Retour gagnant pour Yahoo!

Alors que l’on croyait Yahoo! condamné à une lente agonie, voilà que les annonces des ces dernières semaines me laissent à penser que la firme de Sunyvalle pourrait bien réussir une transformation spectaculaire qui en ferait un acteur de premier plan (devant Google, Microsoft, Amazon…) à l’approche de 2009.

Oublions donc les difficultés financières, les départs en série au sein du Top Management ou cette lassante histoire de rachat qui n’en finit plus de rebondir.

Y!OS, le premier Social OS d’envergure ?

Voilà plusieurs mois maintenant que Yahoo! a entamé un grand chantier d’ouverture baptisé Yahoo! Open Strategy (Y!OS pour les intimes). Il s’agit d’un gigantesque chantier de transformation qui vise à complètement ouvrir la plateforme de Yahoo! vers un modèle 100% social.

Ceci est d’autant plus intéressant que Yahoo! reste jusqu’à preuve du contraire une destination incontournable pour les internautes et un véritable vivier social avec plus de 250 millions d’utilisateurs (mail, My Yahoo…).

Au cours des derniers mois différentes annonces ont ainsi servis à dessiner un tableau tout à fait convainquant de ce que pourrait être le « nouveau » Yahoo! à l’heure des médias sociaux :

 

yos

Des échecs compensés par de francs succès

Alors bien sûr vous pourriez me dire qu’il y a eu les échecs d’un certain nombre d’initiatives internes (360, Mash) mais comme dit le proverbe : « qui ne tente rien n’a rien« .

Je préfère plutôt regarder les succès de FlickrR, Delicious, UpComing, Pipes. Ces services font maintenant parti du quotidien des internautes et ils auraient bien du mal à s’en passer. Plus fort, ils font également parti du quotidien des développeurs ;-)

Outre ces services, n’oublions pas qu’il subsiste chez Yahoo! un certain nombre de projets « dormants » qui présentent un fort potentiel (Buzz, Kickstart, MyBlogLog, Live…), des initiatives locales (Yahoo Launches Social Network In India), sans oublier des services plus anciens mais que l’on pourrait redécouvrir à la lumière des évolutions du marché :

  • Yahoo! Games qui pourrait bien faire un retour en force dans le paysage du casual gaming (à l’image du tout nouveau Play Sega) ;
  • Yahoo! Avatars qui pourrait prendre des parts de marché à de nombreux pseudo-univers virtuels.

Bref, Yahoo! regorge de « pépites » pour diversifier ses activités et nourrir une audience très disparate.

Et ce n’est que le début…

Mais figurez-vous que le pire dans tout ça, c’est que Yahoo! est également présent sur d’autres sujets critiques :

Bref, Yahoo! est sur quasiment tous les fronts, dans l’ombre de Google.

Voilà pourquoi, malgré la période trouble qu’il traverse, Yahoo! reste et sera toujours un acteur leader de l’internet, peut-être même celui qui a le mieux préparé sa transformation vers un web plus ouvert, plus social.

YouTube, nouveau terrain de jeu des annonceurs ?

Nous savions déjà que YouTube (du fait de sa considérable audience) est une cible archi-privilégiée pour les annonceurs qui espèrent y voir tourner leur dernière vidéo virale. Nous avons vu récemment des choses un peu plus originales avec cette nouvelle fonctionnalité d’annotation (cf. Annotation sur YouTube : opportunités marketing ou spam ?).

Il semblerait qu’une nouvelle forme de communication soit en train de se développer avec l’apparition de jeux du type « la vidéo dont vous êtes le héros » sur YouTube comme celui-ci à l’occasion du Mondial de l’Auto : A Car’s Life.

Le principe est simple : il suffit de cliquer au bon moment pour passer au « niveau suivant ». Nous sommes bien loin d’un Grand Tourismo ou même d’un Drift City (lire à ce sujet : Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $), mais l’initiative est intéressante.

À quand un jeu de boxe sur YouTube ?

(via PPC)

L’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ?

Social Network, Social Games, Social Software, Social Computing… j’ai comme l’impression que « social » est devenu le nouveau buzzword à la mode ! Plus sérieusement, les médias sociaux ont  modifiés profondément et durablement le paysage de l’internet, et il n’y aura pas de retour en arrière. J’irais même plus loin en écrivant que nous assistons plutôt à une fuite en avant vers du « tout social ».

Illustration avec la presse en ligne : Quasiment tous les portails d’actualité (Le Monde, Libération, Le Figaro, L’Express, 20 Minutes…) proposent un système de commentaires / notation. Si cette première étape de « socialisation » d’un site d’information est maintenant généralisée, il va falloir aller plus loin pour fidéliser les internautes.

C’est ce qu’a fait le New York Times en laçant son propre réseau social : TimesPeople. Bon… inutile de s’enflammer, il ne s’agit pas tant d’un réseau social que d’une extension sociale de leur portail qui repose principalement sur les… commentaires et notations.

Le réseau social du NY Times

Le site propose maintenant une toolbar (« socialbar » ?) en haut de page qui invite les internautes à s’identifer :

La nouvelle toolbar du NY Times

Une fois identifiés, les membres peuvent noter, commenter et partager des articles et bonnes adresses. Tout ceci est aggréger au sein de leur profil (« public activities« ). On retrouve également la possibilité d’importer des contacts et de trouver des membres avec un profil et/ou des centres d’intérêts similaires.

Une initiative intéressante mais qui laisse tout de même sur leur faim les observateurs avertis qui trouveraient plus d’intérêt à déployer un réseau social sur plusieurs sites d’actus / titres (cf. New York Times Launches TimesPeople Social Networking Site). C’est d’ailleurs la stratégie adoptée par MTV Networks avec Flux, qu’ils définissent comme une cross-site social media platform (cf. MTV Networks Acquires Social Project to Accelerate Reach of Flux).

Tout les sites associés au réseau Flux de MTV

Autre hypothèse : s’adosser à un réseaux social existant (cf. Social Network at New York Times – Good Execution of a Strange Idea), chose qu’ils avaient pourtant déjà faite très récemment (cf. New York Times, LinkedIn Enter Content Partnership). En y réfléchissant on se dit qu’effectivement vu le lectorat du NY Times ils auraient mieux fait de monter un partenariat avec LinkedIn qui se positionne très clairement sur le haut du panier. D’ailleurs ils viennent de lancer un programme un ciblage comportemental étendu pour lequel le NY Times est un partenaire idéal : LinkedIn To Launch Its Own Ad Network.

Mais revenons à nos moutons : pourquoi vouloir sociabiliser un site d’information ? Visiblement pour améliorer la fidélisation (ils parlent de content engagement). Cette démarche est la bonne mais mériterait un dispositif un peu plus poussé à l’image de ce qu’à fait FastCompany avec son Business Conversation.

Un page profil du réseau 'Business Conversation' de FastCompany.com

Le principe est le même : une communauté de lecteurs mais avec des leviers sociaux plus puissants comme des blogs, des groupes ou un système de profils et de matching plus complet. Mais la question se pose à nouveau : pourquoi développer un réseau social propre à FastCompany alors que le lectorat est très proche de l’audience de LinkedIn ?

Peut-être existe-t-il un solution intermédiaire qui consisterait à mettre en oeuvre une couche sociale compatible avec les réseaux sociaux. C’est un peu à ça que sert DataPortability et visiblement ils sont passés à côté de cette opportunité.

Toujours est-il que ce modèle de communauté d’intérêt centrée autour d’une forte activité éditoriale en inspire plus d’un comme en témoignent la montée en puissance de plateformes de publication « sociale » comme PublicSquare ou HyperWeek (cf. Raphael Briner launches Hyperweek. It’s Facebook + WordPress).

Alors… l’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ? Éric ?

A quoi ressemble la blogosphère en 2008 ?

C’est à l’occasion du Blog World Expo que Technorati (le moteur de recherche de blog) à publié son rapport annuel sur la blogosphère : State of the Blogosphere – 2008.

Plusieurs indicateurs dans ce rapport nous mènent à penser que le phénomène des blogs est en train de se « tasser » et de rentrer dans le quotidien des internautes. Comprenez par là que les bloggeurs ne sont plus vus comme des extraterrestres / pionniers / égocentriques (rayez la mention inutile) mais comme des individus lambda qui pratiquent une activité sociale sur le web.

Les chiffres montrent un ralentissement

Parlons des chiffres tout d’abord : 133 millions de blogs indexés depuis 2002.

blogosphere2008

Un bien beau chiffre, mais qu’il faut relativiser car sur ces 133 millions de blogs, seuls 1,1% ont publié au moins un billet sur les 7 derniers jours. Il n’y aurait donc que 1,5 millions de blogs réellement actifs. En fait nous serions passés de 1,5 millions de billets publiés en 2007 à 900.000 en 2008 : State of the Blogosphere 2008: Technorati Numbers Indicate Blogging Is Niche and Slowing.

Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement avec la montée en puissance de nombreux médias sociaux alternatifs (microblog, réseaux sociaux…) qui fragmentent les usages et surtout permet de combler un besoin latent mais pas suffisant pour se lancer dans l’aventure. Autre conséquence, l’attention des lecteurs de blogs est diluée / éparpillée sur d’autres supports « sociaux » (c’est l’arroseur arrosé). Et il en va de même pour l’influence : Are The Influencers Less Influential Now That The Masses Have Arrived?. Serait-ce la fin du mythe du bloggeur influent ?

Blogguer est une activité rentable… pour les américains !

Autres chiffres très surprenants : le revenu moyen annuel est de 6.000$ et dépasse même les 75.000$ pour les blogs avec plus de 100.000 visiteurs uniques  par mois. 75.000$ par an ? Soit je suis le dernier des cons (et je devrais arrêter mon activité de conseil / formation), soit les conditions de marché sont complètement différentes en France ! Visiblement je ne suis pas le seul à être surpris : State Of The Blogosphere: Get To 100K Uniques, Make $75K/year.

Bon… inutile de nous emballer, ces chiffres sont surtout valables pour ceux qui blogguent en anglais dans un pays où le marché (annonceurs, régies publicitaires, intermédiaires…) est beaucoup plus mature.

Bon ceci étant dit, le rapport explique également que les pratiques de blog sont largement rentrées dans les moeurs et qu’elles sont très utiles pour construire sa marque personnelle (cf. How To Grow Your Personal Brand).

Une répartition démographique qui diverge selon les continents

Continuons notre analyse avec ces chiffres équivoques sur la répartition homme/femme en fonction du continent :

blogosphere_gender

Hé oui, en Europe tout comme en Asie les bloggueurs sont sur-représentés par rapport aux bloggueuses. Pourquoi ? Je ne sais pas, et je ne me risquerais pas à commenter ce chiffre ;-)

Et puisque l’on parle de continents, voici la répartition du volume :

blogosphere_continents

Près de la moitié des blogs sont américains ? Difficile à avaler. Reformulons ça en : « plus de la moitié des sites assimilés à des blogs qui sont indexés par Technorati sont américains« . Voilà qui me semble mieux pour nuancer cette donnée.

Le bloggueur européen existe-t-il ?

Terminons enfin par ce portrait-robot du bloggueur européen :

blogosphere_europe

 

Mouais… pas très convainquant tout ça… Est-ce vraiment intéressant de niveler les pratiques et les influences culturelles au sein d’un continent comme l’Europe ? Non pas réellement.

Mais ne crachons pas non plus dans la soupe, ce rapport est tout de même une aubaine pour l’industrie car il permet d’avoir une photographie précise de la blogosphère US (qui pilote une partie du marché) et qui illustre également la diversité des profiles : Who Are the Bloggers?.

Seule une partie du rapport a été publié, j’attends avec impatience la suite…

Le microblogging est-il en voie de maturation ?

C’est en tout cas la question que l’on peut se poser au vue des dernières nouvelles du « marché » :

Bref, l’actualité du microblogging est très très chaude.

Évolution logique de tout ceci, l’arrivée de services de niche et d’applications verticales :

Moralité, c’est le moment où jamais de vous intéresser au phénomène du microblogging : Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?.