10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur

2007 sera une grande année pour les interfaces riches (voir à ce sujet mon précédent billet). Pour célébrer cette révolution à venir, je vous propose de faire une rétrospective sur dix années d’évolution des interfaces web, en incluant un peu de prospective sur l’année à venir.

J’ai résumé tout cela dans ce schéma :

ria-rda-widget.jpg

La page HTML : simple et efficace

La manière la plus simple de réaliser une interface web est d’utiliser HTML. Pour consulter une page web, il faut : un système d’exploitation et un navigateur. C’est simple et efficace, suffisamment efficace pour faire fortune (à l’image d’eBay ou d’Amezon).

L’applet : un peu plus de puissance mais au détriment du confort d’usage

Durant la fin des années 90, sont apparus des micro-applications qui pouvaient être exécutées au sein d’une page web : les applets réalisées en Java. Pour pouvoir les exécuter, il fallait bien évidemment un système d’exploitation, un navigateur, mais également une machine virtuelle. C’est cette dernière qui servait à interpréter le code Java (qui n’a rien à voir avec Javascript).

Les applets permettent de faire plus de chose que le HTML mais au détriment du confort d’usage, car les applets sont lourdes et longues à démarrer (de 1 à 3 secondes) et que la machine virtuelle nécessite souvent des mises à jour intempestives. Quand il s’agit du configurateur en 3D de Volkswagen, ça va, mais quand il s’agit d’un simple calendrier pour choisir une date comme sur le site de la banque Fortis, c’est inadmissible.

Les RIA : le meilleur compromis à ce jour

Puis sont apparues les Rich Internet Applications qui proposaient de bien plus grandes possibilités d’affichage et de manipulation que le HTML. Ces interfaces riches pouvaient être réalisées en AJAX (à l’image du sélecteur de diamant d’Amazon ou du site de GAP) ou en exploitant des technologies vectorielles comme Flash ou WPF/E. Pour les faire tourner, vous devez posséder le bon plug-in (ce qui est le cas de 99% des ordinateurs pour Flash). L’intégration des animations au sein d’une page web est transparente et très performante (à l’image du très bon comparateur de Ford Vehicles).

Les widgets : petites mais terriblement efficaces

Plus récemment, des petits modules autonomes sont venus s’installer sur notre bureau : les widgets. Ces micro-applications nécessitent plusieurs choses pour pouvoir tourner : soit un programme appelé moteur de widget (Yahoo! Widget, Google Desktop, Kapsules sous Linux ou encore le navigateur Opera), soit un système d’exploitation de nouvelle génération comme Windows Vista ou Mac OS X.

Les RDA : l’avenir du logiciel ?

La toute dernière évolution des interfaces web s’appelle les Rich Desktop Applications. Tout comme les applets, les RDA nécessitent une machine virtuelle (Eclipse RCP, NetBeans, Java Web Start, XULRunner de Mozilla, Le futur Apollo d’Adobe ou encore le SmartClient de Microsoft). Ces technologies permettent d’avoir des interfaces aussi robustes que des applications et la simplicité de déploiement des sites web (pas besoin de les installer sur le système d’exploitation).

Plusieurs expérimentations sont en cours autour des RDA : SongBird (un concurrent de iTunes réalisé avec XUL), le Mozilla Amazon Browser (une RDA qui exploite le catalogue d’Amazon) ou encore le module d’eBay réalisé avec Apollo.

Conclusion : le service avant tout

Après ce formidable déballage des technologies toutes plus prometteuses les unes que les autres, je vous propose de faire le constat suivant : Qui avons-nous à gauche du schéma ? Amazon et eBay. Qui retrouvons-nous à droite du schéma ? Amazon et eBay. L’enseignement que nous pouvons en tirer est le suivant : si votre service est bon alors ces différentes technologies (et les plus récentes en particulier) ne doivent vous servir qu’à enrichir l’expérience utilisateur que vous proposez. Par contre si votre service n’est pas performant alors ne rêvez pas, l’interface (quelle que soit la technologie utilisée) ne compensera pas une expérience utilisateur négative.

Je vous laisse méditer là dessus…

Best of 2006

Voici ma sélection des billets les plus marquants de l’année 2006, soit parce qu’ils ont entrainés de fortes réactions, soit parce qu’ils me tiennent à coeur.

Interfaces innovantes

Toujours plus de performance et d’incitation

Innovations en tout genre

Coups de gueule

Remises en question

Il y a des jours où j’étais vachement inspiré

Les temps forts de l’année

Voilà de quoi vous occuper pour la journée (du moins pour celles et ceux qui ont découvert récemment ce site). Dès demain je vous ferais une rétrospective sur mes précédentes prédictions.

Un screencast sur l’ergonomie incitative

J’ai déjà l’occasion de vous parler d’ergonomie incitative, cette pratique qui consiste à maximiser les impacts visuels et émotionnels d’une interface web pour provoquer l’adhésion (achat, inscription…). Je souhaite vous faire découvrir aujourd’hui un screencast dédié à l’ergonomie incitative : Captology TV. Pour celles et ceux qui se posent la question, un screencast c’est comme un podcast sauf qu’au lieu de filmer des gens, on filme des écrans, ce qui est bien pratique quand on parle de conception de sites web.

Logo de CaptologyTV

Pour la petite histoire, la Captology est une discipline développée au Stanford Persuasive Technology Lab qui consiste à étudier la capacité d’un site web ou d’un service mobile à modifier les impressions et les comportements des utilisateurs.

Schéma décrivant la Captology

Il est à noter que cette discipline est à la croisée d’autres disciplines comme le Persuasive Design ou la Web Credibility. Mais bon, ne vous laissez pas impressionner par tout ces termes barbares, il est essentiellement question d’améliorer la performance de sites web, voilà pourquoi j’englobe tout ça dans l’ergonomie incitative.

Vivement la Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2007 !

Et oui… la Journée Mondiale de l’Utilisabilité c’est un peu comme le Tour de France : on l’attend toute l’année et ça passe toujours trop vite…

Bref, tout ça pour dire que j’ai été enchanté par le déroulement de cette journée :

  • un accueil très chaleureux de la part du public ;
  • des interventions de qualité (dont de très belles vidéos de eye-tracking oculométrie et d’interfaces 3D) ;
  • des locaux très sympas et parfaitement adaptés (tout le monde avait une place assise, mais il ne restait quasiment plus de places libres) ;
  • de très belles démonstrations lors des workshops ;
  • de la détente et de la bonne humeur (aussi bien pour la matinée que pour la soirée).

Je vais maintenant me livrer à l’inévitable séance de remerciements :

  • Denis de la FING pour son soutien logistique ;
  • Sophie, Laetitia, Isabelle, Teresa, Amandine et Nicolas pour leurs présentations (les vidéos devraient être publiées très prochainement…) ;
  • tous ceux qui ont participé aux espaces démonstration (trop de monde pour que je retienne tous les prénoms) ;
  • les sponsors pour les t-shirts ;
  • l’équipe technique…

Mais comme je sais que la seule chose qui vous intéresse ce sont les supports de présentation, je vous propose sans plus tarder mon diaporama : Les futurs défis de l’utilisabilité (format PDF, 4,3 Mo).

Je suis en train de collecter les différentes présentations de chacun et je publierais le tout sur SimpleWeb.fr, ainsi qu’une collection de liens et les vidéos. J’ai également publié des photos sur FlickR : World Usability Day 2006 – Paris (si vous vous reconnaissez et que vous ne souhaitez plus apparaitre sur ces photos, faites le moi savoir au plus vite).

Bon allez, c’est pas tout ça, mais il faut que je commence à réfléchir à la prochain édition !