Compte-rendu du Forum Net Explorateur 2009

C’est cette semaine que se tenait l’édition 2009 du Forum Netxplorateur, une grande conférence annuelle dont l’objectif est d’observer les tendances et les innovations de la culture numérique. L’objectif de cette manifestation est de « comprendre les nouveaux enjeux d’une culture numérique en perpétuelle mutation« . Bon OK ça fait un peu pipo mais il n’empêche que l’on pouvait croiser du monde à cette conférence.

Outre les interventions et les ateliers, il y avait également le palmarès qui récompense les projets les plus innovants (nous y reviendrons) mis également 5 scénarios qui ont été analysés :

  • Web2World, lorsque le monde virtuel permet d’améliorer la vie réelle ;
  • Activism 2.0, Quand le e-militantisme entraine des actions dans le réel (un troisième pouvoir ?) ;
  • Crowdmash, l’application et notation des informations trouvées sur le web ;
  • Freeconomics, la frontière entre payant et gratuit se confond (vers un nouveau modèle économique ?) ;
  • Map, Tag & Track, Localisation, ciblage et marquage des informations omniprésent sur le web.

Comme vous pouvez le constater le niveau de réflexion est plutôt élevé et les débats bien ciblés.

Palmarès Netexplorateur 2009

Cette édition 2009 du Forum est également l’occasion de mettre un coup de projecteur sur 10 projets innovants :

  • Aka-Aki, un réseau qui met les fonctions sociales du web à disposition sur téléphones mobiles pour une utilisation de proximité ;
  • Auditude, une application en ligne qui identifie automatiquement les programmes piratés et, sans les supprimer ni même empêcher leur lecture, leur surimpose automatiquement un avertissement et une bannière publicitaire ;
  • CarrotMob, un programme d’actions militantes en faveur du développement durable ;
  • Edison SmartConnect, un réseau interactif entre un nouveau type de compteur électrique “intelligent“, relié éventuellement aux appareils électroménagers à domicile, et le producteur d’électricité, pour mieux gérer les consommations hors des heures de pointe ;
  • Google Flu Trends, un observatoire des épidémies de grippe en se fondant sur les requêtes des internautes ;
  • New Songdo City, une ville nouvelle en Corée, créée de toutes pièces comme vitrine d’un mode de vie 100% numérique dans un univers d’objets intelligents interactifs ;
  • Sekai Camera, une application de réalité augmentée pour iPhone doté de GPS et caméra, qui propose d’enrichir de commentaires l’environnement que l’on parcourt ;
  • Shop Savy, un service mobile qui à partir du code-barre d’un produit, lance un un comparateur de prix qui indique les meilleurs tarifs à proximité, avec informations, et vous guide jusqu’à la boutique ;
  • Ushahidi, une plateforme de mash-up qui fusionne tous les messages de témoins pour tenir à jour en temps réel une carte des évènements en cours ;
  • Wizzit, une des applications africaines du “Mobile Banking“, dont l’originalité est de viser les clientèles les plus modestes pas encore bancarisées.

De très beaux projets mais qui mériteraient une bien meilleure présentation sur le site web du Forum (une authentique catastrophe ergonomique).

Intervention de NKM

C’est une Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et de l’Economie numérique) triomphante qui débarque dans la salle de conférence pour une courte intervention :

  • La mission de NKM est de favoriser les échanges électroniques dont peut bénéficier l’éconoie française ;
  • Allusion à la Corée du Sud et à leur modèle numérique très avancé (réseaux ubiquitaires, 4G, objets communicants…) ;
  • Les usages se construisent par la base en fonction des besoins et de la créativité des utilisateurs (cf. l’utilisation des minutes de téléphonie mobile comme monnaie en Afrique) ;
  • Deux tendances très marquées : Internet participatif et Internet mobile ;
  • 4 usages courants (consommation et commerce en ligne, transport et géolocalisation, maintient du lien social et domotique) qui sont sources de croissance ;
  • L’investissement dans l’innovation numérique permet de créer rapidement de la richesse et des emplois ;
  • Le développement numérique est un levier de croissance pour tous les secteurs ;
  • L’économie numérique touche plus de secteurs que ceux de l’internet et des telecom, les solutions de sortie de crise sont à chercher dans tous les domaines.

nkm

Une allocution suivie d’une série de questions / réponses :

  • Marc Fossier, CTO de Orange > Quid du problème des bornes relais ? Le problème vient de la mécompréhension des risques, il faut mettre tous les acteurs autour d’une table pour sortir d’un tête à tête entre les associations et les opérateurs et initier une véritable discussion. Il y a conflit entre le désir d’avoir une couverture plus large / performante et la peur latente vis à vis de la nocivité des ondes.
  • Georges- Edouard Dias, resp. e-commerce de L’Oréal > Quid de l’intégration du numérique dans l’enseignement (internet à l’éducation nationale) ? Il existe un projet de 50 M€ pour développer des classes numériques. Il faut réconcilier le discours très porté sur les risques avec le quotidien de l’utilisateur qui y voit beaucoup d’avantages (le débat est polluer par les risques). Nécessité de faire avancer le débat sur le télé-travail, sur l’authentification via la carte d’identité numérique (e-administration).
  • Bandra Singh Bindra, directeur de l’innovation chez Logica > Nous constatons une très forte croissance de l’internet dans les pays à économie émergente (Chine, Inde, Brésil…), est-ce une opportunité ou une menace ? Il y a de grosses opportunités dans la e-santé (coordination mondiale pour la lutte contre les épidémies).
  • Michel Ktitareff > Comment aider les start-ups françaises à percer le marché US ? Il existe deux problèmes pour les start-up françaises : l’obtention de crédit pour accélérer la croissance (risque de rachat par un acteur étranger) et l’internationalisation. Deux solutions : Le développement de lieux d’innovation, La stimulation des incubateurs pour favoriser l’internationalisation des projets dès le début.
  • Un question via Twitter > Quid du tarif social chez les opérateurs ? Un appel d’offre en cours (matériel + accès haut-débit pour moins de 35 € par mois).

Beaucoup d’humour et d’aisance chez NKM qui semble bien maîtriser le dossier. Comme elle vient juste de récupérer ce portefeuille, attendons de voir les premières mesures.

J’ai été très agréablement surpris par la qualité du programme et des interventions de ce Forum qui mérite plus de visibilité. J’espère sincèrement que des vidéos et comptes-rendus seront publiés sur leur site. Et puisque l’on en parle, je trouve très regrettable que du si bon contenu (et des thèmes porteurs) soient « victimes » du site qui ne facilite vraiment pas la lecture (ni même le référencement). Là il faut vraiement faire quelque chose les gars…

La souris est-elle ringarde ?

Inventée en 1972 au PARC de Xerox, la souris serait-elle envoie de ringardisation ? C’est en tout cas la question que l’on est en droit de se poser au vue des dernières expérimentations en cours.

Tout à commencé avec le célèbre site Dont’t Click It qui proposait une navigation sans clic (tout au survol de la souris).

Puis il y a eu le lancement de la Wiimote par Nintendo qui a donné des idées aux constructeurs comme Logitech (avec la Air Mouse) et Lenovo (cf. Lenovo to sell ‘Wii-like’ PC ‘air-mouse’).

logitechairmouse

Ensuite il y a eu cet incroyable site de Publicis & Hal Riney où il fallait bouger la tête devant sa webcam pour naviguer entre les pages :

hpr

Et maintenant il y a ce site (Eric Chan Design) qui propose d’utiliser la fonction d’accéléromètre des derniers Macbook pour faire bouger le contenu :

ericchan

Non vraiment je me demande ce qu’ils vont nous inventer la prochaine fois : Une navigation spatialisée ? Une navigation commandée par à la voix ? Une navigation commandée par SMS ?

(via Hebiflux)

Quand la réalité augmentée s’invite dans les boutiques LEGO

Vous connaissez la réalité augmentée ? Mais si enfin : « un système informatique qui rend possible la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel« . Les afficheurs tête haute des avions ou les casques qui délivrent des explications audio dans les musées peuvent être considérés comme de la réalité augmentée.

Bon bref, plus récemment nous avons commencé à voir apparaitre des applications de plus en plus remarquables de la réalité augmentée, notamment sous l’impulsion d’acteurs comme Total Immersion (voir la démo ici : Réalité Augmentée / Total Immersion), avec des projets pour Citroën (Citroën C3 Picasso : le modèle réduit en réalité augmentée sur iPhone) ou encore cette expérimentation en Papervision 3D (Papervision – Augmented Reality).

Bon bref, tout ça pour vous dire que LEGO est en train de lancer une expérimentation fondée sur la réalité augmentée dans un certain nombre de boutiques en Allemagne: LEGO’s Digital Box. Cette expérimentatin met en scène des bornes interactive avec une caméra. Il vous suffit de montrer une boîte à la caméra pour faire apparaître le modèle en 3D :

La réalité augmentée chez LEGO
La réalité augmentée chez LEGO

Génial, non ? Même dans mes rêves d’ado je ne pensais pas à des choses comme ça. Si vous avez d’autres exemples en tête, n’hésitez pas à mettre des liens dans les commentaires.

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par « extras« , je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être « porté » sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation « sociale » (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils « maison » (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de « posséder » leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que « seconde chance » est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

E-book + iPod Touch = Amazon Kindle

Grosse surprise hier lors de l’annonce par le patron d’Amazon du lancement d’un nouveau terminal dédié à la lecture de livres électroniques : Amazon Kindle.

Kindle

 

Au-delà de son look quelconque, ce petit terminal propose une expérience utilisateur tout à fait intéressante :

  • C’est un terminal autonome (pas besoin d’ordinateur) et extrêmement petit (une demi page A4) ;
  • Il utilise un affichage révolutionnaire d’encre électronique (décuplant ainsi la durée de vie des batteries) ;
  • Il se connecte automatiquement à la boutique Amazon (les livres que vous y achetez sont téléchargés en moins d’une minute grâce au réseau de téléphonie mobile) ;
  • Vous pouvez vous abonner à des grands journaux ou à des blogs pour pouvoir les lire tout les matins sans avoir à allumer votre ordinateur.

 

Kindle2

Et c’est bien là où ce produit est révolutionnaire : il élimine deux sources de problèmes (l’ordinateur et les opérateurs de téléphonie). Comprenez par là que dès lors où vous devez relier un terminal à votre ordinateur, tout se complique : problème de synchronisation, logiciels à installer et paramétrer, conflits… De même, dès que vous commencez à vouloir exploiter le réseau de téléphonie mobile, les opérateurs vous tombent dessus avec leurs histoires d’abonnements, de paiement à la minute…

Amazon a donc opté pour une expérience radicalement différente en rendant transparente la connexion de son terminal à l’internet. Tout ce fait par l’intermédiaire de Wispernet, la technologie d’Amazon qui repose sur le réseau haut-débit de Sprint. Vous noterez au passage qu’Amazon devient donc un MVNO verticalisé.

Cette approche transparente de l’utilisation du réseau de téléphonie mobile (pas de forfait, tout est inclus dans le prix du livre) est une petite révolution. Elle ouvre la voie a une expérience d’usage complètement différente. Ça ne vous rappelle rien ? Mais si enfin : l’iPod Touch et sa connexion Wifi grâce à laquelle vous pouvez acheter des morceaux sur iTunes sans passer par votre ordinateur.

Pour plus d’informations je vous recommande cette série de liens :

Vivement que ce produit soit disponible en France !