De la 3D à tous les étages chez Fiat UK

Je viens de découvrir le nouveau site de Fiat en Angleterre (Fiat.co.uk) qui fait un usage intensif de la 3D :

Fiat_Showroom

 

Un site tout en Flash avec de la vidéo grand format et des commentaires audio. L’accessibilité n’a pas été totalement oubliée puisqu’il existe une alternative dans le code source, puisque les commentaires sont sous-titrés (c’est déjà ça) et puisque les URL sont lisibles.

Sinon ce site est un modèle de richesse :

  • Présentation de la gamme au sein d’un showroom 3D très réussi ;
  • Présentation de chacun des modèles avec une cinématique très impressionnante ;
  • Assistant au choix (Help me choose) à partir des critères suivants : prix, performances, consommation et capacité ;
  • Configurateur entièrement visuel ;
  • Comparateur de modèles, Dealer locator avec images satellite…

 

Fiat_Vehicle

La navigation est très simple et efficace (copie quasi conforme du site de Cadillac avec le logo au centre, mais avec un effet de transparence en plus). Le site est remarquablement clair et intuitif, les fonctions clefs sont facilement identifiables et surtout présentées en contexte.

Cerise sur le gâteau, une petite touche d’humour très british dans le commentaire du Doblo.

Voilà en tout cas un très bel exemple de ce qu’il est possible de faire avec de la 3D. Pour l’instant tout est pré-calculé, mais on peut rêver à un avenir proche où les showroom seront entièrement dématérialisés et où l’on pourra circuler dans un environnement 3D et même se téléporter sur un circuit ou en ville pour faire un petit essai virtuel. (Merci à Cédric pour le lien et l’analyse rapide)

Interfaces riches : des expérimentations, de la mesure d’audience et des marques

Je vous propose ce soir un billet dédié aux interfaces riches :

Microsoft élargit son offre de client riche avec la sortie d’Acropolis

Microsoft vient d’annoncer la sortie d’une première version (Community Technology Preview 1) de son environnement d’exécution WPF et WinForms : Acropolis, autrement appelé Windows Client.

Logo de Windows Client

Vous avez du mal à suivre ? C’est normal, moi aussi !

Donc récapitulons :

  • avec Vista, il est possible de faire tourner des applications riches (des RDA) via une technologie de description d’interfaces (WPF) ;
  • mais on peut également faire tourner de très belles applications riches à l’aide du framework .Net et de Smart Client ;
  • et vous avez en plus la possibilité d’exploiter Silverlight (pour lequel il y a deux sites : Silverlight.net et Microsoft.com/Silverlight), un plug-in qui permet de faire tourner des applications .Net ET WPF ;
  • et comme si ça ne suffisait pas, maintenant on nous parle de Windows Client qui fait la même chose mais en mieux parce qu’il supporte les WinForms !

Au final, on se retrouve avec un Windows Client dont on ne sait pas bien s’il est le concurrent d’Apollo, d’Eclipse RCP, de Netbeans, de la machine virtuelle Java, de JavaFX… ou même de Silverlight !

Bref, c’est pas simple et c’est bien dommage car l’enjeu est énorme : les applications d’entreprise. Espérons que Microsoft va simplifier sa gamme et positionner ses produits de façon un peu plus précise.

En attendant, je vous propose quelques articles :

Sun relance Java dans la compétition des interfaces riches

Rich Green, le vice-président de la division software de Sun, vient d’annoncer le lancement de JavaFX, une nouvelle plateforme d’interfaces riches.

Nouvelle ? Oui parce que historiquement Java et sa machine virtuelle furent les premiers à se positionner sur ce créneau (les applications en ligne).

Plateforme ? Oui parce qu’elle regroupe plusieurs composants dont le toolkit d’interface graphique Swing et la langage JavaFX Script. Mais également car il existera une version mobile : JavaFX Mobile.

Interfaces riches ? Oui, nous parlons bien d’un plug-in (au même titre que Flash ou Silverlight) pour faire tourner des animations vectorielles.

Plus d’infos ici : Sun enters the Rich Internet Application world with JavaFX.

Un concurrent pour Silverlight plutôt que pour Flash

JavaFX est la réponse de Sun à Microsoft et son Silverlight. Issu de l’univers informatique traditionnel, Sun n’a ni la culture, ni l’ambition de s’attaquer à Adobe (et à ses produits). D’ailleurs, les clients et prospects de Sun ne sont pas les même qu’Adobe (et Macromedia à son époque).

En proposant une alternative simplifiée de Java, Sun espère démocratiser sa plateforme et la faire sortir du cadre de l’entreprise. D’ailleurs Rich Green le dit lui-même : This is Java for consummers, for individuals – not just enterprise, not just corporate.

Et c’est là la force de Sun : pouvoir s’appuyer sur une base de plus de 5 millions de développeurs Java et sur le soutien de partenaires de choix comme IBM, BEA, Oracle et même Google.

Petite précision : le langage Java n’a strictement rien à voir avec Javascript. Par contre, JavaFX Script sera semble-t-il très proche de Java ET de Javascript. Un compromis parfait entre ces deux mondes jusqu’alors incompatibles ? Peut-être… en tout cas certainement à terme puisque JavaFX Script sera open source. Il y a donc fort à parier que la communauté se chargera de le faire évoluer dans le bon sens.

Bref, en ouvrant (de nouveau) la porte du navigateur aux développeurs Java, Sun fait le même pari que Microsoft avec Silverlight (qui sera compatible avec la plateforme .Net) : séduire les développeurs d’applications d’entreprise et les amener sur le terrain des interfaces riches grand public.

Un pont vers la mobilité avec JavaFX Mobile

C’est avec beaucoup de clairvoyance que Sun fait d’une pierre deux coups et propose une déclinaison mobile avec JavaFX Mobile : capitaliser sur une plateforme unique et remplacer Java Mobile Edition qui semble poser des problèmes de compatibilité.

Le monde de la mobilité présente ainsi de nombreux attraits : il existe plus de 2 milliards de téléphones compatibles Java et quasiment aucun concurrent qui puisse assurer une relative compatibilité entre les systèmes d’exploitation mobiles (Windows Mobile, Symbian, Palm OS…). Voici donc une très bonne occasion pour Sun de s’implanter sur le créneau des RMA.

Cette annonce est d’autant plus importante qu’un nouvel entrant débarque sur le marché le mois prochain : Apple et son iPhone qui tournera sur un OS dérivé de Mac OS X donc d’Unix (le système d’exploitation privilégié par Sun). Cette parenté entre Apple et Sun autour d’Unix se matérialisera très certainement avec la prise en charge de JavaFX Mobile par l’iPhone. Peut-être pas dans la première version, mais sûrement dans la seconde qui sera commercialisée en Europe à la fin de l’année.

Plus d’infos ici : Sun tries again with consumer-flavored Java.

La promesse du write once, run anywhere

En proposant aux développeurs Java de pouvoir déployer leurs applications sur le poste de travail (en s’appuyant sur la machine virtuelle Java), dans un navigateur (avec JavaFX) et sur les terminaux mobiles (avec JavaFX Mobile), Sun vole la vedette à Microsoft et Adobe sur le terrain des plateformes RIA / RDA.

Encore faut-il que cette nouvelle plateforme tienne ses promesses et surtout que Sun parvienne à rassurer la communauté sur certains points d’ombre :

  • Quelles seront les caractéristiques réelles de JavaFX (performances, consommation de ressources système, stabilité, montée en charge…) ?
  • Quand sera disponible la nouvelle version de la machine virtuelle Java / JavaFX ? Sur quels systèmes d’exploitation (Mac ? Linux ?)
  • Comment cohabiterons les machines virtuelles permettant de faire tourner des clients riches (RDA) : NetBeans, Eclipse RCP, Java Web Start ?
  • Quelle va être l’accueil de l’industrie et de la communauté open source à cette nouvelle plateforme venant s’ajouter aux autres ?

Attendons et observons…

Bilan du MIX07

Et voilà, c’est la fin du MIX07 qui c’est déroulé pendant tout une semaine à Las Vegas. Alors que je suis encore en train de me remettre du décalage horaire, je vous propose de prendre un peu de recul et de faire un petit bilan de la semaine et des impacts à prévoir pour les prochains mois (années ?).

Une réorientation stratégique pour Microsoft

Je ne suis pas un habitué des conférences et autres évènements Microsoft, mais ce qui est certain, c’est que nous avons pu observer un nouveau virage dans le discours de Microsoft : Abandonner cette image de position dominante et afficher une volonté d’ouverture. Pas une seule conférence n’a été faite sans que l’on nous rassure sur la compatibilité vers d’autres navigateurs (Firefox, Opera, Safari) ou d’autres systèmes d’exploitation (principalement Mac). Les démonstrations étaient ainsi systématiquement montrées sous Windows / IE et Mac / Firefox.

Ca n’a l’air de rien, mais ceci est révélateur d’une nouvelle posture pour Microsoft qui semble avoir assimilé le fait qu’une partie des utilisateurs de l’outil informatique sont maintenant définitivement acquis au culte Apple. Il était intéressant de compter le nombre de Mac Book qui trainaient dans les couloirs ou dans la Blogger Room. Après tout, comme le dit si bien Manuel : mieux vaut un Mac avec une licence Office plutôt qu’un PC avec un logiciel piraté !

Le choc des cultures

En voulant élargir son audience aux concepteurs et designeurs, Microsoft s’aventure sur un terrain qu’il ne connait pas avec un discours qu’il ne maîtrise visiblement pas. Et effectivement on ne raconte pas la même chose à des développeurs qu’à des designeurs. Il était très facile de ranger dans deux catégories les intervenants aux conférences : les employés de Microsoft (qui parlent de code) et les autres (qui parlent d’expérience utilisateur, d’émotion…).

LasVegas9

L’écart était ainsi vertigineux entre les employés de Microsoft qui ne faisaient que de la revue de code et les autres qui essayaient tant bien que mal de nous faire assimiler des notions comme le design 3.0, l‘innovation managériale ou encore les nouveaux modèles d’agences web.

En tout cas ce qui est certain, c’est que Microsoft est bien décidé à s’implanter durablement sur ce créneau et qu’ils ont mis en place une organisation centrée sur des community managers en charge d’évangélisation (en interne comme en externe) et de fédérer.

Un nouveau marché à conquérir

Avec la gamme Expression, Microsoft s’attaque à une véritable institution où règne sans partage Adobe (et Macromedia). Quelle stratégie Microsoft va-t-il devoir mettre en place pour grignoter des parts de marché ? En fait la bonne question est plutôt : quelles concessions ? Il y a ainsi fort à parier que Microsoft ne se risquera pas à vendre ses produits à l’unité, mais plutôt à les écouler au travers des licences globales des grandes entreprises : une sorte de cerise (les outils Expression) sur le gâteau (les licences Windows, Office…).

Reste à résoudre le problème de la montée en compétence : il n’existe pas de formation aux outils Expression. Microsoft va donc devoir jouer de son influence pour que les organismes et autres écoles élargissent leur catalogue de formation ou rajoutent des modules spécifiques aux nouveaux outils de Microsoft.

Une vision transverse

Avec le langage XAML, Microsoft vise plusieurs cibles : les navigateurs web (au travers de Silverlight) et le système d’exploitation (Vista et autres à l’aide de Smart Client). En s’attaquant à la fois au marché des RIA et des RDA Microsoft essaye de prendre de vitesse Adobe qui est encore en phase de pré-lancement pour Apollo (et probablement de recyclage pour Flex).

Et ce n’est qu’un début puisque certaines conférences plaçaient les premières pierres d’une vision beaucoup plus large qui inclue également les produits d‘entertainment (Media Center, Xbox…).

Plusieurs gros chantiers à mener

Avec les annonces faites durant la semaine (et avec le repositionnement en cours), il reste un long chemin à parcourir pour Microsoft. Certes, il faut bien un premier pas, mais les équipes de Microsoft devront s’attaquer de front à plusieurs chantiers :

  • Améliorer les outils de production (la V2 de Blend est déjà proposée en beta) ;
  • Stabiliser les environnements d’exécution (à commencer par Silverlight 1.1 Alpha) ;
  • Convaincre la filière (écoles, organismes de formation, agences, freelances…)
  • Séduire la communauté (bloggeurs, forums, portails, associations et lobby…).

Ouf ! La liste est longue et Microsoft devra concentrer ces efforts pour réussir et surtout ne pas se disperser (non mais c’est quoi ces rumeurs de rachat de Yahoo!). Pour donner de la crédibilité à son action, ils se sont déjà associés à des pointures comme Avenue A / Razorfish et AKQA ou à des ultra-spécialistes comme MetalIQ ou IdentityMine.

En tout cas ce qui est certain, et je le répète volontairement, c’est que le paysage et l‘écosystème des interfaces riches est définitivement modifié.