Un format RSS pour les boutiques en ligne

Si vous vous intéressez un minimum au commerce en ligne lors vous devez savoir qu’une bonne partie des ventes en ligne d’une boutique provient des moteurs de recherche et autres comparateurs de prix (du type Kelkoo ou Shopzilla).

La mise à jour des index de ces comparateurs est un problème délicat : comment signaler une mise à jour, à quelle fréquence…

Et bien figurez-vous que la semaine dernière l’association pour les standards technologiques dans le monde de la distribution (la ARTS) a planché sur le sujet et ils se sont mis d’accord pour dire que la profession devait s’organiser autour d’un standard bas » sur XML.

L’objectif serait de définir un format pour signaler aux portails et aux comparateurs la mise à jour d’un prix ou d’une référence. Idéalement, ce format devrait également permettre aux marchands d’obtenir des informations sur la performance des campagnes menées sur ces mêmes portails. En gros, ils cherchent l’équivalent du RSS (ou d’Atom).

Plus d’infos ici : Laying Tracks For Shopping Feed Standards.

Connaissez-vous le GRDDL ?

Oui môsieur, GRDDL comme Gleaning Ressource Descriptions from Dialects of Languages. Pour faire simple, GRDDL est un mécanisme mis au point par le W3C qui sert à extraire les informations présentes sur une page web au format XHTML et les transformer en RDF. Pour avoir une explication plus détaillée, je vous recommande cet article : Sémantique et XHTML.

Un peu complexe tout ça, non ? Effectivement, j’avoue être un peu perdu dans tout ces formats. Néanmoins, il semble que le débat tourne autour des microformats et de RDF. Je cite l’auteur de l’article : XHTML n’est pas fait a-priori pour sémantiser l’information, mais pour la structurer. En d’autres termes, si vous souhaitez donner du sens à vos pages web, la bonne pratique consiste à utiliser des balises descriptives de metadonnées (comme le Dublin Core que j’utilise) ou à associer des éléments RDF beaucoup plus complets… mais plus lourds à implémenter. D’où l’intérêt d’une solution intermédiaire comme GRDDL. (merci à Gauthier pour le lien)

XFrames : le retour des frames

Comme le fait fort justement remarqué Denis Bourdeau, le W3C a publié la semaine dernière un premier jet de spécifications (Working Draft comme ils disent) sur les XFrames.

Et là vous me demandez : c’est quoi les XFrames ? Et là je vous répond : Et bien… heuuuu… c’est un peu comme les iFrames… sauf que en fait ce sont des fichiers XML qui sont utilisés… donc en fait c’est comme les Data Island… mais c’est bien parce que l’on n’a pas besoin de rafraîchir toute la page… un peu comme avec AJAX

Et là vous êtes perplexes devant une telle débauche d’acronymes et termes techniques. Ceci étant dit, ces nouvelles spécifications représentent un potentiel très intéressant. Et je remercie par avance l’âme charitable qui voudra nous expliquer dans un commentaire la différence entre XFrames, iFrames et Data Island.

En tout cas je peux vous assurer qu’après la lecture de ces spécifications, vous n’allez plus regardez les cadres du même oeil car les XFrames représentent une alternatives plus que valable aux antédiluvienne Frames.

C’est quoi une page web ?

Le web évolue ou pour être plus précis, le web a évolué. Le concept de web 2.0 ne plaît pas, c’est un fait, n’en parlons plus. Plutôt que de spéculer sur l’avenir de l’internet, je vous propose plutôt que de vous retourner et de méditer sur le chemin parcouru.

A la base, c’est quoi une page web ?

Sans rentrer dans les détails, et en vulgarisant, une page web est composée de trois couches :

  1. le contenu
  2. la présentation
  3. le comportement (les fonctionnalités et interactions)

Et maintenant, c’est quoi une page web ?

A peu près la même chose. Dans le fond, si vous observez bien la page que vous êtes en train de lire, hormis la date, vous auriez bien des difficultés à dater cette page.

Mais alors, y a-t-il eu évolution ? Oui ! Mais elle est subtile cette évolution.

Contenu : tout le monde lit-il la même chose ?

Non, définitivement. La preuve :

  • si vous surfez sur mon site, vous aurez accès à l’ensemble du contenu des pages ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, il se peut que vous n’ayez accès qu’à des extraits de pages (les x premiers caractères) ;
  • si vous utilisez un portail de syndication du type NetVibes, vous n’aurez accès qu’aux titres de mes billets ;
  • si le contenu était formaté en XML et transformé à la volé via une feuille de style XSL vous pourriez aussi bien voir une page WAP qu’un fichier PDF.

En fonction de votre contexte d’utilisation, le contenu auquel vous aurez accès peut être complètement différent (plus ou moins riche).

Présentation : version dégradée ou allégée ?

Pour la présentation, c’est la même chose :

  • si vous surfez sur mon site avec un navigateur récent (comme Firefox ou Opera) vous aurez devant vos yeux une mise en page sobre avec de jolis coins arrondis ;
  • si vous utilisez un navigateur comme IE, vous aurez les mêmes couleurs mais plus de coins arrondis ;
  • si vous imprimez cette page, plus de couleurs, mais une police de caractère plus adaptée à la lecture sur papier ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, c’est le style par défaut du lecteur qui sera utilisé ;
  • si vous utilisez un navigateur alternatif (lecteur d’écran, PDA…) vous aurez une version encore plus dégradée ;
  • si en plus, vous utilisez une extension du type GreaseMonkey qui altère le comportement de la page pour l’enrichir (ou la détourner), alors là… c’est la porte ouverte à tout.

En fonction du terminal et du logiciel d’accès à internet, la présentation de cette page sera également très différente.

Comportement : plus ou moins riche ?

Prenons l’exemple de la page suivante : The accessible AJAX calculator.

  • si vous utilisez un navigateur qui se respecte, la réponse est rapatriée de façon dynamique sans avoir besoin de recharger la page ;
  • si votre navigateur est plus ancien, il aura plus de mal à interpréter le bout de code AJAX et devra rafraîchir la page pour rapatrier le résultat ;
  • si le javascript est désactivé sur votre navigateur la calculatrice ne fonctionnera pas, seuls les liens hypertextes seront actifs.

En fonction de la capacité de votre navigateur à interpréter des bouts de code, le comportement d’une page sera plus ou moins riche.

Conclusion

Vous l’aurez bien compris : une page web reste une page web, mais la notion même de page arrive à expiration :

  • du contenu syndiqué (via RSS?) et modulaire (via XSL??) ;
  • une présentation flexible (via CSS) et adaptable (à l’aide de l’attribut media) ;
  • un comportement qui peut être dégradé (avec les balises <script> et <noscript>)…

Autant de petites évolutions qui au fil des ans ont fait évoluer les concepts de pages et de sites web. Les standards W3C, l’accessibilité, le web sémantique l’utilisabilité… sont autant de leviers pour proposer une utilisation plus riche de l’internet. Le tout au service des utilisateurs, pour une expérience en ligne plus agréable, plus performante, plus simple, plus puissante, plus… mieux, non ?

Et ce n’est qu’un début : les réseaux sociaux, les interfaces riches, les microformats… seront les leviers de demain pour bâtir celui-dont-on-ne-doit-pas-nommer-le-nom (pour ceux qui ne suivent pas, il ne s’agit pas de Voldemort !).