’intermédiation, qui consiste à distribuer des contenus et services en captant une marge (Android Market et Chrome Web Store pour les applications, YouTube pour la VoD…) ;
  • L’exploitation de données (Maps, Local, Freebase, Think Insights… cf. Du contenu roi aux données reines) ;
  • L’hébergement de données (avec Google Drive et le tout récent Google Music).

L’approche de Google sur ce dernier point est remarquablement subtile : plutôt que de se bagarrer avec les labels pour commercialiser des morceaux musicaux, Google se propose plutôt d’héberger vos fichiers. Une astuce très maline, car plutôt que de dépenser des efforts considérables pour capter une toute petite marge lors de la transaction, Google préfère faire payer les utilisateurs à vie pour héberger et distribuer ces fichiers (qu’elle qu’en soit l’origine). Une très bonne façon de rentabiliser ses data centers avec en prime la possibilité de mutualiser les morceaux musicaux (en procédant par dédoublonage).

Vous remarquerez qu’Amazon est en train de fignoler un modèle similaire avec une chaine de distribution intégrée (Amazon > Kindle), de l’intermédiation à très grande échelle (Marketplace), des données (IMDB, SoundUnwound…) et de l’hébergement (AWS, Amazon Cloud Drive).

L’enjeu de cette course est de s’imposer sur le créneau du personnal cloud, l’informatique dans les nuages pour le grand public. Pour le moment les grands acteurs du web ne sont pas encore rentrés dans une phase de conquête agressive, mais l’arrivée prochaine de l’offre de music on the cloud d’Apple devrait accélérer les choses : Apple Could Win the Cloud Music Game Thanks to Google and Amazon.

Microsoft et Facebook sont à la traine

Dans cette course à la transformation, deux acteurs sont très nettement en retard : Microsoft et Facebook. Tout d’abord Microsoft car du fait de leur héritage à gérer (des centaines de millions de clients Windows et Office), ils ne peuvent pas avancer au même rythme d’innovation que les autres. Initiée par Ray Ozzie, la transformation de Microsoft est un processus extrêmement long, mais qui suit son cours. Largué sur le grand public, L’offre de cloud computing de Microsoft pour les entreprises a fait des progrès considérables. Je pense ne pas me tromper en disant qu’ils ont quasiment rattrapé leur retard et qu’il leur reste de gros atouts à sortir de leur jeu. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, Microsoft est un diesel : Long au démarrage, mais terriblement endurant. Vous pouvez critiquez Windows Phone 7, mais ne vous avisez surtout pas de sous-estimer une société capable de sortir 8,5 milliards de $ en cash dans une période post-crise. S’ils sont capables de racheter Skype pour un tel montant, qu’est-ce qui les empêche de prendre le contrôle de SalesForce ? (un exemple au hasard) (quoi que…) (moi je dis ça, je dis rien…)

Qu’en est-il de Facebook, l’étoile du web ? Facebook est une coquille vide, j’ai déjà eu de nombreuses occasions de m’exprimer sur le sujet (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook), là n’est pas le sujet de l’article. Je ne vois pas bien quelle va être la place de Facebook dans les écosystèmes que j’ai décrits plus haut. Ou du moins, je ne vois pas bien dans quelle mesure Facebook va avoir son mot à dire face aux géants de l’internet qui vont encore accentuer leur poids. Le problème de Facebook est que cette plateforme sociale s’est créé un écosystème où tout est gratuit pour les utilisateurs. Avec une telle posture, comment vont-ils faire pour dégager des revenus importants là où les autres acteurs ont su « éduquer » leurs clients (et collecter leur N° de carte de crédit) ? N’oublions pas que plus la base d’utilisateurs de Facebook grossit, et plus les charges d’exploitation sont importantes (650 millions d’utilisateurs = des dizaines de milliards de photos et vidéos à héberger et distribuer). Pour le moment nous ne connaissons pas avec précision les revenus de Facebook (ni ses charges d’exploitation), mais son modèle me semble bien instable dans la mesure où tout repose sur les profils des membres (or nous savons que la mécanique de ciblage comportementale est polluée par le phénomène de travestissement des profils).

De plus, en optant pour un modèle économique qui repose principalement sur l’exploitation des profils, donc des données personnelles de ses utilisateurs, Facebook sera toujours critiqué pour sa gestion de la confidentialité. Et les choses ne risquent pas de s’arranger, car ils préfèrent visiblement dénigrer la concurrence plutôt que de clarifier leur position : Facebook Loses Much Face In Secret Smear On Google et Facebook-Google Privacy PR Smear Is A Campaign In An Epic, Escalating War.

Le futur se construit dans le secret

Google, Apple et Amazon sont donc en train de façonner les modèles économiques grand public de demain. Mais contrairement à Facebook qui partage sa R&D (notamment avec le Open compute Project), ils sont très discrets (euphémisme).

La raison de cette discrétion est toute simple : Ces futurs modèles économiques reposent sur des contenus et services payants qui sont plus proches de notre Minitel que du web tout gratuit. La fascination actuelle du marché pour Facebook est ainsi la distraction dont Google, Apple et Amazon ont besoin pour cimenter les écosystèmes qu’ils sont en train de mettre en place. Certes, ces écosystèmes reposent sur de la facturation récurrente et des micro-transactions, mais est-ce un mal ? Après tout n’est-il pas légitime que tous les acteurs d’une chaine de valeur puissent gagner leur vie ?

En conclusion je dirais ceci : le web n’est pas mort, loin de là, par contre les contenus et services gratuits sont condamnés à moyen terme. En tout cas ils le sont avec les écosystèmes numériques que sont en train de finaliser ces différents acteurs (Google, Apple, Amazon et Microsoft dans une certaine mesure).

Le retour de la revanche du contenu

Avec l’avènement des médias sociaux, on a voulu nous faire croire que le contenu était mort et que la communauté allait générer ses propres contenus et s’auto-alimenter. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur cette vision très restrictive (De la qualité des contenus sur Facebook) et l’actualité récente semble me donner raison.

Vague d’acquisitions pour les blogs et usines à contenu

Première preuve de la valeur du contenu, les récentes acquisitions de blogs par AOL : Techcrunch.com pour 25 M$ (Why We Sold TechCrunch To AOL, And Where We Go From Here) et HuffingtonPost.com pour 315 M$ (AOL Agrees to Acquire The Huffington Post). Avec ces deux acquisitions, AOL complète donc son impressionnante collection de blogs à gros volume (Engadget, Autoblog…).

AOL_blogs

Pourquoi un géant des médias montre-t-il un si grand intérêt pour des blogs ? Tout simplement parce qu’AOL valorise le contenu de qualité et sait évaluer le potentiel d’affaires que cela représente.

Autre signe de l’intérêt du marché pour le contenu, la récente introduction en bourse de DemandMedia. Pour ceux qui ne connaissent, DemandMedia est ce que les détracteurs appellent une « usine à contenu », ils produisent du contenu au kilomètre pour pouvoir nourrir des portails et squatter les pages de résultats des moteurs de recherche. Un modèle intéressant qui a su séduire de nombreux clients, mais laisse quand même dubitatif : Content Farms 2.0, Can Robots Help Write the News?. Toujours est-il que les moteurs en question ne sont pas dupes et travaillent activement à réduire la visibilité des « sites de basse qualité » : Google Search and search engine spam.

iPad = nouveau chouchou des éditeurs

Autre fait marquant de ces dernières mois : la ruée vers l’iPad qui est vu par les éditeurs comme la nouvelle plateforme de distribution et monétisation de leurs contenus. Certains grands éditeurs US et suédois ont été pionniers (à l’image de Condé Nast ou Bonnier), d’autres ont préféré attendre et lancer des projets plus ambitieux comme le magazine Project de Virgin ou TheDaily de NewsCorp.

TheDaily

Pour le moment tout le monde est en train de chercher le bon modèle économique (prix, système d’abonnement et de fidélisation…), mais le potentiel est bien réel. De plus, la distribution de magazines d’information sur l’iPad n’est qu’un début puisqu’il existe de nombreuses autres configurations de marché en fonction des types de contenu (Une seconde vie pour les contenus digitaux grâce à l’iPad ?) et des supports (notamment les e-readers).

L’iPad est donc un canal de distribution / monétisation viable. Vous voulez une preuve de plus ? Apple nous en fournit une belle avec son système d’abonnement pour les éditeurs de contenu. En résumé : iTunes va proposer aux utilisateurs d’iPad un système d’abonnement à des contenus moyennant une commission de 30%. Les éditeurs ont toujours la possibilité de vendre des abonnements grâce à leur site web, mais les transactions qui passent par iTunes seront ponctionnées de la marge d’Apple. Inutile de vous offusquer quand à cette posture très dirigiste de la firme de Cupertino, Amazon en fait de même avec le Kindle (Apple’s Big Subscription Bet: Brilliant, Brazen, Or Batsh*t Crazy?).

Là encore, nous avons la preuve que le contenu représente une réelle valeur que les industriels se disputent. Cette situation peut vous sembler malsaine dans la mesure où les éditeurs sont coincés entre le marteau et l’enclume (respectivement Apple et Amazon), mais la situation va se débloquer grâce à la progressive diversification du marché et la montée en puissance de machines concurrentes à l’iPad et au Kindle. D’ailleurs Adobe anticipe déjà ce phénomène avec la mise à disposition d’outils permettant de publier du contenu numérique sous forme d’applications mobiles pour iOS et Android : Adobe’s Digital Publishing Suite is Coming to Android.

Et on reparle des micro-transactions

Nous venons donc de voir que le contenu recommence à être apprécié à sa juste valeur et que les industriels se chamaillent pour verrouiller la chaine de distribution et capter un maximum de revenus sur les tablettes. Mais quid du web « traditionnel » ? Heureusement Google est là pour proposer une solution de monétisation des contenus (Google One Pass) qui va simplifier la vie des éditeurs : Powered By Google Checkout, One Pass Is A Payment System For Content Publishers.

Le principe est de proposer un système d’authentification unique (pour accéder à votre contenu depuis différentes machines) associé à un mécanisme de paiement universel (Google Checkout). Est-ce une bonne chose pour un éditeur d’esquiver Apple et Amazon pour se marier avec Google ? La question mérite d’être posée, car la dépendance entre les éditeurs et le moteur de recherche est déjà très forte (trop ?).

Au final, je pense que le grand gagnant de cette histoire sera le client car il aura à sa disposition des moyens simples pour découvrir, acheter et consommer des contenus numériques. Même si les différents canaux sont verrouillés par une poignée d’industriels, c’est un mal nécessaire pour favoriser le développement des usages et l’installation de nouvelles habitudes de consommation (et notamment les microtransactions). Il a fallu presque 10 ans à Apple pour rééduquer les clients vis-à-vis de la musique en ligne (et les faire accepter de payer plutôt que de télécharger illégalement), j’espère qu’il en faudra moins pour les contenus textuels (actualités, magazines, livres…).

Dans tous les cas de figure, je suis persuadé que le contenu aura sa revanche et sera monétisé à sa juste valeur. Après ça, tout est une question de maitrise des coûts de production (en intégrant la commission des intermédiaires de distribution) pour que l’opération reste rentable.

Bien évidemment nous sommes d’accord sur le fait que les dynamiques sociales et communautaires ne s’opposent pas à la monétisation / distribution du contenu. Au contraire : c’est un levier, pas un frein.

Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels

Voilà plus de 5 ans que l’on parle du Web 2.0 et de ses concepts disruptifs tel que le Software as a Service. Jusque-là tout allait bien et les industriels du logiciel préparaient tranquillement la migration de leur offre. Oui mais voilà, sous la pression d’Apple (avec son App Store) et d’une infinité de petits éditeurs, les grands de ce monde sont obligés de revoir leur copie et de proposer de nouveaux leviers de différentiation pour maintenir leurs parts de marché dans cet univers redevenu hyperconcurrentiel.

Je vous propose ainsi de faire le point sur ce que nous réservent les grands éditeurs dans leur quête du nouveau nouveau modèle de logiciel.

App Store et Personal Cloud Computing pour Apple

Dans le monde de la distribution de contenus numériques, il y a un avant et un après iTunes. Pierre angulaire de la transformation de la marque à la pomme, l’App Store est certainement l’ingrédient-clé de la réussite de l’iPhone. Autant Apple compte se la jouer très rustique en maintenant sa gamme iLife et iWork (des logiciels à installer, distribués dans des boites sur les étagères des magasins), autant ils préparent un gros coup avec le Mac App Store.

appstore

Avec cette déclinaison de l’App Store sur Mac OS, Apple souhaite ainsi donner un second souffle à son modèle de distribution de micro-applications. Des quoi ? Des micro-applications : des petites applications qui se concentrent généralement sur une tâche (ou une série de tâches) et sont vendues à petit prix. L’efficacité du modèle n’est plus à prouver, mais sauront-ils motiver suffisamment d’éditeurs pour atteindre la taille critique ? C’est la question que se posent certains : Might The Mac App Store Lead To A New Class Of Micro-Apps?.

Il va également falloir compter sur Mobile Me, l’offre de Personal Cloud Computing qui permet de partager des contenus (photos, vidéos…) entre vos différents appareils, de profiter d’applications en ligne comme l’email ou le calendrier et peut-être dans un futur proche de consommer de la musique sous forme d’abonnement (qui sait ce qu’Apple va faire de Lala.com ?). Bref, une offre assez vaste qui ne demande qu’à s’agrandir (avec des options payantes à la clé).

MobileMe

L’approche d’Apple semble donc être parfaitement diversifiée : Logiciels traditionnels (iLife…), App Store, outils en ligne (Mail, Calendar…) et Personal Cloud Computing (MobileMe).

Software + Service pour Microsoft

Du côté de Microsoft, l’offre de cloud computing a été entièrement repensée avec l’annonce récente d’Office 365, le nouveau vaisseau amiral (dans les nuages) de la firme de Redmond qui regroupe Office, Exchange, SharePoint… Le credo de Microsoft pour cette offre est de proposer du cloud computing comme les autres, mais avec les avantages et garanties de Microsoft (stabilité, sécurité, compatibilité…). Rien de très surprenant dans la mesure où Microsoft ne pouvait pas se laisser distancer par Google (Microsoft Rolls Up Cloud Services Into Office 365, Takes Aim At Google Apps). La grille de tarifs reste encore assez complexe (de 2$ / mois / utilisateur à 27$ pour l’offre complète) mais c’est tout de même un très grand pas pour le secteur : Office 365, le Cloud Computing a définitivement gagné la partie.

ExcelWebApp

Mais ce n’est pas tout, car on murmure également une Windows Marketplace parfaitement intégrée au futur Windows 8 (qui devrait sortir en 2013) et un Games for Windows Marketplace en avance de phase pour faire barrage au très alléchant Steam (Microsoft Games for Windows Marketplace relaunches in your browser on November 15) et bénéficier du levier communautaire au travers de XBox Live et Windows Live.

GamesForWindowsMarketplace

Au final, nous avons donc un mélange de Software and Services pour les entreprises et un App Store pour les particuliers. Pas mal pour le poids lourd du secteur qui a su réagir en très peu de temps.

Apps, Marketplace, Mashup et Web Store pour Google

En ce qui concerne Google, ils ne chôment pas depuis le lancement des Google Apps car la concurrence est rude (notamment des suites comme Zoho ou Zimbra) :

GoogleAppsMarketplace

Mais il y a surtout le Chrome Web Store qui devrait être lancé normalement le mois prochain en même temps que Chrome OS (Google Chrome OS = iOS + iTunes). On ne sait pas grand-chose encore sur cet App Store façon Google, juste qu’il fonctionnera à peu près comme l’App Store d’Apple (ou de Mozilla).

ChromeWebStore

Donc pour Google l’avenir du logiciel est résolument en ligne : Tout dans les nuages, rien sur le disque dur. Une posture intéressante, surtout avec la montée en puissance des terminaux alternatifs et nomades.

Le grand chelem pour Adobe avec Rome

Terminons ce tour d’horizon avec Adobe qui a été précurseur dans son approche de Rich Desktop Application avec AIR et qui veut donner un coup de pouce à la communauté des développeurs avec InMarket, une plateforme de distribution permettant de gérer la commercialisation d’applications sur plusieurs marketplace en même temps (Introducing Adobe InMarket: Reach milions, generate revenue).

IntelAppUp

Mais la grosse nouveauté d’Adobe est le lancement en beta de Project Rome, une application de nouvelle génération qui permet de créer et publier des contenus de tous types. La particularité de cette application, c’est que ça n’en est pas réellement une :

  • Vous pouvez lancer le logiciel dans votre navigateur (avec Flash) ou l’installer sur votre bureau (avec AIR) ;
  • Une place de marché de templates est disponible directement dans le menu ;
  • Vos créations peuvent être sauvegardées sur le disque dur ou publiées dans Acrobat.com pour inviter d’autres personnes à collaborer dessus ;
  • Il n’y a pas de licence à payer mais un abonnement mensuel.

ProjectROME

Non seulement Adobe réussit le tour de force de mélanger SaaS, RDA, cloud computing, marketplace, mais le logiciel en lui-même adopte un positionnement intéressant : moins puissant que les gros logiciels traditionnels de la Creative Suite mais plus riche que les micro-logiciels déjà disponibles comme Picnik (propriété de Google).

Au final, Adobe me semble être l’éditeur le plus innovant dans les modèles proposés : SaaS (Omniture), cloud computing (Acrobat.com), RDA, RMA (Photoshop Express)…

Une transformation obligatoire où tout change, mais rien ne change réellement

L’industrie du logiciel est donc en pleine mutation face à différents facteurs externes :

  • L’ascension fulgurante d’éditeurs indépendants comme SalesForce ou 37Signals ;
  • Le hold-up d’Apple dans les jeux mobiles ;
  • Les nouvelles pratiques de collaboration en ligne ;
  • L’arrivée prochaine en entreprise de terminaux alternatifs (touchbooks, smartbooks…).

Tout ceci pousse donc les éditeurs à chercher de nouveaux modèles et surtout à se réapproprier la chaine de valeur avec de la ré-intermédiation : Les logiciels sont plus distribués à la Fnac mais dans des App Stores propriétaires (avec les mêmes contraintes de référencement dans le catalogue, de têtes de gondoles…). Donc au final on prend les mêmes et on recommence… À ce sujet je précise que je n’ai pas mentionné IBM car je ne connais pas bien leur offre.

Et vous dans tout ça ?

Nous en venons maintenant à LA grande question : En quoi tout ceci peut vous être bénéfique ? Et bien tout dépend :

  • Si vous êtes un internaute, il n’a jamais été aussi simple de choisir et exploiter des logiciels et micro-logiciels (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes une PME, il n’a jamais été aussi simple d’exploiter des outils simples qui s’insèrent de façon transparente dans votre organisation naissante (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes un grand compte, il n’a jamais été aussi simple de s’affranchir des contraintes de déploiement et d’injecter une dimension collaborative dans votre système d’information (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes éditeur, il n’y a jamais au autant d’opportunités (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes une marque, il n’y a jamais eu autant de possibilité de points de contacts et d’interactions au travers d’applications sponsorisées ou d’applications de marque (donc n’hésitez pas).

Comme vous pouvez le constater, tout le monde gagne. C’est comme à l’école de fans mais avec des milliards de $ en jeu. Dans tous les cas de figure, il est pour le moment difficile de prédire quel sera le bon modèle (ou paradigme), mais il est par contre très simple de comprendre que les logiciels à l’ancienne sont définitivement condamnés (et relayés à des niches). Bon débarras !

MàJ (01/12/2010) : Adobe vient d’annoncer officiellement l’abandon du projet Rome. Autant vous dire que c’est la consternation et surtout l’incompréhension dans la blogosphère car le projet était réellement novateur et n’avait été lancé que depuis quelques semaines. Je pense qu’il n’y a qu’une explication rationelle à cette décision : une forte pression de la part des investisseurs qui souhaiteraient un peu plus de discrétion quand aux nouveaux modèles d’adobe (distribution, facturation…). C’est en tout cas très fâcheux…